‹ La cause des restes d'IsraelChapitre 81 sur 85 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

Suprêmes supplications adressée à Sa Sainteté le Pape Léon XIII,

à Sa Sainteté le Pape Pie X

et à Nosseigneurs les Archeoêques et Eoêques.

I. Appels de tendresse par lesquels Léon XIII engage différents peuples à rentrer dans l'unité de l'Eglise catholique. Notre supplique pour que les dispersés d'Israël ne soient pas oubliés dans ces appels de compassion. Le cœur de Léon XIII nous répond par un bref d'un prix inestimable. A l'occasion des Noces d'or de Sa Sainteté, nous lui offrons un précieux calice artistique, et Léon XIII nous promet de prier pour notre peuple toutes les fois qu'il s'en servira. Cette promesse fut une rosée de bénédiction. — IL En 1904, à l'occasion du cinquantenaire de la proclamation du dogme de l'Immaculée-Conception, Pie X, continuateur des bienfaits de Pie IX, nous permet de lui présenter les burettes d'or à la messe solennelle qu'il célèbre dans la basilique Saint- Pierre. Notre prière à notre blanche sœur la Vierge Marie, quand Pie X pose sur sa très belle statue une couronne de douze étoiles de diamants. Cette ineffable journée se termine par une visite à la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem, où sont conservées les saintes reliques de la Passion : usage toujours existant des pauvres juifs se faisant inhumer avec des petits sachets de terre de Jérusalem sur le cœur ; notre prière pour qu'à ces petits sachets soient substitués bientôt de petits crucifix. — III. Labeur entrepris avec douce espérance pour éclairer nos frères en retard : les publications de livres. Publications d'Augustin, celles de Joseph. Appréciation élogieuse de Mgr Dadolle et de l'Eminentissime Cardinal Coullié. — IV Une brochure composée en commun par les deux frères : Valeur de V Assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ. Péroraison attendrissante ou larmes de repentir et d'amour que versera le peuple juif converti. Prélude de ces larmes dans les yeux du Père Marie Ratisbonne, à la lecture de cette péroraison. Larmes continuées à la mort d'Augustin, par

son frère jumeau Joseph, qui reste seul comme le passereau solitaire sur le toit dont parle le Prophète royal. Lettre compatissante de Sa Sainteté Pie X. — V. Réconforté, Joseph recourt à trois moyens pour avancer la conversion des restes d'Israël. Le premier est une vive participation à tout ce qui concerne la divine Eucharistie. Pressentiment que la reconnaissance par ses frères de Joseph fils de Jacob à l'occasion du froment d'Egypte est une figure prophétique de Jésus devant être reconnu par ses frères les Israélites à propos du froment du ciel, la très sainte Eucharistie. Transport d'allégresse : ce sera dans le monde entier la matinée d'un jour de Pâques. Le second moyen est l'amour et le port du crucifix et la pratique du Chemin de la croix. Fondation, sous les auspices de Sa Sainteté Pie X de « La Pieuse Union du Crucifix du pardon » qui, à cette date de 1911, a étendu ses développements dans toutes les directions du globe. La pratique du Chemin de la Croix prépare non moins efficacement la conversion des restes d'Israël. Autre pressentiment que la réconcihation du peuple juif avec le peuple chrétien doit s'accomplir sur un chemin de douleurs ; saisissante figure prophétique d'Esaû se jetant au cou de Jacob sur un chemin. Le troisième moyen concerne Nosseigneurs les Archevêques et Evêques auxquels ce livre des deux frères jumeaux est adressé en hommage. Tous les signataires de notre Postulatum au Concile du Vatican dorment leur dernier sommeil, ce sont donc leurs successeurs sur les sièges épiscopaux qui vont recevoir notre hommage ; fasse le ciel qu'ils soient aussi les héritiers de leurs témoignages de bonté envers les restes d'Israël. Suprême regard de supplication levé vers deux montagnes secourables : l'une est la montagne de Dieu ou la Jérusalem céleste, l'autre est la colline vaticane où se dresse majestueusement la basilique Saint-Pierre. Neuvième anniversaire du couronnement de Pie X, Sa Sainteté me bénit avec tout son cœur. Cette suave bénédiction me fait entrevoir l'impressionnante bénédiction Urbi et Orhi qui manque depuis 41 ans à la catholicité. Malaises de cette privation, nonobstant la superbe civilisation de notre époque. La bénédiction au balcon de la basihque Saint-Pierre nous sera rendue, on en sera redevable à la Très Sainte Vierge. Superbe figure prophétique de ce pouvoir de Marie dans la fin d'une sécheresse qui désolait la Palestine au temps du prophète Elie : la Vierge est alors le petit nuage qui fait pleuvoir la fécondité sur la Palestine renaissante, et qui fera pleuvoir sur les catholiques et les Israélites, des grâces ruisselantes par la main du souverain Pontife bénissant au balcon de la Basilique Saint- Pierre.

De 1871 à 1909, c'est-à-dire durant trente-huit années où la divine Providence nous a conservés l'un à l'autre, notre charité pour les restes d'Israël s'est efforcée d'être laborieuse en plusieurs manières.

D'abord, à l'occasion d'un sublime appel adressé par Sa Sainteté Léon XIII aux égarés d'un pôle à l'autre, nous déposâmes aux pieds du Très Saint Père la supplique suivante :

« Très Saint Père,

(( Parmi les gloires si variées et si multiples du Pontificat de Votre Sainteté, une des plus belles et des plus consolantes consiste dans les appels de tendresse que Votre Sainteté a daigné adresser à différents peuples pour les engager à rentrer dans l'unité de l'Eglise catholique. Nul peuple égaré n'a été oublié, ni en Occident, ni en Orient, qu'ils fussent protestants, schismatiques ou infidèles. Aussi ce ne sont pas seulement les vastes espaces de l'Océan que Votre Sainteté a traversés par le cœur et par la pensée, ainsi qu'Elle le disait naguère dans sa lettre aux Etats-Unis de l'Amérique du Nord, ce sont tous les océans, tous les continents, tous les fleuves, toutes les montagnes, toutes les régions, même celles où gisent encore « dans les ténèbres de l'idolâtrie les Indiens et les nègres ». Oui, il est vrai de dire avec le psalmiste qu'aucun peuple n'a pu se dérober à la charité du cœur de Votre Sainteté : Nec est qui se abscondat a calore ejus.

« Très Saint Père, au milieu de ces innombrables régions que la pensée et le cœur de Votre Sainteté ont ainsi traversées, il reste encore les Dispersés d'Israël. Que Votre Sainteté daigne jeter sur eux aussi un regard de compas-

sion, afin que s'accomplisse cette touchante parole du Prophète : dispersiones Israelis congregabit Cette gloire et cette tendresse doivent appartenir également au Pontificat de Léon XIII. Alors, la miséricorde sera entièrement satisfaite. »

L'oreille et le cœur du Pontife s'inclinèrent vers notre supplique. Profitant de l'hommage que l'un de nous deux lui adressait, dans le livre « Napoléon I^^ et les Israélites » qui faisait suite à « Ventrée des Israélites dans la société française )) et à (( La Prépondérance juiçe », Léon XIII nous honora du Bref suivant :

« Cher Fils, salut et bénédiction apostolique, «Nous avons reçu le nouvel ouvrage que votre esprit si fertile a mis au jour, et auquel votre lettre, empreinte du respect le plus profond pour Notre Personne, ajoutait un prix inestimable. Pour ce double hommage. Nous vous adressons le témoignage de Notre bienveillance et le tribut d'éloges que vous méritez. Puissiez- vous obtenir par vos écrits les nobles résultats que vous en attendez. C'est là notre vœu le plus ardent. Ce but, vous l'atteindrez. Nous l'espérons ; car, dans l'œuvre que vous fournissez avec un si persévérant labeur, vous savez unir à une exacte et scrupuleuse information des faits, l'appréciation la plus bienveillante et la plus équitable. A un vrai savant, animé, comme vous, d'un grand amour pour ses frères, il convient, en effet, de se faire, dans une égale mesure, le serviteur de la vérité et de la charité, de telle sorte que non seulement l'une ne perde rien au contact de l'autre, mais qu'elles se prêtent mutuellement un surcroit d'autorité et de crédit. Persévérez donc, cher Fils, dans cette voie et cette méthode. Nous vous y engageons ; et, pour que le succès réponde plus heureusement à vos vœux, Nous vous accordons volontiers la bénédiction apostolique et, selon vos désirs, Nous la ré-

pandons avec une égale affection sur ce frère qui n'a qu'un même cœur avec vous.

« Donné à Rome, près Saint- Pierre, le 24 juin de l'année 1894, de notre Pontificat la dix- septième.

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