‹ La cause perdueChapitre 48 sur 85 · JEFF. DAVIS · texte numérisé non relu

JEFF. DAVIS

" 31 octobre 18G2.'"

On avait cependant objecté au président Davis que les conséquences de ce refus d'échange seraient des plus sérieuses. Le colonel Northrop, commissaire général, lui fit

remarquer que tous les efibrts qu'il faisait, en les supposant pleinement couronnés de succès, ne parviendraient pas à approvisionner l'armée de porc fumé pour l'année suivante. Les départements de l'est étaient épuisés, et, d'un autre côté, le nombre toujours croissant des réfugiés chassés de leurs foyers par les armes de l'ennemi, ajoutait encore nu chiftre des consommateurs. Les résultats que l'on espérait obtenir dans le Tennessee ne pourraient pas sans doute suffire aux besoins des troupes opérant dans cet Etat et à l'ouest des montagnes. Un rapport, envoyé par le " bureau des subsistances," établissait (pie l'approvisionnement de porcs pour l'année 1SG2 présenterait probablement un déficit de cent mille têtes sur l'année précédente, et que le bétail était presque épuisé. Ce rapport fut envoyé au président Davis, avec l'apostille suivante de M. Randolph, secrétaire de la guerre: " A moins que ce déficit ne soit comblé par des achats faits en dehors des limites de la Confédération, j'appréhende les ]i1us sérieuses (îonséquences.''

î\lais le Président refusa de voir la nécessité si formelle ment démontrée d'une action immédiate. Il persista dans l'idée que la guerre serait bientôt terminée, et en dépit des arguments positifs qu'on lui opposait, il continua de croire que tous les approvisionnements requis pourraient se trouver dans les limites de la Confédération. La lettre suivante, écrite en réponse à une demande d'informations à ce sujet, faite par lui en 1S62, montrera à quel point il se trompait :

'' Un remarquera îjue le Président, par l'intermédiaire du général Smith, demande des renseignements sur trois points, et c'est exclusivement à ces trois questions que les explications suivantes s'adressent :

'^ Prciiiicrcmciit. -' Touitis les sources d'approvisionnements comprises dans les lignes confédérées, desquelles des vivres ont pu être retirés l'année dernière ou cette année, ont été entièrement explorées. Ces sources sont ou entièrement épuisées, ou insuffisantes à la production requise. S'il est dans l'étendue de la Confédération des petites portions de territoires où l'on n'a pas fait de recherclies à propos des approvisionnements, c'est que l'on savait que ces dites portions de territoires ne pouvaient fournir assez de vivres pour leur consommation locale. Ou a supposé à tort que la Géorgie méridionale, l'Alabama et certaines portions de la Eloride produiraient une très grande quantité dapprovisionnements, mais cette attente n'a pns été réalisée. Ces régions n'ont pas même suffit à nourrir complètement les seuls postes de leur voisinage immédiat, et elles ne pourront faire plus à l'avenir qu'elles n'ont fait dans le passé.

" Ces faits sont déduits de mes propres informations et des divers téinoi> gaages recueillis dans ce bureau.

'• Deuxièmement. — Pour établir d'une manière plus certaine encore les raisons qui nécessitent une action immédiate, il sufTii de récapituler les faits suivants :

'■ Le rapport montre un déficit clair de 8,11G 19-1- livres de porc rsalé, soit 25 pour cent*; de 30,000 têtes de bœuf, soit 18,000,000 de livres de bœuf salé. Valeur totale en rations: 22,510,194; déficit général, 43 pour cent.

" Ce calcul est basé sur les chifircs de nos forces en campagne. D'an ;iu tre côté, il faut considérer que de grandes quantités (l'approvisionnemr-iits ont été aclietées i\ des particuliers et qu'elles ne peuvent pas être tinunii^s pendant cet hiver, parce que la matière première ne se trouve pas dans les

lignes couiedérées, et même si les bestiaux étaient ou mains, on n'a pas le sel nécessaire à leur conservation. En outre, dans les districts de Loudon, Fauqnier et autres, les Fonrce? d'approvisionnements sont complètement épuisées, et le chiffre sur lequel on compte n'est rien moins cjue certain- Bien que tous les contrats soient faits pour l'acquisition des porcs, ces approvisionnements n'ont pas encore été délivrés et mis en lieu do sûreté. Le sel desliné à leur préparation n'est pas encore entièrement trouvé, et ce que l'on a pu oliteiiir n'est pas délivré et doit subir toutes les chaDCcs d'un long transport par des routes Hétournées. Il ne faut donc pas se reposer sur les calculs faits plus liants, et, d'im aulri'" coté, l'hiver s'avance, la crue des rivières est imniinente ; on peut s'attendre à une invasion générale, et ks approvisionnements que l'on espérait retirer des lio'nes ennemies ne doivent plu?, être attendus.

" La proposition que l'on a faite d'échanger des approvisionnements pour du coton nous donnerait une grande accumulation de vivres, et le coton demandé en compensation est évalue à un prix peu élevé. Si l'on ne protite pas iramédiateniant de cette occasion, on ne pourra probablement pas en bénéficier plus tard.

" Et enfin, Mobile et Cbarleslon pressent de \n\Ys côtés pour de grands approvisionnements, en dehors de ceux qui doivent être gardés pour les armées de la Virginie, pour !a conservation des Etats frontières; tandis qu^ ces mêmes réserves et toutes celles que je me suis efforcé de réunir dans le Tennessee sont demandées j^ar les armées du général Bragg.

" Troixièmr/iient. — Quant anrc avantagea relatifs d'obtenir des approvisionnements de Memphis et des environs de la T^TouvelIe-Orléans, la proposition faite à ce sujet n'est pas une idée nouvelle. Des achats de ce genre furent faits au commencement de la guerre; on ignore, dans quelle proportion. Dans lin rapjiort t- laVjoré des opérations de ce bureau fait par mes ordres et sous ma direction par le major liuffm, et soumis au Congrès en janvier dernier, il est dit: Des experts estiment que le produit- d'environ L200,000 porcs fut importé dans la première partie de l'année dernière (1861) de l'extérieur à l'intérieur de ce qui compose maintenant la Confédération du Sud. Ceci fat fait par l'action des autorités d'Etat; et en certains cas par des particuliei's ou par ce déjiartement, au mojen do ses agences. De ce chiffre, on estime cpi'environ ■'300,000 têtes de porcs, ou l'équivalent en porc fumé, ont été consommés par les armées confédérées et d'Etats depuis le commencement des hostilités pendant huit mois, ce qui suppose une consommation de 450,000 têtes par an. Pendant ces huit mois, l'effectif de l'armée n'avait pas atteint à beaucoup près le chiffre qu'il comporte aujourd'hui. Ceux qui croient que le stimulant d'un prix élevé,— conséquence des craintes éprouvées pour le mancpie de l'alimentation,— a contribué à accroître nos approvisionnements de viandes au point de nous rendre indépendants à ce sujet, oublient que les comtés ies plus propres à un tel développement sont précisément ceux qui ont lo plus souffert de la guerre.

'• En conséquence, j'insiste sur la nécessité de tirer des approvisionnements de Memphis et des environs de la Nouvelle-Orléans, pour les raisons additionnelles suivantes : On peut estimer en toute sfireté que l'armée consommera, en rations, le produit de cinq cent mille porcs; un tiers de c: chiffre seulement peut être obtenu dans nos lignes confédérées. Il ne serait pas prudent de se reposer sur la certitude d'obtenir les approvisionnements requis d'un seul point ; il serait préférable de diviser les risques. De plu?, il est d'autres articles presque aussi nécessaires que les viandes. On m peut plus compter sur les salines de la Louisiane, et ce que l'on peut retirer de celles de Saltville, Virginie, ne peut former qu'un faible montant. Les besoins de la population, devenant de jour en jour plus urgents et plus inquiétants, absorberont toute la production, si l'on n'y met opposition, et le gouvernement ne pourra en acquérir qu'aux conditions les plus ruineuses. " Un agent digne de confiance, h la Nouvelle-Orléans, offre de fournir cent raille .sacs de sel, c'est-à-dire plus qu'il n'en faut pour suppléer au ■ déficit de la production des salines de Saltville. D'autres articles, entre autres du café et de la farine, sont également offerts de la Nouvelle-Orléans. L'approvisionnement de farine venant da cette région pei-mettrait aux

troupes du Sud-Ouest de prendre des rations de pain au lieu de rations du maïs ; le café réservé aux malades est presque entièrement épuisé, et nous n'avons aucune perspective d'en obtenir d'autre. Le succès de l'entreprise proposée à l'administration est douteux, mais cette occasion de tenter la vénalité de rcnncmi ne devrait pas être jierdue. Si nous reprenons possession du Mississipi, de Memphis à la Nouvelle-Orléans, jusqu'A ce (pie la totalité ou la plus grande pjrtie des approvisionnements requis soit obtenue, cola sera d'un grand liénéfice pour nous,

"Ij'cffet que la politique adoptée an sujet des échanges peut produire sur le moral de l'ennemi, et les résultats politiques qui peuvent en découler, sont des questions que je ne discute pas. Mon action dérive entièrement de ma conviction de la nécessité absolue d'approvisioimemenls pour nourrir l'armée, et des Ije.soins déjà manifestés tant par les troupes du général Lee que par celles de l'armée de Tl' uesf, sous la pression des privations auxquelles elles ont été soumises.

" Tle?pectueusement, etc.,

" L. B. NORTHROP."

Aucune réponse officielle ne fut faite à cette communication. Au moment de son envoi, le piésident Davis avait quitté Richmond et s'était rendu dans l'Etat du Mississipi, et il affirmait solennellement à la Législature de cet Etat que la .i';nerre ses ait bientôt terminée. Cette raison et "ses [)rineipes jiolitiques " lui firent rejeter cette proj^osition de tirer les approvisionnements des lignes ennemies et de })ren~ dre avantage de la vénalité bien connue de Tennemi. Bes arguments contre cet échange étaient futiles et d'un caractère spécieux. Il soutint que les finances fédérales étaient dans une condition telle, q\te si l'ennemi n'obtenait pas de coton pour payer l'intérêt de la dette échéant en janvier, il ne pourrait efiectuer ses paiements et la fin de la guerre serait bientôt la conséquence de la banqueroute des assaillants. Donc, les Fédéraux avaient besoin de coton. On prétendait également qu/en exécutant le contrat, les Fédéraux projetaient de prendre des informations sur nos cours d'eau navigables, de s'enquérir de la situation et de la force de nos travaux de défense et d'espionner l'intérieur du pays, — choses que les communications commerciales leur eussnt donné toute facilité de faire. En troisième lieu, on prétendait qu'un tel négoce de la part du goiivernement démoraliserait le peuple des contrées où ces opérations s'exécuteraient et les journaux ajoutèrent que l'acquiescement des Confédérés à faire du commerce par la voie de la Nouvelle-Orléans, et l'exportation du coton confédéré par ce port ennemi •' donneraient lieu à l'Europe de croire que nous avions cédé, et la détournerait de l'intervention ou de la reconnaissance politique."' Telles étaient les motifs pmérils et vains qui décidèrent le gouvernement confédéré à persister dans une politique qui ne pouvait qu'amener une famine prochaine et inévitable dans ses armées en campagnes.

Ce projet d'acquisition de vivres dans les lignes de l'ennemi ayant été ainsi mis à néant, le commissaire général dût chercher de nouvelles ressources ; en 1863, il tenta pour la première fois d'obtenir des approvisionnements, et principalement des viandes et da café, dans les ports étrangers, au moyen de navires destinés à forcer le blocus. Un plan

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

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de contrat fat prépaie sur la base d'une association de particuliers, ojjérant avec les fonds du gouvernement ; cette association, convenaljlenient formée, devait, croyait-on, produire tous les résultats que l'on est en droit d'attendre de la puissauca et de l'argent de l'FItat, joints à l'hal^ileté et à l'énergie des }iarticuliers. Daus des transactions aussi hasardeuses que celles de ce genre, on })ensait qu'uni- tcIK' association donnerait aux particuliers toute la force de l'Etat et au "'ouverncment la vigilance et l'intelligence des particuliers. Ceux-ci pouvaient vendre, 1« coton et recevoir l'?s marchandises pour le compte du gouvernement en prélevant une commission de deux et demi pour cent sur cîuKjue transaction ; et le gouvernement se réservait les droits d'iraoortation de certains articles à des taux stipulés.

Ici encore les autorités confédérées tirent preuvos d'une incapacité et d'une imprévoyance remarqualdes. De gi'andes quantités de viandes furent laissées en })utréfaction à Nassau et aux îles Berraudes ; les paiements ne fuient })as faits avec la promptitude nécessaire ; et ce nouveau plan qui devait créer de si brillantes ressources ne donna (}ue des résultats insignifiants. Des contrats jiour l'échange de coton C'iutre des approvisionnements furent faits par la suite dans nos i)orts de l'Atlatique, mais aucun d'eux ne réussit, so'.t que le gain éventuel fut trop fiil)le pi:)ur tenter la, cu[)idité de ceux qui pouvaient contrôler <)u acheter les moyens de braver les flottes de blocus, soit ']uu l'engagement pris par eux de délivrer certaines classes de marchandises n'ofï'rit pas une compensation assez forte aux armateurs des navires '-coureurs de blocus."

La conséquence de de cet écbec, et le refus de ^lermcttre d'opérer les achats sur le Mississipi, fut que les armées confédérée,— et princi})alement l'armée de la Vii-ginie, — lurent réduites à des rations plus faibles. <)n limita d'abord les ratii)us à une demi livre de viande par jour, — réduction qui n'aurait produit aucun résultat regrettable, si on ne lui eut donné i)lus tard de plus grandes proportions, — puis à un tiers de livre, — quoique plusieurs généraux commandants n'eu.ssent })às adhéré à cette nouvelle diminution, — puis enfin à un quart de livre. Ce fut dans cette dernière condition que l'armée de la Virginie prit ses quartiers d'hiver.

Le système d'effraction de blocus, en ce qui concerne la part qu'y prenait le gouvernement pour racqisitiou des subsistances, donna lieu à des monopoles odieux, à des violations de contrat, à des malentendus, etc., etc., et ne produisit que des résultats peu avantageux pour le gouvernement et d'un profit douteux pour les particuliers. La ligne de vapeurs Crenshaw et Collie, nolisée spécialement à cet effet ne commença ses voyages qu'au })rintemps de 1864, sous des auspices défavorables. LTn des navires se perdit sur la cùte d'Ii'lande dans son voyage de retour, un second pendant son second trajet, mais deux autres, très supérieurs comme construction, furent ajoutés à la ligne et

réussirent dans leurs iq)érations : l'ui

être les deux avaient été payés par les fortes avances qu'avait faites la maison Crenshaw et Cie. D'après le contrat fait avec eux par le gouvernement, celui-ci devait fournir le cbargement complet de coton à chaque voyage, mais ce dernier ayant failli à son engagement et ayant requis les contractants, au mépris des termes du ti-aité, d'acheter eux mêmes leur coton sui- le marché aux taux courants, il fut résolu i]ue le gouvernement cessait d'être pai'tie conti-actante. Cette mesure fut rendue nécessaire pai' fincapacité de la [)art des autorités d'exporter le coton et celle des ])articuliei's de supiiléer ce déficit. Les })articuliers conseillèrent en consé(nience au gouvernemcr.t de vendre un quart de son intérêt de trois quarts dans ces opérations à la Compagnie d'Inqjortation d'Appi-ovisionnements, — société formée de re{)réseutants de chemins de fer du Sud. Cette mesure. — bien cpie les termes du contrat fussent changés et que les jiarties contractantes devinssent de simples intermédiaii-es, — leva toutes les difficultés de la transportation du coton, et comme le nouveau contrat élevait le chiftVe des vapeurs à douze, on espéra que l'on pourrait 1 enfin obtenir des résultats sérieux. Mais au moment même j où ces opérations allaient commencer dans des conditions j plus favoi'ables, le gouvernement transfor ua en croiseur le i Atalan/a, le meilleur marcheur de la ligne. En opi)osition ! à cette mesure, ou argua d'al)ord que la vitesse et la capakàté bien connue de ce steamei' avaient induit les parties i intéressées à conclure des contrats importants pour des ! navires en Angleterre, et à assumer de fortes obligations^ ! du gouvernement ; qu'il y avaient aux lies Baliama de grands dépôts d'approvisionnements achetées par Crenshaw et Cie. pour le commissariat, et que ces approvisionnements. I si nécessaires à notre armée, se corrompaient par un séjour i plus prolongé sur ces points. Mais le gouvernement insista jet retint le navire en question. D'autres lurent construits et I payés par des particuliers, mais cette nouvelle entreprise ne i produisit que des lésultats bien ;iu-dessous des exigences

'du moment.

: Pendant toute cette ])ériode caractérisée par les efforts.

du bureau de subsistance ])Our régulariser et placer sur un

pied convenable les importations d'approvisionnements de

l'étranger, les vivres emmagasinés dans l'intérieur de la

Confédération diminuaient de jour en jour, malgré tous

les efforts faits pour subvenir aux besoins de l'armée.

La dépréciation de la monnaie courante, en engageant

les producteurs à garder leurs marchandises, rendit néees-

saire l'emploi de la force pour les acquérir. Ce moyen fut

légalisé par les actes du Congrès, mais celui-ci, cependant.

négligea de frapper d'une pénalité ceux qui s'opposeraient

à l'exécution de la loi, et son action fut en c^uelque sorte

anuulée par l'obligation prescrite par le Congrès à ses

agents, de faire accompagner leurs actes coercitifs d'une

rétribution fixée. Dans plusieurs Etats, le sentiment public

se prononça avec tant de force contre cette loi qu'elle ne

eux ou peut- î fut suivie d'aucun effet, et, en plusieurs cas, les autorités

judiciaire, a-nbernatoviale ou législative rannulèrent pva- ayant tous les avantages de l'impunité et de l'agiotage de tiquement. Comme sulisritur. ius']u'au moment ofi la mon- la monnaie. Les S[)écu]atcurs proprement dits se trouvèrent naie eut repris sa valeur noruiale, ce mode d'opérer eût j'rotégés par cet ordre des autorités ; le gouvernement peut-être répondu à Tatrente de ses créateurs, mais Texpé- jouait dans leur jeu. Cette affluencc soudaine de spécularience a démontré que comme système permanent, il ne tours sur le marché stimula la cupidité des producteurs et pouvait que rencontrer une forte opposition et n'aurait des détenteurs des premières nécessités de la vie, et le^ réussi que dans une proportion minime. En présence de engagea à restreiudre les ventes dans l'espérance d'un gain cette dépréciation toujours croissante de notre monnaie, — '; pl^^^ '^"^evé et à liausseï' le prix de leur marchandises de plus dépréciation désormais arrivée à un point on grand nombre I f^^ «ait pour cent dans un seul mois. Les officiers désignés de personnes voyaient en elle le signe précurseur d'une jP'"^'' ^^ gouvernement pour effectuer les achats de l'armée banqueroute inévitable, — et quand les prix fixés par les I se viient dans l'impossibilité de remplir leur mandat, car il commissaires-experts pour la rétribution des marchandises ! «^^t été insensé de supposer que les particuliers vendissent exio-ées des parriculiers, étaient purement nominaux, ]e ! '^^^ gouvernement au prix considéré comme légal, quand des peq)le considéra cette mesure comme une taxe i„ju,te, ' «pé^"^^^^"^'« ^^ur osaient une rémunération du double de tvrannique, et à laquelle il fallait s'opposer avec assez de ' ^^ F^^' ^'^^^ ^"^^'^ ^^^^' '^' ^^^'^'^ '''' pouvaient sévir et fbrce pour obliger le gouvernement à abandonner sa mise ^^'?^^' ^^ ^'^"^e, car les détenteurs n'avaient rien de plus

presser que de céder les approvisionnements dont ils pouvaient disposer aux spéculateurs qui en oftVaiert un prix

à exécution.

On voit ainsi, par un coup d'ccil jeté .^ur Torganisation

,, T,. T , - i,r 3 1 •• . 1 plus élevé, et avant que les agents du gouvernement eussent

et la politique adoptées a regard des approvisionnements ! ^ : / ° ^

par le gouvernement confédéré, combien ce système était

défectueux et pourquoi il n'aboiitit qu'à une diminution progressive, puis à une extinction totale des sources de subsistances. Refus pratique d'entrer en communications commerciales avec l'ennemi; faiblesse et mauvaise direction des mesures admises à propos des risques du blocus et non réalisation du système d'achats forcés, — telles furent les phases principales de cette fausse politique qui rejeta toute mesure ferme et délibérée, et finit enfin, comme nous le verrons à la fin de l'année iS64. Dar amener le système général de défense de la Confédération à s'abimer de lui-même j7c/r te hcsohi de subsistarnx^. et san^ cpruve grande r(itnMr(Ji)li.c: inditaire dcckJût de sa chv.îe.

La récapitulation des mesures étranges qui furent proposées à Richmond pour parer à la redoutable éventualité de la fami-ne, et la manière dont les remèdes empiriques qui furent adoptés aggravèrent la situation, formeraient un récit étonnant. L^n de ces soi-disants '-moyens ciiratifs" se trouva être une des plus détestables mesures adoptées par les autorités confédérées. Le 6 novembre 1868, le secrétaire de la, Guerre déclara officiellement qu'aucune portion des moyens de subsistance que tout individu pourrait retenir pour sa consommation, ou pour celle de ses employés on esclaves, ne pourrait être mise en réquisition, et que "aucun of&cier ne pouvait, à moins d'un ordre spécial donné par un général commandantj forcer une personne quelconque à lui vendre les approvisionnements que la dite personne aurait l'intention d'écouler sur un marché q uelconque."

La teneur de cette ordre eut pour effet de couvrir tout le pays de spéculateurs. Les particuliers, les. compagnies de

chemin de fer, les industriels de tout genre, les sociétés commerciales, les associations de secours des villes et des comtés, devinrent, — soit directement, soit par l'intermédiaire d'agents, — autant d'acheteurs d'approvisionnements,

le temps de se prévaloir de l'autorité dont ils étaient revè tus. De cette façon, les vivres furent coupés à l'administration et. par suite, à l'armée ; le pays se trouva infesté de spéculati-urs que les mesures étranges de M. Seddo», le secrétaire de la Guerre mettaient parfaitement à leur aise ; et le bien être du soldat, livrant bataille sans vivre et sans abii. fut sacrifié à celui du citoyen, et laissé à la merci d'utt amas de spéculateurs sans cœur et sans honte, qui ne voyaieiit dans la guerre qu'une question de dollars.

On a remarqué cà quel point le peu d'habileté du peuple du Sud, son manque de tact commercial et de connaissance des affaires, dont on avait pu douter jusque là, se démontrèrent pleinement dans cette guerre, et comment, autant que toute autre cause, ce peu d'aptitude contribua à la ruine définitive de la Confédération. L'esprit antimercantile du peuple du Sud se développa dans le commissariat de l'armée, et la manière dont les affaires de ce département furent négligées confirma la vérité de cette observation générale, qui s'étend, du reste, à toutes les afîiiires commerciales de la Confédération. On ferait im livre curieux avec le récit de tous les expédients puérils proposés dans les moments les plus critiques ; ces mesures radicales contrastaient étrangement avec la gravité de la situation. A l'époque où le fer devint rare, des dames formèrent une association et firent un appel général à toutes les ménagères confédérées, leur demandant d'envoyer des marmites et des poêles brisés, pour construire l'armure d'un navire blindé. Quand les finances déclinèrent, une jeune femme de Mobile,- — qui probablement n'avait jamais rien connu des lois de la demande et de la fourniture . commerciales, — conseilla aux dames de la Confédération de couper leurs cheveux, de les envoyer en Europe et de réaliser ainsi des millions de dollars: cette proposition fut sérieusement discutée par les journaux. Et que dire encore

HLSTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

■Jiy'li

d'uu gouvernement qui, ayant à soutenir un système financier exigeant des millions de dollars, faisait appel aux populations pour des dons de services d'argent, de bijouterie, et qui, tous les mois, faisait publier une liste des personnes qui avaient sacrifié leurs couveiis d'argent à la cause confédérée ! Les journaux do Richmond contiennent tous les détails de ces puérilités.

De telles futilités sont cependant, pour l'historien.

un

grave sujet d'étude ; elles donnent aux faits un caractère propre. Celui ((ui clierclie les causes de la chute de la Corifédération, doit faire une large part à toutes ces considérations : au manque d'intelligence et de fermeté dans la direction des affaires pu])iiques : au peu d'initiative de l'administration de Richmond, et à l'a])sence de faculté mercantili' dans Vesririr du peuple du Suil.

^EAPITEE XXX

CAMPAGNES FEDERALES DE LA ELOKTDE, DU MISSISSIPI ET DE LA llIVIERE

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