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CHAPITRE XVIil

CAMPAGNE DU GENERAL POPE.-CEDAR RUN -SECONDE BATAILLE DE MANASSAS. INVASION DES CONFEDERES DANS LE MARYLAND.-HARPER'S FERRY.

SHARPSBURG.

.tuijl.lex-sef»te::mbr,e: ises.

La nouvelle de la retraite de la grande armée fédérale commandée par Mac Clellan, et de son arrivée à la rivière James, causa une grande excitation dans tout le Nord. Les détails de cet échec remplirent de découragement tous ceux qui avaient prématurément espéré la capture de la capitale confédérée, et produisirent sur l'opinion un choc qui n'avait pas encore eu son équivalent depuis le commencement de la guerre. De toutes parts, une clameur générale s'éleva contre l'infortuné commandant. Pour aclievcr de le rejeter tout-àfait dans l'ombre, arrêter brusquement sa carrière militaire et briser toute la confiance que le public semblait encore disposé à placer en lui, une nouvelle armée fédérale avait été organisée sous k commandement du général Pope et venait de traverser le Kappahannock avec l'intention apparente de s'emparer de Gordonsville et de marcher de là sur Richmond. Les dissensions et les récriminations entre ces deux grandes divisions de l'armée fédérale de la Virginie se développèrent bientôt. Plusieurs des généraux de divisions de Mac Clellan ayant demandé à être relevés des postes qu'ils occupaient sous son commandement, sous prétexte que Mac Clellan était incapable et incompétent, furent envoyés à l'armée de Pope. D'un autre côté, les amis de Mac Clellan ne mirent pas un moindre empressement à affirmer que Pope était un fanfaron et un officier de hasard, qui, par l'intrigue et par des influences politiques, était devenu le favori du cabinet de Washington et l'instrument

du parti radical, — et qu'au point de vue militaire il n'était qu'un imposteur, confondant la brutalité avec la vigueur et cherchant à augmenter les rigueurs de la guerre par l'émancipation et l'armement des esclaves, la consécration du pillage et son intention de faire du iSud une proie pour ses brigands organisés et ses nègres 'loyaux."

La nomination de cet officier au commandement des forces fédérales dispersées le long du Rap2iahannock indiquait d'une manière significative le dessein de l'administration de Washington d'introduire de nouvelles mesures de violence dans la conduite de la guerre et de recommencer la campagne de la Virginie avec un nouveau système de sjooliation. La guerre allait désormais être poussée avec grande exaspération. Pope était un abolitioniste violent, et un homme aux passions politiques exaltées ; ses campagnes dans l'Ouest n'avaient eu de saillant que le pathos ridicule de ses dépêches officielles, ses '^grands mensonges publiés en grandes lettres" et les cruautés qu'il avait commises dans le Sud-Est du Missouri. De là, il était rapidement entré en faveur à Washington. Mac Dowell, démocrate modéré et ne sympathisant aucunement avec l'école politique de l'abolitionisme, était, au moment de la nomination de Pope, stationné à Frédéricksburg et devait avoir le commandement de l'armée qui devait marcher de là sur Richmond, quand Banks, Shields et Frémont l'auraient rejoint ; on a vu que les marches rapides et les victoires de "Stonewall" Jackson

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

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avaient empêché cette jonction. Il fut profondément humilié en voyant ses plans et le commaiulonieut de ses tronpes passer aux mains d'un homme inconi[)éteiit, et lui-même placé dans une position obscure et suLordouné.

De quelque manière que l'on ait envisagé à Washington les capacités niilitaiies de Mac Clellan, il est certain qu'il y avait des raisons politiques pour Técarter. Mae Clellan était démocrate ; il avait constamment cnvisa''é la guerre comme un conflit ayant ])our but hi reconstructi()n de l'Union et non une œuvre de vengeance ; on no devait jias^ selon lui, la détouiner de ce ([u'il a}i})réciait conjnic son hut !:-hle et louable, piour la faire concouiir à des desseins haineux et à des outrages sauvages cenlie les [)npulaiions du tSud. Il avait déjà eonijuis chez, ces popuhUions une eerlaine esiime par ses l'éserves strictes à l'egaitl des pru})riélés })artieulières situées dans les limites de son eummandement, et par ses honorables dispositions de diriger la guene et d'en a})pli(|uer les conséquences sur les honnnes armés et non sur toute la population, sans distiuction d'âge, de sexe ou d'autres conditions. Le malheureux conuuandant, eneoi-e accablé de sa défaite, eut néanmoins, (Quelques jours adirés sa retraite sur la rivière James, assez de puissance morale pour écrire au président Lincoln, à AVashington, laie lettre qui, en dehors de sa carrière militaire, restera étei'nellement conjujc lui monument élevé à l'honneur de son auteur. Le texte de cette lettre doit être bien étudié, comine tdant l'exposition de princi})es d'un parti i|ui demandait que le but de la guerre ne dépassât point les limites fixées par sa déclaration oi'iginelle, et qu'elle fut conduite d'après des principes humains et honorables :

(iuARTIlCK-CENERAL UK L'AfiMéE DU PoTOifAC,

Camp prés do Harriaou's Ltmding (Ve.,) 7 juillet 18G2.

]\I. le Président, — Vous avi?z été pleinement informé que l'armée rebelle était sur notre front et qu'elle se proposait de nous anéantir, soit en attaquant notre position, suit par le blocus de nos communications par la voie fluviale. Je ne puis que regarder celte position comme critique, et je désire ardemment, en prévision d'éventualités possibles, détailler à Votre Excellence et soumettre à sa considération particulière mes vues générales concernant l'état actuel de la rébellion, bien qu'elles n'aient aucun rapport immédiat avec la situation de cette armée et qu'elles ne lassent pas partie de mes devoirs oHiciels. Ces vues sont mes convictions sincères et profondes. Notre cause ne doit jamais être abandonnée ; c'est celle des institutions libres et du gouvernement de soi-même. La Constitution et l'Union doivent être maintenues, quels que soient le temps, l'argent et le sang qui doivent être employés à la défendre. Si le ju'ineipe sécessioniste réussit, il est facile d'entrevoir d'autres dissolutions dans l'avenir. Donc, qu'aucun désastre militaire, qu'aucune faction politique, ou qu'aucune menace de guerre étrangère n'ébranlent votre résolution de mettre à exécution et d'appliquer d'une manière égale les lois des Etats-Unis aux populations de chaque Etat.

Le temps est venu où le gouvernement doit adopter une politique civile et militaire qui embrasse •l'ensemble de nos troubles intérieurs. "

La responsabilité de déterminer, de déclarer et d'appuyer une telle politique civile et militaire, et de dii'iger l'ensemble des affaires nationales rcla tives à la rébellion, doit maintenant être assumée et exercée par vous, ou notre cause est perdue. La Constitution vous donne tout pouvoir, même pour les terribles exigences du moment.

Cette rébellion a pris le caractère d'une guerre ; elle devrait être regar.

dée comme telle et conduite d'après les principes les plus élevés de la civilisation chrétii'une. Elle ne doit pas être, dans aucm cas, une guerre ayant pour but la subjugation du ])enple d'aucun Etat. Elle ne doit nullement être une guerre déclarée » la population, mais bien aux forces armées et aux organisations polit'ques de la seci'ssion. Les coutrscations de propriété, la condamnation politique dos persoiuies, l'organisation des Ktats en territoires et l'abolition forcée de l'esclavage, sont autant de mesures que l'on ne devrait j)as envis.i;ior un ^hmiI iin^ant.

Dans la [loursiiite de la guerre, toutes les propriétés partieidières, de même que toutes les personnes désarmées, devraient être strictemerit protégées et assujetties seulement aux nécessites des opérations militaires ; toute propriété p;irtirulière prise pour l'usage de l'année devrait être payée ou écliangce contre un re<,'u ; le pillage et la dei^tiuetion iiuitiles devraient èlre Iraité.s comme crimes; toute viit'atiiin U'ui ju-itiliee ])ar la nécessite, sévèrement juoliibee, t'I tout(! agros.^'on mi itairo vii-à-vis des citoyens [U'oniptement punie. Les arrestations militaires ne de\raieut pas être tolérées, exce[)te dai:s les iilaces où let; liostili'es actives existent ; les serments non reipiis [lar les aeles proDiulgiies d'une manière con.stitutionnelie, ne d(.:vraienl. être ni deinairUs ni acceptes.

J,e.; fonctions de radininisirati(jn militaire dini'aieut se borner à la jU'éservation de l'ordre publie et a l.i iirotuction d .s droits politiques, il ne devrait pas être permis au i)ouvoir niililairo d'intervenir dans les relations de servitude, tant ])our airerm'r que pour ailaiblir l'autorité du maître, excepte quand il s'agit de la i-epressiun de desordres. Les esclaves conlrc- IkhkIcs, d'après l'acte du Congres, (pii demandent la protection militaire, la reee\ raiiait. tie'. droit du gouvernement de s'a.pjiroprier d'une nrurére permanente le travail sei^'ile a son propre service serait allirnie, et le droit du possesseur a une compensation serait reconnu. Ce principe pourrait être étendu, pour des motifs de sécurité et de nece:sité militaires, à tous les esclaves d'un Etat quelconque, et serait un premier i)as vers la libération dans cet ]jlat; ilans le .Mitsouri, ]i'.'ut-etre aussi dans la Virginie occidentale et mcnie dans le Marylanl, tel résultat i.(; serait qu'une (pie.-tion de temps. Un tel système de politii|ue constitutionnelle, mis en prati(ptc sous l'influence du clii'istianisme et de la liberté, s'attirerait l'aide de tous les hommes véritablement loyaux, produirait une profonde impression sur les masses rebelles et sur toutes les nations étrangères, et l'on peut hundjlcment espérer qu'il se justilierait de lui-même à la faveur du Tout-I'uissant.

A moins que les principes ([ui gouverneront la conduite future de notre grand conflit ne soient comius et approuves, tous les etîbi'ts faits pour obtenir de nouvelles levées d hommes sont presque inutiles. Une déclaration de principes radicaux, spécialement en ce qui eoncei ne l'esclavage, aurait p ur effet de desorganiser rapidement nos armées actuelles. La politique du gouvernement doit être appuyée par la concentration du pouvoir mil> taire. Les forces nationales ne doivent pas être dispeisécs eu expéditions, postes d'occupation et fragmeiîts séparés ; elles doivent être réunies en masses et lancées sur les armées des Etats Confédéré.?. Une fois ces dernières entièrement défaites, l'édifice politique qu'elles soutiennent aurait bientôt cessé d'exister.

En mettant à exécution le système politique quelconque que vous pourrez adopter, vous nommerez un commandant en chef de l'armée possédant votre confiance, comprenant vos vues, et capable d'exécuter vos ordres en dirigeant les forces militaires de la nation à l'accomplissement du but proposé par vous. Je ne demande pus ce poste pour moi-même. Je consens à servir dans telle position que vous m'assignerez, et je le ferai aussi sincèrement que jamais subordonné a obéi à un supérieur.

Je suis peut-être au seuil de l'é-ternite, et plaçant mon espoir dans la mansuétude du Créateur, j'ai écrit cette lettre avec des sentiments de sincérité envers vous et d'amour pour mon pays.

Très respectueusement, votre obéissant serviteur,

G. B. McCLELLAN, i\Iajor-général commandant.

A Son Excellence A. Ltxoot.n, Président.

Cette lettre de Mac Clellan est significative en ce qu'elle

caractérise une division remar(iuable de sentiments au sujet de la poursuite de la <;nerre. Cette division était apparente dans le Congrès fédéral, et elle était mai'quée par des profondes lignes de démarcation entre les partis. La meilleure portion du parti démocratique, reconnaissant le caractère réel et les véritables proportions de lagueire, était disposée à accorder aux Confédérés tons les droits de belligérants et insistait fortement sur la non-extension de la guerre au-delà des limites de la restiiuration de l'Union. Elle soutenait que la guerre avait été détournée de son véritable but par l'intrusion des rancunes sectionnelles et par les actes deloj^aux et injustes des agents du gouvernement. Elle s'ojiposait à la mise en piutique, — inaugurée en principe à Washington, — du système de spoliation et d'exécution polilique dans la contrée envahie du Sud ; et déclarait que ces mesures ôtaient à cause de l'Union toute sa sainielé et rendaient le succès plus difiîcile à obtenir.

Le parti radical, de son côté, contrôlait la majorité des votes du Congrès et voulait poursuivre la guerre jusqu'à l'extinction de l'exclavage, et punir les "rebelles" par tous les moyens que sou imagination haineuse et rancunière pouvait concevoir. Los Radicaux ne voulaient pas admettre que le conflit avait pris les ])ropoi-tions et la dignité d'une guerre. Leur grande erreur fut qu'ils n'apprécièrent pas toute la force et l'extension de la "rébellion," de môme qu'ils n'avaient pas apprécié antérieurement les griefs du Sud et leur oppression sectionnelle. Us refusèrent même de reconnaîti'e la définition que fait Vattcl de la guerre civile, -"qu'un eorjis considérable- d'insurgés s'est soulevé contre le souverain,"— i^t ('u répudièrent toutes les clauses concernant l'échange des ])iisonniers, le côté humain du code militaire, etc. Les conséquences de cette théorie suscitèrent de fréquentes ditlicultés à propos des droits des belligérants sur terre et sur mer, et des inhumanités dont rougiraient les peuplades sauvages Au fond, ce parti n'épargna rien pour assurer le succès de tout ce qui pouvait lui permettre d'assouvir sa vengeance sur le peuple du Sud et d'abolir ses institutions locales. Wendell Philij)ps, un fameux orateur radical du Nord, n'hésita jjas à déclarer qu'il déplorerait une victoire de Mac Clellan parce que "la lèpre esclavagiste seiait sauvée" et qu'elle ne serait que la victoire d'une Union esclave; et qu'il remerciait Beaui'egard d'avoir conduit son armée jusque sous les murs de Washington, parce qu'il avait donné ainsi au Congrès le pouvoir constitutionnel d'abolir l'esclavage.

La nomination de John Pope au connuandement de ce qui constituait maintenant la plus importante armée fédérale en Virginie, fut un triomphe du parti radical à Washington, et l'inauguration d'un système de spoliation et de radiation politique à l'égard des Etats du Sud, — système désormais distinctement atfirraé par le texte des ordres officiels et des actes émanant des autorités, PojDe, en entrant dans ses nouvelles fonctions, lança la proclamation suivante, qui, pendant longtemps, fut pour le monde entier un sujet de

dérision et un spécimen curieux de la littérature militaire et des grotesques fanfaronnades d'un homme que le Biclirnond Examiner conipara aux traditionnels Bobadil et Munchausen :

Aux officiers et schlals de i'arijiée i!e la Vir<iiiiie : El) veitu d'un ordre spcciul du président dos Ktals-Uir.-^ j';ii pris lo cominandcnieiit de cette 'année. J'ai passé quiiize jours à r(i! îii r voir.' condition et vos besoins, en vo\is prép.iranl à de nouvcl'.os opoi-ai-ons 1 1 en vous mettant à même d'agir d'une manière prompte et criicaee. J'arrive de l'Ouest où nous avons ti)ujour3 vu le dos de l'ennemi, — l'.'uno année qui toujours a poursuivi ses adversaires et les a 'oattus lorsqu'elle les a rencon' très, — dont le système a été i'atlaque et non la défense. U;:e seule fois l'ennemi a pu placc"f nos armées de l'Ouest sur la défensive. Je p-résume que j'ai été envoj'é pour suivre le même P3vtème et pour vous conduire à l'ennemi. C'e.'-t mon intention de le fairo, et de le faire promptement. Je suis sûr que vous aspirez aux distinctions (pie vous êtes capables de conquérii-. Je clierclierai à vous en fournir l'r.ccasion. Je désire en même temjjs vous faire oublier certaines phra-es que je regrette de trouver en vogue parmi vous. J'entends constamment parler de prendre et garder de fortes positions, — de s'appu yer sur des lignes de retraite et sur des bases d'approvisionnement. Loin de nous de telles idées ! La plus forte position qu'un soldat puisse désirer, est celle qui lui permet de marcher laeiK'men^ contre l'ennemi. Etudions les lignes probables de retraite de nos adversaires, et ne nous occupons pas des nôtres. Regardons en avant et non en arrière. Les succès et lu gloire sont devant TiOus, les dcsai-'rfs et la honte derrière. Comljattons ainsi et vous pouvez compter que maint exploit gioi-ieux s'inscrira sur votre bannière ( t que vos noms .seront à jamais ehers à vos

concitovens.

JOHN i'Ol'K,

^ Tviiijor-général conunaiidant.

Pope fit suivre cette proclamation caractéristique d'une série d'ordres généraux inaugurant la guerre eonti'c la population de non-combattants qui s.e trouvait dans ses ligues. Il ordonna l'arrestation de plusieurs citoyens, et, sur leur refus de prêter le "serment d'allégeance" au gouvernement fé-dôral, les chassa de leurs foyers et déclara que, s'ils rentraient dans un point quelconque des limites de son occupation militaire, ils seraient ''considérés comme es2")ions et sujets aux ligueurs extrêmes de la loi militaire !"

Suivant un ordre général émanant du gouvernement fédéi'al, les commandants militaires nommés par ce gouvernement dans les Etats de la Virginie, la Caroline du Sud, la Géorgie, la Floride, l'Alabama, le Mississipi, la Louisiane, le Texas et l'Aïkansas, furent autorisés à saisir ou à faire servir à leurs besoins toute propriété mobiliaire ou iramobiliaire, appartenant aux Etats de cette Confédération, — qui pourrait leur être nécessaire ou utile pour les besoins de leurs divers commandements. Par cet acte, aucune compensation n'était sj)écifiée p'our les propriétaires de ces biens particuliers ainsi saisis et appropriés par les commandants militaires ennemis.

Pope alla plus loin encore que ne l'autorisaient ces ordres, car il permit à ces troupes de dépouiller toute la contrée qu'il occupait ou qu'il contrôlait. On donna à entendre aux soldats fédéraux qu'ils avaient toute liberté de piller et de mettre^ mort les citoyens désarmés et les pacifiques cultivateurs du sol. Le pays fut entièrement ravagé par cette horde de barbares. On s'introduisit dans les maisons pour y

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voler; on tua sans raison, en plein champs, les bestiaux des agriculteurs ; les habillements et la bijouterie devinrent également la propriété de cette horde do pillards. Un journal, plus honnête et plus lionornbl!^ que ses confrères de la presse n#rdiste, écrivit à propos de ces violences des troupes de Pope en Virginie : "La nouvelle mesure que l'on vient d'adopter au sujet de la protection des propriétés rebelles, et l'intention du gouvernement de faii-e vivre l'armée, autant que possible, aux dépens de la contrée ennemie, a produit une révolution décidée dans les sentiments et les habitudes de l'armée. A moins que ces innovations ne soient circonscrites par une sauvegarde beaucoup plus })uissanto contre le pillage irrégulier et non autorisé, nous aurons, à la -fin de la guerre, inondé le pays d'une horde de voleurs sans frein et sans scrupules. Pendant les dernières semaines, l'armée a fait de rapides progrès en ce sens, et ces mêmes hommes qui, chez eux, auraient rougi de honte à la pensée de s'emparer du bien d'autrui, s'approprient maintenant sans remords tout ce qu'ils trouvent à portée de leur atteinte. Le vol, s'imaginent-ils, est devenu une action autorisée."

Les mouvements militaires, en Virginie, acquéraient un profond intérêt. Pope se trouvait sur le Rappahannock ; son avant-garde, d'une force considérable, s'était portée au sud de Culpepper Court House, près de Gordonsville. Un corps ennemi faisait aussi de grandes démonstrations à Frédéricksburg et menaçait le chemin de fer de Gordonsville à Richmond ; son but apparent était de coopérer au mouvement de Pope.

D'après des renseignements rapidement obtenus, le général Lee était porté à croire que Mac Clellan ne se détermirait pas à opérer dans la Péninsule, mais qu'il se déciderait à envoyer la plus grande partie de ses forces sur le Rappahannock, où elles feraient leur jonction avec Pope. Néanmoins il était nécessaire de n'opérer que des mouvements très prudents dans l'espace compris entre les armées fédérales, et d'attendre, aussi longtemps qu'il était possibe, qu'elles développassent pleinement leurs intentions. Pour faire face à l'avance de Pope et restreindre, dans une certaine mesure, les atrocités dont Pope menaçait les citoyens •sans défense, le général Jackson, à la tête de sa propre division et de celle d'Ewell, reçut l'ordre d'avancer sur Gordonsville, le 13 Juillet. Eu atteignant sa destination, Jackson put s'assurer que l'armée du général Pope était numériquement supérieure à la sienne, mais l'incertitude qui régnait au sujet des intentions de Mac Clellan, empêchait l'armée de Richmond de le renforcer. Il reçut donc Tordre d'observer attentivement les mouvements de l'ennemi et de profiter, pour l'attaquer, de la première occasion favorable qui se présenterait.

Mac Clellan était toujours à Westover, sur la rivière James et ne manifestait aucune intention de reprendre de sitôt les opérations actives. L'avance du g''i.é;nl Pope ayant atteint le Rapidan, le général A. P. TTi 11 j u. être détaché avec ScT, division et onvoyé, le 27 juillet^ à laide de Jackson.

En même temps, pour contenir Mac Clellan et, si cela était possible, pour l'obliger à se retirer, le généial D. H. Hill, commandant au sud de la n'\iêre James, l'eçut l'ordie de menacer ses communications en s'cnipanuit au-dessous de Westover d'une position favorable, d'oVi il pouvait attaquer les transports qui remonteraient le James. Ce général choisit la position do Coggins Point, en face de V/estover. Dans la nuit du 31 juillet, le généi-al confédéré French, accompagné du chef d'artillci'ie, brigadier-<;énéral Pendleton, plaça quarante-troii canoi'.s en |)o.sitiou à [lortée des navires et des camiis i'édéiaux (!'■ la ii\(^ nord du James. U ouvrit le

ues camjis feu à ni

f )is sur les canonnières et sur les camjiements fédéraux et causa de sérieux dommages à l'ennemi. Au lever du joui', les canons furent retirés; les Confédérés n'avaient perdu, par la ripo&te des batteries et des navires ennemis, qu'un tué et deux blessés. Cette attaque décida Mac Clellan à envoyer de forts détachements au sud du J?,mes. Ces détachements se retranchèrent dans la même ])Osition de Coggins Point.

Pendant que le gros de l'armée de Lee attendait que Mac Clellan eut dévoilé ses intentions, le général Jackson, renforcé par A. P. Hill, résolut de prendre l'olFensive contre Pope, dont l'armée, supérieure en nombre à cello-de Jackson, avait pris position au nord du Rapidan.

Une })artie seulement de l'armée de Pope était à Cul- [)epper Court House. Les forces de Banks et de Sigel, et une des divisions de Mac Dowell y avaient été concentrées ; le corps d'armée du ]>remier s'était placé à cinq milles au sud de la ville. Le général Jackson, impatient de rencontrer de nouveau son ancien adversaire de la Vallée, résolut d'attaquer le cor})S de Bandes, avant l'arrivée du reste de ses troupes. Le 7 avril, il partit de Gordonsville dans cette intention.

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