‹ La cause des restes d'IsraelChapitre 25 sur 85 · CHAPITRE XI Signatures et paroles des Archeoêques et Eoêques d'Italie · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI Signatures et paroles des Archeoêques et Eoêques d'Italie

I. Étals pontificaux. — Accueil extrêmement gracieux des Eminentissimes Cardinaux Barnabo et Bilio. Pittoresques et consolantes réflexions des Evêques d'Imola, Montalto, Lorette, Pesaro, Bagnorea, Terni, Civita-Vecchia, Cervia, Fossombrone, Bertinoro, San-Angelo, Fano, Narni, Alatri. — IL Royaume des Deux- Siciles. — Réponse naïve d'une jeune actrice juive instruite et convertie par l'Archevêque de Naples. L'Evêque de Cosenza étudiait passionnément dans sa jeunesse l'Ancien Testament comme étant la racine de la religion, et la tige où s'épanouit le catholicisme. Charmante réflexion de l'Evêque de Castellamare sur les degrés de l'échelle de Jacob et les degrés de l'autel eucharistique. Emotion touchante de l'Evêque d'Ischia paralysé, devant notre Postulatum. Multiples et touchants souhaits de bienvenue dans l'EgHse de Dieu adressés aux restes d'Israël par les archevêques et Evêques de Salerne, Cava, Ascoli, Ruvo, Squillace, Cosenzo, Chieti, Reggio, Larino, Couza, Rossano, Calvi, Catane, Qatti. — III. États Sardes, — Héroïque attitude d'une jeune juive de quatorze ans, devenue catholique dans le diocèse de l'Evêque d'Alexandrie. Profonde humilité du vieil Evêque de Vintimille. Témoignage d'allégresse des Archevêques et Evêques de Venise, Pignerol, Iglesias, Mondovi, Aies. — IV. Duché de Parme et de Modène. — Encouragements évangéliques qui nous viennent des Evêques de ces deux principautés.

Etats Pontificaux.

Son Eminence le Cardinal Barnabo. — L'accueil qu'il nous fait est extrêmement favorable. « Si le Concile, qui

s'occupe de toutes les nations, laissait les Juifs de côté, ce serait de la dureté. Vous faites bien de demander quelque chose. J'ai dit un jour à un Juif rationaliste: « Si vous ne croyez plus au Messie personnel, alors renoncez au livre dont vous êtes les porteurs et les gardiens. » Dès ce soir, je prierai spécialement pour la conversion des Juifs ; et je vous demande de ne me priver d'aucun des ouvrages que vous pourrez publier sur la question d'Israël.

Son Eminence le Cardinal Bilio. — « Vous me deviez un peu cette visite, nous dit- il gracieusement, car je suis le premier supérieur du catéchuménat. » Il nous annonce que, par une suave coïncidence, on allait y donner le baptême à un fils d'Israël et nous invite à y assister. « Montrez- vous toujours très doux à l'égard de vos anciens coreligionnaires, ce sont des malades, et comme malades ils ont besoin d'être traités avec bonté. »

L'Evêque d'Imola (Mgr Moretti). — Joyeux, bon, entraînant comme le successeur de Pie IX à Imola, « Signer, oh ! bien volontiers, avec grand cœur. Poçretti ! multa speramus. — Espérons 100 pour obtenir 50, lui dit un prêtre de son entourage. — « Non ! espérons 100 pour 100, oratio obtinet totum, et ultra. »

L'Evêque de Montalto (Mgr Aronne). — Une double émotion : la nôtre d'abord, en voyant que ce vénérable Evêque ressemblait à notre vieux grand- père paternel qui mourut à l'âge de 104 ans. Mais lui aussi était très ému, il nous dit son attendrissement à propos de cette parole contenue dans notre lettre aux Pères du Concile : soror nostra, Marie notre sœur. Il ajouta en nous pressant les mains : « Sum çester totus. »

L'Evêque de Lorette (Mgr Gallucci). — « Je signerai avec beaucoup de tendresse. J'ai la maison de votre payse dans mon diocèse. Je vais écrire de suite pour qu'on y prie d'une manière toute spéciale pour la conversion de votre peuple. »

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L'Evêque de Pesaro (Mgr Fares). — « Je signerai avec la plus grande consolation de mon esprit, et mes prières accompagneront ma signature. Les familles israélites de Pesaro sont très respectueuses ; plusieurs font appel, pour l'instruction de leurs enfants, à des prêtres catholiques qui sont extrêmement édifiés de l'intérieur de ces familles. Il y a également, dans le Conseil municipal de Pesaro, un Israélite qui fait beaucoup de bien aux catholiques par les sages décisions qu'il fait prendre. »

L'Evêque de Bagnorea (Mgr Corradi). — « Je suis évêque de l'Ordre des Carmes : vous préparez l'œuvre d'Elie. Je vais signer.

L'Evêque de San Angelo (Mgr Boscarini). — « Je vous félicite d'être montés à la cime de la véritable Jérusalem, et de ce sommet, de regarder vos frères attardés au bas, et de les encourager à monter. »

L'Evêque de Terni (Mgr Severa). — Dans une première visite, il nous avait ajourné à quinze jours, et maintenant il nous accueillait par ces mots : Finis optimus et nohilissimus ! ,

L'Evêque de Ciçita-Vecchia (Mgr Gandolfi). — La veille du jour où il nous > donnait sa signature, l'heureux Evêque avait conféré le saint baptême à deux jeunes Prussiennes israélites de 21 et 22 ans, dans l'église de Saint- Andrédelle-Fratte, et sa signature nous fut comme un nouveau sourire de la Madone miraculeuse sur notre entreprise.

L'Evêque de Cerçia (Mgr Monetti). — « Nous avons signé, et maintenant prions. Oh ! faisons prier. Nous sommes puissants, mais Dieu est tout- puissant. Oui, je vous promets de prier. »

L'Evêque de Fossomhrone (Mgr Fratellini). — Bon vieillard, avec quelle cordialité il nous accueille ! « Je rends grâce à Dieu de ce qu'il vous a posés pour la résurrection

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de votre peuple. Je suis attendri. Permettez que je vous embrasse ; fructifiez toujours en Notre- Seigneur Jésus- Christ. »

L'Evêque de Bertinoro (Mgr Buffetti). — Saint et doux vieillard ! « Bons frères, que je suis donc heureux de vous voir, laissez- moi presser vos mains. Déjà, j'avais pris note en mon particulier de votre lettre si touchante, et je voulais proposer quelque chose à faire. Je signe avec une joie extraordinaire : que Dieu exauce les désirs et bénisse les pas des deux apôtres du peuple choisi. » Lorsqu'il était curé, sa domestique baptisa une jeune Juive; elles firent cela entre elles. « Le baptême était valide, nous dit en souriant le saint Evêque, je n'y ajoutai que mes exhortations et mes bénédictions. »

L'Evêque de Fano (Mgr Vespasiani). — « Signer votre Postulatum? oh, avec empressement ! Vous demandez par cet acte une grâce extraordinaire, je répète le mot : extraordinaire. Mais espérons avec fermeté. Vous plantez, les Evêques arrosent, et c'est de bon cœur ; et Dieu donnera l'accroissement. »

L'Evêque de Narni (Mgr Luzi). — « Vous êtes recommandés par saint Paul, je signe. »

L'Evêque d'Alatri (Mgr Rodilossi). — « Oui, un jour ils se frapperont la poitrine, et ils pleureront sur Jésus- Christ qu'ils ont percé, comme on pleure sur la mort d'un fils unique. Quelles larmes, et quel jour d'attendrissement pour le monde ! «

Royaume des Deux-Siciles.

L'Evêque de Salerne (Mgr Salomone). — « Je vais signer, afin que vos frères, que tout votre peuple suivent l'exemple des deux jumeaux Lémann, et des frères Ratisbonne. Soyez fidèles jusqu'à la mort. «

L'Evêque de Ca^^a (Mgr Fertitta). — « Nous faisons des vœux pour qu'en venant dans l'Eglise ils augmentent les fils de Marie. »

L'Archevêque de Naples (Mgr Riario Sforza). — Jovial caractère, très bon. Il a converti une jeune actrice Israélite, venue de France ou d'Allemagne, et malade de la poitrine, accompagnée de sa mère, toujours très honnête, très simple. Quand il l'instruisait, il lui enseigna, un jour, le mystère de la Sainte Trinité : « Il y a d'abord le Père. » — « C'est assez, lui dit- elle vivement, c'est assez du Père; le Père me suffit. » Elle ne voulait pas mourir. « Et pourquoi, ma fille? Vous ne voulez donc pas faire la volonté de Dieu? » — « Je veux vivre encore, pour faire pénitence de mon retard. »

L'Evêque d'AscoU (Mgr Todisco Grande). — Venerabilis senex. — Il nous dit avec énergie : « Oh ! les pauvres Juifs, nous les accueillerons et nous les étreindrons dans les embrassements de notre cœur. »

L'Evêque de Ruço (Mgr Materozzi). — « Ad^eniat regnum tuum, pro illis sicut et nohis. »

L'Evêque de Squillace (Mgr Morisciano). — Signer, oh! oui, c'est mon devoir comme chrétien, comme évêque, comme votre frère. Le sang de Jésus- Christ qui vient d'eux, doit retourner à eux !

L'Evêque de Cosenza (Mgr Pontillo). — « Je vous félicite bien sincèrement, j'ai lu avec une immense joie la lettre que vous nous avez adressée à tous. Dans ma jeunesse, j'étudiais de préférence l'Ancien Testament comme étant la racine de la religion, et la tige où s'épanouit le catholicisme ; j'aimais beaucoup à me rendre compte de cette racine, de la marche de la tige; les patriarches, l'enfant de la promesse, le peuple du Testament. J'ai toujours prié et je prierai toujours pour les descendants de ce peuple. Que le Dieu des consolations leur accorde la grâce, cette grâce

sans laquelle on ne peut marcher, et avec laquelle la plante, quand on la croit sèche et morte, peut refleurh\ »

L'Evêque de Castellemare (Mgr Petagna). — « En montant tous ces escaliers des Evêques vous devez avoir une grande dévotion en ce moment à l'échelle de Jacob : chaque petit degré à monter vous fait trouver un petit mérite, courage ! — Ne me remerciez pas, c'est moi qui vous remercie : je vous aiderai par la prière à la sainte Messe, en montant les degrés de l'autel, c'est le grand moyen. »

L'Evêque d'Ischia (Mgr Romano). — Vieillard peut-être à la veille de mourir, paralysé, ne pouvant plus parler; assis à sa table, nous le voyons encore, quand on lui lisait le Postulatum il ne pouvait qu'étendre en frémissant les mains ; de grosses larmes roulaient dans ses yeux. Et lorsque nous le remercions au nom de Jésus- Christ, fils d'Abraham et de David, il s'est mis à sangloter.

L'Archevêque de Chieti (Mgr Luigi Maria de Marinis). — Deus sanabiles fecit nationes — sanahilem nationem çestram Hebraïcam.

L'Evêque de Reggio (Mgr Ricciardi). — « Priez pour le triomphe de l'Eglise, et l'Eglise vous le rendra en donnant une place à votre peuple dans son triomphe ! ^)

L'Evêque de Larino (Mgr Gianpaolo). — « Votre Postulatum, cogitatio optima, data a Deo ! »

L'Archevêque de Couza (Mgr Grégoire de Luca). — « C'est une œuvre de charité. Ah ! comment tous n'y contribuerions-nous pas ! Que la bénédiction du Père, du Fils et du Saint-Esprit produise son effet. «

L'Archevêque de Rossano (Mgr Cilento). — Nous lui disons : « Nous sommes bien contents de recevoir votre signature. )) — « Et moi, je suis bien plus content encore de vous la donner. »

L'Evêque de Cahi (Mgr d'Avanzo). — « In nomine Jesu Christi fiât, fiât ! »

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