NOUVELLE POLITIQUE DU GOUVERNEMENT FEDERAL -ATTITUDE DU KENTUCKY
BATAILLE DE EELMONT. .
SEF»TE3IBJbtE:-lVOVE]MI5K.Ii: 1801.
Le nouveau Congrès fédéral s'assemLla à Washington le 4 juillet, suivant les instructions de M.' Lincoln. Cette convocation fut le signal de nouveaux développements de la politique du Nord et, en inême temps, d'une grande exten- •sion donnée aux opérations militaires.
Dans son message, M. Lincoln annonça une grande dé- <;ouverte politique. C'était que, jusqu'à lui, tous les hommes d'Etat américains avaient vécu, écrit et travaillé sous l'empire d'une grave illusion ; — que les Etats, au lieu d'aivoir créé l'Union, en étaient les créatures ; qu'ils tenaient de cette Union leur souveraineté et leur indépendance, choses qu'ils ne possédaient pas avant la Convention de 1787. Cette singulière doctrine de centralisation n'était que la préface obligée d'une série de mesures destinées à fortifier le gouvernement central et le Pouvoir Exécutif et À permettre de donner à la pours,uite de la guerre une nouvelle impulsion et une extension bien plus considérable.
Déjà le président Lincoln avait promulgué certaines ■mesures remarquables relativement à cette extension. Il avait lancé une proclamation déclarant les ports de la Confédération du Sud en état de blocus et qualifiant de piraMrie toute attaque faite en pleine mer contre des navires fédéraux, faisant ainsi allusion aux lettres de marque (données par les autorités confédérées; — toute relation commerciale avec les Etats composant la nouvelle confédération «tait défendue. Quoique M. Lincoln, en parlant du mouvejncnt sécessioniste aux pouvoirs étrangers, insistât sur les înots dédaigneux de " personnes aux procédés illégaux," il
n'en avait pas moins jugé opportun, le 3 mai, de lever quarante mille volontaires pour toute la "durée de la guerre en addition aux soixante-quinze mille déjà antérieurement appelées pour disperser ces " personnes." La même proclamation appelait aussi sous les armes dix-huit mille marins et augmentait l'armée régulière de dix régiments. M, Lincoln écrivit ensuite au Congrès : '-'Il vous est recommandé d'user de tous les moyens légaux pour hâter un mouvement prompt et décisif et mettre à la disposition du gouvernement au moins quatre cents mille hommes et quatre cents millions de dollars." Cette recommandation forme un singulier contraste avec legf assertions données quelques mois auparavant : — qu'il suffirait des levées de trois mois pour réduire le gouvernement confédéré avant que le Cono-rès se réunisse en juillet et décide ce qu'il y aurait à faire des Etats conquis, et quel serait le sort des chefs du mouvement. Le Congrès fut généreux : il répondit à la dema;..ie de M. Lincoln par un vote de cinq cent mille homme, pour servir pendant trois ans au plus.
Mais ces mesures du premier Congrès qui s'assembla sous^ l'administration de -M. Lincoln ont encore un intérêt autre que celui qui s'attache à la législation militaire ainsi adoptée. C'est à partir de ce moment que. l'on voit se dessiner cette tendance à bouleverser le système politique et lej3 idées du Nord lui-même, et à ériger sur les ruines de la Constitution une autorité despotique qui exerça son influence pendant toute la durée de la guerre.
Les premières sessions du Congrès furent signalées par
HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFEDERES
une rêsoliiÂion déclarant le refus de prendre en considération aucuue mesure autre que celles qui auraient pour objet la poursuite rigoureuse et immédiate des hostitilités ; limitant ainsi toutes les affaires congressionnellesà la seule discussion des opérations militaires et maritimes du gouvernement ; — par une sanction générale donnée aux mesures prises par M. Lincoln sans l'autorité constitutionnelle (parmi ces mesures se trouvait la suppression de Vhabeas corpus) ; — et par l'inauguration d'une barbare politique de confiscation, consacrée par un hill déclarant libres tous les esclaves employés au service de "la rébellion." Dans cette décision était le germe de cette législation abolitioniste qui devait fructifier plus tard avec tant de succès.
M. Lincoln avait suspendu l'acte d'haheas corpus sans le concours constitutionnel du Congrès et sous le prétexte donné que toute personne " dangereuse à la sûreté publique " pouvait être arrêtée sans procès légal. Non seulement cette usurpation formelle fut tolérée par le pays, mais elle trouva même d'ingénieux défenseurs dans la presse du Nord: •on déclara que ce privilège d'habeas corpus ne pouvait profiter, en réalité, qu'à de quasi criminels et que, bien qu'on ■eut, pendant des siècles, considéré ce droit comme le boule- 'vart de la liberté personnelle, il n'avait, en réalité, pas grande importance à titre de liberté publique. Un apologiste,de M. Lincoln écrivit à ce sujet : " Dans de
■telles circonstances, le peuple est généralement consentant, — et est souvent forcé, — d'abdiquer temporairement une partie de ses libertés pour conserver les autres ; et, heureusement, c'est cette portion du peuple qui, en général, cherche à vivre en dehors de l'atteinte de la loi et à y désobéir, — dont la liberté est la plus compromise. L'autre 'partie se trouve rarement dans le cas d'avoir recours à Vhabeas corpus."
Cette doctrine à la fois étonnante et atroce avait déjà été violemment mise en pratique en certaine partie du Nord. Nous avons parlé plus haut des arrestations faites par l'autorité militaire *dans le conseil municipal de Baltimore. Mais ceci n'était que le commencement d'un règne de terreur ; voici maintenant une copie d'un document des splus remarquables, en vertu duquel on arrêta un grand nombre des membres les plus influents de la Législature du Maryland :^
' " [confidentielle.]
" Quartier-général de l'armée du Potomac, 'Washington, 12 septembre 1861.
"Général — Après consultation avec le Président et les secrétaires d'Etat, de la guerre, etc., il a été décidé que l'arrestation proposée serait effectuée le 17. Des arrangements ont été conclus pour avoir un bâtiment à vapeur du gouvernement à Annapolis dans le but de recevoir les prisoniniers < t de les transporter à destination.
' Quatre ou cinq des principaux chefs de cette affaire doivent être arrêtés aujourd'hui. A l'assemblée qui aura 11. u le 17, vous voudrez bien avoir tons vos préparatifs faits pour arrêter toute la réunion et empêcher qu'au- KîuD ee s'échappe.
'' Il est entendu que vous vous arrangerez avec le généjal Dix et le gou- «^erueur Seward sur la manière d'opérer. Il m'a été rapporté que l'assem-
blée pouvait avoir lieu le 14 ; veuillez être préparé. Il me sera agréable d'avoir tréquemment de vos nouvelles au sujet de cette très importante affaire.
" Si ce plan réussit, ce sera un grand pas de fait vers la suppression de la rébellion. Il sera probablement à propos d'aroir un train spécial préparé pour prendre les prisonniers à Annapolis.
'■ Je laisse cette affaire d'une importance capitale à votre tact et à votre discrétion, et n'ai qu'une chose à vous recommander, — la nécessité absolue du secret et du succès.
'• Je suis, mon cher général, avec la plus haute considération, votre sincère ami, . -
" George B. Mac Clellan, '' Major-général, Armée des Etats-Unis."
Cette violente atteinte portée à la liberté d'un corps législatif ne fut pas cependant le dernier mot de cette politique d'arrestations. D'autres personnes furent emprisonnées; les citoyens les plus vertueux et les plus honorables furent incarcérés dans les forts ; nombre d'arrestations militaires furent faite à la faveur de la nuit. On fit, sans donner aucune explication, les recherches domiciliaires les plus rigoureuses ; on exécuta les saisies les plus illégales. Des citoyens furent 'jetés en prisons sans explications, investigations .ou même sans perpective d'obtenir de jugement. Quand, à la Chambre des Représentants à Washington, M. Vallandigham proposa des résoluUo7is condamnant ces actes d'autorité despotique et d'espionnage intolérable, — qui allaient jusqu'à saisir les dépêches dans les bureaux du télégraphe, — sa protestation ne fut pas même écoutée.
Il y avait, dans l'esprit du peuple du Nord, une disposition évidente à abdiquer toutes ses libertés constitutionnelles aux mains du premier gouvernement qui serait disposé à satisfaire à ses passions politiques. Un aperçu véridique du régime despotique de cette époque indique clairement combien l'amour de la liberté était restreint au Nord et comment on l'y appréciait. Dans toutes les périodes de l'histoire où l'on voit une nation abdiquer ainsi volontairement ses droits pour acquérir une augmentation territoriale, on peut remarquer que cette condescendance à servir les ambitieux desseins du despotisme et à préférer une fausse grandeur aux humbles réalités de l'honneur et de la félicité, — prouve à l'évidence un caractère grossier et matérialiste. Il existe un contraste frappant entre cette tendance du peuple du Nord à se soumettre à la perte de ses libertés et même à y applaudir en envisageant l'assouvissement de son ressentiment et l'agrandissement territorial qui devait eu résulter, — et les déclarations, de même que l'esprit des populations et du gouvernement du Sud. Ici les libertés civiles restèrent intactes et respectées ; la loi constitutionnelle eut sou cours légal. Au milieu d'une guerre faite par lui, *'nou pour détruire, mais pour conserver les institutions existantes," le Sud préféra recourir aux. enseignements du passé plutôt que de se jeter dans des^ expériences nouvelles et imprudentes, et montra un esprit de conservatisme presque sans parallèle dans l'histoire du monde, — surtout si l'ou considère la grandeur de la commotion.
Dans son message de juillet 1861, M, Lincçia avait fait
allusion à l'attitude de " neutralité " que cherchaient à prendre plusieurs Etats. Il écrivit à ce sujet, et avec une clarté et une profondeur inaccoutumée :
'• Dans ceux dos Etats qui se disent ï^tat s frontières, — et qui sont, en réalité, les Etats du centre,^ — il existe un parti qui se prononce en faveur de la " neutralité armée,"' et qui favorise le projet d'empêcher les forces fédérales ainsi que les forces désunionistes, de traverser leurs territoires. Ceci serait une désunion complète, et, parlant au figuré, une muraille infranchissable construite autour de la sécession, et cependant cette qualification d'infranchissable n'est pas tout à fait exacte, car, sous le couvert de la neutralité, des provisions de toutes sortes pourraient par là être envoyées aux insurgés, — ce qui n'arriverait pas si ces Etats étaient franchement nos ennemis, — et ceux des habitants qui sont partisans de l'Union auraient les mains liées. A un moment décisif, une telle combinaison délivrerait la sécession de tout obstacle, à l'exception de ceux qui lui sont créés par le blocus extérieur, et elle donnerait aux désusionistes ce que ceux-ci désirent par dessus tout : de bons approvisionnements et une sécession virtuellement effectuée sans qu'il y ait eu de conflit de leur part. Cette " neutralité " n'est donc pas dans l'esprit de la Constitution et de la loi de préservation de l'Union ; et quoiqu'une grande partie de ceux qui l'appuient soient, sans aucun doute, des citoyens loyaux, elle n'en est pas moins très hostile dans son effet.*'
Ce paragraphe du message de M. Lincoln nous conduit naturellement à envisager l'attitude prise par le Kentucky pendant la jîremière période des hostilités. Sa Législature avait passé une résolution déclarant que l'Etat demeurerait neutre dans le conflit et ne permettrait à aucun des adversaires d'occuper son sol ou de le traverser dans un but militaire.
En assumant la position de neutre, le Kentucky était loin de répondre à l'espoir des Etats Confédérés ; ces désappointements servirent même plus tard à des mesures pour déguiser certains desseins qui ne méditaient rien moins qu'une ouverte déclaration de cause commune avec les Etats du Nord. Une élection de membres de la Législature eut lieu au mois d'août ; les intrigues du gouvernement fédéral se développèrent pleinement. D'un autre côté les hostilités avaient commencé, le papier-monnaie du gouvernement commençait à circuler en abondance,, des contrats avanta- . geux pour des mules, du bois, de l'étoupe, etc., furent libéralement distribués aux i^lus influents unionistes du Kentucky, et, quand vint l'élection, une grande majorité des noms sortis de l'urne étaient ceux d'hommes qui avaient juré au peuple fidélité à leur engagement de neutralité, mais qui en réalité, étaient disposés à placer toute la puissance de leur Etat, autant qu'il était en leur pouvoir, aux mains de M. Lincoln et de sa politique coercitive à l'égard du Sud.
Après que le résultat de ces- élections fut connu, il n'y eut bientôt plus de doute sur l'intention des Fédéraux d'occuper le Kentucky et de se servir de ses routes et de ses défilés pour jeter ses colonnes d.'invasien dans les Etats «écédés. Les Confédérés virent la nécessité d'anticiper sur CCS manœuvres ; le brigadier-général Zollicoffer, du Tennessee, occupa, le 14 septembre, les défilés du Cumberîand et les trois longues montagnes des comtés Harlan et
Knox, menacés depuis quelques semaines par une colorme fédérale de Hoskins' Cross Roads. Le 3 du même mois, le général Polk était aussi entré dans le Kentucky avec une partie de ses forces et avait pris possession deHickmaUç Ch<'»lk Bants, et de la ville de Columbus.
En considérant cette occupation de Columbus par le général Polk comme un acte d'invasion de leur Etat et une violation de sa neutralité, la législature du Kentucky et le gouverneur Magoffin étaient dans le faux. L'ennenii avait déjà choisi cet Etat comme son champ de bataille et y avait tout préparé pour un conflit armé : les Confédérés avaient, sans contredit, le droit de faire face à l'ennemi sur la ligne d'opérations que celui-ci choisissait. Le gouvernement fédéral n'avait pas reconnu cette neutralité du Kentucky ; M. Lincoln ravait tournée en dérision ; les représentants de cet Etat au Congrès des Etats-Unis avaient offert des hommes et de l'argent pour subvenir aux besoins de la guerre déclarée aux Etats confédérés ; des camps et des dépôts fédéraux avaient été installés dans le Kentucky; des organisations militaires avaient été formées sur soif territoire, et plusieurs milliers de soldats, parmi lesquels se trouvaient des hommes du Tennessee, Je l'Ohio, de l'Indiana et de l'Illinois, s'étaient enrôlés avec des Kentuckiens au service des Etats-Unis, au camp Dick Robinson, dans le comté de Garrard. Ces nouvelles recrues étaieut destinées non-seulement à fomenter la révolte à l'intérieur, mais aussi à exécuter les desseins du gouvernement de Washington relativement à la subjugation du Sud.
Ce n'était pas tout. Les forces fédérales se préparèrent à prendre possession de Columbus et de Paducah, vu l'importance de ces positions, et quand le général Polk les eut prévenu et occupé lui-même la première de ces places, l'ennemi avait élevé en face, sur la rive missourienne du Mississipi, des travaux commandant Columbus et construits évidemment dans le but de protéger le débarquement des troupes destinées à prendre possession de cette ville, si le général Polk ne l'eut déjà fait. Des canons avaient même été pointés sur la ville, et beaucoup d'habitants s'étaient enfuis en voyant ces indices non équivoques d'un commencement prochain d'hogtilités.
Les Confédérés n'avaient nullement l'intention de conquérir le Kentucky ou de lui forcer la main. Mais il était parfaitement connu que le peuple de cet Etat avait été laissé dans une sécurité trompeuse, qu'il était sans armes et en danger d'être subjugué par les forces fédérales, tandis qu'une grande majorité des populations aurait, si on l'eut laissé libre de manifester ses sympathies, épousé la cause des Confédérés. Ceux-ci lancèrent des proclamations, témoignant leur désir de respecter la neutralité du Kentncky e* de se conformer aux volontés exprimées par W peuple, aussitôt que celui-ci aurait la liberté de se prononcer.
Le général Polk alla plus loin encore. Il oWii de retirer
HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS
]e.^ troupes confédérées du Keiitucky, comme le demandait le gouverneur MagoiTin, à la condition que l'Etat exigerait le retrait simultané des troupes fédérales de son propre territoire, et une garantie qu'à l'avenir ces mêmes troupes ne pourraient ni occuper ni traverser le Kentucky, — garantie en tous points pai"ciile devant être donnée par le gouvernement confédéré. Comme toutes les autres propositions ultérieures d'une égale équité, cette offre fut raillée par les Fédéraux du Kentucky et traitée dans les journaux du Nord d'échantillon de l'impertinence des " rebelles.'' •
Bientôt on en arriva à cette politique d'arrestation nouvellement inaugurée par l'administration de Washington ; des agents fédéraux arrêtaient journellement toutes les personnes soupçonnées d'entretenir des intentions ou des sentiments iiostiles au gouvernement des Etats-Unis. Un grand nombre de membres de la législature dEtat restés fidèles au Sud, abandonnèrent leurs postes et quittèrent leurs foyers. Ce qui resta de ce corps politique émit une loi pénale appelant les chAtiments les plus sévères, — amendes, saisies, emprisonnement et même peine capitale, contre^ tous ceux qui tcraient acte d'opposition au gotivernement fédéral.
Parmi ces iils du Kentucky qui échappèrent — lieuieu- .s-ement pour eux et pour la cause qu'ils devaient servir, — à ces arrestations et vinrent chercher un refuge dans les liones confédérées, se trouvaient John 0. Breckinridge, ancien vice président, des Etats-Unis ; k' colonel G. W. Johnson, un citoyen éminent ; Thomas B. Moiiroe, Sr., qui pendant environ trente, ans avait rem})li les fonctions de juge de district des Etats-Unis ; Humphrey Marshall, ancien membre du Cnuorès et otficier de l'ancienne armée du Mexique, et le capitaine .John Morgan, surnommé plus tard le "Marion" du Kentucky et un des plus brillants officiers de cavalerie de l'armée. MM. Breckinridge et Marshall se rendirent à Richmond, où on conféra à chacun d'eux le rang d(^ brigadier-général au pervice de la Confédéia-
tio".i..^
En assumant sa nouvelle position, le général Breckenridge adressa une proclamation au })euple du Kentucky. Nous en extrayons un passage qui a un intérêt historique, à la ibis comme signe des temps et comme émanant d'un homme qui, pendant nombre d'années, s'était montré le défenseur capable et ouvertement déclaré des vrais principes : " ,
•' tx" oouvcrneuiciit lederal, — la créaturo, — s'est placé de lui-inènie autlespus du créateur. Celte doetrino atroce est nnnoncée p^ir le Président et mise à e.iécutioii par lui ; — que les Etats tiennent leurs pouvoirs du goiiverncuienl, fédéral et peuvent les voir supprimer sens uu prete.xte quelconque de néces-ite militaire, l'nrtout le pouvoir civil a lait place au pouvoir du sabre. Les forteresses du juiys sont remplies de victimes arrêtées sans ordre le«;al et ignorant ellep-mem's la cause de leur emprisonnement. les législateurs des Ktat.-^ et les a-tlres officiers piil)lies ont été arrêtés dans le plein exercice de ieiirs fonctions, transportés en dehors xle leur.s Etats respectifs^ et incarcérés dans les forlerespes du gouvernement fédéral. Uu servile Con-
grès ratifie ces usurpations du Président et marche vers la destruction complète de la Constitution. L'histoire déclarera que Icî annales dé la legisîation n-" co'tienneiit aucunes lois aussi infâmes que celles adoptées par ce Congrès dans la dernière session, car elles ont détruit tout vestige de libei-té personnelle et publique, et confisqué les propriétés d'une nation de dix millions d'habitants. La grande masse du peuple du Nord parait anxieuse d'anéantir toute sauvegarde de .sa liberté ; elle offre avec passion au gouvernement ce qu'un monarque européen n'oserait d<'mander. Le Président et ses généraux ne peuvent recueillir ces libertés ainsi ab'.liquée:» avec autant de promptitude qu'on en met à l 's déposer à leurs pieds Le général Anilerson, dictateur militaire du Kentucky, annonce, dans une de ses proclamations, (ju'il n'arrêtera aucun de ceux qui ne parle, n'agisse ou n'écrive en opposition à la politique de M. Lincoln. JI aurait complète son idée, s il avait ajouté et ne pru^e ainsi .... Voyez quelle est lu condition de notre Etat sous le joug de nos nouveaux protecteurs. Ils ont supprimé la liberté de la parole et de la presse, fait enlever des citoyens par l'autorité militaire sur un simple soupçon, et ont exigé d'eux des serniMits inconnu^! à noîrc législation. D'autres citoyens ont été emiri.-onnés sans ordre légal et transportés hors de l'Etat, de manière à être hors d«' l'atteinte chi bénéfice de Vltabca.t cnrpu<:. Chaque jour des bandes armées elrangères exécutent des saisies dans Je peuple. Des centaines de citoyens de tous âges, de venera b'es magistrats dont la vie était chère à nos populations, ont ete forces d'abandonn(^r leurs foyers et leurs familles pour échapper à rcmprifonnement et à l'exil dont les menaçaient les soldats Nordistes et All<niands sous les ordres de M: Lincoln et de ses subordonnés militaires.''
Les premiers tnouvemenls militaires du Kentucky eurent
! lieu sur une ligne traversant l'intérieur de l'i'Uat et s'éten-
dant de Columbus, à l'extrémité occidentale, à Prestonbin-"-
et Pikeville, (hms les montagnes bordant la froritière vir-
ginienne. '
De sa forte position sur la montagne Cumberland, le général Zollicotfer se préparait à une avance ])rudente sur l'ennemi. Le 19 septembre, une portion de ses forces atteignit Barboursville et dispersa un camp de quinze cents Fédéraux. Zollicotfer continua ensuite à avancer et arriva an commencement d'octobre à Londg^, comté de Laurel, après avoir détruit tous les camps ennemis dans cette réo-ion.
•Pendant cet intervalle le brigadier-général Buckner, à la tête d'un détacheiuent de volontaires kentnckiens, s'avançait des limites de l'Etat et prenait possession, le 18 septembre, de la ville de Bowling Green, dans le comté de Warren, à onze milles au sud de la rivière Green et sur la ligne innnédiate de Louisville. Arrivé là, le général Buckner lança une j)roclamation au peuple du Kentucky, disant que la législature d'Etat avait agi contre la volonté populaire, et que, .au lieu d'affirmer la neutralité, elle avait chcr- I ché à taire de l'Etat une forteresse dans laquelle les armées î unionistes pouvaient, en toute sécurité^ se préparera sub- I jugner le peujile du Kentucky et des autres Etats du Sud. j II déclara aussi que les troupes confédérées occupaient I Bowling Green comme une position défensive et renouvela I l'assurance déjà donnée, — que les Confédérés sen-etireraient. aussitôt que les forces fédérales en agiraient de même. I Mais la première rencontre sérieuse dans l'Ouest al- I lait avoir lieu dans le voisinage des rivières Tennessee et I Ohio ; c'es^ sur ce. théâtre que l'attention du lecteur doit I maintenant se porter.