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miit sans un seul instant Je repos. Les habitants de la ville, "hommes, femmes et enfants, se réfugiaient dans des caves creusées dans les collines, pendant \m bombardement qui se poîirsnivait presque sans interruption. Cette défense (:)bstinée dura pendant deux mois, mai et jui»; le moral des troupes était relevé de temps à autre par les nouvelles reçues de l'armée de Johnston, par l'interniédiaire des courriers qui léussissaient à se frayer un chonin dans les marais et les buissons de TYazoo.
Quoique le général Johnston fut lui-UTénie trop aifaibli pour sauver Vicksburg, il entretenait cependant l'espoir d'en alléger la garnison. Dans cette intention, le général Taylor, commandant dans le Trans-3Iississipi, reçut l'ordre de coopérer avec Pemberton par la rive occidentale du Misfîissipi. Mais ce mouvement fut mal exécuté; l'attaque de Taylor sur le camp fédéral de Millikens Bend échoua, et font espoir de secours de l'Ouost fut entièrement abandonné.
Le 22 juin, une dépèche du général Pen)berton fut reçue par le généi-al Johnston; Pemberton lui suggérait de faire à (rrant "des propositions pour la sortie libre de l'armée assiégée avec toutes ses armes et ses équipages." Cette dépêche renouvelait aussi l'espoir de Pemberton d'agir de concert ave<3 Johnston et exprimait l'opinion qu'il pouvait encore tenir quinze jours de plus. Johnston fut convaincu par le ton déterminé de cette dépèche. Il répliqua : '■^Quelque chose peut encore Hve fait pour sauver Vlcl'sbur'j. Ajournez les deux moyens proposés de dégager simplement ta garnison. Les négociations avec Grant, si elles deviennent nécessaires, doivent être faites par vous, (^^uant à moi, ce serait confirmer ma faiblesse que de l'ien lui pnqioser, et c'est ce que je dois éviter. (,^uand il sera nécessaii-e de demander des conditions, on pourra considère)' ces demandes commme faites sous mon autorité."
Le 29 juin, les moyens de trans])ort et les appi'ovisionnements nécessaires ayant enhn été obtenus, l'armée du général Johnston se dirigea sur le Big Jjlack, et, dans la soirée du L:'r juillet, elle campa entre Brownsville et la rivière.
Des reconnaissances faites par le général Johnston, le 2 et le 3, le convainquirent que toute attaque au nord du clieniin de fer était impraticable. Il résolut, en conséquence, d'examiner les chances d'une tentative sur le côté sud, croyant, d'après ce qu'il connaissait déjà, qu'il y avait plus <l'espoir de succès de ce côté, quoique les conséquences de la défaite fussent plus désastreuses.
Dans la nuit du 3 juillet, un messager fut envoyé au général Pemberton, l'informant qu'une tentative allait être faite pour créer une diversion et pour lui permettre de se frayer la retraite, et que Johnston s'attendait à attaquer T'^nnemi vers le 7.
Le 4 Juillet, Peiithi'fiou rendit Viel,-sliur<j. On prètenilit (^u'il n'avait jamais reçu la dépêche de Johnston, laquelle lui donnait l'espoir que Yicksburg et sa garnison pouvaient tcites d^T.ix encore être sauvées, et Peînbertoîi déclara que.
s'il avait reçu cette dépêche, '^il aurait vécu avec une once de vivres par jour et aurait continué à fiiire face à tous les assauts de l'année de drant, plutôt que rendre la ville avant que Johnston eut réalisé ou abandonné cette espérance.
Comme on le voit, Pemberton s'était déte riuiné à rendre Vicksburg le 4 juillet, jour anniversaire de ]"indépendance nationale, pour la singulière raison ijue ce serait une satisfaction donnée à la "vanité" de l'ennemi que de le nietti'c en possession, à cette date mémorable, de la forteresse ([ui défendait le cours du grand tleuve et (ju'une telle conc<'ssion pouvait l'amener à faire aux vaincus de plus douces ctuiditiens (|ue celles qu'il eut faites en temps ordinaire. La note ])réliminaire relative aux termes de la reddition fut expédiée le 3. Une con-espondance s'ouvrit, continua pendant toute la journée entre les deux commandants, et ne se termina que le lendemain matin à neuf heures. Alois le général Penîberton sortit de la place et eut une entrevue personnelle avi c Grant, sur le iront de la ligne de bataille fédérale. Les deux commandants s'assirent et s'entretini-ent pendant une heure et demie. ' (rrant, l'aconte nu témoin occulaire, fumait et restait silencieux, tandis ipic l'eniherton, également froid et peu soucieux de l'étiquette, s'anmsait à briser des fétus de paille."
C'était cependant inie occasion bien ,*rave pour une telle aftectation de sang froid. Ct^jour voyait la perte d'une des plus grandes armées que la Confédération avait eu campagne; l'événement qui décidait du sort de la vallé"^. du ]\Iississipi; la reddition virtuelle du cours du grand tleuve; la séparation des deux grandes sections de la Confédérati(jn. Le nombre des soldats rendus par la capitulation de Vicksburg s'élevait à vingt-trois mille, dont trois majors-généraux et neuf brigadiers: plus de ipiati'c-vingt-dix pièces d'artillerie et environ «juarante mille }ietites armes tombaient èiralement entre les mains de l'ennenn'. Des milliers d'iiommes étaient malades et exténués par l(^s fatigues, la faim et la -chaleur. Six mille se trouvaient dans les hôpitaux, et un grand nombre d'entre eux étaient entassés dans ce quj l'on pouvait regarder comme un camji de convalescents. (^)aatre mille citoyens et nègres, à part l'armée de Pemberton, composaient toute la population de la ville. Qund on considère que pendant six semaines, ces gens vivaient dans une terreur continuelle, sous la menace continuelle de la bombe ou du boulet, qu'ils ne pouvaient dormir une seule nuit dans leurs maisons et qu'ils étaient obligés de ramper dans des- caves d'où ils ne sortaient qu'à des rares intervalles, on peut s'imaginer quelle vie horrible était la leur.
Le premier résultat de la reddition de A'icksburg l'ut la chute de Port Hudson et par suite l'ouverture tlu cours entier du Mississipi à la marine fédérale. Le général Banks avait mis le siège -devant cette })lace et avait fait deux assauts, le 27 ra?ii et le 14 juin; mais le général Gardner, qui l'occupait avec une garnison d'environ cinq mille hommes, le repoussa chaque f^is. ^^uand la nouvelle fut com-
inuniqiiée à Gardner que Yicicsburg s'était rendue, ce général i'(:>ni|irit qu'il était inutile de prolonger la résistance et le D juillet il rendit la plaee et se C(.'n<tiiua pi-isonnier avec les truupes de la garniscni.
Les grands événement;; qui s"at-ci.>n)jilissaient ain.^i sui- les Lords du Mississipi. formaient une continuité de revers qui aftaiblirent sur une grande échelle les forces de la Confédération, tant en hommes qu'en ressources matérielles. Ces désastres ne s'arètèrent }ias là : d;.n> le Trans-Mississipi, de sérieux échecs furent également éprouvés. La chute des deux forteresses du grand tieuve eut pour lésultat l'abandon de Little llock i)ai- notie arrjjée et la reddition à l'ennemi de la riche vallée dans laquelle cette ville est située, tandis qu'une cami)agne iilîiugurée avec succès dans la basse Louisiane, fut abandonnée par suite de la chute de Port Hudson et de la nn'se en disponibilité des troupes de Banks. Le récit de ces dernières ex}:éditions complète l'Iiistoire de la gueri-e dans l'Ouest [icndant l'été de 1803.
OrKRATTOXS r>AXs I.F. Tlt ANS-JIISSlSSl i'I.
HELEXA,