‹ La cause perdueChapitre 55 sur 85 · BATAILLES DE WILDERNESS · texte numérisé non relu

BATAILLES DE WILDERNESS

Le général Lee ne perdit point de temps et prit toutes les précautions nécessaires .pour faire face à 'la marche en avant de l'ennemi. Il érigea de solides fortifications sur le front de ses lignes, fit creuser des tranchées près des gués du Rapidan et posta un fort détachement sur le chemin de Gordonsville, pour garder intactes ses communications aV€0

corps d'Ewell ne comptait pas plus de quatorze mille ! Richmond par cette voie, tandis que le long de la route de

Fi-edericksbiirg il détruisait les ponts et les voies ferrées pour empêcher, ou au moins pour retarder, toute marche de l'ennemi dans cette direction.

Les retranchements occupés par Tarniée de Lee sui- le Rapidan s'étendaient à la droite jusqu'à trois milles audessous du gué Raccoon. Les corps d'Ewell et de Hill étaient postés à l'intérieur des défenses et s'étendaient, de chaque côté d'Orange Court House, sur une ligne de vingt milles. Longstreet occupait la contrée autour de Gordons-

fit les efforts les plus désespérés pour ralliei- ses trou[>e.s brisées, mais sans résultat ; et au moment où ce brave officier conjurait encore ses hommes de rester à leur poste, une balle l'atteignit et il tomba moi-tellement frappé.

Le moment décisif de la bataille approchait. Stewart quitta sa position dans la ligne de bataille et se jeta dans la trouée faite par la déroute de la brigade de Jones. Comme les masses fédérales se ruaient sur ce point, les hommes de Stewart s'avancèrent au devant d'eux en pous-

ville, à treize milles au sud-ouest des lignes de Lee, sur le j sant des cris furieux; l'ennemi, écrasé par i'iinpétuosité

Rapidan.

Grant ne jugea pas à propos «rattaquei- la. position de Lee, et résolut de la tourner par lui mouvement sur la droite confédérée. Dans ki nuit du mardi, o n)ai, l'armée fédérale abandonna ses campements du comté de Culpepper, et le lendemain, à l'aurore, elle traversa le Rapidan aux gwés El}' et Germania, — la même ligne que Meade avait occupée l'année précédente au mois de novembre, et celle où Lee avait battu Hooker un an auparavant. Le second corps, commandé par le général Hancock, traversa au gué Ely ; le cinquième, sous Warren, au gué Germania, et le sixièm.e, l'ancien coi-|is de Sedgwick, suivit inmiédintement celui de Warren.

de cet élan, recula et laissa se& canons entre les mains de Stewai't. Au même moment, Ewell ordonnait aux brigades Daniel et Gordon, de la division Rodes, de se former à la droite et de changer l'ennemi. Le i>;énéral Gordon dirio-ea le mouvement, écrasa les premières lignes de l'ennemi, et lui prit im régiment entiei', officiers, soldats et drapeau. Puis, sans interrompre sa marche audacieuse, il acheva de metti'C l'ennemi en déroute et le chassa à un mille et demi de sa position.

Bientôt après l'attaque sur le front des Confédérés, le sixième corps de l'armée fédérale s'avança sur le flanc gauche de notre armée. r.'\s divisions Pegram et Hays repoussèrent cette attaque. L'élan des troupes de Hays fut tel,

Aussitôt que le général Lee se fut assiué (pie (rinnt ; (pie la ligne d'attaque fut brisée et rejetée en confusion à

avait abandonné sa base d'opérations de Culpepper Court House et se portait rapidement sur sa droite, il i>rit ses dispositions, envoya le corps du général Ewell sur le chemin, et celui de A. P. Hill sur la route planchéiée, et il ordonna à Longstreet, qui venait d'arriver de Gordonsville, de se rendre à la droite de la ligne de marche de Ewell, pour attaquer la tète de colonne de l'ennemi.

L'avant-garde du corps de Ewell, formée de la division Johnson, arriva, dans la soirée, à trois milles du ruisseau AVilderness et bivouaqua. Rodes se trouvait derrière cette division et Early à Locust Grove, — tous prêts- à attaquer l'avant-garde de Grant le lendemain au jour. A'ers six heures du matin (le (i mai), la position de l'ennemi fut reconnue par les postes avancés des Confédérés, et Johnson se dirigea immédiatement vers une colline et y foi'ina sa division en bataille.

L'ennenri s'avança eu aussi bon ordre que le permettaient les difficultés d'une marche à travers une épaisse forêt. Le cinquième corps, soutenu par deux pièces d'aitillerie qui avaient été postées le long du chemin, assaillit la ligne confédérée à l'intersection des routes. Tout en essuyant, à mesure qu'elle avançait, une terrible fusillade des Confédérés, et sans donner aucun signe d'hésitation, toute la colonne fédérale — le second rang suivant étroitement la première ligne, — fit une attaque furieuse sur le front de bataille.de Johnson. Poussant vigoureusement de front et naenaçant d'envelopper le corps confédéré à sa droite, elle réussit, après un combat très vif, à repousser la brigade du général J. M. Jones, formée en travei-s du chemin. Jonc,?

près d'un mille à l'arrière, mais cette splendide division perdit un tiers de son effectif; après cette victoire, elle se replia avec la brave division de Pegram sur la ligne générale de bataille.

En dehors des lignes, les escarmouches continuaient. Quand la miit i^rriva, les éclaireurs de Pegram postés sur la gauche de Johnson arrivèrent au pas de course et se placèrent sur le front de bataille. Une colonne fédérale, épassse de trois rangs, sortit de la forêt et fit un assaut vigoureux sur les retranchements occupés par les Confédérés. Mais les braves Virgiuiens de Johnson firent une résistance héroïque, et en partie protégés par les travaux, ils dirigèrent sur les rangs serrés de l'ennemi une fusillade si vive, ([ue l'attaque échoua.

Grant ne se contenta pas de ce carnage. Une colonne, disposée en cinq lignes, renouvela l'attaque après la chute du jour, mais le résultat de ce nouveau mouvement fut une augmentation terrifiante des cadavres et des mourants couchés devant les lignes confédérées. Pendant la dernière attaque, le général Pegram fut sérieusement blessé, mais sa résistance victorieuse avait enfin découragé l'ennemi qui cessa, pour ce jour là, tout mouvement sur la gauche, et vit les Confédérés en ferme possession de leur position, rendue plus forte, et de leurs lignes avancées.

Les résultats de la journée étaient l'échec continuel et désastreux de toutes les attaques de Grant, ainsi que la capture de deux mille prisonniers et de quatre pièces d'artillerie par les Confédérés. La longue distance qui séparait le corps de Longstreet du gros de l'armée de Lee ayant

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

retardé l'arrivée du premier, le général Lee s'abstint de pousser plus loin ses avantages et il bivouaqua sur le champ de bataille. La perte de l'armée confédérée était comparativement légère, nos troupes a3^ant habilement pris avantage des sinuosités du terrain et des forets dans l'intérieur desquelles elles s'étaient battues. Dans le milieu de l'aprèsmidi, Longstreet se trouvait à environ dix milles du champ de bataille, mais l'épaisseur de la forêt et certaines conditions atmosphériques l'empêchèrent d'entendre les canons de Hill et de Ewell, et il ignorait que les deux aimées combattaient depuis la nuit quand il reçut du général Lee l'ordre de se porter an secours de Hill, en suivant le chemin planchéié.

Il était deux heures du matin (le G mai) (juand Longstreet fit lever le bivouac et lanra ses troupes sur le champ de bataille. Les divisions de Hill étaient averties de son arrivée et elles savaient que Longstreet allait entreien action ; connue elles avaient fait une marche exircmement pénible et qu'elles s'étaient battues toute la, journée précédente, elles se préparèrent à se retirer au moment où la tête de colonne de Lono'street arrivait sur !a liuiie de bataille. Malheureusejnent, Orant renouvela l'attaque à, ce moment précis et repoussa les divisions lleth et Wilcox, du corps de Hill, sur la colonne de Longstreet qui n'avait pas encore complété son déploieizient en ligne.

Ce mouvement de l'ennemi l'efoula nos rangs nun ciicuiv formés jusqu'à trois cents pas de la position où se trouvait le général Lee. Mais en ce moment trois régiments de la division Kershaw arrivèrent sur le lieu de l'action, et cette poignée de braves arrêta l'élan de l'ennemi jusqu'à ce «(ue tout le reste de ni division, et ensuite le corps entier de Longstreet fussent amenés en ligne. Alors une bataille sanglante et chaudement disputée s'engagea entre l'ennemi et les vétérans de Longstreet. Jamais ceux-ci, (pii pourtant \'eiiaieut de faii'o le tour de la moitié de la Confédération, ne se battirent avec plus de vaillance et de succès. Grant avait saisi le moment où les troupes de Hill étaient en quelque désordre pour jeter toutes ses masses d'infanterie sur ce point, tourner ensuite la droite confédérée et se jeter entre l'armée de Lee et de Richmond. Sans l'arrivée opportune de Longstreet, son but eut été atteint.

A il heures, Longstreet reçut l'ordre de choisir quelques brigades, et de se porter à la droite et d'attaquei- l'ennemi par le flanc. Ce mouvement fut exécuté avec promptitude. Tombant soudainement sur la gauche de Gi'ant, il repoussa l'ennemi dans le i)lus giand désordre, écrasa sa ligne de bataille et atteignit le chemin planchéié courant à un mille à l'avant de la scène du récent conflit.

La fortune de la journée était changée ; les Confédérés avaient l'avantage. Le général Longstreet se porta en avant avec son état-major pour prendre place à la tête de la colonne d'avant-gurde; des hourrahs prolongés raccuoilliront tout le long de la ligne. Au moment où il arriva j)rès de la

position du général Jenkins, cet officier général lui tendit la main et le félicita chaleureusement de son arrivée (Longstreet n'était venu que depuis peu du Tennessee Oriental). Mais la brigade Mahone, postée en embuscade le long du chemin, prit Longstreet, Jenkins et les officiers qui les accompagaient ])Our des Fédéraux et tira à courte portée sur le groupe. Jenkins fut tué sur le coup, tandis que Longstreet était atteint ])ar une l)alle qui lui entra dans la poitrine et sorti ]iar r('paule droite. Son sang coulait avec tant d'abondiinci', au moment où on le descendit de cheval, qu'on crut pendant un instant qu'il allait mourir sur le champ. On le })]aça sur une litière et on le porta à l'arrière. Bien qu'affaibli ;\ l'excès par la pei'te de son sang, le blessé trouva cependant assez de force pour soulever son chapeau de temps à autre en réponse aux cris de sympathie qui l'accueillaient tout le long de la ligne.

La mise hors de combat de Longstreet causa quelque désordre dans nos rangs et donna à l'ennemi le temps de refoiinei- sa ligne. Le cham}) de bataille était contesté avec acharnement ; mais à un certain moment l'aspect des affiiires devint si alarmant que le général Lee crut devoir chai'gei' en personne à la tête de la brigade texienne de Gregg, au nioment où la division Fields essuyait le feu achainé de l'ennemi. Ein|)orté par ce dévouement qui élait le côté saillant de son beau caractère, il oixlonna aux Texiens de le suivre à l'assaut de la ligne ennemie. ]\[ais ceux-ci refusèrent, l'un d'eux })rit la parole et formula, avec l'assentiment de la brigade, le refus positif de ne pas faire un pas si le général Lee ne retournait immédiatement à un poste moins dangereux. Cédant à cette touchante sollicitude, le bien-aimé commandant se retira, tandis que les braves Texiens, désormais rassurés sur son sort, se ruaient sur la ligne fédérale malgré l'ouragan de fer qui grondait sur eux, et repoussaient l'ennemi jusque dans ses retranchements. On peut juger du danger auquel s'était exposé le brave commandant en chef pai- le fait de la blessure d'un officier attaché à sa personne, — le lieutenant colonel Marshall, — la mort du cheval de son adjudant-général, lieutenant-colonel Taylor, et l'explosion d'une bombe sous sa propre monture. Ces événements causèrent une anxiété affectueuse dans l'armée et déterminèrent les soldats à veiller désormais plus soigneusement sur la conservation de l'homme qiî'ils considéraient comme le palladium de la cause.

Jusque là, l'ennemi avait été repoussé sur la droite des Confédérés, et ceux-ci le tenaient fermement en échec, tandis qu'à la gauche, Ewell se battait vigoureusement, déjouait une tentative tliite par l'ennemi pour le tourner, maintenait son terrain et ajoutait à sa ligne de bataille les forces qui avaient pu être recueillies de l'aile droite. Pendant l'après midi, le brigadier-général Wotibrd, du corps de Andersen, demanda à attaquer l'arrière de l'aile» gauche fédérale ; cette permission lui fut accordée. Il prit possession des eanq-)s, détruisit et enleva une grande quantité de matériel et jeta la plus grande consternation dans le com-

missariat et le train de l'armée. Vers la fin de la jonrnéo le brigadier-o'énéral Gordon, du corps de EavoH, atlaqna la g-auche de l'ennenii, captnfa le général Seymoiir et une grande portii^n de s^a lirigade, et causa une panique (jui faillit s'étendre à toute l'armée de Grant et occasionner une déroute complète. Brigades sur l:)rigades s'enfnirent des retranchements fédéraux et leurs tentatives répétées de s'opposer à la marche victorieuse des Confédérés furent déjouées par la rapidité des mouvements de Gordon. Les hois du voisinage étaient remplis de fortes ruasses de fuyards éperdus. Cette poursuite de Gordon dura pendant une course de deux milles, mais la forêt qui se trouvait maintenant devant lui était si épaisse que tout mouvement devint impraticable et qu'à la nuit, Gordon se trouva complètement séparé de l'anuée ; il s'arrêta donc sans avoir achevé un mouvement qui faillit mettre en déroute toute la droite des Fédéraux. Mais cette entreprise, quoique incomjdète, fut cependant couronnée d'un grand succès. La perte des Confédérés ne dépassait pas vingt-sept tués et blessés, tandis que l'ennemi laissait entre nos mains deux généraux, Shaler et Seymour, et la plus grande partie de leurs trou- })es. En outre, tout le Sixième Corps de l'armée du Potomac avait été désorganisé par la })anique.

Dans ces deux jours de terribles batailles, les^ Confédérés avaient éprQuvé, suivant les ra})ports officiels du coi'ps médical, une perte de six mille blessés et de moins de mille tués. Les blessures des premiers étaient comparativement légères, grâce à l'abri qu'avaient trouvé nos hommes dans l'épaisseur de la foiêt, où l'artillerie ennemie no pouvait jouer. La perte de l'ennemi était hors de toute proportions avec celle des Confédérés ; elle s'élevait à 269 oftîciers et 3019 hounnes tués ; 1017 officiers et 1S261 blessés; et 177 officiers et 6667 man<{uants ; formant un total de 27,310 hounnes.

Le 7 Mai les deux armées changèrent leurs pooitions, —

Gi-ant prit un chemin intérieur courant dans la direction de Richmond, par Spottsylvania Court House, et Lee se replia, en apparence du côté de Orange Court House, mais en réalité il pou.ssait également sur Spottsylvania, où il arriva avant l'ennemi. Son avant garde prit une forte position et le gros de l'armée le rejoignit promptement. Ce mouvement, que les journaux du Nord interprétèrent comme " une retraite de Lee" fat un chef d'ceuvre d'habilité. Lee avait réussi à jeter son armée entière sur le chemin que devait suivre Grant, si celui-ci voulait faire un nouvel " en avant sur Richmond" Il avait non seulement repoussé ses assauts du Wilderness, mais il le tenait devant lui jusqu'au moment où il jugerait à propos de lancer sa propre armée en avant. Ce mouvement fut un fait stratégiqire remarquable ; il obligeait Grant à livrer bataille à Spottsylvania ou à faire un autre effort pour tourner la position des Confédérés.

Un épisode douloureux, se rattache à ces opérations. Le général J. E. B. Stuart, le brillant commandant de la cavalerie confédérée de la Virginie, perdit la vie dans une escarmouche. Une expédition de cavalerie fédérale, commandée parle général Shéridan, faisait imo excursion audacieuse jjrès des positions de Lee autour de Richmond. Elle passa près du flanc droit des Confédérés sur la rivière North Anna ; fit quelques dommages à Beaver Dauj, et de là se posta sur le South Anna et la station Ashland, où elle déti'uisit le chemin de fer, et enfin se dirigea sur la rivière James où elle se réunit aux forces de Butler. Le 10 mai, une portion des forces de Shéridan, sous Custer et Merrill, rencontra un détachement de la cavalerie de Stuart à " Yellow Tavern " prfe^d' Ashland, et sur la roule de Richmond. Un engagement eut lien. En faisant une charge désespérée, le général Stuart, '"(jui guidait la colonne, tomba terriblement blessé. On le tranporta immédiatement à Richmond et ou chercha en vain à [)rolonger sa vie ; l'illustre officier mourut le lendemain. (''•)

(*) Nous cxU^oycns des nuUs ras:-eiiibleto [kw Ifs officiers de l'elai uia.jur du geuenil ytuurt, les détails suivants qui t'ont l'cssortir le caractère de 1 hoiiiriic ([ue l'on eonsidei-ait eoimne le type le plus elie\alei'es([ae de rannce eonledérée:

" Un des traits les plus saillants du caractère de ce preux chevalier était cette suprême inditt'érenee du danger qui causait l'admiration et l'etonnemeut de tous. ]1 serait difficile d'iniaginc!' un sang froid plus complet ; il n'avait pas l'air de braver le danger, et semblait plutôt ne pas le supposer. A la liataille de Oxliill, en septembre 18(!'J, il fit avancer une pièce d'artillerie sur le cIicju'hi de Fairtax Court Housc et se vit tout à coup entouré de tiraiili'ui's fédéraux, qui concentrèrent un feu actif sur les canonniei-s. Stuart se plaça sur le front des l»atteries, sans se préoccuper de l'immense danger qu'il eourail', et comme s'il eut assiste à une parade. Ce fut dans des circonslances semblables qu'il perdit la vie et la seule chose qui étonna ses coni- [)agnons d'armes fut qu'il n'avait pas été tue plus tût. Stuart avait l'iialjitude de se placer invariablement à la première ligne de bataille et en quelque sorte, comme point de mire à l'ennemi. Il riait quand on lui représentait les dangers qu'il courait, mais il avait un pressentiment (ju'il ne verrait pas le retour de la paix. Il déplr.rait amèrement la guerre, quoiqu'il fût prêt à donner sa vie pour la cause qu'il avait embrassée.

" Stuart traitait les prisonniers fédéraux avec la plus grande courtoisie, et souvent plusieurs d'entre eux déclarèrent, au moment de leur échange ou de leur départ de son quartier-général, qu'ils garderaient un souvenir éternel de la l.)icnveillance avec laquelle ils avaient été accueillis. Un jour, quelqu'iui de son escorte parla rudement à un prisonnier, qui s'en plaignit à Stuart en lui disant : " Général, je ne suis pas venu ici pour être insulté." Stuart j-eprimanda fortement la personne qui avait rudoyé le prisonnier.

" A Vcrdiersville, en août 1802, Stuart s'arrêta avec son état-major et son escorte dans une maison déserte, et négligea de poster des piquets aux alentours. La cavalerie fédérale entoura la maison et le général confédéré eut à peiiu^ le temps de sauter par la, fenêtre en laissant son chapeau, son habit et ses gants dans la maison. T,( s Fédéraux S3 glorifièrent de ces trophées, mais i|ui li,ues jours aj)rès, Stuart sur])renait Pope à lu Station Catlelt et liii enlevait à .-on tour ses vétejncnts et son flia[M';)u

. '' Son esprit gai et humoristique ne l'abandonnait p;i.s, nieme dan^ les eirconstane.'s fs pi;;; criiiipics. Ivicii n'était ])lns connu que do l'entendre nurminrcr un chanson ] endant h s engagemnils. et fa eonlennnre à la fois fière et jriy< um' pK du'sai! nu cffM éleefviqne :<v.r les soldats (pi'il conduisait au l'en. .V I liiiiicellorsville, quan.l Jackson londja. Sinnrt lut appf'le au cnnmiandcmcnt du (orp^'; (t mi dui^it l'e.sfriiit en persoiine, le leudcn^ciin riiotiti.

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFEDERES

BATAILLE DE SPOTTSYLVANIA COTTRT-IIOUSE.

L'avant-garde do Lee, composée du c<)r[)s do Longstreet et commandée par le général Andersen, airlva à Spottsjdvania Court Honse, le 9 mai, après avoir ntarclié an pas de course pendant une étendue de deux milles et presque aussi rapidement pendant le reste du trajet. Bien qu'exténuées de fatigue en arrivant à lem- destinati(Mi, les troupes étaient prêtes à soutenir le choc des fédéraux. Ladivision Kersbaw était en tête de la colonne et arriva la première sur le ter-

rain désigné. Deux brigades furent envoyées pour déloger la force de cavalerie ennemie qui tenait le village, et deux autres furent placées deriière une barrière légère et >iuelques obstructions jetées à la bâte, pour a>'rêter la marcbe de l'infantei'ie fédérale qui s'avançait. Cette dernière se méprit et supposa que la foi'ce confédérée postée derrière la birrière était de la cavalerie démontée ; elle assaillit vigoureusenK^it notre ])()siti()n. Les Confédérés s'abstinrent de tirer jusqu'au moment on l'enuiMui fut arrivé à quelques pas d'eux ; saisissant alors l'instant au ils pouvaient viseiavec certitude, ils tirent feu sur la. celdinie et couvrirent le

Un témoin oculaire dit que la seule (lilTerenoe qui put exiislcr entre Henri I \' it Stuart, était (lue la plnnu' de celui-ci était noire au iicu d'être lilanehe Comme Henri de Navarre, il Rejetait au plus i'urt di' l'action et h-- {vou^h'a •■ suivaient ?on panache.'' An risque, touferoi-, do In-nir cette comparaison romanesque, et de tomber du i^.ublime dan^ ce que plusieui'S pcrponnes pourraient ajqjeler le ridicule, nous devons ajouter que Sfunrt «•(induisnit ses troupes victorieuses à l'assaut au chant peu poétique de '•Uld Joe Hooker, vill ijoa corne out nf Ihc nu /de mess.''' i

'• Les habitudes de Stuart n'ofïraient rien de particulier, à part son abstinence complet de tout stinndauf, à l'exception du c;d'e. Pendant les lon,f^'ues soirées d'hiver, quand les devoirs. officiels lui laissaient de nombreux loisirs, il passait *on temps a coiiqioser des chanson? et des parodies, et réussissait parfois à produire des œuvres réellement remarquables. .Stuart lisait peu, niais il ainuiit beaucoup la société et prenait un plaisir extrême ù raconttr ou à entendre des historiettes, des traits d'esprit; iiersoune n'était pins joyeux (pie lui, et rien ne lui elair pins aureable t|u'iine bonne plaisanterie.

" Ce n'est pas le lieu d'analyser ici ses mouvements militaires ou de parlia- de lui connue capitaine, mais il est presque impossible do séparer Stuart l'homme, de Stuart le soldat. Toujours prêt ''à rire ou h ^e battre," doue j.ar la nature d'un tempérament excessivement puissant, Stuart allait avec le même entrain à la bataille et an bal, et semblait être complètement insensible à la fatigue. Amliitienx, -amoureux de la gloire, très sensible au blâme ou à la louano'e, il avait néanmoins cette indepemlance d(^ caractère et cette fierté qui rendent un liomme capable, de liraver tous ses ennemis. Ses sentiments étaient chaleureux et jamais homme n'aima plus sincèrement ses amis que Stuart. Kn un nio!, il était la [)eisomiilie;ition complète de tontes les qualités qui forment le véritalile chevalier. Il y avait chez lui cette expansion joyeuse, cette galanb.n'ie envers les dames, eei amour des couleurs vives des brillants .speclacles et des gaies aventures, et cette bravoure des cavaliers anglais de Cliarles 1, qui, :\ Naseby, ])relerèreiit la mort à la reiraib' ou à la reddition. Son brillant œil bleu regardait la mort en face sans le moindre signe d'émotion ; jamais un homme plus absolument inditterent au daiio-er n'a vécu ; comme certains chevaliers du moyen âge, il allait en bataille en arborant les couleurs de sa dame et avec la résolution de vaincre ou de mourir." . •

Les journaux de Richmond publièrent les comptes-rendus suivants des derniers instants du général Stuart :

" Vers midi, le président Davis visita son lit de souffrance et passa quelques instants avec lui. A une question du Président, qui lui demandait s'il souffrait, il répondit : " Je me sens assez bien, mais je nie résigne à mourir si Dieu et mon pays jugent que j'ai accompli ma destinée et fait mon devoir.'"

" Pendant la journée, il eut quelques instants de délire pendant lesquels il parlait de ses campagnes dans la Péninsule, de ses batailles sur le Rapidan et de son excursion en Pennsylvanie, et donnait des ordres comme s'il eut été encore sur le champ de bataille. Puis, ses facultés mentales prenaient une autre direction ; il appelait sa femme et ses enfants, parlait de ia mort de son fils aîné, tué l'année précédente sur le Rappahannock, et ;i propos duquel Stuart avait dit, en apprenant son agonie : '■ Je dois laisser la vie de mon fils entre les mains de Dieu, mon devoir me retient ici.'' Ensuite, il revenait, tout en délirant, aux scènes de sa vie aventureuse. Par intervalles, il recouvrait toute sa liaison et se montrait calme et résigne.

•' La nuit s'approchait ; les instants de l'illustre mourant étaient comptés. On l'avertit de l'imminence du moment fatal, et il répondit : " le suis resiené, si telle est la volonté de Dieu, mais j'aurais voulu voir ma femme avant de mourir. Mais que la volonté de Dieu soit faite I " il demanda à plusieurs reprises si Mme Stuart était arrivée. Malheureusement, elle était ab.sente de la ville, et elle y revint trop tard pour recueillir le dernier soupir de

son mari.

" Au dernier moment, Stuart, en pleine possession de lui-même, fit quelques legs à ses amis. Il donna a Mme R. E. Lee ses éperons dorés, comme témoio'uage de l'amitié et do l'estime qu'il avait pour son mari ; fit présent de ses chevaux à son etat-major, et à son jeune fils de sa vaillante épée. Après avoir demandé au ministre Peterkin, qui l'assistait à son chevet, de réciter un hymne et les dernières prières des agonisants, il dit une fois de plus qu'il était resigné à mourir, puis, il rendit le dernier soupir.

" Les funérailles de ce brave et regretté olïicier eurent lieu le 13, à cinq heures, a l'église St. James. ■ • ■ ■■

" A l'heure désignée, le cortège arriva devant l'eglisc et le cercueil métallique qui contenait la dépouille mortelle de ce brillant soldat fat place devant l'autel. Des couronnes d'immortelles et de nombreux bouquets furent placés autour de sa bière.

"Les porteurs étaient le général Bragg, le major-general Mac Cewn, le général Chiiton, le brigadicr-gcncralLawton, le conmiodore Forrest, le capitaine Lee, de la marine, et le général Randolph, ancien secrétaire de la Guerre.

" La scène était à la fois lugubre et touchante. Le président Davis, sur la physionomie duquel on lisait une profonde tristesse, était en tête ; autour de lui marchait le Cabinet, les Sénateurs et les Représentants du Congrès confédéré. Plus loin se tenaient plusieurs généraux et officiers de tous rang.'', entre autres le général Ransom, commandant le département de Richmond. Des centaines de ses braves suivirent le funèbre convoi de Stuart, mais Fitz Hu^h Lee et tant d'autres guerriers que l'illustre défunt avait si souvent guidés à la victoire, et qui auraient mille fois donné leur vie ]iour lui, étaient en ce moment sur le champ du bataille, ou le désir de venger leur chef, doublait leur courage et leur détermination.

'' Le service fut lu par le docteur Peterkin et, après un chant religieux, le cadavre fut enfin porté à sa dernière diiiueure, au cimetière Hollywood, suivi par un long défilé de voitures.

" Aucune escorte militaire n'accompagna la procession, mais le corps inanimé du héros fut i)lacé eu terre au moment précis où le tonnerre de l'artillerie grondait au lointain et quand avait lieu le choc de deux armées ; l'une, venue pour dévaster et ruiner la terre de ses aïeux ; l'autre, s'opposant bravement à ses desseins, et invoquant l'appui du Tout-Puissant pour la cause qu'avaient illustrée des hommes comme Stoncwall Jackson et J. E. JB. ^tuart."

sol de cadavres. Le combat s'engngea, court et dùciaif ; quelques fédéraux arrivèrent jusqu'à la position confédérée et essayèrent une charge à la baïonnette, mais en moins d'une demi-heure, ils étaient tous repoussés avec une perte de cinq cents tués et mortellement blessés, et de deux cents prisonniers laissés entre les mains des Confédérés victorieux.

Le 10 mai, l'attaque fnt renouvelée de bonne lieure ; le corps de Warren était le plus chaudement engagé, bien que le feu fut partout excessivement vif. Vers 5 heures du soir, deux divisions du Second Corps, eonuuandé par ILincock, traversèient la rivière Po, s'avancèrent sur la gauche de Lee, et parurent se préparer à engager une action vive de ce côté. Lee, supposant que l'ennemi allait masser des forces sur ce point, y concentra ses troupes pendant la nuit et le lendemain matin, mais, dans la matinée du 12, il s'assura que Hancock avait repris sa ])osition dans le centre. En effet, ce dernier manifestait sa présence par une attaque vigoureuse sur la division Johnson.

Cette division formait un angle saillant de la ligne confédérée. L'ennemi fit son attaque de flanc et enleva bientôt les retranchements qu'occupait cette partie de notre ligne ; le général Johnson et presque toute sa division furent faits prisonniers et vingt pièces de canon tombèrent au pouvoir de l'ennemi. En vain les Confédérés fii'cnt les efforts les plus vigoureux pour regagner le terrain perdu. La bataille arriva bientôt à son point culminant ; le carnage prit des proportions effrayantes. Morts et blessés étaient empilés les uns sur les autres ; les derniers râlants quelquefois sous le poids des cadavres. Ce qui restait du corps du général Ewell tint l'ennemi en échec avec un courage surhumain ; le général Hill arriva de la droite, se joignit aux troupes décimées de Ewell et lança à son toiu- ses divisions en ligne ; \)ms le corps de L'Uigstreet accourut de l'extrême gauche et se rua également sur l'enucmi. Aucun des deux adversaires ne réussit à gagner une partie du terrain tant disjîuté, que couvrait un amas de victimes- Vers la fin de la journée, l'ennemi tenait une étendue d'environ six cents pieds des travaux confédérés ; il avait pris vingt cinq pièces d'artillerie et environ deux mille hommes de la division Johnson, et tué ou blessé six ou sept mille hommes. Mais sa propre perte s'élevait à dix huit mille hommes et c'est à ce prix énorme que fut acheté ce succès problématique, que les journaux du Nord appelèrent " une brillante victoire, " mais que le général Grant lui-même eut assez d'honnêteté pour considérer " comme un avantage non décisif."

Aussi — , sans qu'il y ait eu résultats formels, sans qu'aucun avantage marqué ne fut remporté par le Nord, — venait d'être livrée une série de batailles presque sans ])arallèles dans l'histoire, comme proportions du carnage fait dans les rangs de chacun des adversaires. L'armée de Lee, ne comptant que le tiers de l'effectif de celle de son adversaire, avait accompli des faits héroïques. Grant ne fut pas satisfait de cet

effrayant holocauste ; le Moloch du Nord ne fut ^ms rassasié. TjO " grand génie" qui résolvait la question de suprématie militaire par l'immensité du sacrifice d'êtres humains et (]ui op})Osait à Léo trois honuucs contre un, jugea nécessaire, apiès cette })remière série de batailles, de demander du seconrs avant même que son adversaire ait pu recevoir un scnl Immme de renforts. Du 17 au 18 mai^, Grant })assa son t(;mps à manœuvrer et à attendre des troupes additionnelles de Washington. Il résolut de calmer l'anxiété des autorités ])ar une affectation de ténacité et téiégra])hia, ;iu président Lincoln "qu'il se proposait d'emporter (piand même cette ligne, dùt-il y ])asser tout l'été."

OPÉKATTONR AU SUD DE T?ICHMOXD.

Tandis que Grant combattait sur le Ra.pidan, d'autres mouvements militaires, se rattachant à sa grande combinaison et jouant leur partie dans le grand drame dont la Virginie était en ce moment le théâtre, s'accomp.lissaient d'un autre côté.

L'armée placée sous les ordres du général Butler, — connue sous le nom d'Armée du James, — devait exécuter une partie importante du plan général de la campagne en attaquant Richmond par le Sud. Avant de commencer sa marche du Rapidan, le général Grant avait adressé au général Butler la lettre suivante, lui détaillant ses instructions et expliquant quelle était la part qui lui était assignée dans le mouvement général :

Forteresse Monroe (Virginie), 2 avril ISG4.

'• Général,- — Pour la campagne d'été qui commencera au premier jour praticable, il a été proposé d'assurer la coopération active de toutes les Ibrccs en campagne, autant qu'il est possible de le faire.

'■ Nous ne pourrons unir nos armées en deux ou trois grandes agglomérations, en raison de la nécessité absolue de gai'dcr le territoire déjà pris sur l'ennemi. Mais, généralement parlant, cette concentration peut être prati" quenient effectuée pcar les armées opérant dans l'intérieur du pays ennemi et conservant comme bases les points qu'elles ont à garder, réduisant ainsi le chilï're d'hommes nécessaires à l'occupation des points importants, ou, au moins, attirant l'attention d'une partie des forces ennemies, à défaut d'un résultat plus immédiat. L'armée de Lee et Eichmond étant les deux grands buts vers lesquels toute votre attention devra être tournée pendant la campagne prochaine, il conviendrait d'unir toute* les forces disponibles pour arriver à leur réduction. L'obligation de protéger Washington avec l'armée du Potomac et de cou'.rir votre département avec votre armée, empêche toute possibilité de réunir ces forces au début d'aucune opération. En conséquence, je propose le moyen suivant comme le plus propre à remplacer cette concentraticu impossible. L'armée du Potomac opérera de sa base actuelle, Lee étant le point objectif. Vous rassemblerez toutes les forces de votre counnaiidement qui ne sont pas employées à un service de garnison, — je puis dire au moins vingt mille hommes, — pour agir sur la rive raéridioniale du James Eivcr, Eichmond étant le but de vos opérations. Aux forces dont vous disposez déjà, on ajoutera dix mille hommes venant delà Caroline du Sud, et eommardta i)ar le major-général Gillmore. Le général ^Y. F, Smith a aussi reçu l'ordre de se rapporter à vous pour commander les troupes envoyées en campagne de votre propre département.

" Le général Cillniore aura ordre de se rapporter à vous, à la forteresse Monroe, avec toutes les troupes arrivant par transports, le 18 avril, ou le plus tôt qu'il sera possible après cette date. Si alors vous ne recevez pas

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFEDERES

(riuhtriiclii.iis di; coininoiiccr les opérations, vous ferez telles dispositions de cei forces et des vôtre? que vous jugerez les plus convenaliles pour tromper l'iMiiHiiii et riiiduire en erreur au sujet du mouvement réel à exécuter

•' (,>imi!d vous aurez reçu l'ordre de marcher, occupez City Peint avec le plus g-rand nombre d'hommes possible. Fortifiez ce point, ou plutùt refranchcz-vous y immédiatement et concentrez-y toutes vos troupes en campagne avec kl plus grande rapidité. Va) ce moment, il serait impossible de dire quelles seront les instructions (pie vous recevrez après cette concentration à City Point.

"Vous devez prendre pour guide le fuit établi plus haut:—- (pie Richiiiond est votre point objectif, et qu'en cola il y aura opérations communes entre vous et l'armée du Potomac. Ceci vous indique la nécessité de garder de près toute votre ligne de la rive sud du James, à mesure que vous avancerez. Si alors l'ennemi est lorcé de se replier dans ses retranchements de Puehmcnd, l'armée du Pot(miac suivra, et, i)ar le moyen des transports, elle pourra s'unir à la vôtre.

•' 'l'ous les détails secondaires de votre marche en ava:it sont laisses entic!

renient a votre discrétion. Si, toutefois, vous jugez praticable d'envoyer

votre cavalerie dans la direction du Sud, de manière à couper le chemin de

!'• r du c(>te de Hicks Ford au moment où le mouvement généi'al aura lieu,

cela sera d'un immense avantage.

" Vous voudrez bien m'envoyer, pour mon information et au })reuner

jour, tous les ordres, détails et instructions (pie vous pourrez donner pour

rc.veeulion du présent ordre.

''■ Av. Mnjor-géncnd B. F. Builcr.

'■ U. S. CPvANT, lieutenant-général''

D'après cet exposé des desseins de Gi'aiit sur la capitale cotifédérée, on peut conclure (ju'il [)rojetait d'attaquer Lee enti-e Culpe[>per et Richmond, et, ayant échoué dans son [dan de le couper de sa base, de faire sa jonction avec rarniée de Butler sur la rivière Jaines, dans lespérance (pie celui-ci [>ouvait investir Richmond du cuté du sud, sa gauche s'ap[)uyant stir le James au-dessus de la ville.

Mais il était encore ime autre partie importante de ce plan d'opération que Giant méditait pour la conquête définitive de la Virginie. En efiét, Grant pouvait prendre Richmond sans désorganiser le gouvernement confédéré et sans annihiler l'armée de Lee. Pour compléter cette destruction totale, il fallait isidcr Richmond et couper ses com munications par voie ferrée. En conséquence, le général Sigel rerut l'ordie de concentrer toutes ses forces disponiblés et d'organiser une dotible expédition devant se porter de Beverly à Charleston, contre le Temiessee oriental et le grand chemin de fer de la Virginie; les géiiérau.\ Ord et Cj'ook devaient en prendre le commandement. Plus tard, le général Ord ayant été déplacé, à sa propre requête, le général Sigel suggéra d'abandonner l'expédition de Beverly et on lui domia l'ordre de former deux colonnes, l'une, commandée par le général Crook, sur le Kanavvha, Ibrte de dix mille hommes; l'autre, devant opérer dans la She-

, nandoali, comptant sept nrille hommes; celle-ci devait s'assembler entre Cumberland et la Shenandoali, avancer son artillerie et son infanterie et toute la cavalerie dispossible aussi haut qu'il était pos.sible dans la Vallée ; tandis que le général Crook prendrait possession de Lewisburg avec une partie de ses forces et se porterait sur le chemin de fer du Tennessee, où il ferait tout le dommage possible aux lignes de commimications des Confédérés.

Le 4 mai, le général Butler, d'après les iiistrtictions reçues, remonta la rivière James avec le gros de ses troupes, après que le Dixième Corps, commandé par le général Gillmore, l'eut rejoint à la forteresse Monroe. Le -5, il occupa sans opposition City Point et Bermuda Hundred Le G, il choisit les positions de ses troupes et commen(;a les travaux de retranchements. Le 7, il fit une reconnaissance sur le chem.in de fer de Petersburg et de Richmond, détruisit un pont à sept milles de la première de ces places; le succès de ce mouvement insignifiant lui fit croire qu'il avait désormais une position décisive à l'arrière de la capitale confédérée et qu'il tenait enlin "la clé de la porte de derrière de Richmond." Il envoya à Washington un télégramme ainsi conçu: "Nous avons débarqué ici, et nous nous sommes retranchés après avoir détruit de longues lignes de chemins de fer. Nous avons u.ne [)osition que nous pouvons, avec les approvisiotmemeiifs nécessaires, tenir contre toutes rarniée de Lee." Cette fanfaronnade devait aboutir à une singulière conclusion.

Dans le cotirant du mois davj'il, les services du général Beauregard avaient été mis en réquisition, et ses troupes reçurent l'ordre de ({uitter Charleston pour renfuicer l'armée défensive de Richmond. Le ::Jl avril, Beauregard passa à AVilmington ;i la tête d'un corps considérable et vint prendre le commandement du district du sud et de l'est de Richmond. Le i(3 mai, il attaqua Butler dans sa position avancée devant Drewry's Bluff, j^a bataille fut courte et décisive. Butler fut, rejeté dans ses retranchements entre les branches des ri\'ieres James et A[»pomatox, et Beauregard se retrancha fortement en face de sa position, en couvrant efficacement les clieniins de fer, la ville et tous les points de (pielque importance. L'armée de Butler fut ainsi complètement rejetée en dehoi'S de toide opération ultérieure contre Richmond, "comme si," écrivit le général Grant, "elle eut été enfermée dans une bouteille étroitement bouchée (LXVl). - •

([jXVI) L'auteur ne parle ici qu'en terme? très sommaires d'un des [dus importants événements de la grande marche sur Richmond de 1864, Quel ipies détails complémentaires suppléeront ;i cette omission, que l'on est en droit de considérer comme volontaire, en raison de l'aversion singulière (pi'el)rouve l'auteur pour un officier qui avait le tort de ne pas être Virginien.

En arrivant à Drewry's BlufTdans la matinée du 11 mai, le général Beauregard ti'ouva la place défendue par dix mille Confédérés et investie pur vingt ou (rente mille Fédéraux, sous les ordres du général Rutler. Sans perdre de temps, il ut demander des renforts au président Davis, et lui représenta (ju'il suilirait d'une partie de la garnison de Richmond et d'environ dix mille hommes de l'armée de Lee pour lui permettre de prendre l'offensive le lô, au lever du jour. A l'aide de ces troupes additionnelles, le général Beauregard refondait de capturer ou do détruire tou-te l'armée de P>uller pendant

.=3vO

OPEKATlONfci PANS I/E8 VALLEES DE LA SHENANDOAH ET DE LA

KANAWHA,

rcudaiil. (juc rannce du Butler ,se trouvait ainsi neutralisée, les expéditions entreprises parle général Sigel dans les vallées de la Sheuandoali et de la Kanawha aboutissaient à des désastres marqués. Le général Croolc, qui avait le commandement immédiat de l'expédition de la Kanawha, divisa ses furoes en deux colonnes, et en plaça une, composée de cavaleiie, sous les ordres du général Averill ; les deux subdivisions traversèrent les montagnes par des routes différentes. Le 19 mai, Averill coupa le clicmin de fer du Tennessee à la Virginie, près de Wliitcville. De là, il se rendit à Kew Eiver et à Christiansburg, détruisit les chemins et ponts importants, — entre autres celui de N-ew River — et plu-

sieurs, dépôts et foiiuaenfinsa jonction avec Crook à Union. De son côté, le général Sigel remontait la Slienandoah ; le 15, il rencontrait le général Breckinridge près de Newmarket, et lui livi'ait bataille. Breckinridge avait repoussé Sigel à travers le Sbenandoah, après lui avoir pris six pièces d'artillerie, près de mille petites armes, et détruit la plus grande portion de ses trains d'approvisionnements ; en outie les Fédéraux laissaient sur le eliam[) de bataille ses hôpitaux et un nombre considérable de morts et de blessés. Cette défaite signalée de Sigel lui coûta son connuandement; le général Hunter vint se mettre à la tête de ses troupes, et élargit le plan d'opérations primitif, en projetant une attaque sur Ljmchburg et Charlottesville. Les mouvements concourant à ce nouveau plan, toutefois^' ne furent commencés que plus tard.

a journée du l'), de se porter ensuite uu secours du général Lee en traversant les rivières James et Cliielcahoniiny, et d'attaquer Grant par la gauche et l'arrière, pendant que le gros de l'armée de Lee l'engagerait de front.

Cette double attaque aurait pris Graut par surprise au moment même où !a nouvelle de la défaite de Butler lui serait arrivée, et toutes les ehances du la bataille eussent été en faveur des Confédérés. L'effet de cette victoire aurait ou pour résultat de paralyser tous les mouvements de Graiit pendant la saison, ou peut-être — hypothèse très possible — de permettre aux Confédérés de reprendra l'ofifensivc et de se porter sur Washington, alors dL^pourvue de toute garnison sérieuse, — toutes les troupes do ce district ayant été retirées quelque temps auparavant pour être incorporées dans l'armée de Graut.

Mais le Président refusa d'accepter ce plan, dont les résultats ne pouvaient être que favorables et dont l'exécution eut peut-être permis aux Conléderes de dicter les conditions de la paix dans la capitale fédérale, au moment précis où le gouvernement de Washington entretenait l'espoir de premire Kichmoud et d'abattre complètement toute l'organisation confédérée. Ce refus fut d'autant plus malheureux que le général Grant se trouvait al'rs dans l'obligation d'attendre des renforts pour continuer la campagne.

La lettre suivante, écrite par le général l'eauregard aux autorites militaires de Kiehniond, donne les détails des opérations proposées :

'• (^,UARTn':R-(jEi\'ERAl, DU DkpARTEMENT DK I,A CaROLIXK nu ISOKU ET DE LA ViRGIXIE MeuUMu.naI.K,

l^rury's Bluff, 14 mai 1«GT.

Ati généntl Braxlon Briii^i:;, coiitiiiundunt généra/, tltdimund [i u guiie).

•'Général, — Considérant l'importance vitale du succès qu'entraînerait l'exécution du ])lan que jl' vous ai suggéré ce matin, et certain de sa réussite, j'ai cru convenable et opportun de vous en communiquer brièvement la substance par écrit.

" L'armée du général Lee à la station Guinea, et la mienne sur ce point, se trouvent sur une ligne droite qui traverse liiclunond, — l'armée de Grant étant sur le tianc gauche de cette ligne, celle de Butler sur le tianc droit. Nos lignes sont donc intérieures. Le but de Butler est incontestablement d'investir et de tourner Drury's Bluff, de menacer et de tenir le chemin de fer de Danville à Petersburg, d'enlever les obstructions de la rivière au fort Drury, pour donner libre accès à ses navires de guerre, et de forcer ainsi le général Lee à retraiter aux lignes des environs de Eichmond. Avec le ehomin de fer occupé par l'ennemi, Grant devant et tîutler derrière les travaux d'enceinte de Ilichmond, la capitnte .'^erait pratiquement investie et on ])eut, prévoir quelle en serait la conséquence.

" Le plan que je vous ai propose est celui-ci : Le général Lee reculerait jusqu'aux lignes défensives du Cbickahomiiiy, et même jusqu'aux lignes immédiates de Kiehmond, en envoyant temporairement ici une force de 15,000 hommes. Aussitôt ces renforts arrives, je prendrais l'oflénsive et attacpicrais vigoureusement Butler. Un tel mouvement, convenablement exécuté, me placerait directement sur les communications de Butler et sur son tianc droit (sa position restant telle qu'elle est maintenant) ; le général Whiting ferait alors une attaque simultanée et Butler serait infailliblement écrasé ou obligé de se rendre, et tous les magasins de son armée tomberaient entre nos mains. Il s'en suivrait probablement une interruption de nos communications pendant quek[ues jours, mais sans inconvénient sérieux.

" L'attaque projetée pourrait être effectuée en deux jours au plus, après l'arrivée des renforts. Ceci l'ait, je me i)orterais au secours de Lee avec les troujjés qu'il m'aurait envoyées et 10,000 hommes de plus, et le sort de Grant ne rc-sterait pas longtemps douteux.

'• La destruction des forces de Grant ouvrirait la voie pour la reprise de la plus grande partie du territoire perdu, comme il vous l'a déjà été démontre

en termes généraux.

•■ Kespectueusement, etc.,

G. 'l\ BLAUKEGAiil)

Le général Bragg, alors agissant comme conmiandant en chef de l'armée confédérée, refusa d'accéder h cette [U'oposition, bien (ju'il l'eut approuvée. Il réjjoiulit qu'il ne se croyait pas autorisé à retirer, inèmc lemporalrcmcnt, des troupes de l'armée de Lee, sans l'approbation du Président. .M. I>avis, ayant a[)pris ce projet, vint une heure après à Drury's Bluff, dans le but d'en discuter les avantages avec le gênerai Beauregard. Après une diseu.'-sion de deux heures, il conclut que le général Lee ne pouvait se séparer, ])Our cpiarante-huit heures, ni même pour vingt-quatre, des troupes dont avait besoin le général Beauregard. Cinq mille hommes seulement des défenses de Richmond, sous le major-general Ranison, pouvaient le rejoindre ce jour même ou le lendemain. Cette addition portait les forces du général Beauregard, à Drury's Bluff, ù quinze mille homm !s, a opposer aux trente niil'e du gen.^ial IJutler, lequel avait obtenu un succès partiel dans sot: attaque de la veille. Les troupes que commandait le gênerai Beauregard n'avaient jam ds co:iii)atta cn.sendjle et deux eu trois brigades seulement, avaient auparavant .servi sous ses ordres ; on ne pouvait, par conséquent, espérer cette précisi^nc t celte en. tente si néce3.saires au succès. Elles combattirent avec bravoure, mais le résultat ne fut pas tel qu'on aurait pu l'esperor d'hommes aceiutumés à marcher et à se battre ensem))'.c. sous des chefs éprouvés et expérimentés. (A'', du trad.)

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

Ce corollaire de la grande attaque contre Ricluuond de mai 1864 ayant été mis à néant, le général Grant, en dépit de la résolution qu'il avait exprimée "de se battre tout l'été, s'il le fallait, pour enlever la ligne de Spottsylvania,"' projeta un mouvement sur la rivière Nortli Anna, par lequel il espérait prendre en flanc la petite armée de Lee ; les événements récents lui avaient prouvé qu'il ne pouvait, malgré sa méthode do "liarcelement " espérer de le battre en p)leine campagne, Toutefois, avaut de commencer ce mouvement, il résolut de faire un assaut sur la ligne d'Ewell, dans l'espoir de tourner la gauclie de Lee. Le 19 mai, cette attaque eut lieu ; elle éclioua et les Eédéraux furent obligés de se replier dans leurs campements, après avoir essuyé une perte assez grave. Le mouvement de la rivière North Anna commença le 21. Le général Lee se vit forcé d'abandonner sa position sur le Po ; par un mouvement stratégique admirable il atteignit une nouvelle position entre les rivières Nortli Anna et South Anna, avant que l'armée de Grant fut arrivée à sa destination, "^ '

Déçu de nouveau et trouvant encore son agile adversaire entre lui et la capitale, Grant jugea nécessaire, le 24 mai, de feire un autre mouvement de flanc en retraversant le Noi'th Anna et en marchant à l'est, dans la direction de la rivière Pamunkey. Pour couvi'ir ce mouvement, il fit faire une attaque sur la gauche de Lee, tandis qu'une partie de la cavalerie de Sheridan détruisait le chemin de fer central. Mais l'illustre commandant confédéré était tout à feit maître de la situation et n'était pas homme à se laisser facilement aveugler. Il comprenait la tactique de Grant, l'égalait en promptitude et le surpassait de beaucoup en habileté stratégique. L'armée de Grant n'était pas pins tut arrivée, le 28, à Hanovertown, sur le Pamunkey et à quinze milles au nordest de Richmond, qu'elle trouva les Confédérés en ligne de bataille, depuis la station Atlee, sur le chemin de fer à dix ou onze milles au nord de Richmond, jusqu'à Shady Grove, à huit ou neuf milles au nord-nord-est de la même ville. Le lendemain, les forces de Grant avaient traversé le Pamunkey et marchaient dans la direction de Richmond, tandis que des renforts de l'armée de la livière James, du général Butler, arrivaient à White Plouse, qui devint alors la base d'approvisionnnement des Fédéraux.

La singulière fortune de la guerre avait de nouveau fait de la Péninsule virginienne le grand champ de bataille de la campagne. A peine un mois était-il écoulé depuis l'inauguration du grand mouvement agressif de 1864, et cette courte période avait été signalée par un carnage effroyable et par un glorieux triomphe pour les armes des Confédérés. Quand Lee s'était mis en ligne contre Grant au Rapidan, sa force totale n'excédait pas cinquante mille hommes. Ce fut' avec cette force disproportionnée qu'il força Grant, après les batailles du Wilderness et de Spottsylvania Court

House, à attendre pendant six jours des renforts de Washington avant de marcher plus loin, et à abondonner son plan favori d'atteindre Rielimond. Lee ne reçut pas de renforts avant le 23 mai. A la jonction de Ha-nover, il fut rejoint par la division Pickett, du corps de Longstreet, une petite brigade de la division Early, du corps de lilwell, — qui avait été dans la Caroline du Nord avec Hoke, — et par deux faibles brigades avec un bataillon d'artillerie sous Breckinridge. Les renforts amenés par ce dernier, que Grant estimait à quinze mille hommes, n'excédaient pas deux mille fusils. Quand Lee se retira dans les lignes du voisinage immédiat de Richmond, il y fut rejoint par la division IPoke, venant de Petersburg ; mais au même moment, il envoyait Breckinridge danc la vallée de la Shenandoah, et le corps de Ewell avec deux bataillons d'artillerie, placé sous le connnandemcnt du général Early, se portait sur Lynchburg poui- faire face aux démonstrations de Hunter contre cette place. Ces diversions contrebalançaient les renforts reçus par Lee. Les données ci-dessus montrent, d'une manière incontestable, que la grande disproportion de forces entre les deux armées au commencement de la campagne, ne fut aucunement améliorée après que Lee eut atteint le voisinage de Petersburg et de Richmond ; au contraire, elle devenait beaucoup plus grande. LTn commentateur de ces faits remarquables, demandait, avec beaucou]> d'à projjos : " Quel eut été le résultat, si les ressources en hommes et en munitions de guerre des deux commandants eussent été renversées î

Ainsi le général Grant, malgré son immense supérioriié en hommes et en matériel, avait entièrement échoué dans son projet de défaire l'héroïque armée de la Yiiginie septentrionale, de la couper de sa base d'opérations et d'en rejeter les fragments sur Richmond, et après avoir perdu un nombre d'hommes presque égal au chiffre total des forces de son adversaire, il se voyait forcé de dissimulei- son échec en adoptant le plan d'attaque par la voie péninsulaire, — ce même plan et tant raillé qu'avait médité MacClellan, Le public du Nord, cependant, trouva dans cette déconvenue un prétexte à déclamations orgueilleuses, par la simple raison que Grant se trouvait à quelques milles seulement de Richmond, et sans considérer que l'armée de Lee protégeait la capitale avec autant d'efficacité à une distance si faible, que si elle se fut trouvé à des centaines de milles plus loin, — et que Grant avait tait un trajet excessivement long pour atteindre un point où il eut pu arriver, en remontant les grands estuaires de la Virginie, en tiès peu de temps et sans perdre un seul honmre. Et cependant, vii^i^t cinq mille personnes se réunissaient à New York poui' "offrir les remerciments dé la nation au général Grant," pour un mouvement qui était, dans sa véritalde et seule acception, absurde, désastreux, honteux et méprisable.

ITIiE IXXII

BATAILLES DE COLI) HARBOim ET DE PETl^lESBUIlG.-OPEEATTOjVS DANS LA YYRr

GINIE OCnrDEÎs^TALE ET LE TElNNESSEE OEIENTAL.-ASSASSINAT DL GENERAL MOEGAN.-TNVASION DE EAllLY DANS LE MABALAND.- . BATAILLE DE MONOCACY -SIEGE DE PETERSBUEG.

JtTÏ'N'-JXJIt.IL^ÏRT îSe4.

Ail ler juin 18G4, les denx armées étaient carajit'eR antonr (le Richraond dans les positions suivantes : Grant se trouvait entre le Chickahominy et le Pamnnkey, sa gauche reposant sur Meclianicsville et sa droite dans la direction de White Honse ; ses réserves étaient massées à l'arrière de sa gauche et Riclm^ond se trouvait à peu près derrière son aile gfiuche. Lee était posté à la station Atlee, sa gauche s'étendant sur Gaine's Mil), et ses piquets avancés jusqu'à Coal Harhour. Sa position était celle qu'il occupait en 1862, et toute la ligne de hatailledes Confédérés se ti'ouvait exactement sur le terivain occu])é par les deux armées à l'époque des hatailles des Sept Jours.

Le premier objet de Lee, en se repliant sur Richmond, était de s'assurer des positions que les événements de 1862 lui avaient démontrés comme étant les meilleures. Il envoya donc à la droite les divisions Kershaw et Hoke, du corps du général Andersen, avec ordre d'occuper les hauteurs . avoisinant Gaines' Mill- et Cold Harhour ; ces positions venaient d'être enlevées par un détachement de de cavalerie fédérale. Mais ù l'arrivée de la division Hoke, renforcée peu après par Mae Tjaws, l'enneruit dut abandonner ce point. En mêniH temps, Breckinridgeet Blalione, du corps de Hill, réussissaient également à gagner diverses ])ositions a/ cées

■ Le 2 juin, Grant contitnia à développer son flanc droit, tandis que les Confédérés s'étendaient sur une ligne parallèle et que le général Early, commandant le corps de Ewell,

attaquait l'ennemi à une heure avancée de l'après midi, et le chassait de ses deux premières lignes de retranchements, après lui avoir infligé une perte sérieuse. Pendant ce temps, Breckinridge, appuyé par Wilcox, s'avançait d'après l'ordre de Lee, sur les Fédéraux postés à l'extrême droite, à Turkey Hill, et les chassaient de cette position. De cette manière, Lee obtenait une position importante, car cette colline commandait les approches septentrionale et orientale de la ligne du Chickahominy. Pendant que ces mouvements s'effectuaient, Grant massait ses troupes en vue d'une action décisive. Le 3 juin, de grand matin, l'armée fédérale, s'étendant du ruisseau Tolopatomy au travers du chemin de Cold Harhour au Chickahominy, s'avança en ordre de Itataille sur les Confédérés.

Page 1