‹ La cause perdueChapitre 71 sur 85 · OULD, j\gent d'Echange · texte numérisé non relu

OULD, j\gent d'Echange

i >aus l'api-ès-njidi dti ;iO tioiit, le commissaire <Juld lut averti (pie le steamer parlementaire était re\eiiu a Varina. Le hmdemain, il envoya ;iu major jMullord la note suivante : ■ -

' i* uicn.MoxD, 31 août i8(;4.

An. iiid/or Jd/iii E. Mii'/onl, Ao'cni-asj'sld.iU d'ccliaiiy':

Monsieur, -- IjO lO de ce mois, je vous ai adressé une eouuuunieation a laquelle je n'ai reçu aucune réponse. Le 22 courant, j'ai également envoyé une communication au major-général l'I. A. 1!;tehcoei\, commissaire d'échange des lEtafs-Unis, renfermant une cojjio de ma lettre à vous adressée le 10 courant. Je viens aujourd'hui vous demander respectueusement d'établir i)ar écrit ce que vous avez a repondre aux dites communications, ou sinon, <iuell.s sont les raisons que vous allégué/, [(our l'abstention d'une réponse.

l'es[)eetueusement, votre obéissant serviteur,

R. OULD, Agent d'Echange.

Peu. de temps après, le commissaire Ould reçut la réponse suivante :

A BORD DU BATEAU FARLEMEKTAHiK " NkW-YoR!:,"

Varina (Virginie), 31 août 1864.

/ C/ioiwrablc JÙ Uiihl, Agent d'Er/tange.

I\Ionsieur, — J'ai l'hmiueur de vous accuser réception de votre lettre datée d'aujonrdliui, deuiandant réponse, etc. ... a votre communication du 10 courant, au sujet de l'échange des prisonniers. En réponse à votre lettre, je viens vous dire ijue je n'ai aucune communication de nos a,utoriteg à vous taire a ce uujet, et que je ne suis pas a,utori3e à y repondre moimême.

Je sut", etc., etc., JODN F. MULFORD, Agent- assistant d'échange.

Ce fut là toute la réponse des Fédéraux a la proposition htuiiaine de la Confédération, — mais ce fut la aussi l'indication brève de leur dessein cruel de laisser les prisonniers "pouri'ir" et mourir dans des prisons trop étroites, dans le ))ut uniqtu' de colorer leuis hisi'oires des cruautés "commist« par la Confédération du Sud^' L'offre du comniissaii'e Ould était d'une générosité extrême; il proposait, dans un moment oii l'eimcmi avait un surplus considérable de prisonniers, un échange d'olHcier [>our otlicier et de soldat pour soldat. Cet arrangement atirait laissé une forte balance de prisonniers entre les mains de l'ennemi. Mais cette offre libérale, dont l'acceptation eut instantanément rendu à la \\e et à la liberté des milliers de prisoimiers soulfrauts, ne fut pas même prise en considération à Washington, et on calcula brutalement que la délivrance d'un chillro quelconque des prisonniei's souffrants d'Andersonville et d'autres points, rendrait à l'armée confédérée un nombre égal de soldats valides et prêts à entrer en campagne, et couperait court a ce " chapitre d'horreur" dont . les autorités fédérales voulaient se prévaloir pour lancer leurs li]-)elles contre les " barbaries rebelles," car on avait résolu ;\ A\^ashington, de propos délibéré, de prendre texte des souftVances des prisonniers fédéraux pour porter do sauglanteç accusationr^ de cruauté contre les -'rebelles.'''

A uluijieuiis re[>iisc}^, il ;nait tUe iuinoncc que les moyens (le subsistance dans la Confédération étaient si amoindris, — et [>récisemeu( en raison de la politique adoptée par l'ennemi de détruire tous les approvisionnements partout où il pou^ait le faire, — tpie les soldats du Sud eux-mêmes étaient obligés de vivre avec un tiers de livre de viande et une livre de farine de mauvaise ([ualité par jour. Avec des rations ainsi réduites, les soldats confédérés étaient souvent exposés H iouLes les rigueurs de l'biver, sans souliers, sans tentes, sans cou \ tortures, sans capotes, et n'ayant sur eux que des vêtements dccliirés et usés. Dans de telles circonstances, il était im[)ossible de nourrir et d'entretenir d'une manière convenable les innnenses agglomérations d(^ pris(>nniers détonus à Andersonville, à Salisbury et d'autres places au sud de Eiclimond, ou l'exiguité des bâtiments convertis en prisons, l'accumulation du nombre et les fvrquents cliangements faits dans le but d'empeclier ioul. en- IcNoment des pi'isomiiers, ajoutaient encore aux suuilVances de ceux-ci et grossissaient le cbllfre des morts. Les ;:utorit's d3 "Washington i-efusèrent de contribuer aux tentatives laites pour alléger les soutFrances de ces mallieureux, et décrétèrent délibérément de refuser d'améliorer leur horrible condition, dont elles voulaient s'autoriser [)0ur donner au monde entier des preuves fausses, mais vraisemblables, des " barbaries l'ebelles."

Ce serait simplement faire une opposition déiib'.'rée à la. générosité des sentiments particuliers au Sud, surtout pendant la guerre, que de croii'e que ces soulfrances des prisonniers d'.Vndersonville eurent pour cause la négli srence ou moins encore une préméditation arrêtée du gou\ernement confédéré; qui n'aurait pas dénaturé la noble réputation (|ue lui et son peuple avaient acquise pendant les quatre années de la guerr(;, })ar des cruautés de ce geni'e. Le lieu désigne pour la détention des prisonniers, à Andersonville, sur 1(^ chemin de fer sud-occidental de laGéoi'gie, avait été choisi en vertu d'un ordre otîiciel conçu en ces termes : " Une localité saine, alxmdante en eau [)ure et bonne, située au bord d'une rivière et possédant, autant ([ue possible, des aibres donnant de l'ond^re et des mou }in« à farine dans son voisinage, sera le point (1(î détention." La pression était si tbrte à, Ivicbmoud, les approvisicjnnen.ients si rares, Vjue les piisunnirrs iVnent en\'o}es à Antlersonville avant même que les palissades de renceintc fussent à moitié leiininces. (Jiiand arriva, le juiunier convoi, il ne se trouvait aucune garnison coidêdérée à Amlersonville et la petite escouade ([ui avait; escorté les [)risoniners dut y séjourner ; à aucune époque la garde ne s'éleva audessus du chiffre de quinze cents hommes, pour veiller à la sécurité du camp, garder les j>risoimie]'s, faii-e toutes les corvées nécessaires, et maintenir la discipline dans une agglomération de plus de trente-quatre mille détenus.

Quant à la souftiance et à la mortalité des prisonniers à Andersonville, ni l'une ni l'antrp iVfiîi'f'nt pour cause l'in-

salubrité de la place. La nourriture, quoique entièrement semblable à celle que la Confédération donnait à ses propres soldats, et le pain,.f[iit avec de la farine de maïs, étaient différents des vivres auxquels les prisonniers avaient été accoutumés dans les rangs de l'armée fédérale, et un grand nombre d'entre eux ne purent s'y habituer. Le scoibut et la diarrhée firent, il est vrai, de grands ravages, mais on ne put attribuer aucun résultat funeste au prétendu '• système de famine ■' mis à exécution par les autorités confédérées. D'autre part, il est vrai que quelques prisonniers n'eurent pas toujours les rations régulières qui leur étaient allouées, mais la raison en est que la garde conf(> dérée chargée de régler la distribution des vivres était numériquement insutlisante, et l'on dut désigner certains prisonniers fédéraux pour surveiller cette distribution dans des escouades respectivement mises sous la direction de chacun d'eux. Chacpie fois que des plaintes étaient portées contre ces chefs, auxquids on donnait certains avantaires, on leur otait cette sorte d'autorité et on les remplaçait, de manière que la distribution i-('gulière des rations dépendait de la bonne foi des prisonniers eux-;nemes, qui avaient le choix de leurs pi'oprQS fourriers. Mais souvent les prisonniers vendaient leurs rations pour du whiskey et du tabac, et auraient même échangé leurs vêtements i>our l'un ou l'autre de ces articles.

Les règles sanitaires des prisons confédérées prescrivaient un mode d'assainissement et de propreté convenable; un canal jetait au dehors toutes les ordures et les résidus de la prison, mais on mo'prisa de la manière la plus abominable les règlements sanitaires et les prisonniers restèrent volontairement dans un état de malpropi-eté telle, que î^i un(i conspiration avait été méditée par un grand nombie des détenus pour augmenter les immondices et l'odeur dégoûtante de la prison, elle n'eut pas mieux réussi. En outre, il existait parmi eux un grand nombre d'atroces bandits qui, par leurs outrages, leurs vols, leurs coups et même leurs meurtres sur la personne de leurs compagnons d'infortune, causèrent, directement ou par contre-cou[), la mort ou un accroissement de souffrances inimaginables. H faut se rappeler que parmi ces trente-quatre mille prisonniers qui avaient enduré tous les maux de tant de champs de bataille et qui avaient été blessés, beaucoup d'entre eux étaient d'une constitution délicate ou d'habitudes éléî»'antes, et ([ue leur mise en contact avec de tels bandits, avec ces gens qui paraissaient se complaire dans une mal[)ropreté innnonde, ne pouvait que causer le dépérissement et la mort. Quand, en addition à ces circonstances malheureuses, les prisonniers acquirent la conviction que le département fédéral de la guerre, parfaitement au courant de ce qui se passait, les avait délibérément condamnés à rester daiis cetse situation pendant un temps indéfini, un sombre désespoir vint encore grossir la liste des causes déjà trop nombreuses do mortalité.

HISTOIKE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

Gomme salubrité, la position choisie, Aiidersonville, ne i iiiièie fois d'une manièj'c autorisée dans les présentes pages ;

laissait rien à désirer ; ses avantages sous ce rapport, étaient incontestables ; la ville était assez grande et l'eau assez abondante pour le nombre de prisonniers qui, d'abord, avait été destinés à y êti'C cantonnés. Ce nombre s'accrut d'une manière considérable ; d'autres points furent choisis et prépai'és avec toute la célérité possible. D'un autre enté, les latiinis, comme quantité et comme qualité, étaient entièrement semblables à celles données aux soldats confédérés ; la ]-areté des tentes, des vêtements, des médicaments ne se

il contient en lui-même des volumes de commentaires. Une question te présente maintenant: Qui est responsable des souffrances des malades, des blessés et des prisonnierp. d'AndersonviHe, depuis le mois d'août jusqu'en décembre 1SG4"? L'univers demandra avec Iioireur s'il est possible que les autorités du Nord aient hiissé des milliers cK' prisonniei's mourir dans d'étroites prisons, simplement pour baser un acte d'accusation contre le Sud, simplement j)oiii' colorer les récits romanesques de la captivité de ces ma b

faisait pas plus sentir à Andersonville que dans les camps 1 11^^^,.^^^^ i Ce simple Mt donne la trame de cette bistoire de notre armée ot si les règles de la discipline et les ordon- ! jg cruauté et d'infamie dont fit preuve le gouvernement de

AVashington à l'égard des prisonniers de guerre. Ainsi, pour noircir la l'éputation d'un ennemi honorable; pDiir faire un appel mélodraniatique aux sentinients d'himmuité du monde; pour assouvir une vengeance indigne, le secrétaire fédéral de la guerre, nouveau Molocli, n'hésita pas a laisser mourir des milliers de ses concitoyens, et à accuser de ces crimes ceux dont la mission s'était ))orin'>e à "■arder les victmies !

nances sanitaires de la prison dvctient été observées -par les 2')risonnîe7-3 eux-vièmcs, chacun d'eux aurait eu sa ration légulière et deux grandes causes de souffrances eussent été atténuées, sinon abolies entièrement : la malpropreté et les sévices exercés par certains prisonniers sur leurs compagnons. A })art les causes inévitables de maladies, ces deux plaies causèrent la grande masse des })rivations, des souffrances et de la mortalité chez les captifs d'AndersonviHe.

]\[ais l'histoire des efforts extraordinaires faits par les autorités confédérées pour alléger les souffrances des prisonniers d'AndersonviHe au moyen du ravivement du système d'échange, ne se borna point à la proposition du commissaire Ould citée plus haut, — proposition qui laissait pourtant un surplus considérable de prisonniers entre les mains des Fédéraux. Elle fut suivie par une seconde proposition plus libérale encore. Agissant d'après les instructions directes du secrétaire de la guerre, et voyant pleinement qu'on ne pouvait espérer la mise en exécution, partielle ou générale, du traité d'échange, le conmiissaire Ould, en 18G4, offrit au général IMulford, agent fédéral d't'change, de lui délivrer tous les prisonniers fédéraux, blessés ou malades, en nôtre possession, .vins Jattandcr tu ir- I II II)- ]( (libéra t'i un (V vil nombre égal de nos i)r'isonn/er.s. 11 infoi'ma aussi le général Mulford de la terrible mortalité qui i-égnait cbez les prisonniers fédéraux et lui demanda instamment de mettre toute la promptitude possible à envoyer les transports à l'embouchure de la rivière Savannali pour les ramener au Nord. Cette offre du commissaire Ould comprenait tous les blessés et malade» d'Andei'sonville et d'autres prisons du Sud et l'agent confédéré informa en outre le général Mulford, que si le chifiVe de ces blessés en malades n'atteignait pas dix ou quinze mille hommes, les autorités confédérées compléteraient le déficit en prisomiiers valides, dans le but de n'exposer le gouvernement fédéral à aucun mécompte dans l'envoi des transports. Cette offre, nous le répétons, fut faite dans Iti commencement du mois d'août de l'année 1864. Le général ^Mulford répondit au commissaiie Oûld qu'il l'aA^iit directement communiquée à son gouvernement, et cependant celui-ci n'en |:>rit jamais avantage.

Le comiuissaii'c ( )uld voulait laisser subsister son offre d'arrangement et délivrer aux autorités fédérales de t^^mp» à auti'e tous leurs blessés et les malades, spécialement f[uand les vicissitudes de la gueri-eeni[iêcheraientles Confédérés de veiller à leur bien-être. Pour montrer combien était honnête et sincère la proposition (ju'il fit .à Mulford, il lui délivra, ([uand les transports fédéraux arrivèrent, à (,'barleston et à Savannali, treize mille hommes, dont une grande partie étaient en lionne santé, et se tint pi et .'1 lui en remettre autant que les transpoi'ts pourraient en emmener, et cela, malgi'é toutes les diHicultés du moment. sous la pression de la mai'che do Slierimm à travers la (iéorgie, et ijuand dans la (Jonfédéi'.ûinn on ne pouvait agir que par expédient.

C^uand les affaii'cs lelativ'cs à l\'elia,ng<' (\r.p. pi'isonnier?. passèient du Cdiilrèle du secrétaire Htaunt(vn,~qui s'était montré l'adversaire de tous les aiguraents de justice invoqués ])ar M. Ould, cl était resté sourd à tous ses appels, — sous Celui <lu î'énéral (irant, b^ commissaire Ould voulut prtiiiter de cette occasion ])our faire un dernier effort. Le 11 février bSO"), il privposa au p;énéral (^raut de délivrer immédiatement tous les jirifiOnnieis retenus en captivité dans la Confédération, sur la simple promesse de lui qu'un nombre égal de ]irisonniers confédérés seraient libérés dans un laps de temps raisonrinble. Cette proposition fut acceptée et foute l'énergie et Tactivité |)ossible furent employées ;\ envoyer immédiatement tous les prisonniers tédéranx à Wilmington, à la rivière dam.f^s et h d'autres i^oints ; en très peu de temps tous les prisonniers détenus en Virginie et dans les deux Carolines furent expédiés à la côte, mais la présence de l'ennemi, et la rupture de nos communications empêchèrent l'envoi aussi immédiat des prisonniers captifs dans.

Ce fait important et intéressant est publié pour la pre~; l'intérieur de la Confédération. On expédia cependant des

ordres et des messages à cet effet en Géorgie, dans l'AUi- ])iirna et daus le Trans-Mississipi. Un nombre fixé de prisonniers, cinq mille par semaine, fut envoyé périodiquement à Richmond jusqu'au moment où les péri[)ôties de la g-uerre arrêtèrent toutes ees opérations et empêchèrent même toute régularisation des comptes, — régularisation qui ne fut jamais faite.

Cette thèse générale de la condition et du traitement des ■prisonniers pendant la guerre, par l'un et l'aulre des belligérants, est ti'aitée eom]-)lètement dans cette histori|ue de La question d'échange. Mais dans le but de léguer à la postérité un document irrécusable l'olatif à cette question si profondément intéressante, le commissaire Ould demanda et o];tiiit la formation d'un comité des deux chambres du Congrès, pour recneillirles témoignages des prisonniers retournés, relativement à la manière dont ils avaient été traités par l'ennenai. Ce comité s'assembla et recueillit un grand nombre de témoignages ; malbeureusement ses ])apiers furent dévorés |;)ar le feu. Mais en février 1865, il avait publié un rapjM^rt, dont on a pu garder copie. Ce doeuniput doit être lu avee soin ; la narration est aussi ju-écise.et condensée que ]~)osBi))le. En voiei le texte complet :

Rapport (lu Comiié uni des (leu.v rliamhres du Coiigrox confédéré, uoirnrié pour l'eiiquéte de la corid/tiori d du. truitcmeril des prisonniers de gi'ene.

'' Les devoii's imposés au comité, en vertu des diverses résolutions adoptées pai- le Cmigrès à son égard, sont : "de faire une enquête et un l'apport sur la condition et le traitement des prisonniers de guerre l'espectivement retenus en captivité ])ar les gouvernements des Etats CJonfédéi-és et des Etais- Qnis, et sur les causes de détention et les ol>stacîes opposés ;\ leur échange, et aussi de ]'a])porter les violations des régies de la guerre civilisée faites par l'ennemi dans la conduite de la présente guerre." (Jes sujets sont d'une grande importance et d'une grande extension ; pour les traiter et les présenter complètement, le comité propose de continuer ses travaux en recueillant des preuves, et en en déduisant un rapport véridiqne des faits dans quel esprit la guerre a été conduite.

"Mais nous ci-oyons maintenant qu'il est bon de fiire un rapport préliminaii'e, f(n'idé sur des ténnoignages évidents récemment recu.eillis, <et relatif au ti'aitemcnt des prisonniers de guern; parles deux belligérants. Ce rapport acquiert une importance spéciale, en raison des efforts persistants faits dans ces derniers temps [)ai'le gouvernement des Etats- Unis, et par des associations ou des individus en i-elation ou en coopération avec le dit gouvernement, pour ternir l'honneur des autoiités confédérées et les accuser de cruauté délibérée et inflexible envers les prisonniers de guerre. Deux publications ont été mises en circulation au Xord l'aiinée dernière, et ont été lues, non-seulement dans les Etats-Unis, mais aussi dans quelques parties du Sud et en Europe. L'une d'el1(^s est le rapport du comité choisi par les deux chambres du Congrès du Nord pour les affaires relatives à la guerre, et est connue sous le nom de "Rapport No, 67. "

L'autre est une prétendue " Nai'i';ition den privations et souffrances des ofhciers et soldats des Etats-Unis prisonniers de guerre, " et elle est publiée avec qualité de rapport d'une commission d'enquête déléguée par la " Commissioir sanitaire des Etats-Unis." ^

'•' Cette eonimission se compose de Valentine Mott, D. M.; Edward Delafield, D. M. ; gouverneur ]\îorris AVilkins, Ellerslie Wallace, D. M.; honorable J. J. Clarke ITare et révérend Treadwell Walden. Quoique ces personnes n'aient pas une importance publique assez grande poui- donner quelque poids à cette publication, votre comité croit ccpei;dant convenable d'en faire mention comme se rattacliant au "Rapport no. 67" ci-dessus mentionné, attendu que la commission sanitaire a ao'i, dans une e'rande mesure, sous le contrôle et par l'autorité du gouvernement des Etats-Unis, et |)ai'ce que cette commission ])i'étend baser ses rapporis sur des preuves évidentes, prises d'une manière solennelle.

"Celui (jui lit c<jnsciencieu.sement ces publications ne peut manquer de découvrir que leur contenu, qu'il soit vrai ou taux, n'est pas conçu dans un esprit de conciliation ni destiné à adoucir les sentiments qui divisent les deux p)arties hostiles. Ces relevés n'ont pas été fiits dans le ])nt Lnmani taire d'améliorer la condition des malheureux pi'isoniiiers retenus en. captivité, mais plutôt pour excitHr les mauvaises passions de la population du. Koi'd, pour maintenir chez elle les sentiments de haine; pour i-ejjrésenter le Rnd coir.rne agissant sous l'empire d'un es])rit de ci'uauté, d'iiihiimpinilé et de méchanceté int.éressée,et ])Our avilir ainsi son ]-»eu[ih.' au.x yeux de tous ceux qui liront ces publications, — qui sont justement regardées par l'honorable .lames M. Watson comme appartenant ;\ cette école de littérature nommée '^ snisedionnelley Ce genre de littériitni'c^ qui jicndant si longtemps a prévalu dans le Noi'd chez les jonrnalisles et les romanciers, s'est graduellement étendu, et est maintenant devenu le mode favori des ])rofesseui's, des médecins, d(^s juges, des ecclésiastiques et il est employé d(^ préiérence dans les raj^ports des comités au Congrès.

" Rien ne peut mieux établir cette vérité que le "Rap- ]>ort No. 67" et ses appendices. Ce rapport est accompagné de huit dessins ou photograpliies, prétendant re]:)résenter les prisonniers de guerre fédéraux revenus de Riclunond, et rédirits à un état pitoyable d'affaiblissement et d'exténuation. Voti-e comité reviendra plus loin sur les circonstanciis particulièi-es de ce cas ; il ne les cite maintenant que poiu' montrer à quel point ce rapport appartient à cette littéi-aturc "à sensation" et comment,- de prime abord, on jieut le classer au l'ang de ces publications à couvertures coloriées et à récits mélodramatiques qui encombrent les étalages de-; libraires du Nord.

" La tendance et l'esprit de'ce rapport peuvent être appréciés par l'extrait suivant : — " L'évidence prouve, au delà de tout doute, une détermination prise par les autorités relielles, et mise en pratique depuis longtempis d'une manière délibérée et persistante, - de soumettre ceux de nos

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFEDERES

humainement désirer; que leurs cours étaient aérées et propres ; leur nourriture aussi bonne qu'il était possible de leur procurer, et, au résumé, qu'il n'était fait aucune distinction entre leur traitement et celui de nos propres blessés et malades. De plus, il est prouvé qu'il a toujours été d'usage de donner aux prisonniers malades, en dehors des fonds alloués pour les hôpitaux, des aliments délicats, du beurre, du lait, des œufs, du thé et autres friandises, suivant la condition du malade. Ceci est prouvé par le témoignage de E. P. Dalrjmple, de New Yoilc. de George Henry Brown, de la Peni^sylvanie, et de Ereeman B. Teague, de New Hampshire, dont les dépositions sont jointes au présent ra2'>port.

" Ces attentions humaines et généreuses n'avciient pas cours dans les hôpitaux des Etats-Unis de l'ile Johnson, où les ofiiciers confédérés blessés et malades étaient tenus en captivité. Le colonel J. H. Hoin^ian donne le témoignage suivant : "Les autorités fédérales ne fournissaient pas aux prisonniers malades la nourriture et les autres articles prescrits par leurs propres médecins. Tout ce qu'elles permettaient, était de laisser les prisonniers acheter les vivres ou les stimulants dont ils avaient besoin ; ceux qui n'avaient pas d'argent devaient s'en passer. Je sais cela d'autant mieux que j'ai moi-même été malade à l'hôpital et qu.'il me fallait acheter telles choses que les œufs, le lait, la fai'ine, les volailles et le beurre que leurs propres médecins m'avaient prescrits. Je sais aussi que tel était généralement le cas, car nous avions dû fciire entre nous une cotisation et recueillir une somnre destinée à aider ceux c|ui se trouvaient sans argent. " Ce témoignage est confirmé par celui de l'aide-chirurgien John J. Miller qui a été .pendant plus de huit mois à l'ile Johnson. Quand on considère à quel prix élevé étaient estimés à Eichmond des articles tels que les œufs, le beurre et le lait, et combien ils étaient abondants et à bas prix au Nord, le contraste résultant de cette comparaison ne laisse pas que de jeter quelque honte sur la " commission sanitaire " et d'humilier l'orgueil vaniteux avec lequel elle parle de l'humanitô "'supérieure" de l'adininistration des prisons et hôpitaux du Nord.

"Votre comité va maintenant envisager les autres accusations contenues dans cette publication. Il est dit c|ue les prisonniers fédéraux étaient ordinairement dépouillés do leur couvertures et d'autres effets, au moment de leur capture. C2,u'un tel pillage ait été commis sur le champ de bataille, après l'excitation du combat, c'est ce que votre comité ne peut affirmer ou nier. Mais il est assuré qu'un tel pillage n'a jamais été autorisé par les généraux confédérés, et qu'on ne peut comparer ces abus possibles à la destruction et au vol sur une grande échelle auxquels se sont livrées les armées fédérales, dans les parties de notre territoire occupées par elles. Il est certain qu'aucun pillage de ce genre n'a été permis après que les prisonniers fédéraux furent incarcérés au Libby ou dans d'autres

prisons de Ricinnond. Les seuls articles regardés comme munitions de guerre leur ont été enlevés.

" L'accusation subsécpiente est que la garde confédérée chargée de la surveillance de la prison Libby avait contracté l'habitude inhumaine et barbare de tirer sur les prisonniers sous les pi'étextes les plus frivoles, et que les otliciers confédérés, loin de les réprimander ou de défendre de tels actes les encoui-ageaient plutôt et en faisait un sujet do remarques à propos de leur adresse. Cette accusation est entièrement fausse et dénuée de fondement. Les règles de la prison, anriexées à la disposition du major Thomas P. Turner, portent expressément "qu'une sentinelle ou tout autre pei'sonne ne pourra faire feu sur les prisonniers qu'en cas de révolte ou de tentative d'évasion," Cinq ou six fois il est ari'ivé cpie l'on a tiré sur les prisonniers et que quelques uns ont été tués ou blessés; mais chacun de ces cas a fait l'objet d'une investigation soigneuse et d'un rapport. Comme pendant à cette accusation, votre comité rapporte que ce fait de tirer sur les prisonniers a été excessivement fréquent dans les prisons du Nord et que les gardes fédérales ont donné une extension, brutale et atroce à ces actes. Les témoignaçces de C. C. llerrington, AYm. F. Gordon Jr, J. B. Mac Creary, docteur James P. HoUoway et John P. Fennell le démontient. Au Ibi't Delaware, les règlements cruels établis pour l'usage des communs, ont donné un prétexte au meurtre de plusieurs de nos otliciers et soldats, — parmi lesquels nous citerons le lieutenant-colonel Jones, qui était blessé et malade et qu'une sentinelle fédérale tua pendant qu'il cherchait à lui expliquer son état. Non seulement le meurtrier ne fut pas puni, mais une promotion le récompensa, de cet acte barbare. Au camp Douglas, on rapporte qu'il y a eu jusqu'à, dix-liuit pi'isonniers tués par la garde fédérale pendant un seul mois. Aux yeux de tout observateur consciencieux, ces faits amènent cà la conclusion cjue c'est le Nord et non le Sud qui tombe sous le coup de cette accusation d'avoir volontairement et de propos délibéré tué les prisonniers commis à sa garde.

"L'accusation qui suit est que les prisonniers de Libby et de Belle Isle étaient habituellement tenus dans la plus grande malpropreté et qu'on empêchait les officiers et les soldats de se tenir assez proprement pour éviter la vermine et autres désagrénfents du même genre. Il est des preuves qui annulent ces charges. Les dépositions du major Turner, du lieutenant Bossieux, du révérend docteur Mac Cabe et d'autres, établissent que ces prisona étaient constamment" tenues propres; (pie dans la prison Libby il y avait toujours un ample approvisionnement d'eau, conduit à tous les étages du bâtiment par des tuj^aux disposés à cet effet, non seulement on ne restreignait nullement l'usage de cette eau, mais on obligeait au contraire les prisonniers à s'en servir. A Belle Isle, l'accroissement soudain du nombre des prisonniers a, il est vrai, interrompu pendant une

courte période de temps, — trois semaines, — l'exécution de cette mesure, mais on la remit en vigueur bientôt après, et en tout temps, on foui'nit aux prisonniers assez d'eau ponr leurs besoins et pour leur blanchissage. Sans doute, malgré toutes ces sollicitudes, il est arrivé que des prisonniers restaient excessivement malpropres, mais ceci était le résultat de leurs habitudes et non de la prétendue négligence dans la discipline et les ai-rangements de la prison. Le général fédéral Xeal Dow a bien apprécié le caractère et les habitudes de ces prisonniers, (^uand il fut chargé de leur distribuer des vêtements, il put se convaincre des i2;nobles habitudes de ces hommes et il dit ù un officier confédéré de garde "Vous avez ici les vel.)uts et lesiuuuuiidices de l'Europe." Que de tels individus se soient montrés si malpropres, il n'y a là rien d'étonnant.

"Vient ensuite l'accusation de ne pas avoir délivré aux prisonniers fédéraux les caisses de provisions et de vêtements à eux envoyées du Nord, et l'imputation, aux autorités confédérées^ d'avoir permis le vol et le pillage de ces objets. Votre comité possède les preuves convaincantes de

sans aucun doute reçue par lui, ayant été envoyée sous drapeau parlementaire. Cependant, les scrupuleux et honnêtes membres de cette commission ont jugé qu'il n'était pas convenable qu'un tel témoignage fut inséré dans leur publication. S'ils a,vaient réellement cherché la vérité, cette lettre les eut puissamment aidés à la trouver.

" Votre comité va maitenant s'occuper de cette accusation porté contre les autorités confédérées ; d'avoir creusé une mine sous la prison Libby et d'y avoir placé une forte quantité de poudre à canon pour être constamment prêtes à faire sauter le bâtiment et ses occupants, dans le cas où une tentative serait faite par leurs partisans })our les faire échapper. Après s'être assuré de tous les faits relatifs à ce sujet, votre comité assure que ces dispositions ont été prises sous l'empire de circonstances particulières et qu'elles ne pourront qu'être pleinement approuvées par tous ceux chez qui res])rit de parti n'a pas éteint le discernement de la vérité. Ces circonstances étaient tont-à-f;iit extraordinaires et sans précédent dans l'histoire; on doit juger les faits d'après les motifs qrù les ont rendu nécessaires et par les résultats accomplis. Un })arti considérable de maraudeurs

l'entière fausseté de tous les points de cette accusation. ! ,^,,,,^ijg^^,g^ ^^,^,.3 I,, ,ommandement d'un colonel Dahlgren, Pendant une période d'environ un mois, il y eut une inter- 1 ^^^^,^,,,^..^^^-^ ^^^ Richmond. Il était prouvé, d'après les^rapraption dans la remise des caisses, causée par le rap]H)rt I ^^^..^^ ^^.^ prisonniers capturés de cette bande, et par d'auque les autorités fédérales défendaient, de leur coté, de re- , ^..^^ -^^^^y^^^^ évidents, que le but de ces hommes était mettre aux prisonniers confédérés les objets à eux envoyés. ! ^v^^^^^.^.^. j.^,^^ Ridimond, de mettre le feu aux bâtiments mais les caisses en litige furent gardées en dépêt, et remises ^^^^^^-^g ^^ paiticuliers, - et dans ce but, ils avaient préparé

plus tard aux prisonniers. Pendant longtemps on ne cherelia point à connaître le contenu des caisses envoyées par le " Comité Sanitaire " aux prisonniers de Thôpital, mais on sut, par une lettre interceptée, que dans ces caisses on avait envoyé de l'argent destiné à corrompre les gardiens de la prison et à faciliter les chances d'évasion. On jugea alors nécessaire de fouiller ces caisses, ce qui causa chaque fois nn certain délai. Votre comité peut assurer que si ces caisses ou leur contenu ont été volés, la faute n'en est pas aux officiers de la prison. Mais, sans aucun doute, des vols furent souvent commis par les iirisonniers eux-mêmes, qui avaient charge, entre eux, de la répartition des objets envoyés. Malgré ce prétendu pillage, les approvisionnements envoyés et reçus ont été assez nombreux pour garnir si bien les quartiers des détenus, que, au dire d'un témoin oculaire, " ces prisons ressemblaient ])arfoi6 à de grands magasins d'épicerie."

'' Pielativement à cet'.e question, votre comité en réfère au témoignage d'un ofticier fédéral, le colonel James M. Sanderson, dont la lettre est annexée à la déposition du major Turner. Il atteste la remise pleine et entière aux prisonniers fédéraux des vêtements et des a})provisionnements à cax envoyés du Nord, et rend hommage à l'humanité et à la courtoisie des officiers confédérés, — en mentionnant spécialement le lieutenant Bossieux, commandant à Belle

un grand nombre de balles de thérébentin", — de mettre à mort le président des Etats confédérés et d'autres citoyens éminents ; de relâcher les prisonniers de guerre, au nombre de cinq ou six mille, de les armer et de livrer ensuite la ville au pillage, au meurtre et à l'incendie. A la même époque on découvrit une conspiration faite parmi les prisonniers pour coopérer à ce plan ; un grand nombre de couteaux et de petites massues (formées de pierres entassées dans des bas de l'aine) étaient cachés dans plusieurs coins de la prison. Pour anéantir un i)lan si infernal, les moyens les plus prompts et les plus efficaces étaient évidemment ' aussi les plus justifiables. S'il était du droit des gardiens confédérés de tuer tout prisonnier tentant de s'échapper dans de telles circonstances, il est logiquement certain qu'il était également de leur droit de tuer n'importe quel nombre de ceux qui voudraient essayer les chances de l'évasion. Mais les moyens que l'on adopta furent des plus humains et on se borna à prévenir l'exécution du projet, au lieu d"en punir les auteurs. Les autorités confédérées se sentaient assez fortes pour repousser Dahlgren et sa troupe, si toutefois elles réussissaient à empêcher l'évasion des prisonniers qui devaient les aider.

"Le but réel de cette mesure fut donc de sauver la vie des prisonniers aussi bien que celle de nos concitoyens. La garde de la prison était faible, et toutes les milices locales

Ile. La lettre du colonel Sanderson était adressée au prési- [ de Pichraoud et des environs s'étaient levées pour confron- (knt de la Corami.ssion Sanitaire des Etats-Unis, et elle fut ter l'attaque de Dalilgren.* Si les prisonniers s'étaient

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

soldats qui ont eu le malheur de tomber entre leurs mains à un système de traitement dont le résultat a été de réduire ceux qui lui ont survécu et qui nous ont été retournés, à un état de souffrances j^^)liysiques et mentales que le langage dont nous nous servons ne peut iiJèlemenfc décrire." — Rajiport, page 1. — Et ce rapport cite aussi une lettre de Edwin M. Staunton, secrétaire fédéral de la guerre, dont voici un })assage : ■' L'énormité du crime commis par les rebelles envers nos prisonniers, pendant ces derniers mois, n'est pas connue ni sou})çonnce par notre peuple, et ne peut que remplir d'horreur le nnnde civilisé, quand les faits seront pleinement révélés. Les rebelles paraissent avoir adopté un système délibéré de traitement sauvage et barbare et de rédaction par la lamine, — dont les résultats sont que, bien peu (s'il en est) des prisonniers ayant été entre leuis mains pendant l'hiver deraiei-, ne seront jamais en état de rendre aucun service, ou mé;ae de jouir de la vie." — Rap})ort, page 4.— La Commission Sanitaire, dans son pamphkt, api es avoir décrit maintes scènes de privations et de souffrances et porté un grand nombre d'accusations de cruauté contre les autorités confédérées, déclare que : "^^ Cette conclusion est par conséquent inévitable: que ces souffrances et ces privations ont été infligées à dessein par les autorités militaires et autres du gouvernement rebelle, et ne doivent jias êtie attribuées Ti des causes que les dites autorités fussent incapables de contrôler." — Page 95

"Après avoir examiné ces publications, voti'e comité va discuter le sujet à lui soumis avec le désir le plus sincère de découvrir la vérité. Si son investigation a pour résultat de prouver que ces accusations, — ou l'une d'entre elles, — sont fondées, le Comité désire, et recommande autant qu'il est en son pouvoir, et dans la mesure de l'influence qu'il peut exercer sur sur les décisions du Congrès, de remédier aux maux dont on se plaint et de se conformer aux règles les plus humaines de la civilisation. Si ces accusations'sont fausses et non fondées, il croit que c'est pour lui un devoir sacré, de présenter sans délai au Congrès confédéré, au peuple et au monde éclairé, une justification de son pays et de disculper ses autorités des calomnies injurieuses lancées contre elles par ses ennemis. Daus ce but, nous avons examiné un nombre considérable de faits relatifs au mode de traitement des prisonniers. Nous avons cherché à obtenir des témoignages des personnes que leurs relations ou leurs devoirs officiels ont rendu flimilières avec ce sujet, et dont le caractère inspii-e toute confiance. Nous n'avons pas hésité à écouter les prisonniers de guerre fédéraux sur des points et des faits à leur connaissance spéciale. Nous présentons maintenant les témoignages l'ecueillis par nous et nous soumettons un rapport de faits et de considérations loyalement déduites de l'évidence, basé sur des assertions admises par nos ennemis eux-mêmes, et sur des documents [)ubl!cs d'une autorité incontestée.

'•• D'abord, votre comité discutera l'accusation fbrnuilée à la fois par le " Rapport n. 67'" et par la publication "sani-

taire," et fondée sur l'apparence et la condition des prison-niers malades envoyés de Richmond à Annapolis et à Baltimore vers la fm d'avril 1864. Ce sont ces hommes dont le& physionomies ont été reproduites par les photographiesillustrant les rapports du comité congressionnel des Etat&- Unis chargé de faire l'enquôte au sujet des prisonnière. Cette tentative artificieuse est faite dans chacune de ces publications pour produire l'impression que ces hommes malades et amaigris sont des spécimens fidèles de l'état général des prisonniers retenus au Sud, et que tous les hommes retenus en captivité par les Confédérés anivaient l'apidement au même degré d'affaiblissement par les privations^ la cruauté, la négligence, le mauvais traitement des Confédérés, et leur refus de pourvoir les hôpitaux des aliments^ 'stimulants et médicaments convenables. Votre comité est heureux de déclai-er que non-seulement ces accusations sont entièrement fausses, mais qu'au contraire, il est de toute évidence que les luqutaux confédérés où les prisonniers de guerre du Nord ont été traités font grand honneur aux autorités qui les ont élevés et aux médecins et aux aides qui les ont dirigés avec tant d'iiumanité. Les faits se réduisent à ceci :* /

" Les autorités fédérales, en vii)lation du cartel, après avoir pendant longtemps refusé d'échanger les prisonnier&v ont finalement consenti à un échange partiel des blessés et des malades d'une et d'autre part. Conséquemment, un certain nombre de tels prisonniers ont été envoyés des hôpitaux de Richmond. Des ordres généraux avaient été donnés pour l'envoi de ceux-là seulement dont les fatigues dn changement et du vovage ne mettaient pas l'existence en péril ; mais, dans certains cis, les officiers de santé furent conduits à se départir de cette règle par les supplications de quelques officiers et soldats arrivés à la dernière période de l'affaiblissement, et souffrant non-seulement de leur débilité excessive, mais aussi de la nostalgie ou "maladie du pays'""; la condition de ces hommes était regardée comme désespérée ; ils étaient irrévocablement condamnés s'ils restaient plus longtemps en prison et })ouvaient peutêtre revenir à la vie par le renvoi dans leurs foyers. Ce fut ainsi, et pour des raisons d'humanité, qu'il arriva que quelques hommes très malades et excessivement affaiblis furent expédiés sur Annapolis; mais leiu' maladie ne résultait pas de mauvais traitement ou de négligence. De tels cas se rencontrent dans tous les hôpitaux, au Nord comme au Sud, et peuvent même exister dans l'intérieur des familles, où ug. homme souftYant de la nostalgie est environné de tous les soins et de tout le bien-êti'C d'une sollicitude aimante. Et ce})eudant le comité fédéral s'est autorisé de ces circonstances exceptionnelles jiour faii-e parade, avec une hideuse indécence, des tableaux et des iihotograpliies de ces nicllades. Les meuibres de ce comité ont [iris leurs pi-o])res soldats^ malades et affail'lis, les ont dépouillés de leurs vêtements^, les ont exposés devant un appareil de daguei'reotypie, ont pris soin de faire ressortir leurs nieml;res contractés, et fout

cela, non pas dar.s le but d'alléger les souffrances de ces malheureux, mais peur donner un apiuu à leurs accusations fausses et calomniatrices contre le '6wl.

'^ Il est démonti'é à l'évidence que les souifranccs de ces prisonniers fédéraux ne proviennent nullement du mauvais traitement ou de la négligence. Les témoignages des cldrurgiens Semple et Spence, des aides Tinsley, Maniott et Miller, et des prisonniers fédéraux E. P. Dalrymple, George Henry Bro^vn et Ereeman B. Teague, établissent l'évidence de ce fait dans l'esprit de tout honnête homme. Mais en réfutant cette accusation, votre comité est forcé, par contre coup, de retourner contre les autorités nordistes une accusation qui, il le craint, ne sera pas si aisément coinbattue. Par l'échano-e, un nombre de prisonniers confédérés blessés et malades ont été, à différents intervalles, délivrés à Ilichmond et à Savannah. La mortalité qui a sévi paimi eux pendant la traversée et l'état oi\ ils se trouvaient quand ils ont été remis entre nos mains justifient cette accusation de mauvais traitement et de négligence inhumaine portée maintenant contre les autorités du Kord.

" L'aide-chirurgien Tinsley témoigne : " J'ai vu un grand nombre de nos prisonniers revenus du iNord n'ayant plus que la peau et les os. Us étaient si amaigris que l'on pouvait croire que la vie allait leur échapper, et les pliotograpliies adjointes au " Rapport no. G7 " ne seraient pas une représentation exagérée de l'apparence des prisonniers dont ie parle. J'ai vu deux cent cinquante de nos malades amenés ■en litière du steamer à Rochett's ; treize cadavres furent clôbarqués du steamer pendant la nuit, et au moins trente de ces prisonniers moururent pendant la nuit qui suivit leur débarquement. '"'

" Le chiruro-ien Spencer témoigne : " J'étais à Savannah et je fus témoin de la réception de plus de trois mille prisonniers. La liste du bord montrait qu'un grand nombre d'entre eux étaient morts dans le trajet de Baltimore à Savannah. Le nombre envoyé aux prisons fédérales était de trois milles cinq cent, et de ce nombre on ne nous en délivra miQ trois mille vingt-huit, si mes souvenirs sont justes ; le capitaine Hatch peut vous en donner le chiffre exact. Ainsi, environ quatre cent soixante- douze étaient morts pendant la traversée. On m'assura que soixante-sept cadavres avaient •été retirés d'un train de wagons entre Elmira et Baltimore. Arrivés à Savannah, les survivants reçurent tous les soins possibles, et cependant un certain nombre d'entre eux moururent quelques jours après." . . .' . '■' En comprenant l'échange des invalides, des malades et des blessés, nous avons délivré à Charleston et à Savannah environ onze mille prisonniers fédéraux et leur condition physique contraste de la manière la plus favorable avec celle de nos prisonniers reçus en échan'-^'C, bien que portant la mort ait enlevé tous ceux qui se trouvaient les plus affaiblis, pendant le voyage de la prison fédérale à Savannah. " .

" Richard H. Dibrell, négociant de Eichmond et membre ■de ce ''Comité d'ambulances" dont les efforts pour alléger les

souffrances des blessés ont été si appréciés par les soldats confédérés, ainsi que par ceux du Nord, — donne le témoignage suivant au sujet des blessés et des malades confédérés ramenés à Savannah, des prisons et des hôpitaux du Nord : "Je n'ai jamais vu d'iiommes dans une situation aussi pitoyable. Us étaient si affaiblis et si amaigris, que nous étions obligés de les porter comme des enfants; un grand nombre d'entre eux étaient réellement des squelettes vivants. ' Ux se trouvait parmi eux un pauvre jeune homme d'environ dix-sept ans, qui avait bien l'apparence la plus déplorable et la plus maladive que j'ai jamais vue; il n'avait absolument que la peau et les os, et son corps était littéralement couvert do vermine. Il moiu'ut à l'hôpital quelques jours après y avoir été transporté, malgré la sollicitude qui l'entourait, le traitement le plus aftectueux et une nourriture choisie de la manière la plus judicieuse. Nos hommes se trouvaient dans une si triste condition que, pendant le trajet de dix milles des transjiorts à la ville, cinq d'entre eux moururent! Les vêtements des soldats n'étaient plus qu'un

amas informe de liaillons infects." "La mortalité

dans le passage du Marjdand à Savannah avait été très considérable, aussi bien que celle survenue dans le trajet des prisons au port de départ. Je ne puis eu fixer le chiffre exact, mais je crois avoir entendu dire que sur trois mille cinq cents prisonniers partis, il n'en était arrivés vivants que trois mille vingt-sept.". ..." J'ai vu les photographies accompagnant le "Rapport n. G7 '•' du Comité désigné j)ar le Congrès fédéral, et je n'hésite pas à dire que plusieurs de nos hommes se trouvaient dans des conditions d'affaiblissement et de maladie pires que celles des personnes représentées par ces photographies."

" Le témoignage de M. Dibrell est confirmé par celui de Andrew Johnstor, aussi négociant de Richmond et membre du "comité des ambulances. "

" Ains^ on voit que ces prisonniers fédéraux malades et blessés renvoyés à Annapolis, dont la condition avait fait le sujet de tant de déclarations et de protestations au Congrès nordiste, n'étaient pas dans une condition pire que les prisonniers confédérés revenus des hôpitaux et des prisons du Nord ; ceux là que la " commission sanitaire des Etats- Unis " se plaisait à proclamer bien haut avoir traités avec humanité et par une méthode administrative supérieure !

"' Relativement à ce sujet, votre comité est heureux de vous citer les faits réels prouvés par ses investigations de la condition des hôpitaux confédérés où ont été traités les prisonniers malades et blessés de l'armée fédérale. Les membres du comité ont fait un examen personnel et ont recueilli des preuves, spécialement au sujet de "' l'hôpital No. 21 " à, Richmond, parce que cet hôpital est l'objet d'accusations particulières dans la publication de la " commission sanitaire. " Il a été prouvé non-seulement par les témoignages des médecins et de leurs aides, mais aussi par des prisonniers fédéraux, que le traitement des prisonniers du Nord dans les hôpitaux confédérés était tout ce que l'on pouvait

ècliappéSj femmcSj oiifaiitSj })roprîcté,s, tout eût été à la j trcticu, îiu loi^-ciuent et i\ la i.KrurriLiii'cdesditspnbOïmîeiîD; et merci Je cinq mille baiidîts. L'lnimaui(ê requérait doue | que les rations douuées à ces prisonniers seraient les mêmes, que les mesures les plus sommaires fusstuit employées pour arrêter au début toute tentative d'évasion.

'•' Une mine fut creusée suus la })rison Libby ; une quantité suffisante de })Oudrc à canon fut placée dans cette mine et on informa les prisonniers que toute tentative d'évasion fjiite par eux serait bientôt mise à néant. Ce plan réussit parfaitement; les prisonniers furent effrayés et se tinrent tranquilles. Dalilgreu et sa trou[»e furent battus et dispersés, et une fois le danger passé, la })()udre fut ûtée de la mine. Tels sont les faits. Votre comité n'hésite pas à les faire connaître, certain que la conscience de l'univers éclairé et la grande loi de la prései'vation de soi-même justiticront tout ce qui a été f lit par notre pays et ses ofiiciers.

comme quantité et comme qualité, que celles données aux soldats enrôlés de l'armée do la Confédération."' Telles furent les intentions et la ligne de conduite du gouvernement confédérés vis-à-vis des prisonniers de guerre ; au milieu de toutes les privations et les })ertes auxquelles ses ennemis l'avaient condamné, il cberclia néanmoins à leur donner effet.

'• L'en(]uéte faite }iar nous pour ce rai)port })réliminaire s'est bornée principalejnent à l'exauren des rations et du traitement des prisonniers de guei're du Libby et des aulnes prisons de Riclimond et de Belle Isle. La raison en est que le " La})port No. 67 " du Congrès fédéral donne clairement à entendre que les prisonniers du Nord étaient plus mal

"Nous allons maintenant discuter la dernière et plus 'traités à Eicliuiond et aux environs que dans l'extrême

grave de ces accusations portées dans la dite ])ul>lication. Ses auteurs ont affirmé que les prisonniers nordistes tojubés entre les mains des autorités confédérées ont été aftamés

Sud. Ce rapport dit : " On observera que les dé[)ositions de toutes les personnes témoignant à ce sujet éta,l)lissent la condition des prisonniers confinés à Colund)ia ((Jaroline du privés de feu, punis inliurnaincment, jetés dans des cachots i Sud), Dalton ((^é(U-gie) et d'autres })laces ; et que cette malsains, privés d'air d'air et d'exercice, et maltraités ^ condition était bien su[iérieiu'e et ce traitement i)l!is humain quand ils étaient malades, — et tout cela, pai' suite d'un que celui des }>ris')nniers iircarcérés à Richmond, ofi sont plan délil)évé, conçu et mûi'i par les officiers et le gouver- réunies les autorités de hi soi-disant Confédéi-aliou." — Rapnement de la Confédération, dans le but de tuei- lentement port, page 3.

ces prisonniers, ou de les i-endre à jinnais incajialdes de re- i "Il reste prouvé ;\ l'évidence que les rat ions f)iu'uies aux prendre du sci'vice. Une telle allégation porte sur le gouver- prisonniers de guerre à Riclimond et à P>el!e-lsle n'(jnt janement du Sud la responsabilité d'un ci'ime si hoi'iilile et mais été moindi-es que celles dfumées aux soldats eontodési opposé aux lois de la naturiî que Ton voit clairement que j rés désignés ])0ur les garder, — et ont sui'passé, en quelques ce n'est que la haine qui a pu porter cette connuission à 'saisons, comme qiuilité et comme quantité, celles accordées prddier de telles insultes et <le telles calomnies. Votre carti!- ! aux troupes confédérées en campagne, car, jusqu'au mois té se croit obligé d"y répondre avec calme, mais énergique- de février 1SG4, le départenrent du quartier-mai tre fournis-

ment, et il déclare cette accusation fausse dans le fait et dans l'intention; fausse par la base sur laquelle elle s'appuie ; fausse dans son appréciation des motifs qui ont dirigé la conduite des autorités du Sud.

" A l'une des premières périodes de la guerre, le gouvernement confédéré avait reconnu l'obligation de traiter les ])i-isonniers de guerre avec humanité et considération. Avant qu'aucune loi fut passée à cet elfet, le département Exécutif avait fourni de lui-même aux prisonniers tombés eatre nos mains, dos logements convenables et des rations entièrement semblables, comme qualité et quantité, à celles données aux soldats confédérés chargés de les garder. Il avait aussi montré un désir pressant d'améliorer la triste condition des prisonniei'S de guerre par un système d'échange prompt et juste, et le Cîongrès confédéré avait coopéré à ces desseins humains. l'ar un acte approuvé le 21 mai IStil, il avait été décidé " que tous les })risonniers de guoire pris sur mer et sur terre pendant les hostilités existant avec les

sait les vivres aux piisonniers et souvent ce département était pourvu de fonds et d'a[)provisionnements quand celui du Commissariat était loin d'être aussi bien muni. .LTne fois, et une fois seulement, les prisonniers restèrent quelques semaines sans viandes, mais une quantité plus considérable de pain et de légumes avait compensé cette disparition. Combien de fois les braves soldats de l'arnrée confédérée se sont-ils trouvés, eux aussi, sans rations de viandes, et pendant des intervalles beaucoup plus longs ? Votre comité ne croit })as qu'il soit nécessaire de le rappelei-. Non moins de seize onces de })ain et quatre onces de lard, ou six onces de bo?uf, avec une ration de soupe et de haricots formaient l'ordinaii-e quotidien des prisonniers. Pendant la plus longue partie de leur eapitivité, la quantité de viande dépassait même ce ])oids, et dans les moments de la plus grande rareté d'ajtpruvisionnenients, les prisiuiniers recevaient au moins iiutant de vivres que les soldats confédérés commis à leur e'arde. La rareté de la viande et

.Etats-Unis, seraient transférés par ceux qui les auraient ; des vivres dans le Sud, en certaines }daces, était le résultat

capturés, à certains intervalles, au département de la guerre, et il serait du devoir du Secrétaire de la Guerre, sous l'approbation du Président, de d.onner au quartier-maître général ou à ses snbordomiés les instruolions nécessairi^s à l'en-

de cette barbare })olitique de l'ennemi de brûler les greniers remplis de blé ou do maïs, de détruire les instruments agricoles, et de chasser ou de détruire inutilement les bestiaux, les poi'cs, etc. N('';iJ!moins, au milieu de toutes ces cir-

constances funestes, nous donnions à leurs prisonniers les j ment fédéi-al allait chercher ses recrues, comme un amas

rations détaillées plus haut. Il est parfaitement reconnu que cette quantité de vivres est suliisante pour tenir en bonne santé des hommes qui ne faisaient qu'un travail lô- "■er. Tous les aru'uments élaborés du Dr. E. AVallace au snjet du "système de famine" eussent i)u être épargnés, car leur l)ase est fausse. On observera (Uie bien })cu (s'il en est aucun) des témoins entendus par la '' Connnission Sanitaiie"'

de " misérables vagabonds, d'une conduite dépravée, aussi aA'ilis au physique qu'au moral, sans courage, sans amourpropre, sans conscience, sales, voleurs, désordonnés et incapables d'une action honnête."

" En })assant en revue ces accusations de cruauté, de du.retê et de " famine" faites par le Nord, le comité a recueilli des témoignages relatifs au traitement de nos pro-

])arlent avec certitude et d'une manière positive de la quan- :p,-es' otiiciers et soldats tombés entre les mains de l'ennenn.

Ce n'est pas pour lions un plaisir de parler des souffrances éprouvées pai' nos braves soldats, mais la manière vaniteuse dont la " Commission Sanitaire " a paidé des prisons du Nord, nous engage à dire la vérité à ce sujet. Le comité reconnaît avec plaisir que, dans un grand nombre de cas, nos prisonniers ont été soumis à un traitement généreux et humain, mais il est également assuré que dans presque toutes les prisons du Nord, — à Pointe Lookout, au fort Mac rienrv, au fort Delaware, à l'île Johnson, à Elmira, au

titô (en poids) des aliments à eux fournis. Leurs témoignages sont conjectui'aux ou omparatifs, et ne peuvent contrebalancer l'assertion i)Ositivedcs [)ersonnes qui surveillaient elles-mêmes le délivrenient des gra ides quantités de vivres, leur cuisson et leur distribution, d'après un taux fixe, aux prisonniers commis à leurs soins.

" Les faits allégués par la " Commission Sanitaire " au sujet des prisonniers morts de froid à Belle-Lsle, sont d'une fausseté absurde. D'après ce rapport, il n'était pas rare.

dans les moments les plus rigoureux de l'iiivei', de voii" l camp Chase, au camp Douglas, ta Alton, au camp Morton, chaque matin des prisonniers gelés et moifs à l'endroit où : au pénitentiaire de l'Ohio et à St-Louis (Missouri), nos ils s'étaient coucbés la veille. Ce fait, s'il était correct, se- 1 hommes ont souffert de l'insufïisance de la nourriture et l'ait propre à exciter notre horreui, mais malheureusement i ont été soumis à un traitement ignominieux, cruel et bar-

pour le côté romanesque de ces peintures, il n'est qu'un firossiei" artifice dû à la fantaisie de ses auteurs. Les faits sont ainsi : les prisonniers étaient abondamment pourvus de tentes et d'abris, et le commandant confédéré et les soldats de l'île en avaient de pareilles ; le chauffage était fourni à chacun d'eux et le combustible distribué dans la même proportion qu'à nos pi"opres soldats ; un prisonnier, il est vrai, a été trouvé mort de froid, mais la faute en est à la cruauté de ses compagnons, qui l'avaient chassé de la tente parce qu'il était rem[)li de vermine, une nuit où il gelait à pierre fendre. Les preuves de la salul)rité de, la prison de Belle-îsle et du fail)le chiffre de mortalité parmi les détenus sont remarquables, et présentent un commentaire curieux aux peintures lugubres de la " Commission Sanitaire," faite d'après la fantaisie des membres de cette commission ou les faux témoignaixes de leurs adhérents. Le lieutenant Bossieux [trouve ([ue depuis l'établissement du camp-prison de Belle-Isle, en juin 1SG2, au ]() février 186-5, plus de vingt mille prisonniers y ont été incarcérés à différents intervalles, et que le chiffre des morts, pendant cette même période, n'a pas dépassé cent soixante-quatre. Ce fait est confirmé par le colonel fédéral Sanderson, qui —assure que le chiffî'c moyen des décès, à la prison de J3elle- Jsle, était de "deux à cin(j[ par mois, et, le plus souvent, au-dessous de ce chiffre." Les malades éta^ient promptement envoyés de l'de aux hôpitaux de la ^■ille.

"Sans doute, la "Commission Sanitaire" a dîi. être égalée par ses pro])res témoins, dont le caractère a été décrit eu peu de mots [»ar le général Neal Dow, et aussi par l'éditeur du Xor-Yo/k T/nie.s qui, dans son numéro du 5 janvier 180-3, décrit les groupes d'iudi\idus où le gouverne-

bare, et ue pouvant entrer en comparaison avec la manière humaine dont les prisonniers fédéraux étaient entretenus dans le Sud. Ceux des témoins qui ont été emprisonnés à Point Lookout, au fort Delaware, au camp Morton et au camp Douglas, affirment qu'ils ont souvent vu nos hommes ramasser les miettes trouvées dans les cuisines et les dévorer. Le docteur Ilarrington prouve qu'au fort Delaware le pain et l'eau corrompue engendraient un très grand nombre de cas de diarrhée parmi nos prisonniers, et " que leurs souffrances étaient encore grandement aggravées par les règles du camp, qui défendaient à plus de vingt hommes à la fois d'aller aux communs pendant la nuit. J'ai vu," ditil, "jusqu'à cinq cents hommes attendre leur tour; il en résultait qu'un grand nombre d'entre eux étaient obligés de rester où ils se trouvaient. De là, une grande malpropreté et l'aggravation des maladies." Nos prisonniers étaient obligés de travailler, de décharger les navires, et de bâtir des maisons pour des officiers fédéraux. En cas de refus, la force était employée, et le bâton des gardiens les menait au travail.

" Le traitement inffigc au brigadier-général J. H. Morgan et â ses officiers, fut brutal et ignominieux au suprême degré. Ou verra, par les dépositions du capitaine M. D. Logan, du lieutenant W. P. Ci'ow, du lieutenant-colonel James B. Mac Creary et du capitaine B. A. Tracey, qu'ils furent tous incarcérés au pénitentiaire de l'Ohio et forcés de se soumettre au. traitement inffigé aux traîtres. On leur coupa au ras la barbe et les cheveux, et on les jeta dans les cachots destinés aux condamnés aux peines infamantes, avec défense de s'adresser la, parole les uns aux autres. La tentative'/' 'évasion et les autres offenses du caractère le

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFEDERES

plus léger entraînaient l'horrible punition dn "rlonjon ;" — en plein hivei', quand le tJiei-momôtre étîiit bien an-dessous du point de congélation, on les enfermnit dans un cacliot étroit, et là, sans couverture, sans manteau, sans feu, sans lumière, étouffes par une atniospbéi'o lourde, fétide et empoisonnée, les malheureux restaient Jusqu'au moment on leur dernier souffle allait leur échapper. Leur aspect, en sortant de ces cellules, était si pitoyable, que leurs compagnons d'infortune ne pouvaient retenir lein's larmes. Le sang sortait des pores de leur visage et de leurs mains. A la prison de St-Louis, le traitement infligé aux captifs n'était pas moins barbare. Le capitaine AVillinm H. Sebring témoigne ainsi : Deux d'entre nous, A. C. 0 rimes et moi, fûmes laissés en plein air dans la cour de la prison, le Sô décembre 1SG3, les mains liées à un poteau, au milieu de la neisre, du verglas et d'un froid intense. Le lendemain au jour on nous releva, mais nous fumes replacés dans la même position au soir, et cela continua ainsi ius({u"au 2 janvier .IS()4:. Ma santé fut gravement altéix'e par ces sévices. Cette ci'uelle peine nous fut infligée par le capitaine Byrnes, commandant des prisons à St-Louis. Ce traitement barbare et infâme, était insultant et ignominieux au suprême degré.

" Mais une baibarie })lus inhumaine encore que tout ce (]ue nous avons déjà mentionné, fut perpétrée sur nos prisonniers aux camps Douglas et Chase. 11 est prouvé par les témoignages de Thomas P. Holloway, John P. Eennel, H. H. Barlow, H. C. Barton, C. D. Bracken et J. S. Ba.low qu'un grand nombre de nos prisonniers furent jetés dans les " camps condamnés" où régnait la })etite vérole ; ces malheureux furent bientôt atteints de cette affreuse maladie, dont environ quarante cas se présentaient quotidiennement parmi eux. Les otliciers fédéraux qui gardaient le camp protestèrent eux-mêmes contre ces atiocités hors natme, mais rien n'y fit. Les hommes qui étaieiU, atteints par la maladie étaient transporté à un hôpital à un mille de là, mais répidémie était introduite chez ceux qui lestnicnt au camp, et cependant, on poi-sista à y confiner les ^nisdnniei's confédérés en les condamnant ainsi infailliblement à une maladie inévitable. Malgré les déclai'ations [)om penses de la " commission sanitaire " nous ne voyons aucune })reuve que l'ennemi ait cherché à améliorer cette condition de nés })risonniers. ANashville, parmi les soldats récemment capturés de Hood, ceux qui étaient blessés ou malades, l'cstaient privés de toute nourriture convenal)le à leur état et d'autres prisonniers de la même armée étaient jetés fhvns les eanqis infectés Douglas et Chase.

" Un grand nombre de soldats de l'armée du général Hood furent gelés ; les Fédéraux les ayant laissés exposés à toutes les intempéries de la saison, le jour comme la nuit, avant de les incarcérer au camp Douglas. Les souffrances sont dépeintes avec véracité par les témoignages. A Alton et au camp Sf^vtoi], la uième mesui'e inhumaine et brniale

d'enfermer nos prisonniers dans des camps infestés de la petite vér(de, fut aussi mise en pratique. Ceci équivalait à les condamner à une mort certaine aj^'és toutes les tortures d'une maladie contagieuse. L'insuffisance des rations au cam]) Morton forçait nos honunes à apaiser leur fiiim par les moyens les plus extraordinaires; ils étaient réduits à faire bouillir les os, î\ ramasser les rebuts de viande et de légumes rejetés liors des hôpitaux et même de manger des chiens et des rats. Les témoiarnas-es de Wm. Avres et de J. .Chambers Brent sont autant de preuves à l'appui.

"Les punitions souvent infligés à uos hommes pour de.s offenses légères, étaient d'une barbarie honteuse. On les forçait à courir sur une })lauche de quatre pouces de large, appelé le " cheval de Morgan ; " de s'asseoir nus dans la neige pendant dix ou quinze minutes et à subir les coups de lanière que leur })rodiguaient leurs gardiens. On donnait comme prétexte que les autorités confédérées s'étaient rendus coupables d'actes semblables. Et cependant, il est remar-

I quable que dans le cas du colonel Streight et de ses officiers, on traita ceux-ci comme jirisonniers de guci're ; à rexce[)tion de certaines oftenses spécifiées, les autorités confédérées

j n'infligeaient aucune sorte de ])unitions })articulières, et le plus grand châtiment qu'elles firent subir au colonel Streight fut de le mettre à l'un des étages inférieurs de la prison Libby, où il avait fenêtre, planche à pain, lourneau, feu et nourriture en quantité suffisante.

"Nous ne croyons pas nécessaire d'insister d'avantage sur ce sujet. Il en a été dit assez pour montrer combien ont été grandes les privations et les souffrances sup[)ortées par les prisonniers des deux côtés.

j rOUlK^UOI LEfi l'UTSONNIEllS DE GUEPaiE N'0]s'T-ILS PAS ! ÉTI^ ÉCHANGÉS ?

"Mais il est une question qui se dresse d'elle-même devant nous : pourquoi ces souffrances ont-elles été si })rolongées ? .Pourquoi les prisonniers n'ont-ils pas été échangés.? et I pourquoi ces soudures pages n'ont-elles pas été épargnées à 'l'histoire du monde'? C'est dans la ré]»(uise à cette question I que l'on trouvera sur qui retombe toute la responsabilité des souffi-ances, des maladies et de ces angoisses mortelles i qui ont affligé plus de quatre-vingt mille prisonniers pen- Idant les deux dernières années. Votre comité, en réponse à cette question, ne i)eut «[u'aifirmer que les autoiités confédérées ont toujours désiré un échange })rompt et équita- :blefles prisovmiers. IMême antérieurement :\ l'établissement ;du cartel, elles ont insisté sur l'urgence d'un tel échange, mais elles n'ont ])U l'effix^tuer, par consentement mutuel, lavant (pi'un large sur[)lns de prisonnii^rs entre nos mains n'eût intéressé les autorités fédérales à consentir au cartel du 22 juillet 18G2. Le 9e article de cette convention établit expressément que dans le cas où tout malentendu pom'- : rait surgir, ce malentendu n interrompra if pci''^ ^n libération ' (les prisorniierfi f:oiy ^ir^ro/c, mais qu'il ferait le sujet d'une j explication aniicale, Bientôt après l'ado|)1 ion d,e ce cartel,

];i ]iolitiqiK' de l'cimemi do séduire les nègres esclaves, de ks armer contre leurs innitrcs, et do mettre à leur tête des oliiciers blancs im:>\\v les conduire conti'ouous, éleva cjuclqucs cas de qu.estions criminelles tombant sons la juridiction des lois intérieures des Etats du Sud. Si ces hommes qui encourao-eaient l'insurrection et le meurtre avaient ou n'avaient |)as droit aux bénéiices des prisonniers de guerre compris dans le cartel, — c'était là une question grave. Mais ces cas étaient rares et ne devaient, en aucune manière, interrompre l'échange général des prisonniers. Nous avons toujours été prêts et consentant à mettre le cartel à exécution dans sa véritable teneur, et il est certain que le 9e article requiert (ju.e les prisonniers des deux côtés soient relâchés, et les quol- (jues cas sur lesquels il peut exister un malentendu, soient laissés pour une décision linale. Sans doute, si l'excès des prisonniers avait continué à être toujours de notre coté, les échanges auraient continué. Mais la fortune do la guerre en jeta la plus grande pai'tie entre les mains de nos ennemis (|ui dès loi's refusèrent d'échanger, et cette politique continua pendant vingt-deux mois. Notre commissaire d'écliange a fait de constants efforts pour renouveler les transactions. En août 1SG4, il acquiesça à une proposition qui avait été déjà faite à })lusieurs reprises, d'échanger oliicier pour oiïîcier et homme pour homme, Lassant le surplus en })rison. Ceci s'écartait du cartel, mais notre désir do continuer les échanges nous conduisit à consentir, et cependant, les autorités fédérales répudièrent cette promièi'c olfre et j'ofusèrent n)ème une mise à exécution 2'a'i'tiolle du cartel. Le Secrétaire Staunton, qui avait si injustement accusé d'inhumanité les autorités confédérées, l'osto lui-même sous l'accusation d'avoir fait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher un échange loyal et prolonger ainsi les souft'rances d(?nt il parle, et tout lécemment, dans une lettre portant sa signature, Benjamin F. Butler a déclaré que, dans le mois d'avril 18G4, le lieutenant général Grant. de l'armée fédéraie, lui avait défendu "de remettre aux rebelles un seul liommo valide."' Plus encore, le général Butler reconnaît qu'on rév)onse à la lettre du colonel Ould annonçant son acquiescement à l'échange d'officier pour officier et de soldat pour soldat, il écrivit "non dijdomatiquement', mais impél'ativenrent et non dans le Jutt de 'pousser plus loin réchanr/e des prisonniers, mais avec l'intention d'arrêter et do prévenir l'échange et de feniriiir un p)rétexte sur leqnel on pjuis.se se baser pour C inlemptiem de eec érhonrie.'"

'•Ces faits démontrent abondamment que la res})onsabilitc du. refus d'éclianger les prisonniers de guerre l'ctombe sur le gouvei-nement des Etats-Thiis et sur le peuple qui a soutenu ce gouvei'nement, et chaque plainte des captifs, chaque cri de souffrance des malades, chaque amère déception de ces quatre-vingt ndllo prisonniers les accusera devant le tri])iuial du Juste.

" Quant aux faits tdatifs aux prisons (VAndersonvilie, dé Salisljiu-y et d'autres places au sud de Ptichmond, votre noniit»' n'on a y)ris fait un exaui<^n approfondi, \^(>\\r dos r.ai-

sons qui ont déjà été données. Nous sommes convaincus que les privations, les souffrances et la mortalité ont pris mie extension infiniment regrettable chez les prisonniers incarcérés dans ces places, mais non pas pour des raisons de négligence et encore inoins de détermination arrêtée do la part du gouvernement confédéré. La précipitation des préparatifs ; l'encombrement des locaux, préparés en vue d'un nombre })his restreint de prisonniers ; les transferts fréquents dans le but d'éviter tout enlèvement par les partisans des prisonniers ; le manque des moyens de transports, la rareté des vivres, sont autant de motifs ou inhérents à l'essence même do la guerre, ou résultant do la manière barbare dont nos ennemis l'ont comprise. A ce sujet, votre comité se propose de prendre d'autres témoignages et d'en faire un rai)[)ort ultérieur plus complot.

" Mais il est aujourd'hui des faits connus qui sullisent à justifier le Sud et qui fournissent une réponse sans appel à ces plaintes du gouvernement et du pouj)le des Etats-Unis relatives aux privations do nourriture et d'a})provisionnemonts : c'est la manièry sauvage dont les Eédôraux ont conduit la guerre qui a amené ces maux. Ils ont bloipué nos ports, ils nous ont j)rivé de nos im})oi't;iti(ms do vivres, d'habillements et de médicaments ; ils ont déclaré ces derniers o])jets contrebande de guerre ; i's ont, à plusieurs reprises, détruit les pharmacies et les dé[)ôts particuliers do médicaments dans les parties du i>a}'S où ils ont pénétré ; ils ont ravagé nos campagnes, brûlé nos maisons, d('' Irait nos récoltes sur ])ied et nos instruments arat(jires. Un de leurs ofHciers (le général Sheridan) s'est vanté, dans son rayjport ofliciel, d'avoir, — dans la seule vallée de la Shenandoah, — brîdé deux mille celliers de blé et do maïs ainsi que tous les moulins à farine qui se trouvaient sur sou passage ; détruit toutes les manufactures de tissus, e!; tué ou enlevé tous les animaux, même les volailles, qui pouvaient servir de nourriture aux habitants. Ces abus ont été réj^étés à plusieurs reprises dans différentes parties du Sud. Des milliers de fai;nilles ont été chassées de leurs foyers et réduites à la condition de réfugiés sans soutien et sans espoii". Nos ennemis ont détruit les cliemins de fer et tous les autres moyens de transports, au moyeu desquels les districts fertiles pouvaient pourvoir au besoin des parties du pays manquant de moyens de subsistance. Pendant qu'ils désolaient ainsi notre contrée eu violation de tous les usages de la guerre civilisée, ils refusaient d'échanger les prisonniers, ils nous forçaient do tenii' cinquante mille de leurs soldats en captivité, et ils essayaient ce})endant de rejeter sur nous la responsabilité des souffrances et des privations endurées par ces malheureux et causées \yM' les autorités fédérales elles-mêmes. Nous ne pouvons douter qu'aux yeux de la civilisation, qu'aux yeux de l'histoire, nous ne soyons acquittés et les autorités du Nord condamnées.

" En terminaid ce rapport piéliminaire, nous lérons renuii-(}uer cette étrange perversité de la " Commission Saiiitairp "' d'iut<'i'p'réter (^omme elle l'a fait et de mottrn

comme épigi-aplie à son pamphlet, ces mots du Divin Rédempteur de l'humanité :

" Car j'avais faim et ils ne m'ont pas donné à manger ; " j'îivais soif et ils ne m'ont pas donné à ])oire ; j'étais étran- " ger et ils ne m'ont pas recueilli ; j'étais nu et ils ne m'ont 't pas vêtu ; j'étais malade et captif et ils ne m'ont pas " visité."

" Nous en sommes encore à ignorer en vertu de quels principes ces soldats fédéraux, qui venaiiMit en armes tuer nos concitoyens, dévaster nos terres, brûler nos maisons et nos greniers, et nous chasser de nos loyers, — peuvent être regardés par nous comme les apôtres du doux et c]iarita])le Rédempteur de l'humanité, et viennent en sou nom réclamer la mansuétude de leurs victimes ! Et pourtant ces mêmes prisonniers, emmenés en captivité par nous, ont été traités avec toute l'humanité possible. Les cruautés dont se sont rendus coupabk"îs les autorités du Nord à l'égard de nos prisonniers justifieraient plutôt l'épigraphe suivante appliquée au pamphlet de la " Commission Sanitaire " et tirée aussi des mots du Divin Maître : " Toi, hypocrite, ôte d'abord la poutre qui est devant tes yeux et tu verras la paille qui obscurcit l'(pil de ton prochain."

" Nous croyons qu'il est des milliers de citoyens justes, honorables et humains dans les Etats-Unis, auxquels cette question, ainsi équitablement pi'ésentée, dessilleraient les yeux, et qui feraient tout eu leur pouvoir pour atténuer les horreurs de la guerre, compléter l'échange des prisonniei's, aujourd'hui remis en vigueur, et prévenir le retour de souffrances semblables à celles que noas avons rapporté('S. Et

nous répétons avec confiance ces mots du manifeste émis le 14 juin 18G4 par le Congrès confédéré : " Nous soumettons notre cause au jugement éclairé du monde, aux saines réflexions de nos adversaires eux-mêmes et à l'arbitrage solennel et juste du Ciel."

Le fait le plus saillant de ce rappoit, est que, suivant toutes les déclaraitions et les témoignages assermentés, les prisomn'ers fédéraux ont, sans doute, beaucoup souffert au Sud, mais en raison de circonstances foutes fortuites et nullement, à part quelques cas exceptionnels, par les préteu dus sévices et les cruautés exercés sur eux pai' les auforités confédéiées; d'un autre côté, il reste prouve- que le! n'était pas le cas au Nord, où la généralité des cas démontrent un système délibéi'é d'oppression, de barbarie et de menaces, souvent exécutées, de privation de toute noui'ritui'e au milieu de l'abondance qui l'égnait dans les l^tats du Nord. Là, du moins, im envahisseur ne venait pas dépouiller ses ^'îe~ times et brûler les dépôts de vivres du pays, déiruire chaque grain de blé, chaque once de viande et tout ce ((ui vut pu servir à l'alimentation humaine ; — là, les feNumes er les enfants n'avaient pas devant eux, chaque malin, Tiioirible perspective de la famine. Et cependant, c'était (•lie/, les habitants de ces Etats, — où les aliments nécessaires à l'existence et où les productions de tous genres al:»ondaient, — un parti pris de réduire à la famine les mallieureux prisonniers que la foi-f nue df la guerre faisait tomber (uùre leui's mains, (*)

A cet exposé, fail; par le Congrès de Rirhinond, des ef-

(") Différentes notes, personnellement recueillies p:ir l":u'itenr, peuvent iiJDulcr un nonvean chapitre d'iiorreur à la loiiQ.'nelist''' des evemphv, de criiauté l'apportés par le comité congressionnel de Ricltniond. 11 n'en cilei'u, (prune, h lui eominiuiiciuee par un oHicier e(Miredéré prisonnier h \'\\c ..lolmsnn :

" Ni sucre, ni cale, ni thé ; ])our tonte nourriture du lireul'on du porc sale, du poisson sale de la plus pauvre (|ualité, sans la moindre propriété niitri- 1ive ; de temps en temps, in;e ration de brenf frais, mais jamais, quelle que lut la qualité des rations, plus des deux tiers de ce qu'il aurait fallu pour vivre chétivement. A de rares intervalles, un oignon, une patate douce, une once ou à peu près de gruau, apportaient un léoer changement. Un grand nombre d'entre nous auraient volontiers luang'é d'un seul cou]) la lation de toute la journée; d'autres la divisait eu deux ou dois portiima, inai,T tous avaient faim, continuellement faim I C'est une terrilile chose d'être ainsi per[icluellement alTainé et de savoir qu'on aui'a faim, aujourd'hui, demn.in, la semaine suivante, l.e mois prochain ! O'est efirayant de penser que trois mille honmies supportèrent ce terrible supplice! Aussi, n'était il pas surprenant de Voir (les hommes jadis vigoureux perdre soixante et cent livres de leur poids, et devenir des cadavres ambulants, ;i I'onI hagai'd, au n^gard étrange, à la démarche nerveuse et saccadée. Ces malheureux parlaient continuellement de '■ (pielquc chose à manger," des diners, des repas, des fêtes auxque'les ih avaient assisté, il y avait de cela bien longtemps! Leurs songes leur faisaient enti-evoir des taVih^s somptuensement garnies, des plats giu-cnlente, et les infortunés mangeaient, mangeaient en imagination, jusqu'au moment où le réveil les rappelait à la réalite froide, nu(\ inqilacable! Avec quelp, soins ih ramassaient les détritus des légumes, les vieux os qu'ils faisaient bouillir et rebouillir jusqu'à ce (|u'ils devinssent blancs coimne neige ! comme ils recherchaient les rats, les chats et autres animaux immondes pour s'en repaître avidemoit ! (piels sul:»terfug(>3 n'employaient-il.s pas pour obtenir du médecin de service quelque supplément de nourritm-e, et quel était leur désespoir quand, après tous ces ettorts, ils.,3e voyaient abandonnés à leur horrible misère et H un mortel désespoir! Ah! il est pins d'un pauvre prisonnier, aujourd'lml cadavre blanchi dans l'île Johnson, qui vivrait encore si un morceau de pain lui entêté donné dans son agonie !"

Un ami personnel de l'autour donne un long et intéressant comp1e-rendu du transfert des prisonniers de Hilton Head au fort Delaware, traversée terrible s'il en fut, supplice renouvelé des sombres descriptions du Dante. De quatre cent vingt prisonniers envoyés ainsi, soixante-^deux seulement étaient en état de marcher en arrivant au fort Delawarc ; la maladie, l'aflalltlissement, avaient abattu les autres que l'on transporta, au débarquement, sur (,tc3 civières et dans des wagons d'ambulai?ce. Un grand nombre d'entre eux avaient, pei'du leurs dents par l'action fatale du scorbut ; d'autres étaient com. plètement aveugles. Pendant des mois entiers, on leur avait donné pour toute nourriture Imit onces de farine de ma'is (de la récolte de 1860) et une once de conserves (ou plutôt de vitriol saie). Au fort Delaware, ce régime fut légèrement amélioré. Alais les règlements de la prison n'allouaient aucun ustensile de cuisine, et le combustible accordé quotidiennement, pour une compagnie de cent hommes, consistait en une bûche de dix pieds de long sur huit pouces de diamètre ; de vieux morceaux de fer blanc servaient de fourneaux et de marmites. Les hommes étaient 90u<! les verrou :c dix heures sur vingtc^uatre, et il n'était permis qu'à vingt prisonniers à la fois d'entrer dans les communs de la prison.

forts tentés par les uutorités confédérées pour ainéliorer la coîitlition des prisonniers de guerre, il est encore (pielque clioso à ajouter. Impressionné par les clameurs de la presse à ce sujet, et désirant rétablir, à intervalles suivis, les faits dans leur nature réelle, le commissaire Ould écrivit, en janvier ISGi, la lettre suivante au géiuM'al ITitclicock :

EïATS-CoNFKDEHES d' AmKIUQUK,

DkI'ARTK.MENT DK I.A (ÎI'ERHK,

Uicliinond, 2-! janvier ]S(i4.

Jh i:wjoi ginciiti E. A. Jlihhroik, Aoriil iV Ec!ian;j;r.

Monsieur, — Considérant le^ présentes ilifficiiltés relatives à rechange tt à la libération des prisonniers, je propose que les dits prisoiniiers, di; cliaqi\e côté, soient soignés par un nombre détermine de leurs propres médecins, qui, d'après des règlements à étalilir, veilleront ;i lem' sanlé et a k nr bien être. Je propo.se egLiIrmenl «pie ces médecins aient q\ialitr d'agir comme connnis-aires pour la di^triluuion des vivres, de r.ugeiit, des vêtements et des médicaments envoyés aux prisonniers par leurs nmis ; que ce? dits médecins soient choisis par leurs gouvernements respectils, et (pi'ils r.ie-nt, en tout temps, pleine liberté de faire, ])ar l'intermédiaire des agents d'échange, des rapports relatifs uon-senlement a leurs projn'es actes, mais aussi an sujet de toute circonstance pouvant influer sur le bien-être des priîcnniers.

Respectueusement, voire obéissant serviteur,

R. OULD, Agent d'Kchange.

Le commissaire Ould ne reçut aticune réponse a cette lettre. En janvier 1865, cette même proposition fut renouvelée au général Grant, accompagnée de la remarque suivante : '=11 est vrai que vos prisonniers soutFrent. C'est une de ces calamités et de ces nécessités de la guerre qui

ne provient aucune'.nent de notre faute. Nous avons fait tout ce qui était compatible avec notre devoir et notre honneur pour les prévenir, et nous avons l'intention d'en ao'ir toujours de meute. Mais il est très certain (iue ces grandes souifrances augmenteront encore si vos prisonniers (•estent entre nos mains. Pour cette raison, je votis ])ropose encore de les libérer tous, en échange de ceux f[ue vous dérene/, olBcier poui- officier, soldat pour soldat. Une telle mesure n'est-elle pas la plus humaine de toutes, même dans le cas où, comme \otis le dites, les amis des prisonnitus, au Nord et au Siul, seraient convaincus de l'exa.of'ratiou des i"apports lamentables de la condition des prisonniers dans les deux sections? Si, cejiendant, les prisonniers ne doivent pas eti'e relâcliés, qu'il nous soit au moins permis d'envoyer respectivement des agents chargés de veiller à leur bienêtre et de consacrer leurs efforts et leui' temps à ceiU^ mission sacrée."

Le général Grant ne répondit pas. Peut-être voyait-il que la fin du grand drame approchait et qu'il était inutile d'cntrei' dans de nouvelles négociations. Quelles que fussent la )>ensée et la justesse de ses prévisions, la conclusion finale est que la Confédérafion paraîtra deviuit le tribunal de l'histoire avec un mémorial complet d'actes justes et humains relatifs aux prisonniers, à leur traitement et à leur échange, et que cette question restera comme un des souvenirs les plus nobles et les plus purs de la cause perdue.

CllAFlTRE mil.

SITUATIOiV rOLTTTQTJE DE LA C(3NFEDERA.TI0N A LA DERNIERE PERIODE DE LA

GIIKRRE.-ETAT DU COMMISSARL\T ET DES ElNAÎsCr"

j ijo

Au point de vue iiiilitnire, lit raemotaJjlc niarcJif cU' Sberiuan n'ont linnait aucune conséquence fatale, et cependant elle forma le premier chapitre de la décadence de l'organisation confédérée. Elle causa une démoralisation considérable chez les espiits supei'ficiels, et son succès, du en grande partie a l'intervention de M. Davis dans les affaires militaires, fournit une cause pui-ssante de récrimination et <lo manipie de contiance dans les capacités administratives du Président, et engendra un «lecouragement qu'un miracle seul eut pu faire dispararfcre. ;

Nous avons déjà, dans une autre [îartie de cet ouvrage, parlé de l'impossibilité matérielle d'accomplir la subjugation du .Sud, tant que la résolution du peuple confédéré! resterait intacte et lérrae. Cette inqiossibilité fut clairement prouvt'-e et démontrée dans une adresse laite par le Congrès au peuplo confédéré, dans l'hiver de l8(34:-iSG5. Ce cor[)S [>oliti(|iK' déclara, avec une précision intelligents i que le hH-teui- att(Mitif ne man(piera pas d'apprécier, (pui " le passage des armées hostiles à ti'avers notre pays, qiioi- (pi'ayant causé des souffrances cruelles dans les [)opulations et uru) grande perte p('('uniaire, n'aAait donné à l'enneitii aucun avantage ni aucune position stable dans les lOiats traversés. l*our subjuguer un pays, il (but que son gouvernement r'w'W soit supprimé par une force militaire permanente, ou supplanté par un autre gouvernement auquel les habitants do ce pa3's se soumettent, de gré ou de force. ()r, le passage des armées ennemies sur notre territoire li'a produit aucim résultat do ce genre. Des garnisons pcrnuinentes auran^nt du être, dans le cas contraire, stationnées siu- plusieurs points et en nombre suflisant pour anéantir tout gouvernement civil, avant qu'il eut pu être affirmé, par le gouvernement des Etats-Unis lui-même, (pic son autorité s't';tendit sur ces l'étais. Quelle garnison eut-il fallu pour c<da/ ('onil)i(^n de' centaines d(Mnilliers de soldais eut-il

tallu pour siqiprimer le gouvernement civil de tous les Etats de la Confédération, et établir au-dessus d'eux, m.eme de nom et seulement pour la forme, l'autorité des Etats- Unis y Par conséquent, au point de vue géographique, on peut affirmer que la conquête de ces Etats Confédérés est chose impossible." ' ' .

Ce " point de vue geograjdiique " décidait, en efletj de la question. La Confédération était encore loin de cette dernière extrémité, ^ — -la subjugation, — même après que Sherman eut accompli sa marche de ia Géorgie septentrionale aux cotes de r(3céan. Le gênerai nordiste avait laissé derrière lui une lont^ue tramée de riiuies, mais il n'avait pas conquis le pays ; depuis son départ de Dalton, il avait été incapable de laisser la moin<lre garnison sur aucun des points de sa route, et nieuio après son (Uitree dans les Carolinea, une seule défaite,™ avant qu'il n'eut atteint les lignes do Richmiunl, — rendait à la Confédération tout la pays (ju'i! avait tra\ers(\ Il était d'habitude, au Nord, d'impri- UKU' des cartes géographiques dans lesquelles tout le territoire du Sud, traversé [)ar mie armée fédérale ou occupe "par une ligne militairti illusoire, était niiirqué comme "conc[uete unioniste" et colorié d'une aiHre teinte que le reste^ désigné comme le coi'ps tei'ritoi'ial de la Confédération. Aux yeux du vulgaire, une tcdie démonstration, si absurde [>ourtant, e.e laissait pas que de ].)roduiie un certain effet. Ces lignes alarmaient la multitude, à qui il suffisait seulement d'apprendre que l'eimemi occupait tel ou tel [loint pour provoquer le découragement, et qui ne réfléchissait pas <[u'un titre de possession si futile n'avait aucune signification dangereuse ; qu'il n'était souvent que le résultat d'un mouvement stratégique et qu'une ou deux défiiites pouvaient suffire pour refouler les forces de l'ennemi audelà des frontières de la Confédération.

^ifais la, condition militaire de la Confi'dération doit être

appréciée u'apves les circonstances du monieni; (puincl,

dans toute la contrée, l'esprit public était démoralisé ; au

milieu do^ .souffrances de la guerre et de l'inipatience des

populations an sujet de sa durée, — (juand on avait perdu

toute contiance dans le résultat linal. Cette ini[)atieuce se

manifestait partout ; elle })rit une telle pro[)ortiou, ([ue

bientôt elle détïénéra en un désir bien caractérisé de voir

nu }»lus tôt la clude totale de la Contedération. "Puisque,

disait on, la guerre ctait désespérée, mieux vaut qu'elle

finisse aujourd'hui que [dus tard."' Les victoii'cs du Sud,

((ui ne faisaient ([u'amuser l'imagination et prolonger la

durée du coiitlit, étaient plutôt dépréciées qu'accueillies

a\Gc bonheur, et l'on désirait que la catastrophe finale se

précipitât. En face de l'impopularité bien marquée de

radministration du président Davis ; en présence d'un

écroulement évident, il n'existait pas dans le pays assez de

iieit et assez d'élasticité pour une nouvelle expérience.

L'histoire du dernier Congrès confédéré fut celle d'efïbrts

vacillants et per[dexes pour réformer et arrêter le désordre

alors existant et cette tendance évidente à la ruine, — cf-

foris faibles, spasmodiques, c[ui ne firent que démontrer la

nécessité d'ime réforme, mais qui manquèrent d'organisation bien déiinie et de soutiens résolus. "*

Dans la dernière période de la guerre, la démoralisation

totale de la Coidedération devint péniblement manifeste.

Cette résolution p-opubiire, (pii s'était montrée toujours si

égale pèiulant, ini conflit d'une telle durée; — qui avait

donne tant de preuves de dévouement, tant de témoignages

de sacrifice et d'abnégation, n'avait pas failli, dans le sens

absolu du mot, mais elle s'était i>resque éteinte en vue des

fautes administratives de l'Exécutif, quand ces fautes eurent aliéné la confiance du peuple, et quand on eut acquis cette pénible con\ iction (pie les immenses sacrifices du pays

n'aboutiraient qu'au UKanf, que le but tant désiré ne serait pas atteint, maigre tant d'efforts ; et cela en raison de rincapacité du gouvernement. Ces fautes officielles n'avaient pas seulement affaibli la confiance |»opulaire, mais elles avaient encore soulevé des rancunes vivaces ; une répartition inégale des fardeaux imposes par la guerre, ™ faute ordinaire et souvent involontaire des gouvernements faibles et irregu/liers, amena l'accusation de corruption et exaspéra une grande partie de la communauté. Des citoyens riches ou en faveur s'arrangèrent de manière à éluder la loi de conscription, et le peuple de Richmond dit " qu'il était moins Tare de voir passer un chameau par le trou d'une aiguille, qu'un homme riche par la porte du camp Lee;" — tandis que la rigueur de la loi n'épargnait pas les pauvres et les abandonnes. On se plaignit au Congrès confédéré que des hommes blessés étaient (pielquefois arrachés de leurs fovers et envoyés aux camps des conscrits, malgré leius réclamations et leur pito3'ablc condition physique. Il n'était pas rare de voir aux stations de che- des batailles du printemps de 1S64, il n'existait plus a inins de fer de longues lignes d'hommes en haillons, por- ! Richmond que deux joiu's de vivres pour l'armée de T.co.

tant queh[ue couverture déchirée, ou une petite boite de provisions ou un fardeau quelconque ; tout ce qu'ils avaient pu rassembler à la hâte quand les agents de la conscription étaient venus, sans leur donner un moment pour faire leurs préparatifs, les ari'acher à leurs foyers pour les expédier dans les divers camps d'instruction de la Confédération.

Dans des armées ainsi recrutéees, la désertion était devemie un fait très commun. Mais, à part ce mode de recrutement, il existait encore d'autres causes de désertion. L'administration déplorable du commissariat et l'absence de tout effort énergique pour poser les bases de cette question de subsistance, firent que presque toujours les soldats restèrent à rations réduites et quelquefois sans la moindre parcelle de viande, souvent dans un état de famine prescpie absolu. Le soldat confédéré, presque mom-ant de faim luimême, sachant dans quelle détresse se trouvait sa famille, ne pouvait pas toujours résister à la tentation de déserter et d'aller protéger et secourir ceux qui lui étaient chcis. Une monnaie dépréciée, que des remèdes empiriques avaient encore abaissé davantage, réduisait à une pauvreté absolue presque toutes les familles du pays. Un pain valait trois dollars à Richmond. La paie mensuelle d'un soldat pouvait à peine lui suffire à acheter une paire de souliers, et si faible que fut cette rémunération, le paiement ne s'en faisait que très irrégulièrement, et des milliers de soldats, dans le cours des deux dernières années, ne reçurent pas un ce ut de leur solde. Dans de telles circonstances, on no doit [)as s'étonner si les désertions étaient nombreuses et on l'este convaincu (]u'il ne faut pas les attribuer ù l'infidélité à la cause confédérée, mais à des motifs si excusables aux yeux de l'humanité (pi'il devenait impossible de punir sévèrement le crime de désertion et d'a})pliquer le cliatimenf, haliituel, c'est-à-dire la peine ca[îitale. l\)ur unseul déserteur confédéré qui se rendait dans les lignes ennemies, il en était des centaines (pti ne quittaient l'armée ([yu'. pour se rendi'e dans leiu's foyers ruinés. En I8G4, on estima que la conscription pourrait mettre plus de (puitre cent mille hommes en campagiie. Un (piart de ce nombre, tout au plus, se trouvait sous les armes quand la, fortune de la guerre annula la résistance de la ligne de défense si affaiblie des Confédérés.

SITUATION DU COMJIISSAKIAT.

Nous avons déjà parlé de la mauvaise administration du Commissariat confédéré et de la rapide diminution de« approvisionnements dans le [uiys. j^a lin de l'année ISOi trouva la, couti-é;' dans la détresse la [)lus complète, et on put se convaincre ipie l)ientot la Confédéi'ation sei'ait déi;nitivement abattue, même sans victoires de l'ennemi, par le manque total de vivres.

Le 2 mai, deux iours avant le commencement des pj-iu-

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

Le 23 juin, quand Wilson et Kautz coupèrent îo cliemin de fer de Danville, qui ne fut répan'' qu'après vingt-trois jours, il n'y avait plus que treize jours de rations pour l'ar mée du généi'al Lee, et, pour la nourrii', le commissaire

missaire général si les approvisionnements en magasins augmentaient ou diminuaient. Le commissaire général lui répondit '' qu'ils diminuaient, " et comme renseignements plus })récis, il lui envoya le relevé suivant, fait le mois pré-

général dut offrir le prix du marché pour le blé encore sur cèdent, et dévoilant ce fait alarmant que des réquisitions pied, — augmentant ainsi le cliittre des dépenses d\u\ excédant cpd, appliqué au maïs de la Géorgie et aux moyens de transport, aurait sutÙ à faire alHuer dans Riclimond dix millions de rations de pain venant d'Augusta.

Au début de la campagne, le géUc'ral Lee avait fait sentir toute l'importance qu'il y avait à amasser une réserve d'au moins trente jours de rations à Ricbmond et à Lynch-

burg. Nous avons vu comment il avait été impossible dac- '«^'^^^^^"^"'^ ''' '^ conditi<.i alarmante du commi.saiiat. La Gco-gie, l'A!a- ,, , , , -, T TT /- -, • V , , I bama et le Mississ'pi sont les seuls Etats où il se ti'OuvG des acciim'ilations

cédera cette demande. Ln lait curieux a constater, en | , , „ ^ . • . . , -■,,,, r , •

i servant actuelleraeiit a nourrir toutes les armées de la Oontederation, en

réponse aux accusations de cruautés commises a l'égaid des j ^^,t,., ^.,^,g p,isonniers de guerre. Le commissaire on chef .le la Géorgie vient prisonniers par les Confédérés, c'est que dans rhi\er de 1 de déclarer, pur le télégraphe, qu'il ne pouvait plus envoyer un j seule livre 1863-1S64, notre réserve totale de farine à Ricbmond, — de viande. L'Alabama, sous la pression d'un appel urgent, en a récemment

envoyé 125,000 livres, mais cet Etat ne peut dorénavant rien nou^ expédier.

s'élevant à trente millions de rations ne pouvaient être remplies.

Bureau du DEi-AKTE^rKxr hks Sujisisr.vx<-Ks,

Riclimond, LS octobre 1S64.

An cilonel L. B. N'uihnp, conimissnirc géiiéial des siiLsistancc^.

Co'o tcL — d'ai l'honneur de toaff.ettre à votre considération le mémorandum ci-incLis t'es approvis'onnem 'iits de vian les en mains dans les ditfercnts d.^pôls et postes des Etats Confédérés ; un coup d'œil sur ce relevé vous

trente barils, — fut consommée par les prisonniers fédé raux, et qu'on ota ainsi le pain de la boiudie à nos propres soldats pour les nom-rir !

Dans le cours de la campagne de 18(34, on éprouvti le craintes les plus sérieuses subsistance. L'épuisement de

ravages et la désolation dans la basse vallée de la Virginie et dans la vallée du Piedmont, occupées toutes deux par l'ennemi, réduisaient aussi, dans une proportion très considérable, le montant des ressources. La marche d'une armée fédérale à travers le cœur de la Géorgie, Toccupation de Savannah conime une base sûre pour les excursions et les autres opérations militaires, ne pouvaient qu'augmenter encore ce déficit funeste. Le système de prélever une dîme sur les récoltes se trouva être un guide tort imparfait pour indiquer la quantité des approvisionnements pouvant être obtenus. Ainsi, dans la Caroline du Sud, deux et demi pour cent seulement du montant de la dime furent acquis au commissariat.

En Virginie, tous les approvisionnements, même ceux de farine, étaient pratiquement épuisés, et ou ne pouvait plus espérer qu'une addition insignifiante aux ressources dont on avait déjà disposées. La récolte de maïs de 1864 n'était pas meilleure, n'était pas même aussi considérable, que celle de l'année précédente. Si l'on ajoute à cela la dévastation de districts entiers par les armées fédérales ; l'appel sous les drapeaux de toutes les forces de réserves, et j)ar conséquent l'envoi aux camps et sur le champ de bataille des jjetits fermiers, au moment même où les soins à donner à la récolte exigeaient leur séjour aux champs ; la fuite d'un grand nombre de nègres, qui craignaient de tomber sous le i heureusement, la catastrophe tinale fut cette fois encore coup de la nouvelle loi de conscription ; — on restera con- : ajournée jiar l'arrivée opportune, à Wilmington, de plusieurs vaincu que les campagnes virginiennes étaient épuisées, et bateaux chargés de vivres.

ne pouvaient désormais offrir aucune ressource au cora- i Dans une session du Congrès confédéré à Riclimond, la missariat. ; situation de la Confédération, par rapport à la question

En Eovembre 1864. le président Davis demanda au com-ides subsistances, fut discutce. On démontra :

Le jNIississipi donne toute l'aide possible aux troupes du général Boauregard, en les approvisionnant de viande de bœuf. Les dépùts de porc salé dans cet Etat sont épuises. La Floride ne peut aujourd'iiui sufn:-e ((u'à la demande locale. La Carorme iTu Sud peut à peine nourrir la garnison de Oharleston

au sujet de cette question Je ^^ ''^ l'"^''""''^''' cantonnés dans l'intérieur de 1'l.tat. Pendant mon dernier - , . . . i voyace dais !a Caroline du Nord, j'ai visité cliaquc S'ction de cet Eta%

?s cliamps de la > irgmie, les 1 , ", , ^ ^ . , , .... . „ 1 ix- • ^

^ '^ dans le but de m assurer de la condition ree. le des aftaires, et, suivant v( s

ordres, pour envoyer chaque livre de viande disponible à l'armée de la Vh'ginie sof-tentrionale ou aux forts de Wilmington. Après un examen complet et minutieux, je me suis vu incapable (en prenant en considération les exigences locales) de vous envoyer une seule livre de viande en Virginie ou à Wilmington, et ce ne fut que grâce à l'arrivée opportune du steamer Banslice à Wilmington que l'ordre du général L^e de placer une réserve d: trente jours de rations dans les forts, put être exécute. D'après le mémorandum ci-inclus, vous verrez qu'il n'existe aujourd'hui dans tous les Etats Confédérés que 4.015,048 rations de viande fraîche et 3.426,519 rations de lard et de porc; le tout pouvant nourrir trois cent mille hommes pendant vingt-cinq jours. A part les armées de la Confédération, nous sommes aujourd'hui obligés de nourrir les prisonniers de guerre et le personnel de la marine et des différents bureaux du département de la Guerre.

Très respectueusement, votre obéissant serviteur, S. B. FREXCH, major et commissaire des subsistances.

Le 5 décembre, le commissaire général attira l'attention du secrétaire de la Guerre sur la condition des choses, en accompagnant ses remarques d'un rapport du montant des subsistances. Ce rapport montrait qu'il n'existait plus que neuf jours de rations pour l'armée de Lee ; — et citait une lettre du commandant en chef, reçue le jour même, annonçant que ses hommes désertaient en raison de manque de vivres. Cette nouvelle nécessitait une action prompte, mais ou ne la prit point en considération. Neuf jours après, le 14 décembre, le général Lee télégraphia au président Davis que son armée se trouvait sans rations de viande ; mais

oOS

lo. (^u'il n'y avait pas, clause la Confédération du Sud, assez de viande pour les années en campagne.

2o. <^)a'il n'existait jja^, en Virginie, assez de viande ou de pain pour les armées com[)rises dans ses limites.

3o. Que les approvisionnements de pain, venant d'autres quartiers, dépendaient absolument du maintien des communications par voie ferrée avec le Sud.

4o. Que les approvisionnements de viandes devaient être obtenues de l'extérieur par un système différent de celui jusque là en vigueur.

;3o. Que le pain ne devait pas être obtenu par des réquisitions forcées, mais payé au taux du marché.

60. <.^ue ce paiement devait être lait au comptant, ce qui l'usqu'à présent n'avait pas été fait, et ne pouvait pas l'être encore en ce moment, — t^t, si cela était possible, par meilleur intermédiaire que la cii'culation actuelle.

7o. Que les moyens de transports n'étaient pas sufiisants, en aucune manière, pour les besoins du service.

So. Que les approvisionnements de viande fraîclie à l'armée du général Lee étiiient pi'écaires, et que si cette armée était forcée de se retii-cr de Ptichmond et de Petersburg, il y avait toute probabilité que l'approvisirtuncment de l'armée ne pouvait désormais avoir lieu.

Pour faire face à ces nécessités impérieuses, le Gouverncment ne trouva qu'un projet visionnaire et impraticable, que le Congrès adopta dans les derniers jours de sa session, d'appliquer trois millions en espèces à l'acliat d'appprovisiouneraents cliez ceux qui refusaient d'échanger leui's maiTliaudises pour la monnaie fictive de papier. Une faible partie de cette somme seulement fut levée, et lo plan ne put être mis à exécution que dans quelques comtés de la Virginie occidentale.

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