‹ La cause perdueChapitre 23 sur 85 · THOS. JORDAN · texte numérisé non relu

THOS. JORDAN

Assistant Adjudant général, de l'état major du général Beaùregard. {N. du trad.)

(XXXI'V) La raison de ce désordre a déjà été expliquée par la nature accidentée du terrain et l'inexpérience des troupes, dont les deux tiers venaient d'entrer au service et les autres d'être découragées par les revers éprouvés à Donelson, Columbus, etc. A mesure que ces troupes s'avançaient sur les camps riches et abondamment pourvus des Fédéraux, elles se dispersaient dans toutes les directions pour piller les tentes, malgré les ordres des officiers. Il devint alors nécessaire de mettre le feu aux camps capturés pour en chasser les pillards et les déserteurs. D'un autre côté, il est bon d'ajouter que ces excès ont eu pour cause la faim et les privations dont souS'rait une partie des troupes depuis plusieurs jours. [N. du trad.)

(XXXV) Il est injuste de faire une exception en faveur des troupes retenues à leur poste par le général Bragg. Cette division ne fut pas mieux maintenue que celles des généraux Polk, Hardee et Breckinridge, et ces deux derniers officiers rendirent d'aussi grands services sur ce champ de bataille mémorable, que le général Bragg lui-même. (A^. du trad.)

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

scènes de désordre s'accomplissaient autour des feux allumés par les vainqueuis au milieu des cris de l'orgie et des plaintes des blessés, — les forces de Buell traversaient rapidement la rivière et se mettaient en ligne de bataille pour le lendemain matin.

Une heure après le lever du soleil, l'action recommença et bientôt la bataille fut engagée avec fnrie. Les brigades et les régiments écharpés de l'armée de Gr;int retraitèrent devant nos troupes, et pendant un moment on put croire que la victoire couronnerait une seconde fois nos efforts. Sur l'aile gauche, néanmoins, et à proximité dn ]ioint où ses renforts arrivaient, l'ennemi jeta en avant jtliisieurs lignes de troupes fraîches. En plusieurs endroits, les Confédérés les repoussèrent avec une ténacité héroïque ; mais les fatigues déjà éprouvées par nos troupes pesaient lourdement sur elles, et il devint peu à peu évident que le nombre l'emporterait dans cette lutte inégale. A midi, le général Beauregard fut forcé de lancer en avant ses dernières réserves, et quelques instants après il se détermina à retirer ses tronp^s, en assurant, autant qu'il était possible, le matériel et les approvisionnements conquis sur l'ennemi par la victoire du premier jour.

La condition de l'armée confédérée était telle que le général Beauregard n'avait pu metti;e en ligne, le second jour, plus de vingt mille hommes. Le premier jour, les Confédérés avaient combattu les divisions fédérales des £cénéraux Prentiss, Sherman, Hurlbut, Mac Clernand et Smith, — fortes de 9,000 hommes chacune, — soit un total d'au moins 45,000 hommes. Cette armée fut renforcée, pendant la nuit, par les divisions Nelson, Mac Cooh, Crittenden et Thomas, de l'armée de Buell, comptant à peu près 2,5,000 hommes de toutes armes, et par la division du général L. Wallace, de l'armée de Grant, — en tout, 33,000 hommes de troupes fraîches, qui,jointes aux 20,000 hommes valides de l'armée de Grant, formait une force totale d'au moins 53,000 hommes opposés à l'armée confédérée, le second jour.

Il était matériellement impossible de combattre avec succès une armée dont la supériorité numérique était si marquante. A une heure de l'après-midi, Beauregard ordonna la retraite. Le général Breckinridge fut laissé avec son corps à l'arrière-garde, pour tenir le terrain que les Confédérés avaient occupé pendant la nuit qui précéda la première

bataille, et couvrait l'intersection des chemins de Pittsburg et Hambnrg, à environ quatre milles de cette dernière place, pendant que le reste de l'armée pafisait, en excellent ordre, derrière la ligne de Breckinridge. L'ennemi ne fit aucune tentative de poursuite, — fait qui indique assez combien il avait souffert. Il avait été trop sévèrement châtié pour tenter d'inquiéter la retraite des Confédérés, et le général Beauregard put se retirer à loisir jusqu'à Corinthe, qu'il avait choisi comme centre stratégique de la campagne.

La bataille de Shiloh, qui dura en tout dix-huit heures, fut remarquable par l'étendue du caiirage, qui acquit en cette occasion une proportion jusque-là inconnue dans les fastes de la guerre d'Amérique. La perte des Confédérés, pendant les deux jours, fut ainsi répartie : Tués sur le coup 1,728, blessés 8,012, disparus 927; soit un total de 10,667. Le général Beauregard évalua la perte éprouvée par Tennemi à près de vingt mille hommes tués, blessés, prisonniers ou manquants. (XXXVI)

Le général Beauregard ne voulut pas convenir que les événements de la seconde journée avaient éclipsé la brillante victoire qu'il avait si malheureusement laissé inachevée suales bords du Tennessee. Il déclara qu'il avait laissé le champ do bataille, le second joua-, "après un combat soutenu pendant huit heures consécutives contre les troupes fraîches et numériquement supérieures de l'ennemi, et qu'à chaque attaque faite par ce dernier sur les lignes confédérées, il avait été repoussé et battu de manière à le rendre incapable de continuer la campagne por.r laquelle des sommes énormes avaient déjà été dépensées et un matériel immense pi'éparé," De son côté, le Nord inscrivit Shiloli sur ses drapeaux connue une de ses plus brillantes victoires. Le département de la Guerre, à Washington, doima l'ordre que dans tous les régiments des armées des Etats-Unis une prière serait dite, le dimanche après la bataille, à l'heure de midi, — "remerciant le Dieu des armées de la manifestation de sa puissance dans la victoire remportée sur les rebelles et les traîtres."

Mais, sous quelque rapport que l'on envisage les résultats de la bataille de Shiloh, la Confédération fut cruellement éprouvée par un événement qui la jeta dans le deuil. Ce fut la mort du général Albert Sj^dney Jolniston ; — l'homme sur qui reposait l'espoir de la guerre dans l'Ouest, et que le gouvernement confédéré regardait comme le génie militaii-e

(XXXVI) Le rapport du général Beauregard sur la bataille de Shiloh fut envoyé le 11 avril. Bien que le récit fait, par rantour des opérations des deux journées concorde avec les détails donnés par ce document, nous en extrayons quelques passages importants :

" Par une rapide et vigoureuse attaque sur les positions du général Grant, nous espérions le repousser jusqu'à la rivière, de manière à nous permettre de profiter de notre victoire et de nous donner le temps d'envoyer à l'arrière tous les approvisionnements et les munitions qui pourraient tomber entre nos mains avant l'arrivée de l'armée de Buell sur la scène du conflit. Mais il n'entrait pas dans nos vues, cependant, de garder la position que nous avions conquise ni d'abandonner Corinthe comme centre stratégi(iue de la campagne.

" Le manque d'officiers généraux, en rendant difficile la formation régulière des divisions et des brigades ainïi rassemblées à la hâte, — joint à d'autres difficultés d'organisation, — retarda le mouvement jusqu'au 2 avril. Ce jour-là, la nouvelle positive étant arrivée que ks deux armées ennemies étaient sur le point d'opérer leur jonction, il fut résolu que l'attaque serait faite immédiatement, quelqu'iucomplets et imparfaits que fussent nos préparatifs. Eh conséquence le 3 avril, à une heure du matin, l'ordre fut donné aux commandants de corps de se préparer, et, pendant la matinée, les ordres détaillés furent communiqués et le mouvement commença aussitôt.

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du pays, et si bien doué par la nature de cette suprême dignité et de cette autorité morale qui firent dire de lui "qu'il était né pour commander." Cet illustre général avait déjà figuré dans beaucoup de scènes remarquables; l'histoire

de sa vie avait été un enchaînement d'aventures romanesques qui avaient fait de lui une des figures les plus caractérisées du continent. Jolinston avait servi dans la guerre coiitie les Indiens Black Hawk. Quand le Texas combattit

" Vit.? iloiix heures de l'après-midi (le 7) notre première ligne, qui avait repousse le tevrilile et dernier a=saut de l'ennemi sur notre gauche et notre centre, reçut l'ordre de se retirer ; ce mouvement fut accompli avec une fermeté peu coiiunune, et l'ennemi ne tenta pas de poursuivre.

" La li^'ue de troupes établie pour couvrir ce mouvement avait été lavorahlement di-pcisee sur une colline, et commandait les environs de la chapelle de Shiloh. De ce point, notre artillerie comuienc^a ;i canonnfr les Ixjis pendant quelijn.s instants, sans que l'ennemi répliquât. Voyant qu'il n'y aurait de sa part aucune tentative sérieuse de poursuite, je lis retirer cette dei'uière ligne, et jamais troupes ne quittèrent un champ de bataille dans un ordre pins parlait. Les maraudeurs eux-mêmes purent .se retirer avec ceux qui avaient noblement défendu leurs couleurs. Une seconde forte position fut prise à environ un mille à l'arrière et l'ennemi y fut attendu pendant prè.s d'nn" h(>ure, ni.iiî en vain ; un très faible détachement de cavalerie fédérale seulement fut aperçu à une légère distance de la première position.

" Le 8, le général Brf-ckiiiridg^e se retira à environ trois milles à l'arrière, a Mickrp's, position qu'il occupa pendant que ga cavalerie s'avançait jusqu'à proximité immédiate du champ de bataille. Pendant la nuit du 7, nue pluie torrentielle avait rendu les chemins impraticables en beaucoup d'enlroil.*, et ce ne fut qu'après de grandes fatigues et de grandes souffrances que le.s derniers régiments atteignirent le camp près de Corluthe.

" Je dois mentionner le nom du colonel Jordan, mon adjudant-général, qui me rendit de grands services pendant les deux jours Aux

majors-généraux Polk, Bragg et Hardee, cnminandunts de ciir[).s d'aiinée, et au brigadier-général Breekinridge, commandant la réserve, le pays doit sa.gratitude p(uir l'intelligence et l'énergie avec lesquelles ils ont exécuté les divers ordres, pour la prévoyance et les capacités dont ils ont fait preuve dans de nombreuses occasiims, sur un champ de bataille si accidenté, et pour l'intrépidité qu'ils ont déployée en chargeant eux mêmes, en différenti s occasions, à bi tête de leurs divisions. Ce fut en guidant eux-mêmes l'attaque que le général Bragg eut deux chevaux tué.s Sous lui, qtii' |p maj(u--général Hardee fut légèrement blessé, et le brigadier-général Breckinridge atteint deux fois.

" Ces glorieux résultats ne furent pas obtenus ?ans que nous ayons eu à dé[)lorer de grandes pertes, moins sensibles encore par le nombre que par les hautes capacités et les mérites personnels d(^ plusieurs de ceux qui succombèrent.' Dans le nombre des victimes se trouve le commandant en chef, SSydney A. John.*ton, dont les brillantes capacités seront vivement regrettées dans la poursuite do la campagne prochaine.

"Je regrette aussi profondément d'avoir à rapporter la rnort de riionorablo George M. Johnson, gouverneur provisoire du Kentucky, qui condjutlit avec les troupes de ton Etat et les anima par ses paroles et par son exemple. Son cheval ayant été tué sous lui le dimanche, il entra dans les rangs d'un régiment kentuckien et tomba mortellement frappé vers la fui de la journée. Kn lui, l'Etat du Kentucky et toute la Confédération perdent un homme droit, brave et capable.

" Un autre brave et habile soldat, le général tàladden, de la Louisiane, commandant la 1ère brigade de la division ^Vithers, 2ème corps, fut aus^i mortellement bles.^é le G, après s'être distingué par son courage et son habileté.

"Le major-général Cheatham, commandant la 1ère division du 1er corp.= , fut légèreme.it blessé et eut trois chevaux tués sous lui.

" Le brigadier-général Clark, commandant la 2èine division du lir corps, reçut le premier jour une grave blessure qui privera l'armée de ses précieux services pendant quelque temps.

" Le brigadier-général Ilindman se distingua par son courage et son sang froid. Son cheval ayant été tué sous lui, il fut gravement blessé par la chute.

"Les brigadiers-généraux B. R. J(dinson et Bowen, deux officiers de mérite, furent aussi gravement blessés le premier jour.

" L'état major de notre regrett'^ commandant en chef rendit de très grands services et partagea les dangers du champ de bataille. Je signale les noms de tous ses officiers au Département de la guerre : capitaines PI. D. Brewster et N. Wickliffe, du département de l'adjudantgénéral; capitaine Théo. 0. Ilara, agissant comme inspecteur-général ; lieutenants Georgfs Baylor et Thos. M. Jack, aides-de-camp ; colonel Wm Preston, majors D. M. Uayden, E. W. jMunford, Calhoun Benham, Alb. J. Smith, et le capitaine Wickham, aides-de-camp volontaires.

" Le gouverneur Isham G. Harris, du Tennessee, vint sur le champ de bataille avec le général Johnston, et se trouvait à ses côtés quand ce dernier fut tué. Subséquemment, il se joignit à mon état-major et se distingua par son sang froid et son intrépidité.

" Je dois aussi de grandes obligations à mon état-major personnel et volontaire, dont plusieurs membres ont été depuis si longtemps associés à me.s travaux. Je donne une liste de ceux qui se trouvaient sur le champ de bataille pendant les deux jours, et que leur devoir conduisait constamment sous le feu, — colonel Thos. Jordan, capitaine Clifton N. Smith, et lieutenant John M. Otey, du département de l'adjudant-général ; major Geo. W. Brent, agi.s.=ant comme inspecteur-général ; lieutenant colonel R. B. Lee, chef des subsistances, lieutenant-colonel S. W. Ferguson et lieutenant A. R. Chisolm, aides- de-camp ; colonel Jacob Thompson, majors Nuraa Augustin et IL E. Peyton, capitaines Albert Ferry et B. B. Waddel, aide.s-de-camp volontaires.

" Le capitaine W. W. Porter, de l'état-major du général Critlenden et le brigadier général Trudeau, des volontaires de la Louisiane, se joignirent également à mon état-major.

(Les antres noms cités à l'ordre du jour sont ceux du capitaine E. IL Cummins, du corps des signaux, le soldat W. E. Gooldsby, du llème Virginie, détaché à mon quartier général, lieutenant-colonel Gilmer, chef de corps d'ingénieurs, le capitaine Frémaux et les lieutenants Steel et Helm, du génie; les docteurs Foard, B- L. Brodie, S. Choppin et D. W. Yandell, du corps médical, capitaine Tom Saunders et MM. Scale?, Metcalf et Tully, de la Nouvelle Orléans.)

HISTOIRE DE LA GUERBE DES CONFËDËRÊS

pour son inclépendancej il entra comme simple soldat dans les rangs de l'armée de la jeune république, parvint par la suite au grade de brigadier général senior (plus ancien en grade) de l'armée texienne, et fut enfin nommé au commandement en chef de l'armée, en remplacement du général Félix Houston. Cette circonstance donna lieu à un duel entre ces deux officiers généraux : Johnston fut blessé. En 1838, il fut nommé secrétaire de la Guerre de la république du Texas par le président Laniar, et l'année suivante, il organisa une expédition contre les Indiens Clierokees, Plus tard, il rentra dans la vie privée, s'occupa d'agriculture et mena plusieurs années la vie paisible d'un planteur.

Quand la guerre du Mexique éclata, en 1846, l'appel du général Taylor lui fit reprendre la jn-ofession des armes. Il arriva au Mexique peu de temps après les batailles de Kesaca et de Palo Alto et fut élu colonel du premier régiment du Texas. Après la dissolution de ce régiment, il fut nommé aide de camp et inspecteur général du général W, 0. Butler, et c'est en cette qualité qu'il combattit à la fameuse bataille de Monterey où son cheval fut trois fois blessé sous lui.

Après la guerre du Mexique, Johnston fut nommé payeur général {paymaster^ do l'armée régulière, avec le rang de major. Quand l'armée des Etats-Unis s'accrut de quatre nouveaux régiments, Jeftérson Davis, alors secrétaire de la Guerre, lui fit donner le connnandement du 2i-' cavalerie, quartier général à San Antonio (Texas). Vers la fin de 1857, le président Buchauan lai confia le commandement do l'expédition dirigée contre l'Utah, dans le^but de réduire les Mormons. Il traversa les plaines pendant l'été de 18r>8, et arriva à Sait Lake City, où il fut l)ientôt uonnnc, en récompense des services qu'il venait de rendre, brigadier général et commandant en chef du district militaire de l'Utah. Depuis, il fut envoyé en Californie et placé au commandement du département militaire du Pacifique. Il y resta, jusqu'au commencement de la guerre ; en ajjprenant la sécession du Texas, son Etat adoptif, il résigna son commandement dans l'armée des Etats-Unis et résolut do se rendre immédiatement au Sud et d'épouser la cause de la Confédération.

Les autorités fédérales avaient pris des mesures pour l'arrêter, ou, au moins, l'empêcher de s'embarquer. Mais Johnston parvint à éluder leur vigilance en prenant la route de terre. Avec quelques compagnons, dont le nombre primitif de trois à quatre s'éleva par la suite à une centaine, il gagna

à dos de mulet le chemin de l' Arizona, traversa le Texas et arriva à la Nouvelle Orléans sain et sauf, en août 1861. De là il se rendit immédiatement à Kichmond, où il fut assia:nô au commandement du département du Mississipi.

Au début de la campagne de l'Ouest, le général Johnston avait été censuré par la presse. On a prétendu que ces critiques l'avaient affecté ; mais, s'il en était ainsi, il les ressentit d'une manière digne et noble, car dans une lettre écrite après la retraite de BoAvling Creen et la chute de Donelson, il dit: "La pierre de touche de ma profession, vis k vis du peuple, est le succès. Règle sévôi'e, mais que je crois juste."" Quelques jours avant la bataille où il perdit la vie, il avait exprimé son espérance de reconquérir suus i)eu tout ce qui avait été déjà perdu.

Le président Jefferson Davis })aya lui-même un tribut éloquent à la mémoire du héros défunt ; jamais le clief de la Confédération n'employa un langage })lus touchant et plus choisi qu'en cette circonstance. Il annonça la mort de Johnston par un message spécial, dans leijuei il disait au Congrès: "Sans faire aucune injustice aux vivants, on peut affirmer en toute sûreté que cette perte est iriéparable. Parmi tous les hommes grands et bons assemblés aujourd'hui sous le drapeau de notre pays, il n'existe pas un esprit plus })Ui', une âme plus héroïque que celle de l'homme dont je déploie aujourd'hui avec vous la perte. Sa mort a illustre encore la pureté de son caractère, déjà si noblement marqué par la sincérité de ses vues, j^ar son dévouement énergique à l'accomplissement de ses devoirs. Combattant victoiieusement pour la cause de son pays, il s'oubliait lui-même quand so!i propre sang l'abandonnait avec la vie. Son dernier soupir fut un encouragement à ses compagnons ; le deiiuer mot qu'il entendit fut leurs cris de victoire ; sa dernière pensée fut pour son pays, qui pendant longtemps regrettera profondément sa perte."

Les restes du général Johnston furent transportés à la Nouvelle Orléans et exposés à la mairie, où t<)ut le monde fut librement admis. Les témoignages de l'affliction publique furent touchants. Des fleurs,— symboles de tous les sentiments tendres, — entourèrent son cercueil d'une guirlande simple, mais d'une expressive beauté. Au milieu de ces marques sincères d'une profonde douleur, des pleurs et des adieux d'une assistance émue, le corps du grand commandant, l'épée nue au côté, fut transporté à sa dernière demeure. (XXXVII).

"En résumant les résultats de k bataille, je ne dois pas oublier de mentionner qu'un grand nombre de nos hommes, qui uavaient que des «rmes inférieures, les ont échangées contre les armes perfectionnées des Fédéraux ; mais, à part quelques tentes, la plus grande partie du butin pris surrennemi ])endaut la journée du dimanche, se trouva hors de service ou gravement cudommanée."

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