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en retraite à Ira^crs le village. Le lie Aîissoiiri piit une l)attorit' que VeiiiHini avait établie sur le chemin. En chargeant rennenii, i\<':< forces ai'rivèrent en niasse sur le village, la brigade de Barns étant en avance et fiiisant un mouvement de flanc, se trouva à l'extrême droit(! et dépassa le centre du village. L'ennemi fut chassé par nos troupes ; sa ligne de réserve qui se trouvait par ce mouvement en face de noti'c aile droite commença à f\xire feu en avançant vers l'aile gauche, arrêtée près du collège. Les Confédérés furent ainsi ex])osés à un double feu en flanc et par derrière ; ils lurent dispersés ot se retirèrent en désordre.
Eiiviron deux cents hommes de la brigade du Missouri furent faits prisonniers. Il en résulta une panique et une confusion qu'il fut l^ientôt impossible d'arrêter. La retraite du corps de Churchill devint une véritable déroute, augmentée encore par la poursuite de l'enuenu. Le général Parsons, passant à fond de train tout le long de la ligne confédérée en dérou.te, criait aux troupes : " L'ennemi est sur vos talons, suivez-moi à Mansfield ! " Quelques commandants s'apprêtaient à oj'ganiser la retraite, quand un othcier, galopant du coté du corps d'infanterie, jeta à son tour le cri de: " ►Sauve/,-\ous ! l'ennemi a établi une batterie sur les hauteurs, et on va vous mitrailler dans une minute.'" En )-éalite, rennemi n'avait pas de batterie à moins (Vi\n milU> de distance ; et l'officier était tellement effrayé qu'il avait juis deux de- nos pièces, — abandonnées par un lieutenant (pii avait cédé a la panique, — pour une batierie fédérale.
Il y eut cependant des actes de bravoure au milieu de cette déroute. Le colonel Burks tenta longtemps de rallier sa brigade, et, n'y parvenant pas, la suivit et se retira du
viron huit Jours plus tard, nos prisonniers revinrent à leurs corps. Us avaient été renvoyés par les Fédéraux pour compléter un échange qui s'était opéré précédemment et dans lequel ces derniers n'avaient pas fourni le nombre voulu de prisonniers. Ceux de l'ennemi furent envoyés à Tyler, dans le Texas.
Le lendemain de la bataille, le général Green, avec sa cavalerie texienne, fut envoyé à la poursuite de l'ennemi. L'escadre des canonnières retraitait en descendant la rivière. La cavalerie lui envoya quelques volées de mousqueterie à Blair's Landing, et le général Green fut tué par un éclat de bombe. L'ennemi fut cruellement harcelé pendant toute sa retraite vers Alexandrie. Là, il fut obligé de s'arrêter pour donnei' le temps ou le moyen à ses bateaux de passer les chûtes. Les eaux, en efièt, avaient tellement baissé, que les canonnières ne ])ouvaient plus avancer.
Malheureusement, le corps de Taylor avait été trop affaibli pour lui permettre d'attaquer l'ennemi et de le déloger des fortifications. Le génie fédéral triompha des obstacles (pu3 lui opposaient les chûtes. On construisit, avec des arbres, une grande écluse de six cents }>ieds de long, cjui permit à la flotte de traverser les chûtes. Les forces de terre mirent alors le feu à la \i'ile et passèrent à bord de la flotte à la lueur de l'incendie. Ce fut la le dernier acte de barbarie commis dans une expédition qui peut rester sans rivale sous le rapport de la lâcheté et du crime. Tout le long du chemin parcouru par Banks, il ne resta debout qu'un très petit nombre de sucreries, de moulins à coton et même d'habitations. Les ti'oupes de Banks marchaient, a- t-on dit, la torche dans la main droite, le produit du vol dans la main gauche, et l'arme sur le dos.
champ de bataille aussi froidesnent ([ue s'il sortait de l'exer- 1 Banks, au lieu de remporter des lauriers et d'enlever cice. Le colonel Moore, comnuindant le 10e régiment d'in-jles récoltes du Texas, rentra à la Nouvelle-Orléans, perdu fmterie du Missoiu'i, fût le derniei- à quitter le terrain, j de réputation comme militaire, et ayant laissé dans sa cam-
8'étant Uiis à pied, il vivait railié autour de lui une cincfuaiitaine d'honnnes, et su retournait pour tiraillei' sur l'ennemi toutes les fois que celui-ci faisait un mouvement <'n avant. Grâce })rincipalen)eiû', aux efforts des colonels Bm-ks et Moore, les troupes s'arrêtèrent et se réorganisèl'ciit à deux milles du village. Une partie du coi'ps de V/alker resta sur le terrain pris à l'ennemi, ainsi qu'une partie <le la cavalerie et un régiment d'infanterie de l'Arkansns. Au lieu do se mettre à notre poursuite et même
pagne huit mille hommes tués ou blessés, dix mille prisonniers, trente-cinq pièces d'artillerie, douze cents wago)]s, une canonnière, trois transports et vingt mille petites armes. La plupai't des v/agons capturés appartenaient à Stcele qui, après plusieurs escarmouclics dans l'Arkansas, rentra à Little Eock avec deux wagons qui lui i-cstaient de huit cents h peu près qu'il avait possédés, et ayant perdu toute son artillerie. Ainsi finit cette expédition dont le but était de prendre Sin'eveport et de ravager le Texas ;
de tenter de reprendre le terrain qu'il avait perdu, l'ennemi ainsi s'évanouit cette ambitieuse espérance que nourrissait connnença à, l)atti-e en ret!'nit(% abandonnant s(;s tués et ses | Banks de dominer tout l'ouest du Mississipi. Il se voj^ait blessés sur le champ de bataille. A la tombée de la nuit, 'tout à coiq^ réduit à. la possession de la Nouvelle-Orléans, le général Smith, arrivant sur h' terrain, oi'donna au corps aux liords de la ri\ière et à qiudqu.es p^oints du littoral de Churchill de retoiU'ner dans l'Arkansns au secou.rs de liinritime.
Price, et an. général Taylor do poursuivre l'ennemi. Nous a\'ons \n qu.e les li'ois grande;:^ expéditions qui
La perte confédérée, dans la bataille de Plcasnnt llill, 'avaient sigmilé la première partie de l'aimée 18(34- — celle fut de dî.ïux cents tui's, ciiiq cents l)]iv-;S('s, et environ deux 'de la Floi'ide, celle du Mississipi et de l'Alabama, et celle cent ciiicpianle piiNOimiers. Les Eé'déi-aux eurent trois; qui avait ét(' dir!g(''(» coiitre le Texas, — avaient abouti à cents tiu's, huit cents blessés et deux mille pi isomii(M's. En- ' d'ruTreux dé.-iasii'es, iOlles fViront ,-.ui\'ii';-; de quelques expé-
HISTOIRE DE LA aUERRE DES CONFÉDÉRÉS
ditious confédérées qui ne doivent être i-acoutées ([u'eii peu de mots, vu que leurs résultats, <|uoiqu'ayant été avantageux, ont eu peu d'influence siu- l'ensemble des événements. Telle fut l'expédition par laquelle Forrest, au mois d'avril, jeta la terreur sur les bords du Mississipi, enleva d'assaut le fort Pillow* et fit une trouée dans l'Etat du Kentucky.- Telle fut l'expédition de Hoke, qui enleva dans la Caroline du Nord la forte position de Plymoutli, laquelle protégeait toute la vallée du Roanoke, et prit dans cette place seize cents prisonniers et vingt-cinq pièces d'artillerie. Ce dernier succès devait, semblait-il, avoir dans l'avenir de sérieuses conséquences, car il ne laissait à l'ennemi ([ue deux places sur les côtes de la Caroline du Nord : Wnsliington et Newbern. Mais le corps d'armée qui avait marché sur Plymoutli allait être rappelé pour la grande campagne qui allait commencer en Virginie, et les lignes d'opérations qu'il s'était tracées furent bientôt effacées de la carte générale de la guerre.
Dans une histoire généiale, il y a peu de place à accorder à quelques événements détachés. Nous avons raconté en peu de mots ceux qui précédèrent les grandes et actives campagnes de 1864, mais nous devons faire une exception pour une expédition de cavalerie fédérale dirigée contre Riclmiond. Cette expédition, quoique dé peu de valeur au point de vue stratégique, doit pourtant être mise au rang des événements les plus importants de la guerre, car elle offre un des plus grands exemples d'atrocité préméditée qui aient jamais soulevé le mépris et l'indignation du monde civilisé.
KXrURRION DE VJAIÏC DAHLfiREN.
Vers la fin de février, une expédition de cavalerie fut organisée dans le but de prendre Richmond par un coup de main ; le colonel Ulric Dahlgren, fils de l'amiral fédéral qui avait vainement tenté de prendre Charleston, fut placé au commandement en second de ce corps, qui devait être divisé en deux détachements : le premier, sous les ordres du général Custer, devait faire une diversion et attirer l'attention de l'ennemi du côté de Charlottesville ; le second devait se l)ifurquer à Beaver Dam ; une des deux colonnes, sous le commandement du général Kilpatrick, avait pour mission de se porter sur Richniond par le Nord ; l'autre,
sous les ordres de Dahlgren, devait traverser la rivière James sur un point quelconque du comté de Goochland, attaquer la capitale confédérée par le Sud, — où l'on supposait que les défenses étaient à peu près nulles,— relâcher tous les prisonniers fédéraux renfermés dans Richmond, mettre ensuite le feu à " la cité maudite ", et assassiner de sang froid le président l^avis et ses principaux officiers ! Tel était le but féroce de cotte expédition, dont la partie la plus importante devait être exécutée par un jeune homme d'une vingtaine d'années, dont l'éducation, la position sociale et les manières aftables auraient dû éloigner de lui toute idée d'une entreprise qui réunissait à elle seule toute la barbarie, ' les sentiments haineux, la 1)assesse et la lâcheté des guerres les plus sauvages.
La partie du plan d'expédition qu'avaient à effectuer Kilpatrick et Custer fut très faiblement mise à exécution. Le premier atteignit le voisinage de Charlottesville et trouvant dans cette place l'artillerie montée de Stuart, il s'empressa de rétrograder et de se replier sur sa colonne d'infanterie restée à Madison Court House. Le second suivit le chemin de Brook, arriva le 1er mars près de la ligne extérieure des fortifications de Richmond et sans s'arrêter dans le champ de l'artillerie confédérée, se dirigea du côté de la péninsule virginienne. Pendant ce temps, Dahlgren, n'osant s'aventurer à traverser les eaux gonflées de la rivière James abandonnait son idée d'attaquer Richmond ' par le Sud, et ignorant In pusillanimité ridicule et la retraite précipitée de Kilpatrick, il résolut d'effectuer une jonction avec lui. En conséquence il suivit le chemin planchéié de Westham, qui longe la rivière, et se porta au point où il croyait rencontrer Kilpatrick et organiser avec lui une nouvelle tentative, ou assurer la sécurité de la retraite du corps d'expédition.
Dans la nuit du 1er mars, Dahlgren continua sa marclie sur Richmond, à la tête de sept ou huit cents cavaliers. La nuit était très sombre : pour mettre obstacle à la marche de Dalhgren, il ne se trouvait, sur la route qu'il devait suivre, qu'un détachement de milice locale composé d'un bataillon d'ouvriers de l'Arsenal de Richmond et d'un bataillon d'employés du département ; cette poignée de soldats improvisés était en ce moment, tout ce qui pouvait s'opposer à ce que Dalhgren exécutât son dessein barbare de mettre à feu et à sang la capitale de la Confédôratitni. Ces quelques hommes suffirent. La ''vaillante '' cavalerie de Dalhgren les
(*) Pans l'afl'aire du fort Piliow, le cliitïre des peites de rennomi s'éleva à cinq cents lioumies, sur sept cents qui composaient la garnison. Ce Htil suffit pour faire donner ;i cet événement le nom de ".massacre du fort Pillo-.v " et pour fournir un sujet de déclamations aux journaux du Nord et à de? comités cougressionnels. spécialement designés pour faire une enquête sur ce prétendu massacre. L'explication de cette proportion inusitée d'hommes tués et blessés, est toute simple. Même après que les Confédérés eurent pris le fort, le drapeaa fédéral resta debout et la reddition ne fut pas efléciuee ; l'ennemi, vaincu, mais comptant toujours sur le concours des canonnières mouillées en face du fort, espérait annihiler Forrest dans le fort même. Il résisl;) donc jusqu'à la dernière extrémité. Quelques soldats nègres épouvantes s'étaient jetés à terre et feignaient d'être tués ; ils furent jetés à la pointe de la baïonnette dans les U-anchées pour exciter l'alarme de leurs compagnons ; de là, l'histoire des " nègres enterres vivants."' Forrest était un soldat dans toute la force du terme ; conception hardie, mais éducation littéraire toute rudimentaire. En parlant à un officier supérieur de l'alarme causée par sa brillante attaque du fort Pillow, il disait : " Général, ces damnés Yanlcces tiraient horizontalement de bas en haut." Ce même officier-général, h rjui Forrest faisait une descriplion si pittoresque de cette atlaque, exprimait fréquemment l'opinion qu« Forrest, malgré son manque d'edneation, n'avait que Stoûewall Jackson qui pût lui disputer la palme pour la hardiesse de la conception et de l'exécution.
cliaro-ea avec des ciis dérisoires, mais cette '•' damnée milice" brisa sa ligne de Lataille, riposta vigonrensement par une décharge de mousquetei'ie et tua onze fédéranx. C^t échec snffitponi' mctire eu pleine déroute la coloriiK^ de '' braves" de Dalhgren.
Après cett.e défa/itc. peu lionoral)1e pour ses troupes^ Dalhgren, dont la seule préoccupation était désormais de s'assnrer une l'otraite he'ueus<^, divisa les toi'ces qu'il ])nt réunir de manière à auguienter les elLances de sa fuite. Le détachement placé sons son cduimandeuient immédiat descendit la rive méridiouale du Parnunkey et dans la solive du lendemain, traversa le I\Iattapony à Ayletts, dans le comté King and Queen. Comme le l)ac à passagers d'Ayletts a^ait été pris et caché par les Confédérés, le lieutenant Pollard, qui avait été envoyé de Richmond A. la ]ioui'snite de l'expédition manqnée, supposa que I)alhgren ne pourrait effectuer son passage sur ce point. Désirant toutefois l'empêcher de traverser la rivière sau;-; opposition, il prit quelques volontaires des " carabirders de liCe " et remonta le Pamunl-cey jusqu'à Dunidrb, où il ci'oyait que l'ennemi se porterait pour passer le fleuve. Mais Dalhgren avait trouvé à Ayletts un vieux bateau plat et s'en était servi pour transporter ses hommes ; les chevaux avaient traversé le courant à la "nage. Le lieutenant Pollard, voyant que l'ennemi avait réussi à traverser la rivière au dessous de l'endroit où il l'attendait, quitta immédiatenreat Dunkirk et se mit à la poursuite de l'ennemi, dans l'intention de presser son ai'rière gaixleet de harceler sa retraite autant que l'exiguité de ses forces le permettrait.
L'arrière garde de l'ennemi fut surpi'ise par les Confédérés à une petite distance de Téglise Bruington, et rejetée sur le centre de l'expédition eu retraite. Le peleton d'ime vingtaine d'hom.raes placé sous le commandement du lieutenant Pollard s'avança à sa poursuite et mi combat insignifiant s engaga pendant que l'ennemi se repliait à luie distance d'un ou deux milles. Quelques hommes de la " garde locale '', conduits par le capitaine Pi. PL Bagby, se joignirent alors à Pollard et portèrent son effectif au chiffre d'environ trente hommes.
L'ennemi ayant atteint l'embranchement des chemins où se trouvait jadis la taverne Butler, prit le chemin de droite. Le lieutenant Pollard demanda avis et informations aux personnes de l'endroit familières ai^ec les chemins et les accidents topographiques du pays, et il fut décidé de tendre une embuscade à l'ennemi à un point situé à un mille et demi au dessous de Stevensville. La force de l'ennemi était d'une centaine d'ironimes ; une quarantaine de nègres les accompagnaient. Les Confédérés firent une feinte ; ils envoyèrent cjuelques hommes â, la poursuite des fugitifs, tandis que la force principale prenait le chemin de gauche de l'embranchement conduisant à Stevensville. Vers la nuit tombante, ils atteignirent le point désigné ])Our l'embuscade.
Pendant ce temps, les forced de Pollard s'accroissaient d'un détachement du 24ème de cavalerie virsfinienne, com-
mandé par le capitaine MacGruder et s'élevaient ainsi au chiffre de soixante dix ou quatre vingts hommes, Enfin le capitaine Fox arriva à son tour avec quelques hommes de 5e de cavalerie de la V^irginie. Etant le premier ofilcier en grade et par ancieuneté, il prit 1e commandement du peloton entier et le posta en embuscade le long du chemin.
Des éclaireurs furent envoyés pour reconnaître les dispositions de l'ennemi ; ils rapportèrent qu'il était Invoraqué à une distance d'un mille, sur le chemin nommé " River Road." Les officiers confédérés tinrent conseil et il fut d'abord décidé d'attaquer l'ennemi, mais on se ravisa après, et on ]irit le parti d'attendre sonarilvée.
Quelques uns des officiers pensaient que les soldats de Dalhgreen ne s'arrêteraient au bivouac que le temps nécessaire pour donner à nranger à leurs chevaux ; d'autres croyaient au contraire, qu'ils ne quitteraient pas leur campement avant le matin, ou, au moins, avant le lever de la lune, à 2 ou 3 heures de la nuit. Ceux qui étaient de ce dernier avis se reth'èrent dans les maisons du voisinage pour prendre quelques l'epos. De ce nombre se trouvait le lieutenant Pollard, qui |)ar conséquent lie fut pas présent quand remiemi fit son apparition.
L'enuv't^mi s'avança vers onze heures du soir, le colonel Dalhgren en tète. 11 vit quelques hommes sur le chemin et les somma de se rendre ; quelque-s coups de fusils furent la seule l'éponse qu'il olitint. A son tour l'ennemi riposta par quelques balles, mais il n'y eut " ni combat désespéré " "ni reti'aite coupée" comme on l'a prétendu. La fusiRade insignifiante qui s'engaga eut pour résultat la mort de Dalhgren—peut être tué par ses proj^res hommes, — et la blessure de deux ou trois soldats ; mais elle suffit à jeter la confusion la plus complète dans les rangs de Tennemi. Pris de panique, les maraudeurs s'enfuirent par le chemin de leur arrivée et s'efforcèrent de s'échapper en traversant une plaine en face de la position masquée des Confédérés, mais le ruisseau qiri coule entre cette position et la rivière Mattapony arrêta leur retraite. Ils campèrent près de ce ruisseau pendant le reste de la nuit, et leurs officiers ayant abandonné leurs postes, ils se rendirent le lendemain matin, au nombre de cent dix, dont trente nègres. D'autres prisonniers furent aussi capturés çà et là pendant la journée.
Il reste maintenant à discuter le point délicat de cette excursion, en réalité insignifiante. On découvrit sur le ca^ davre de Dahlgren une adresse à ses troupes et d'autres documents qui révélèrent au peuple de la caj)itale quel eut été le sort effroyable qui les attendait, si l'expédition avait réussi. Par ces écrits authentiques, les Confédérés trouvaient enfin une affirmation positive des desseins atroces qui animaient rennemi, et il pouvaient s'en autoriser devant le monde entier ; car, quelles que furent par la suite les assertions positives recueillies à l'appui, les démentis persistants des journaux du Nord, leurs récriminations audacieuses et leurs phrases hypocrites à propos de "l'Union, cause de l'humanité; l'Union, espoir du monde," — en
HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS
avaient d'abord imposé aux gens crédules et enveloppé d'une teinte à la fois romanesque humaivi taire, ce qui était au ibnd un ciime abominable. Mais enfin, on put mettre au
a[)rès la non réussite des desseins criminels de l'expéditiou et la mort de son clief, de cacher le lieu de la sépulture de celui-ci et de placer jjlusieurs toimeaux de poudre sous la
jour un document plus formel et plus significatif que ttuix j prison Libby jjour intimider les prisonniers. Une telle puérilité mélodramatique est d'autant plus surprenante de la part d'un grand gouvernement, qu'elle ne pouvait que donner lieu à l'enneun de déclamer au sujet des "^ barbaries rebelles" et d'entourer d'un prestige romanesque un fait qui, — s'il eut été suivi d'uîie mesure rigoureuse des autorité de Richmond, — n'eut ])tis manqué d'être apprécié par le public à sa véritable valeur. L'hypocrisie et la mauvaise foi du Nord défigurèrent les événements au point de mettre en doute la réalité des documents trouvés sur le corps de Dahlgren, et la presse s'autorisa de cette eri'eur volontaire
publiés par les bureaux de AVasbington^ et lévélant complètement l'esprit qui animait les antogonistes du Sud.
Cette adressé, trouvée sur le cadavre de Dahlgren, était écrite sur une feuille de papier ])ortant en caractère imprimé les mots de "Quartier général de la truisiènie division, corps de cavalerie, — 18(i4," au coin sujjérieur. Elle était ainsi conçue :
" Ojlicicrs d sol, lais :
'' Vous avez été clmisis d ms k's bri;j;-ad'.-'s ri les régiiiiciilri |iuur l'onuer un coi'p- 'l'clilo (lesline, à l'aii'c une tcniutivc iléyespiTee, inais ijiii, eu cas
(le )-cii8s;ir, nr;,vera à jaiiiais vus iiuius en lettre.^ incH'açahlcs dans le eicui- j pour exalter à l'excès l'homuie qui s'était intentionnelle de vos eonipatricjte.'-', et (ei'a ([W les [trières de vos eoinpa<,Mions d'armes, i)iainl,enant détenus dans les smnbres itrisons, voua siiivrenl, \'Ous et les vùtre?, partout où vous porterez, vos j»s.
" N'ous essaierons d'abord de" rehïcliei' Us prisoiuiiers de l'ile .Belle; jiuis, îiprè? (prils se seront entiei'eiii"iil ecliappes, nous h'a\x'rseroiis la rivière James a Uielmiond, myai detiaiiruns les ponts sui- noire ])assage et e.xliorteroMS les [irisonniers relàelies a dclruirc cl à hnJcr la cilé iiiutul/lc, cl a ne pas laisser érlKtjipcr le dirf rt-l'cHc Dans cl son rnlourugc <lc Irailics Les prisonniers peuvent vous rendre de grands services, ear vous ne pouvez vous eloi,i;'ner lieaueoup de vo^ rau'^s ni vous disperser, ou vous seriez pei'du.
" \e vous laissez jias inijimler par aucun espoir personnel de butin, ou vous souffririez une mort ignominieuse entre les maùr^ des citoyens. Tenez vous ensemble et obéissez ponetuellenicnt aux ordres, et tout ira l)ien. Mais, en aucun cas, ne vous séparez de l'expédition ; c'est dans l'unitin qu'est la force.
" En (^bciîsant strictement aux ordres et en les exécutant avec eoura,ee vous serez bûrs de réussir.
" ÎS'oug rejoindrons le corps principal de l'autre cote de la ville, ou peutêtre dans la viile elle-même.
" Beaucoup d'entre vous peuvent tomber, mais o'il est dans vos rangs un homme qui ne consent pas à exposer sa vie pour le succès d'une entreprise si grande et si glorieuse, ou (|ni ne se sent pas capable de taire l'ace a l'enuenii dans le combat désespère qui aura lieu, qu'il s'éloigne etiju'il retourne dans les bras de sa maîtresse, jtendant que bs I;)rave3 murclieront sur Richmond .
" Nous lie voulons pas dlioinmes qui ne soient pas assurés du succès de notre sainte cause.
" Nous aurons a uou:! battre désespérément, mais restez termes quand en viendra la moment et tout ira tden.
"Demand-z la bénédiction du 'i'out- Puissant, et marchez sans crainte à l'eunemi.