INVASION DE EARLY DANS LE MARYLAND
Nous avons laissé le général Lee couvrant efficacement
chement à travers les bois et tomba sur le flanc de la petite colonne de Bradford. Celui-ci fut chassé du poste qu'il occupé, et laissa le chemin libre à Gillem, Quatre compagnies du 1.3ème régiment de cavalerie du Tennessee (fédérale) s'avancèrent alors à l'attaque du village qui fut enlevé sans coup férir ; la maison de Mme Williams fut immédiatement entourée. Les officiers de l'état-major de Morgan, réveillés par trois ou quatre courriers arrivés en toute hâte au quartier-général, voulurent s'échapper, mais la maison était cernée et ils furent tous successivement capturés. Le général Morgan essaya de s'écSapper par le jardin, mais trouvant que cette issue était gardée, il se cacha dans les vignes. Il n'avait aucune arme sur lui, ayant remis un de ses pistolets au capitaine Rogers et l'autre à un second
sur la capitale fédérale. A peine la dôfiiite de Hanter futelle connue, que la rapidité de ce mouvement devint une nécessité impérieuse et qu'il fallut, sans perdre uu moment, lancer la colonne du général Early dans le Maryland. En dépit de la chaleur accablante, les trou2)es d'invasion s'avancèrent à raison de vingt milles par jour, et la nouvelle d'une maiche bien déterminée sur Washington arriva aux autorités fédérales au moment même où on croyait Grant vainqueur et chassant toute l'armée confédérée devant lui. Cette expédition hardie fut une des plus belles pages de l'histoire militaire de Lee, et montra que ce commandant était un des plus audacieux, aussi bien que des plus habiles généraux de l'époque. Cette opinion d'une certaine portion du pelade, qui ne voyait -en Lee qu'un chef prudent et circonspect,
HISTOIIIE DE LA GUEREE DES CONFÉDÉRÉS
mais dépourvu cVaudace, est l'une des appréciations les plus hasses et les jd^i^ erronées de son caractèiv, car on voit qu'au moment où Grant espérait l'écraser par la toute ]v.n.ssance du nombre, Lee osait détacher une partie considérable "de son armée pour menacer la capitale de l'ennemi. Tl ne lui restait à Petersburg que le corps de A. P. Hill, deux divisions de celui du général EAvell, et une division de Lono-street. Mais le général Lee avait calculé avec raison qu'iuie diversion sur Washington, jointe à la panique qu'elle occasionnerait, affiiiblirait Grant plus quo lui-même et produirait une impression de réaction sur l'i^sprit des populations du Nord, en ailectant fortement son moral et en le trompant au sujet (h^ l'étendue de ses ressources.
Grant se vit obligé d'envoyer des trou[)es ])our s'opposer à ce nouveau mouvement. Dans ce Imt, le sixième corps int l'ctiré des armées o[.érant C(mtre Piiehmond et envoyé, par la ])aie Oliesaiieahe, dans les travaux de défense de Washington, tandis qu'un ordre pressant enjoignait au p-énéral ITunter d'abandonner le bassin de l'Ohio et de se replier à l'est. Puis, au sixiéMue corps, vint s'ajoindre le dixneuvième, venu en toute h:Ue par mer du départ(^ment du Golfe aux lignes de la Virginie, et débarqué à liampton Koads. Les garnisons de Baltimore et de Washington étaient alors composées de régiments d'artillerie de siège, de soldats engagés pour cent jours, et de détachements des corps d'invalides. Le point critique de la situation était d'amasser les renforts des différents côtés avec toute la rapidité possible.
Le 3 juillet, Early, accompagné de la cav^alerie de Ranîson, passa le Potomac à Shepherdstown, tandis que le général V/eber, commandant à Harper's Feri-y, liuversait également la rivière, occupait l-Iagerstown et jetait une forte colonne dans la direction de Frederick City. Pendant ce temps, le général Lcvis Wallace, ce digne énuile de " Butler la brute" qui s'était rendu fameux à Jîaltimore })ar des actions d'une lâche térocité et par sa persécution des citoyens désarmés^ sortait de la ville avec ses troupes et celles de la division Rickett et })renait position au pont du Monocacy. ...