‹ La cause perdueChapitre 58 sur 85 · CD · texte numérisé non relu

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forces disponibles à la défense de Staunton, et quand le général fédéral Burbridge se préparait à entrer dans les comtés sud-occidentaux de la Virginie. N'ayant pas assez de forces pour confronter Burbridge, Morgan résolut de s'avancer audacieusemeut au cœur du Kentucky et d'attirer ainsi le commandement fédéral au loin. Ce plan réussit, mais au prix de la défaite des troupes aux ordres de Morgan. Avec moins de deux mille cavaliers, le général Morgan

On a vu plus haut que le commandement des forces fédérales opérant à l'ouest des montagnes Bleues avait été remis par Sigel au général Hunter, ce même officier qui avait acquis une certaine célébrité par son négrophilisme dans le département de Beaufort (Caroline du Sud). Hunter se prépara à élargir le plan de campagne primitif, suivant les ordres du général Grant. Ce nouveau plan auxiliaire d'opérations contre Eichmond embrassait les villes de Staunton, Lynchburg, Charlottesville et Gordonsville ; et le but général était de couper les communications de Richmond avec l'Ouest. .Hunter devait attaquer celui de nos points qu'il jugerait le plus à propos.

A l'ouest des montagnes Bleues, la force confédérée était restreinte, désorganisée et entièrement incapable de foire face aux formidables entreprises de l'ennemi. Elle consistait en un petit nombre de faibles brigades de cavalerie, environ deux régiments d'infanterie, et une petite brigade, — celle de Vaughan, — de cavalerie démontée agissant comme infanterie. Pour remplir le vide créé par le départ de Breckinridge, qui avait rejoint le général Lee aux lignes de Richmond et de Petersburg, la petite force de Mac Causland, venant de Dublin, avait été envoyée devant Staunton et le général William E. Jones avait reçu l'ordre de rassembler les troupes disponibles disséminées dans le sud-ouest de la Virginie, et de les amener à la même position dans la vallée inférieure. En conséquence, Jones rassembla non seulement toute l'infanterie à l'ouest de la " New River " mais il fit également mettre à pied une brigade de cavalerie et envoya le tout à Staunton, en ne laissant dans l'extrême sud-ouest, — pour faire face au général Burbrido-e venant du Kentucky, — que quelques détachements de cavalerie et les troupes du général Morgan.

Le général liunter, ayant reçu ses instructions de Grant, résolut de prendre immédiatement l'offensive et remonter lavarée de la Shenandoah. Le 5 juin, il rencontra la petite armée de Jones, à Piedmont. Les Confédérés furent écrasés par le nombre et perdirent plus de mille hommes ; le général Jones conduisait lui-même ses troupes à la charge, ! entra dans l'Etat du Kentucky par le défilé Pound. Le 11

iuin il attaqua et captura Cyntliiana et toute la garnison ! officier. Tout son état-major et ses courriers ayant été faits % de cette place. Le 12 juin, il rencontra Burbridge, à la ! prisonniers à trente pas de l'endroit où il était blotti, Mortête d'une force très considérable. Ecrasées par le nombre, jgan put entendra les questions qui leur furent faites et les

les troupes de Morgan se dispersèrent et furent chassées de l'Etat.

Cette expédition fut la dernière de quelque importance que commanda John Morgan, et c'est ici le lieu de racon-

menaces proférées contre eux.

Ne pouvant espérer d'échapper aux recherches qu'allait s'ans doute faire l'ennemi, Morgan sortit de sa cachette et se rendit au capitaine Wilcox, du 13rae de cavalerie du

ter par quel concours de circonstances tragiques et inat- Tennessee, — les deux pistolets du général avaient déjà été

tendues cet homme extraordinaire trouva la mort et com- j pris par cet officier. Wilcox reçut la reddition de Morgan,

ment il fat victime d'an inctirlre, au mépris de toutes les, eut avec lui une conversation de quelques minutes et s'éloi-

lois de la o-uerre civilisée. Chassé du Kentucky, le général gna. Peu d'instants après un soldat nommé Andrew Camp-

Moro-an opéra encore pendant quelque temps, sur une |bell, appartenant au même régiment, s'approcha de Morgan

échelle restreinte, dans le Tennessee oriental, vers Green- : et le mit en joue. "Pour Dieu, ne tirez pas," dit le géné-

ville. Le 3 septembre, il se trouvait dans cette dernière ; nil, "je suis un prisonnier.' Mais Campbell fit foi et Mor-

place, située sur la grande ligne du chemin de fer de la|gan tomba; le canon du fusil se trouvait à deux pieds de

Yirgiiîie à la Géorgie par voie de Knoxville, et à dix-neuf 1 la poitrine de l'infortuné général quand le couj) avait été

milles du défilé Bull, où le général Gillem était posté avec tiré ; son corps et ses vêtements étaient noircis de poudre.

une brigade de cavalerie. Il est nécessaire d'entrer ici dans L'assassin descendit alors de cheval et jeta le cadavie de sa

tous les^détails des événements qui eurent lieu après har- ' ^'ictime entravers, sur le devrait de sa selle, remonta sur sa

rivée de Morgan à Greenville, car la manière dont cet ofti- 1 ™o"turc et s'élança par la ville, aux cris sauvages de: '^Yoici

~,.,^ ■ '4- '„->,.„'..;'„ ,iiffv,.^,T,,-.-,û.Tf „f i»^^-,,.^,-,,; 1 le voleur de chevaux." Uuelnucs officiers de l'état-maior de cier perdit la vie a ete appréciée dirîeiemment, et l ennemi | . . .

,, -, ,.-, •; r, , , . !,,., „,, ^^,^-,Ko+ 1,,^,,^ ^Morgan demandèrent enfin et obtinrent la ijei'mission de

a prétendu qu n avait ete lue dans un combat Jiono- ^ -^

.. [iiendre possession du corps. Us le trouvèrent étendu sur le

grand chemin, à un mille de l'endroit où le meurtre avait Morgan avait établi son (luartier-géneral chez Mme Wil- r, • . ^ n ^ . i i >•, ^

° i o , y|.^ commis, et tellement couvert de boue qu ils ne le re-

liams, à Greenville. Sa brigade venait d'être envoyée sur: , . t i n t -^ r - i •

' ° ' I connurent qu avec peine. La balle 1 avait frappée en pleine

le chemin conduisant à Rogersville, pour fourrager, et un ; . . . , - ., -,

° ^ ^ , poitrine a trois ou quatre pouces au-dessous du cou, et était

détachement de la cavalerie du Tennessee, fort de six cents s . i j? -, i ,

.1 sortie par la hanche. Le brave chef avait reçu la mort avec

hommes et commandé parle colonel Bradford, avait été'

posté sur le chemin du défilé 13ull pour surveiller les routes conduisant aux positions de l'ennemi. Le pays qui s'étend entre Greenville et le défilé est montagneux, sauvage et très stérile. Le général ^Morgan devait être trahi par ceux-là mêmes chez qui il s'était réfugié. A peine s'étaitil retiré pour prendre un peu de repos, qu'une parente de Mme Williams monta à cheval et se l'endit, sans qu'on l'ayerçut, près du commandant fédéral et l'informa du lieu de la retraite de Morgan. Gillem marcha imniédialemeiit avec ses troupes sur Greenville ; arrivé à envir.)» cinq milles de la place, il fit faire halte à ses hommes envoya un dota- rvichmond et Petersburg et méditant un mouvement ao-ressif

le courage oui l'avait signalé dans tant de rencontres, sans peur, sans tressaillement, et bien qu'il eut vu la pensée de l'assassinat lisiblement écrit dans les yeux de son lâche meurtrier. Il tomba sous la balle d'un traître en laissant à ses concitoyens un nouveau témoignage de la valeur de la chevalerie du Sud, et la mémoire d'une vie remplie d'événements audacieux et remarquables.

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