BATAILLE DK COLD HARBOUR
La ligne de bataille fédérale était formée, de la droite à la gauche, des corps d'armée des généraux Burnside, Warren, Smith, Wright et Hancock. Ce dernier se trouvait opposé au corps confédéré de Breckim'idge, occupant l'exiréme di'oite de Lee ; le corps d'Ewell, tenant l'extrême gauclie, faisait face à Burnside et le corps du général A. P. Hi!l formait la réserve. L'attaque fut conduite par Hancock, c|ui enleva momentanément la position occupée [lar les troupes de Breckinridge, mais qui fut promptement repoirssée lorsque vinrent à l'aide de Breckinridge la brigade de
HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS
la Floiicle, du général Milligau et le bataillon du Maryland. Les divisions de Hancock furent les seules de l'armée fédérale qui vinrent en contact avec les travaux confédérés. Les deux corps postés à sa droite furent repoussés avant de les avoir atteints, et ceux de Warren rt de Burnsidc furent dispersés et refoulés dans leurs lignes d'occupation. Grant avait voulu s'assurer si l'armée de Lee n'était pas démoralisée par les rudes épreuves qu'elle avait eu à soutenir dans son trajet du Rapidan au James ; le lésultat de cette expérience fut qu'il trouva sa projire armée si incapable, qu'il fut obligé de se retirer avec la conviction bien arrêtée de son intériorité. " Il monta à clieval et se rendit sur le front do la ligne pour recueillir des différents chefs des informations sur l'état des choses dans leur counnandement immédiat et revint pensif et absorbé ; il était évident (jue l'attaque ne serait pas renouvelée." Ainsi parla un téniDÎn oculaire. De son côté, Grant écrivait à propos des résultats de la journée : " Notre perte a été forte, tandis (juc j'ai toute raison de croire que celle de l'ennemi a été comparativement légère"." En effet, son rapport à l'adjudant général, à Washington, montrait un chiffre de sept mille cinq cents hommes tués et blessés pendant les opérations de trois joui's sur le Chickahominy. La plus grande partie de cette perte était due à l'échec du 3 juin.
Pendant les quelques jours qui suivirent la bataille de Cold Harbour, et il n'y eut que quelques escarmouches insignifiantes, et tout fut comparativement tranquille. Pendant la nuit du 5, Grant retira son aile droite à environ deux milles et la plaça derrière un marais qui protégeait à la fois le front et le flanc de cette portion de son armée. La tentative malheureuse du 3 lui avait pleinement démontré que Richmond ne pouvait pas être pris par lui coup' de inain, et qu'une attaque par la voie du Nord n'offrait aucun aucun avantage. De ce côté en effet, une rivière au })assage difficile, et cinq milles de fortifications en terre défendaient efficacement la capitale. De plus, en attaquant dans cette direction, l'ennemi était dans la nécessité de garder le chemin de fer de Fredericksburg, ligne longue, vulnérable, mais qu'il lui importait d'occuper fortement, comme étant la voie d'approvisionnements de son armée. Une telle diversion affaiblissait considérablement le chiffre de sa liirne de bataille et laissait ouvertes aux Confédérés toutes leurs lio-nes de communication au sud de la rivière James. Une reconnaissance approfondie du terrain et l'examen de ces désavantages convainquirent Grant de l'inutilité de toutes opérations ultérieures par le nord et l'est. Il se détermina donc à faii'e un autre mouvement sur le flanc de Lee, à jeter son armée sur la rivière James et à saisir Petersburg, espérant ainsi couper toutes les voies d'approvisionnements des Confédérés, à l'exception du canal de l'ouest, tandis qu'il pourrait envoyer sa cavalerie à Charlottesville et à Gordonsville i)Our détruire les communications par voies ferrées entre Richmond d'un côté, et la vallée de la Shenandoah et Lynchburg, de l'autre.
Le 12 juin, Grant compléta ses préparatifs })0ur l'abandon des récents champs d'opérations du Chickahominy, la travei'sée de la rivière James et l'occupation de la rive méridionale, dans la direction de Petersbuig\ Pour effectuer ces mouvements, il fallait d'al.)Oi'd teurnei' la droite de Lee, qui s'étendait jusqu'à Bottom Bridge, et descendre le Chickahomin}^ aussi loin que les ponts Long et Jones. Ce mouvement fut habilement exécuté. Le 17 Juin, l'avant garde de Grant atteignit le pont Wilcox sur la rivière James, près de Charles City Court House, et le lendemain toute l'armée de Grant avait traversé le fleuve sans rencontrer d'opposition.
Le général Lee ne s'opposa point au mouvement de Grant siu' le James, probablemeni parce cjue la faiblesse de son armée ne le lui permettait pas. Les villes de Richmond et Petersburg devaient toutes deux être gardées, non seulement contre l'armée du Potomac, mais aussi contre celle de Butler, qui avait remonté la rivière avec des forces considérables pour coopérer avec Grant: tandis qu'une portion importante de l'armée de Lee, comme on l'a dit plus liant, avait été détachée et lancée sur Lynchburg, au devant des Fédéraux qui menaçaient ce point important. Grant espérait prendre Petersburg sans coup férir, et faire ainsi ce que n'avait pu accomplir Butler, (ce dernier avait rejeté tout le blâme de la défaite sur le général Gillmore, son subordonné). Mais Grant trouva que Lee l'avait prévenu dans ce nouveau plan d'opérations; que Petersburg était assez fort pour soutenir un siège ; que des fortifications supplémentaires avaient été promptement érigées autour de cette ville et sur les rives de l'Appomatox, et que Drewry's Blutf était devenu un point de défense formidable.
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Le général Grant jugea désormais nécessaire d'appliquer sa méthode de "harcellement" aux travaux de Petersburg, qui n'étaient, à proprement parler, que des simples avantpostes de la capitale confédérée, .car, en supposant qu'il prît la ville, ou plutôt la ligne de travaux ([ui la commandaient, il lui restait à emporter encore de nombreuses fortifications avant d'atteindre Richmond, à vino't milles plus haut. Le corps de Smith, de l'armée de Butler, débarqua à Bermuda Hundred le 14 juin, se porta rapidement sur Petersburg, et attaqua les batteries qui couvrent les approches de cette ville au nord-est. Il réussit à prendre possession de cette ligne de travaux, mais, il fut trop timide pour profiter immédiatement de cet avantage, et il attendit l'arrivée du Second Corps, sous Hancock. Dqux divisions de ce corps le rejoignirent pendant la nuit et relevèrent une partie de la ligne de Smith, occupant les travaux enlevés aux Confédérés. Le corps de Burnside était également arrivé et avait pris position à gauche ; une attaque fut ordonnée pour la soirée du lendemain.
Trois assauts furent, faits et n'aboutirent à autant de défaites; les Confédérés profitèrent de leur avantage, prirent à leur tour l'offensive, chassèrent Tennemi de ses retranclienients de Howlett's House et ouvrirent sur lui un feu d'enfilade. Une brigade qui avait cberché un refuge dans un ravin fut presque entièrement capturée par un régiment
de la Géorgie.
Le lendemain, le Cinquième Corps arriva et une troisième attaque fut faite par les quatre corps d'armée de l'ennemi. Les Fédéraux furent repoussés sur toute la ligne et nos troupes, reprenant encore une fois l'offensive, attaquèrent la première lignes des retranchements de Burnside, rejetèrent l'ennemi sur sa base et restèrent en possession du terrain gagné jusqu'au lendemain, au lever du jour; puis elles se retirèrent dans leurs propres fortifications.