‹ La cause perdueChapitre 16 sur 85 · AFFAIRE DU ''TRENT · texte numérisé non relu

AFFAIRE DU ''TRENT

A-OUT-OCTOBKK-lDTnCTCMBFlH: 18«l,

An commencement de la gnerre, le général Winfield "Scott était sninommé par la pressa du Nord ''' le plus grand «apitaine du siècle." Après le désastre de Manassas, la •qualification " d'imbécile " (sic) lui fut donnée par les mêmes journaux, et pour comble d'humiliation, le général 8cott se déclara lui-même " un vieux poltron " espérant, par cette ignoble confession, obtenir les faveurs de ceux qui avaient été les premiers à insulter à sa chute.

La populace vacillante du Nord allait porter au pavois un nouveau favori, destiné, lui aussi, à être tôt ou tard victime de cette même popularité. La vogue était aux jeunes officiers : le général George B. MacClellan, sur qui l'araire à peu près insignifiante de Rich Mountain avait soudainement appelé l'attention, devint le héros du moment. Le général Mac Clellan 'était un élève de West Point; pendant la guerre de Crimée il avait été nommé membre de la commission militaire envoyée par le gouvernement des Etats-Unis, et au moment où la lutte s'engagea en Amérique il était surintendant d'une administration de chemin de fer. On lui donna le commandement de toutes les forces fédérales rassemblées sur la ligne du Potomac, et, avant que rien n'eût justifié ces louanges ampoulées, on le comj)ara à Alexandre, à César, à Annibal et à Napoléon.

L'esprit superficiel exagéré des populations du Nord ne se montre nulle part d'une manière aussi tranchée que dans les adulations dont elles sont si prodigues à l'égard de leurs hommes ])ublics. La célébrité à la yanJ.-ee devint une des cho-

ses les plus grofasques du monde : Scott avait été " le plus grand capitaine de l'époque; " Mac Clellan fut "le jeune Napoléon." Le nom du nouveau héros fut placardé partout ; des rapporteiu's de journaux s'attachèrent à sa personne et surveillèrent avec soin ses paroles et ses gestes, dans la crainte que le moindre de ses actes ne fût perdu pour la postérité; ses yeux, sa bouche, ses dents, sa voix, ses narines fournirent matière à un nombre incalculable d'illustrations et d'articles de journaux. Enfin, toutes les marques possibles de flatterie et de louange se concentrèrent sur cet homme qui se trouva tout à coup célèbre par le seul engouement des masses. (■■•'')

Après la bataille de Manassas une pause presque complète eut lieu dans les opérations militaires de la ligne du Potomac. Mac Clellan avait toléré l'avance des lignes confédérées jusqu'à M^mson's Hill, à quelques milles d'Alexandrie, mais chaque tentative faite pour amener un engagement général échoua constamment. Les hommes politiques du Nord se plaignaient de cette inactivité qui rassurait grandement les Confédérés. Cependant, les parades, les revues de la splendide armée de Mac Clenan,eii apparence inutiles, avaient un but : elles détournaient l'attention des immenses prépaiatiis militaires qui se faisaient dans d'autres régions.

Les avant-postes confédérés n'ayant [»as réussi à entraîner une action générale, bien qu'elles y invitassent journellement les Fédéraux i)ar des escarmouches assez sérieuses, et l'impossibilité étant démontrée de garder les lignes des

( ■) Il y f-ut une singulier.' mauio clicz le-s Yaiike&s pondant la dernière gueiTO ; ce fut, de (hfrcher daas l'enfance de chacun ■(<■ ji urs héro.s pour trouver Jl'a signes prophétiques de leur future grandeur, ou des desseins de la Providence à leur égard. Ainsi tous leurs fameux ger\eraux de cavalerie domp-

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFEDERES

«collinfs Efisou et Miifisuii, et incMvie lu ligne intéiicuro do .•-l*'aiiifax Court IioHJ»e., - les génériuix Jolinstoii et Beauregard dôcidèrent, ê^ins la nuit du 15 octobre, de retirer leur •■armée à Centi*cville. Le mouvement s'accomplit ])endaut la Rvu-it et dans î.V; .silence le plus profond.

BATAILLE DE LEESBURG (bALL'S BLUFF).

. 'Cette retraite apparente des Confédérés à Centreville en- •couragca MacClellan à faire un mouvement en" avant avec l'extrême gauche de son armée ; mais cette manœuvre aboutit à un conflit des plus sanglants de cette guerre, en proportion du nombre des troupes engagées. L'intention des commandants fédéraux était d'occuper la région septentrionale des comtés de Fairfax et de Loudon. Pendant qu'une colonne se dirigeait sur Dranesville, le général Stone, alors sur la ligne du Potomac, presque en face de Leesburg, recevait l'ordre du général MacClellan de traverser la rivière avec une force suffisante pour coopérer avec le mouvement effectué plus bas.

Les troupes confédérées à Leesburg et aux environs se composaient d'une brigade de deux mille hommes, formée de trois régiments du Mississipi et du 8me Virginie, et commandée par le général Evans, qui déjà s'était distingué à Manassas. Le 20 octobre, avant le lever du soleil, Evans rangea ses troupes en bataille et leur dit : " Soldatp, l'ennemi, foit de seize mille hommes et de vingt pièces d'artillerie, s'approche par le chemin de Dranesville; son intention est «de nous couper la retraite; les renforts, si on nous en envoie, n'arriveront pas à temi)R. Nous dcvrms noies batlre." La petite armée se mit immédiatement en marche, traversa le <Groose Creek, en suivant le chemin de Dranesville, et prévînt l'attaque de l'ennemi en allant elle-mêii:e au-devant de la colonne fédérale qui, d'après les rapports, arrivait dans cette direction, sous le commandement du général Mac Call. Quelques heures après le lever du soleil, on captura un courjiGX fédéral, porteur de dépêches adressées par Mac Call au général Stone; on acquit ainsi la certitude que le dessein de l'ennemi était d'attirer les Confédérés de Leesburg sur le ichemin de Dranesville, tandis que Stone traverserait la rivière et s'emparerait de Leesburg.

Le général Stone commença à traverser la rivière le 20

octobre ; cinq compagnies d'un régiment, du Mussachusetts, commandées par le colpnel Devins, avaient déji effectué leur passage à Edward's Ferry. Quelques heures après, le colonel Baker, chargé du commandement des troupes se trouvant sur le côté virginien du Potomac, reçut du général Stone Tordre de pousser les C(njfédérés hors de Leesburg et de s'emparer de cette place ; en conséquence, il traversa la rivière à Conrad's Ferry, un peu au Sud de l'île Harrison et sur le chemin conduisant directement à Leesburg. D'ai)rès les ordres du général Stone, une force de sept mille cinq cents hommes devait coopérer à ce mouvement. La brigade de Baker, y compris les cinq compagnies de Devins, comptait déjà deux mille trois cents hommes ; elle fut constamment renforcée par les troupes de l'autre rive, jusqu'à ce. qu'elle eut atteint le chiffre désigné jmr Stone.

Pendant cet intervalle, le général Evans avait pris j>ositi(m à Goose Creek et attendait l'approche de l'ennemi. Les Fédéraux avaient traversé le Potomac à différents points ; à Edward's Ferry, au-dessus de l'embouchure du Goose Creek, et à Conrad's Ferry, où une f^ilaise abrupte (BaH's Bluff) borde la rivière. Voyant que rien ne venait du côté d'Edward's Ferry, le général Evans ordonna aux 17e et 18e Mississipi de marcher ra]>idement au secours du Se Virginie et de quelques compagnies du Mississipi qui tenaient les ap2)roches de Leesburg et avaient déjà commencé l'engagement avec le gros des 'troupes ennemies avançant de Bail 's Bluff.

" Si l'ennemi ne veut j>as venir à nous, nous irons à lui ! " s'écria Kvans, en se mettant à la lête des deux régiments du Mississijji. Une course de deux milles les amena au lieu du conflit. Les Fédéraux venant de ijalTs Bluff s'étaiont avancés da ILS la plaine boisée qui s'étend entre la rivière et Leesburg, et avaient formé une ligne de bataille demi-circulaire, supportée par quatre obusiers (howitzcrs). Evans ordonna " d'en finir i)romptement." La fusillade devint bientôt générale, et bien quo h s Confédérés ne ])ussent pas ^e servir de leur artillerie, les Fédéraux durent céder et reculèrent vers la falaise. IjC colonel Baker put néanmoins rallier ses hommes et arrêter leur mouvement rétrograde, mais le général Evans, saisissant le moment o})portun, ordonna une charge ; les Virginiens et les Mississipiens se ruèrent sur les lignes fédérales avec une im])étuosité irré-

t lient des chevaux sauvages dès l'âge le plus tendre, et Irur plus grand général de la dernière période de la guerre, — Ulyss sS. Graut, — manifestait déjà, étant enf;!! t, les i^ymp'ùni'AS es moins équivoques de sa belliqueuse destinée en prenant plaisir à so faire tirer des CQiip^ de pistolet près de l'oreille. L'histjirc suivante, gravement racontée par un journal de Washington à propos de l'élévation subite de Mac Clolian. c^t tout aussi caractérisa iique :

Le Napoléon «enkaxnt. — D^-.iis l'hiver de 1826 à 1827; il se passa à Philadelphie un incident remirquable et digne d'étrç rappelé eu ce moment de notre grande crise politique, car il se rapporte ;i un bomme dont ia haute position commande le respect çt l'admiration du inonde entier, et principa-. lemcnt de notre propre pays. J'étais à Philadelphie à l'époque désignée ci-dessus et j'assistais à un cours donne par un médecin diptingue, professeur dans une des institutions de cette ville. Un jour, ce professeur eut up fils ; la nouveJlese répandit au plus vite parmi ses élèves, qui allèrent immédiatement chercher une balance chez; l'épicier le plus voisin et se mirent en devoir de peser le nouveau-né. Dans l'im des plateaux on plaça l'enfant, et dans l'autre le contre-poids. Chose étonii ulr I en eut beau ajouter tous les poids de rétablissement sur le dernier plateau, celui qui supportait l'enfant ne se releva point. Le père jeta en vain sa montre, ses clés, sa trousse, ses couteaux à côté du contre-poids. . . . Inutile! le petit héros resta immobile. Enfin, à force d'ajouter poids sqr poids, la corde du platée u se casin, mais Vcnjant géant ne céda pas.' .'.... Le père était le docteur Mac Clellan, et 1g fils, ^=- le général Gcoige B. Mac C'e'.lan, le jeune commandant de notrç armée d« PotQmac, Le pays verra dans cela un indice prophétique." (!)

LA CAUSE PERDT3E

sistible. Un soldat sortit de la ligue de bataille, et, s'approohant à quatre pas du colonel Baker, lui déchargea les cinq coups de son revolver en plein corps ;• la première balle l'attegnit à la tête, les autres dans la ])oitrine. Baker tomba moi't ; ses troupes, terrifiées et désorganisées, s'enfuirent vers la rivière à l'exception d'un détacliement de quelques centaines d'hommes qui essaya de retraiter en ordre par un mouvement de flanc sur Edward's Ferry, et qui fut fait prisonnier. Mais le gros des fugitifs se dirigeait en toute hâte vers la crête de la fîilaise à pic de Ball's Bluff ; une scène d'indescriptible horreur s'ensuivit : les vainqueurs précipitant les fuyards du haut de la falaise sur les baïonnettes de leurs renforts accourus et postés au bord de la rivière, à trente pieds au-dessous d'eux.

Earement l'histoire a consigné de désastre aussi grand, de destruction aussi horrible. Toute une armée s'accumulait sur l'étroite falaise, et de là, elle était précipitée dans le gouffre béant, déjà encombré de victimes. Des centaines de Fédéraux essayèrent de s'enfuir à la nage, mais une grande quantité d'entre eux furent atteints par les balles -confédé ■ rées; — d'autres furent noyés par les éj)avcs vivantes qui obstruaient leur élan. De grands bateaux avaient amené à la hâte des renforts sur le lieu du conflit; on essaya de s'en servir pour transporter les blessés, mais la consternation des fugitifs était -si grande qu'ils se jetèix^nt presque tous à bord, foulant 'aux pieds les malheureux blessés et sombrant bientôt avec eux, au milieu des cris les plus horribles. Il y avait, parmi ces hommes agonisants, des jeunes gens qui voyaient le feu pour la première fois ; ils étaient arrivés au moment où la bataille était en bonne voie du côté des Fédéraux et avait gravi la boueuse falaise croyant déjà la victoire gagnée, mais devant eux s'était dressé un ennemi vengeur et victorieux ; placés entre lui et la rivière profonde, ils ne purent résister et leur élan fit i)lace à la déroute la plus complète. Un millier d'hommes montaient et redescendaient la fatale falaise au milieu du carnage. Deux compagnies du Massachusetts eurent la présence d'esprit cle déployer le drapeau blanc et de se rendre. D'autres se jetèrent furieusement dans le courant, où la fusillade des vainqueurs en acheva la plus grande partie.

Les détails de ce terrible désastre de Leesburi»' fui-ent soigneusement supprimés par les autorités de Washington ; elles eurent même l'impudence de représenter le mouvement fait sur Leesburg comme une simple "reconnaissance," et, au fond, " heureuse et bravement conduite." Mais le Congrès fédéral était précisément en session à cette époque ; le parti de l'opposition dévoila l'horrible vérité. Il fut prouvé que la perte subie par les Fédéraux n'était pas moins de 500 tués et noyés, 800 blessés et à peu près le même nombre de prisonniers ; le tout faisant un total de plus de deux mille hommes. Celle des Confédérés fut seulement de 153 tués et blessés. Ainsi, la petite troupe d'Evans avait défait une armée d'une force pro})ablement

triple de la sienne et lui atait fait subir une perte numérique dépassant l'effectif total de l'armée victorieuse.

Après sa défaite de Leesburg, Mac Clellan resta pendante quelques mois dans l'inaction ou ne fit que des expéditions de fourrageurs. L'organisation matérielle et morale del'armée absorbait tout son temps : bientôt les recrues de Manassas devinrent, entre ses mains, des soldats disciplinés et habiles à la manœuvre. Quelques mois plus tard eut lieu un engagement qui fut le premier succès partiel obtenu par les Fédéraux dans la région du Potomac, et le second avantage remporté par le vainqueia- de Eich Mountain.

Le 20 décembre, le général J. E. B. Stuart, à la tête d'un parti de fourrageurs, fort d'environ deux mille cinq cents hommes, tomba sur les derrières de l'ennemi près de Dranesville. Les Fédéraux étaient en nombre supérieur ; leur force se composait d'une brigade de trois mille cinq cents hommes, sous le général Ord ; deux autres brigades se trouvaient à petite distance. Une fusée dévoila leur présence aux Confédérés. Pour donner à ses wagons le temps de retraiter, le général Stuart se prépara à un combat inégal. Exposé à l'artillerie de l'ennemi et s' apercevant bientôt que la disproportion des forces et la position favorable des Fédéraux rendaient inutile une plus longue résistance, le général Stuart retira ses troupes et retraita pendant deux milles. Deux cents Confédérés avaient été tués ou blessés dans cet engagement.

Le combat de Dranesville fut le dernier conflit de quelque importance qui eut lieu sur les bords du Potomac, pendant l'hiver de 1.861. Mais à la même époque eut lieu une expédition signalée par des souffrances et des fatigues terribles, et tenant plutôt du roman que de l'histoire. "Stonewall"' Jackson la commandait.

En septembre, Jackson fut promu au rang de majorgénéral et, le mois suivant, assigné au commandement des forces confédérées stationnées à Wincli^ster et aux environs. A peu près à la même époque le fameux colonel Turner Ashby, à la tête de son régiment et de quelques autres détachements, formant un total de douze cents cavaliers, surveillait la rive du Potomac de Harper's Ferry à Romney. En décembre, l'ennemi prit possession de Romney et de Bath et s'y i-etrancha fortement. Banks étant au même moment au nord de la rivière avec toute son armée, il devint évident que l'ennemi projetait un mouve ment important. La prudence exigeait que l'on surveillât ses manœuvres avec attention et qu'on se tint prêt à lui opposer une force considérable.

Une grande partie des troupes de Loring, après une marche de deux cent soixante milles, rejoignit le général Jackson à Winchester ; ce dernier se trouva alors à la tête de neuf mille hommes. Le 1er janvier 18G2, Jackson et une partie de son commandement quittèrgnt Winchester et se dirigèrent sur Bath (ou Berkeley Springs) dans le but

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

(le surprendre les Fédéraux qui s'y trouvaient cantonnés.

L'expédition fut des plus fatigantes. Au plus fort de l'hiver, malgré la neige, la pluie et le verglas, les troupes connnencèrent une marche de plus de cinquante milles à travers un des pays les plus accidentés du globe, et afin de ne pas être découvertes par l'ennemi, elles durent souvent prendre des chemins détournés et presque impraticables. Exposée à toutes les rigueurs de l'hiver, à la neige et au froid, ayant à traverser des défilés dtmgereux et à gravir des montagnes où toutes traces de chemin disparaissaient, l'armée de Jackson éprouva des souffrances indescriptibles. Les hommes étaient dépourvus de tentes ; la neige couvrait les chemins et se changeait bientôt en verglas ; il fallait, de crainte d'accidents, étudier le terrain à chaque pas et ne poser le pied qu'avec la plus grande précaution. Les genoux et la bouche des chevaux étaient ensanglantés.

Quelquefois, cavaliers, fantassins et wagons roulaient pèle mêle au bas d'un talus ; les hommes, blessés et. brisés par ces chûtes, tombaient mourants de fatigue et incapables de continuer cette marche exténuante. La majeure partie d'entre eux étaient tête et pieds nus et déguenillés ; il ne leur était pas permis de faire du feu à proximité des postes ennemis, et leur plus doux sommeil était celui qu'ils prenaient sur des troncs d'arbres à moitié enfouis dans la

neige.

Après un séjour de deux ou trois jours à Bath, Jackson fit de continuelles démonstrations sur le Potomac dans le but de faire croire à l'ennemi que sa division n'était que l'avant garde d'une armée destinée à envahir le Maryland. Ces feintes réussirent au-delà de ses désirs. Les troupes fédérales cantonnées à Romney et aux environs formaient nn corps de onze mille hommes, sous le commandement du général Shields ; cet officier fut convaincu que Jackson allait traverser le Potomac, et, bien qu'il fut à quarante milles au-dessus des positions confédérées, il retraita sur le côté marylandais de la rivière dans l'intention d'empêcher Jackson de la traverser. Aussitôt que Jackson fut infoi'nié de ce mouvement, il suivit la rive méridionale jusqu'à Romney, surprit et captura grand nombre d'ennemis et détruisit tout ce qu'il ne put emporter des immenses aj^provisionnements de Shields, dont la valeur était de .500,000 dollars. Laissant ensuite un petit détachement à Romney, Jackson rétrograda avec son armée sur Winchester. Le succès de son expédition avait été complet, mais il avait été chèrement acheté, car des centaines de ses braves n'avaient pu résister aux épreuves de cette marche, et il fallut un certain temps aux autres ])Our se remettre de leurs fatigues.

Cette expédition termina la campagne d'hiver de la Virginie. Les armées de Johnston et de Beauregard j'rirent leurs quartiers d'hiver à Centreville et à Manassas, celles de Huger, à Norfolk, de Magruder, dans la Péninsule, et de Jackson à Winchester. Les corps détachés d'Evansport à Acquia, sur le Potomac, dans les montagnes Alleghanys, à

Richmond et aux environs, se cantonnèrent également, et bientôt les plaines de la Virginie, destinées peu après à voir couler des torrents de sang, furent recouvertes d'un manteau de neio-e et de "'lace.

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