‹ La cause perdueChapitre 29 sur 85 · BATAILLE DE CED AU KUN · texte numérisé non relu

BATAILLE DE CED AU KUN

Le 9, les tnnipes de Jackson ariivêrent à huit milles de Culpep})er Court House et trouvèrent l'ennemi piès de Cedar Run, à une petite distance au nord-ouest des montagnes de Slaughter. La brigade Early, de la division Ewell, fut jetée en avant sur le chemin de Culpej^per Court House. Les deux autres brigades, celle de Trimble et celle de Hays, firent un mouvement divergent sur la droite et prirent position sur la pente occidentale des montagnes Slaughter. La division propre de Jackson, sous le commandement du brigadier-général Winder, fut placée à la gauche du chemin. La bataille commença par un vif feu d'artillerie qui dura deux heures envion et pendant lequel le général Winder, qui dirigeait les mouvements de ses batteries, fut tué.

Il était maintenant cinq heures du soir et il n'y avait guère eu là que des démonstrations d'aitillerie. Le «général Banks envoya au général Pope, qui se trouvait en ce moment à Culpepper Court House, à environ sept milles du champ de bataille, l'information que les Confédérés n'avaient fait jusque là aucune démonstration considérable dans sa direc-

tion et qu'il ne comptait pas qu'une Lataillo serait livrée dans la même soirée. Mais l'obtus conmiandant fédéral, en dépit de la sévère leçon qu'il avait reçue dans la vallée de la Shenandoah, avait une fois de plus compté sans son rusé et vigoureux adversaire. Le courrier envoyé par Banks venait de jjartir, quand un mouvement en avant de l'infanterie fédérale laissa à découvert une colonne de Confédérés, postée sur la pente de la colline sur son flanc, et dont la présence était inconnue jusque là à Banks. Le feu de l'infanterie s'étendit rapidement à la droite et au centre, puis, Eai'ly engagea chaudement le front et la droite do l'ennemi, après avoir demandé des renforts. Le général Hill #irrivait avec sa division ; une de ses brigades, celle du général Thomas, fut envoyée à Early et le rejoignit à tem[)S ])Our lui rendre d'efficaces services. Pendant que l'attaque sur le général Early continuait, le gros de l'infanterie fédérale descendait des hauteurs boisées à travers les champs de blé et ele maïs et tombait vigoureusement sur notre extrême gauche. La grande supéi'iorité nutnériqiie de l'ennemi sur ce point, lui permit de tout disperser devant lui, de tourner l'aile confédérée et de commencer un feu très vif sur ses derrières. A cet instant critique, la brigade Brandi, de la division Hill, jointe à la briga<le Windi'r, ])()stée ])]urt loin à sa gauche, tomba sur les forces fédérales, annula leur triomphe momentané, et les rejeta dans les ])ois, après avoii' fait un carnage etfroyabl(\ Le combat continua néanmoins, avec beaucoup d'obstination, entiï' l'ennemi et les deux brigades jusqu'au moment où les renforts arrivant à, celles-ci, une charge générale fut faite et l'cmiemi entin re})oussé du champ de bataille et njeté dans les bois opposés, en laissant derrière lui une longue trace de morts .et de blessés. Bientôt, les Fédéraux cédèrent à tous les points de leur ligne et laissèrent les Confédérés en pleine possession de leurs positions. L'attaque de Banks avait échoué ; sa gauche et son centre étaient irrévocablement brisés, et la nuit seulement le sauva elcs conséquences fatales d'une poursuite Cet engagement avait été un des plus rapides et des plus vigoureux de la guerre.

Le lendemain, le général Jackson resta en position, et ayant iicquis la certitude que Banks venait d'être renforcé, il s'occupa d'enterrer ses morts et de ramasser les armes éparses sur le champ de bataille ; pendant la nuit, il retourna dans le voisinage de Gordonsville. Le rapport officiel de Jackson porta sa perte à 223 tués et 1,0(30 blessés. Selon toute apparence, celle de l'ennemi était d'au moins deux mille hommes, y compris les quatre cents prisonniers laissés entre nos mains.

Peu de temps après la bataille de Cedar Run,'le général Lee put se convaincre que de puissants renforts venaient d'arriver à l'armée de Pope. Le corps d'armée du majorgénéral Burnside, de la Caroline du Nord, était arrivé à Fredericksburg et de là, suivant les rapports, remontait le Pvappahanuock pour s'unir ayec Pope; on prétendait aussi

qu'une partie de l'armée de Mac Clellan avait quitté Wes~ tover dans le même but. Dans cet état de choses, le général Lee se convainquit promptement que la meilleure manière de protéger Richmond contre toute attaque était de renforcer le général Jackson et de s'avancer immédiatcment sur Pope. Le 13 août, le major-général Longstreet, avec sa division et deux brigades commandées par le général Hood, reçut l'ordre de se porter sur Gordonsville. En même temps, le général Sfcunrt devait également se diriger sur ce point avec le gros de sa cavalerie, tout en laissant une force suffisante pour observer l'ennemi restant encore à Fredericksburg et garder le chemin de fer. Le général R. H. Auderson reçut aussi l'ordre d'abandonner sa position sur le James et de suivre le mouvement de Longstreet. Le 16, les troupes commencèrent leur marche du voisinage de Gordonsville vers la rivière Rapidan, sur la rive nord de lacpielle Ja grande armée fédérale avait établie sa position, le long du chemin de fer "Orange et Alexandrie," et dans la direction de Culpepper Court Ilouse.

Longstreet et Jackson devaient traverser le Rapidan et attacpier le flanc gauche ennemi, mais Pope prit l'alarme et se hnta de battre en reti'aite au-delà du Rappahannock. Tandis que le général Lee fiis;iifc des démonstrations sur différents points de la, rivière, les forces de Jackson, comptant environ vingt-cinq mille bommes, cpiittôrent le gros de l'armée confédérée, le 25 août, et s'avancèrent vers le baut Rappahannock. Elles n'étaient pas encombrées de bagage et marclu'iient avec une grande rapidité. Après avoir traversé la rivière à environ quatre milles au-dessus de Waterloo, Jackson se porta promptement vers Salem, puis, changeant la direction de sa tête de colonne, marcha à l'est parallèlement au chemin de fer de Manassas Gap, juscpi'au village de Gainesville. Le but de ce mouvement rapide et aventureux était de tourner la droite ennemie, de manière à s'emparer du chemin de fer d'Orange à Alex andrie. Pendant ce temps, Longstreet devait attirer l'attention de l'ennemi en menaçant son front de bataille, et puis suivre Jackson aussitôt que celui-ci serait suffisamment avancé.

Le 26 août, le général Jackson se trouvait entre la grande armée de Pope et la capitale fédérale; sa situation était extrêmement périlleuse. Placé à l'arrière d'un ennemi bien supérieur comme nombre, loin de toute base d'approvisionnement, il se trouvait dans le double danger d'être attaqué par les troupes nombreuses de Washington et d'être annihilé par Pope, si celui-ci faisait volte-face et le pressait entre lui et la capitale. L'ennemi avait été puissamment renforcé. Les corps de Heintzelman et de Porter, d'une force probable de vingt mille hommes, s'étaient joints à Pope le 26 et 27 août à Warrenton. Une autre portion de l'armée de Mac Clellan, venue de Westover et composée des corps de Franklin et de Sumner»

HISTOIRE DE LA GUEKKE DES CONFÉDÉRÉS

était à Alexandrie et allait également rejoindre les lignes de Pope. Le total des forces de celui-ci était formidable et le gouvernement fédéral pouvait, avec raison, espérer une certaine et splendide victoire. Il semblait, en vérité, que Jackson s'était jeté lui-même dans la gueule du lion, et avait volontairement offert à Pope la facilité de remporter une victoire aussi brillante que facile.

Mais le but de cette marche hardie de Jackson était de s'emparer des approvisionnements de Pope à Bristoe et à la station de Manassas, et de ses communications avec Washington; il fut accompli avant (pu^ Pope ait eu connaissance de l'arrivée de Jackson et qu'il se doutât que les démonstrations faites contre ses dépôts d'approvisionnemcMits fussent auti'e chose (pie des opérations de guérillas. L:i, vajeur des niarchandises capturées par Jackson était immense. A Manassas, huit pièces d'artillerie avaient été prises avec plus de trois cents prisonniers. Il se trouvait également sur ce point une grande accumulation d'approvisionnements ; cinquante mille livres de lard, mille barils de bœuf fumé et deux ujille de porc salé, deux mille baril;^de farine, le matériel d'ordonnance et tous les magasins des cantiniers, remplissant deux trains de chemin de fer. Après s'être approprié tout ce dont son armée pouvait se servir, le général Jackson fit incendier le reste pour l'empêcher de retomber dans les mains de ses premiers possesseurs.

Le 27 août, une force considérable d'ennemis, sous le connnandement du brigadier -général Taylor, ariiva des environs d'Alexandrie et s'avança audacieusement dans la direction de la jonction Manassas. Ap^'ès un vif engagenient, l'ennemi fut mis en déroute et repoussé ; ses morts et ses blessés restèrent sur le champ de bataille. Le général Taylor fut mortellenient blessé pendant la retraite. Dans l'après-midi, deux colonnes ennemies, comptant au moins deux brigades, débouchèrent dans la direction de la jonction Warrenton et s'avancèrent sur le général Ewell, à Bristoe. Trois régiments et les batteries de la division Ewell l)risèrent leur ligne d'attaque et parvinrent à les repousser, mais bientôt d'autres forces fédérales vinrent les remplacer ; on put se convaincre que Pope appréciait enfin la véritable situation des affaires et se retournait sur le nénéral Jackson avec toutes ses forces. Le o'énéral Ewell, s'étant rendu conjpte de la grande supériorité de l'ennemi, retira ses troupes, dont une partie était déjà engagée, et rejoignit le général Jackson à la jonction Manassas après avoir détruit le pont du chemin de fer au-dessus du Broad Run. L'ennemi s'ai'rêta à l^i'istoe.

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