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EXPÉDITION DE SHERJ[AN DANS LK 8UD-OUE8T

Vers la même époque, le général Sherman, cà la tête de différents corps formant une année de trente mille hommes, tenta une expédition dans le j\Iississipi central. Le ]int

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

qu'il se pi'oposait était des plus importants : abandonner ses communications et s'enfoncer liardiment dans le cœur du pays. C'était la première expérience (pi' il faisait du système de "colonnes mobiles;" mais, contrairement à l'expédition qu'il devait tenter plus tard, dans les derniers mois de 1SG4, il rencontra sur son chemin des adversaires qui s'opposèrent à sa marche et lui firent éprouver le plus pitoyable échec.

Le projet du général fédéral étaii, d'opérer sur ce que l'on appelait un " triangle stratégique, " et de marcher de Vicksburg sur Mobile, par la voie de Selma ; une forte colonne de cavaleiie devait partir de Memphia, traverser rapidement le ]\ïississipi et l'Alabama, tomber snr h' fhnit de Polk et iiarasser sa reiraite, tandis (|ne le gros des troupes de Sherman l'attaquerait de iVont. Par la possession de Mobile et de Selma, il trouverait snr les eaux deux l^ases importantes d'opéiTitions : l;i, première était le Mississipi à Vicksburg, la seconde était le Golfe à Mobile. Son armée serait ainsi fermement établie dans le triangle formé pai" les rivières de l'Alabama c^tdii Tombigbee, et le chemin de fer conduisant de Selma à Deinopolis et à Meridian. Le but principal de ce mouvemeni, était de couper lescomnninications de Johnston avec Mobile (Jolmson faisait alors fiice i!i Grant dans le nord de la Géorgie), de disperser l'armée de Polk, de se retourner alors vers ^Mobile et de coopérer avec la flotte de Farragut qui, dans ce moment, etleetnait l'attaque de Mobile par le Golfe.

Le 3 février, Sherman quitta Vicksburg avec envii'on trente mille hommes d'infanterie, poussa vei's l'est et traversa l'Etat entier du ]\Iississipi jusqu'à Meridian. Peu de jours après, la colonne de cavalerie, de huit mille hommes, placée sous le commandement des généraux Smith et Grierson, partit de Corinthe et de Holly Springs et traversa une des plus riches contrées de la Confédération, en pillant et détruisant tout sur son passage, suivant l'habitude des Fédéraux. La jonction de cette colonne de cavalerie avec Sherman à Meridian était le point délicat de ce plan. Si elle réussissait, elle permettait à Sherman de s'avancer sur Demopolis et Selma.

La petite armée du général Polk avait été renforcée de deux ou trois brigades de la garnison de Mobile, en vue de tenir l'ennemi assez en respect pour sauver ses magasins ; cependant, son effectif n'atteignait que la moitié de celui de Sherman et n'était pas en mesure de lui livrer bataille. Polk évacua donc Meridian et se retira à Demopolis. En même temps, le général Forrest, suivi de deux mille cinq cents chevaux, avait été détaché pour surveiller les mouvements de Smith et de Grierson, et avait à tenir tête à un corps de cavalerie de huit mille hommes, le mieux équipé que l'ennemi eut encore mis en campagne. L'habile général de cavalerie de l'armée de l'Ouest n'hésita pas un instant. Il se jeta sur l'ennemi dans les vastes prairies qui avoisinent West-Point. Le 21 février, il accomplit à Oko-

lona un magnifique fait d'armes et jnit honteusement l'ennemi en fuite vers Memphis.

Ce succès de Forrest décida de la canq">agne. Il 6ta à Sherman tout moyen de faire subsister son infanteiie ; il fit voir à quelles conditions, légères en apparence, est soumis le succès ou la ruine d'une entreprise habilement combinée pour pénétrer dans l'intérieur d'un pays. Sherman, dans son premier essai du système de colonnes mobiles, n'obtint que la réputation de pillard et de bi'igand. Il fut forcé de faire une retraite hâtive à travers cent cinquante milles d'un pays qu'il avait ravagé et ruiné. Son expédition n'eut aucun résultat ; elle démoralisa, une Itelle armée; et en parlant de la cavalerie qui y avait coopéré, Sherman déclara, dans ce langage obscène oTi il ('>^t passé maître, " qu'une moitié était allée au diable et l'autre à Memphis ! "

EXPÉDITION DE l.A KIVIÎîKE ROUGE.

Le général Banks, commandant fédéral, avait [)crdu plusieurs mois dans le faste et l'oisi\'efé. Il avait acquis à la cause de l'Union, sui- le territoii-e de la, Louisiane, juste autîuit de teiM-aiu qu'en pouvaient couvrir ses piquets. Mais il espérait illustrer à jamais h'S premiers mois de l'aimée 1804 par la grande expédition qu'il projetait. Son but était de s'avance]- snr la rivière Rouge jusqu'à Shreveport ; de là, pénétrer jusqu'au centi'e du Texas pour couper ainsi les lignes confédérées siii la rivière Rouge et priver nos armées de leurs approvisionnements, qui venaient en grande partie du nord de cet Etat. . ,.,;,

Banks allait entreprendre cette expédition avec une flotille de canonnières et de transports, et une force de terre s'élevant à peu près à quarante mille liommes. Le majorgénéral " Dick " (Richard) Taylor commandait alors les forces confédérées à l'ouest du Mississipi. Le général Kirby Smith commandait le département du Tra,ns-j\Iississipi, et avait son quartier-général à Shreveport. Le général Priée était provisoirement à la tête du district de l'Arkansas, avec son quartier-général dans le voisinage de Camden. Les forces confédérées dans l'Arkansas comportaient un effectif d'environ huit mille liommes ; celles des Fédéraux étaient estimées à environ quinze mille, dont la plus grande partie, sous les ordres du général Steele, tenait Little Rock. Le général Taylor avait à peu près dix mille hom mes de la Louisiane et du Texas.

Vers le milieu de mars, le gènèr;d Banks commença son mouvement sur la Rivière Rouge ; et quinze jours plus tard, le général Steele s'avançait de Little Rock dans la direction de Shreveport, comptant s'unir vers cet endroit a Banks, et coopérer avec lui à la prise de cette place. Le général Taylor fit quelques vaines tentatives pour arrêter les progrès de l'ennemi ; mais, accablé par le nombre, il se repliait constamment, en reculant le plus lentement qu'il

lui était post;il)le, iiour donner aux renfortH (]u'i! attendait ; iiiiiMtviiaicinent l'attaque, coinine elles Tavaient toujours le tennis d'arriver avant qu'il n'eut retraité jusqu'à îSlireve- i t'ait ib'puis vingt joui-.s.

|)Oit. K>n!itli avait t)rdonné à deux brigades d'ip.l'anicric du t Le terrain choisi était luie vaste plantation de trois quarts^ Missouii et à deux brigades d'infanterie de l'Arkansas (}ui ; de niilh^ de largeur sur trois à quatre milles de long. Le avaient opéré jusque là dans leur Etat, de se porter au se- | elieniin de Mansfield et d'Alexandrie court à travers de

Cdins de Ta3'lor ; et, lui-même arrivait en tonte hâte à la tétc de quelques détachements de cavalerie du Texas.

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