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PILLAGE ET DESTRUCTION DE COLUMBIA

Columbia fut rendue à l'ennemi dans la matinée du 17, par le maire de la ville, M. Goodwyn, qui demanda pour ses citoyens le bénéfice "des usages de la guerre civilisée." Sherman le lui promit. Vers le soir, voyant M, Goodwyn exténué par les travaux de la journée, il lui réitéra sa promesse et lui conseilla de prendre du repos : " Je vous assure, M. le maire, " lui dit Sherman, " que pas un j)ied carré de votre ville n'est en danger. Vous pouvez dormir tranquille et être persuadé que Columbia est aussi sûre en tic mes mains qu'elle pourrait l'être entre les vôtres. " 8i telles ne furent pas les paroles textuelles de Sherman, ce fut là au moins la substance de ses assertions. Il ajouta : " Je serai obligé de détruire quelques-uns des bâtiments publics ou des édifices du gouvernement, mais je réserve cela pour un autre jour. On les détruira demain, si la journée est calme. " Fort de cette promesse, le maire &e retira.

Mais l'œuvre de pillage commença aussitôt que les troupes fédérales furent arrivées à l'entrée de la rue Main. Les magasins furent brisés et le contenu jeté sur la voie publique ; on arrêta les citoyens dans la rue pour ]es dépouiller, personne ne se sentit en sûreté dans sa propre demeure ('■■■). Des coins de rues, le vol à main armée s'étendit aux maisons particulières et les pillards commencèrent leur (eiivre infernale, sans égard aux plaintes des habitants. Des groupes de pi'isonniers échappés, de soldats et de nègres enivrés par leur liberté si nouvellement acquise,— liberté qu'ils considéraient comme permission de tout faire,— se dispersèrent partout où il y avait une proie à conquérir. Toutefois, 1rs grandes scènes de terreur ne comuiencèrent qu'à l'arriver de la nuit. Aux personnes qui se plaignaient des iiijuies de tous genres exercées contre elles, les soldats fédéraux répundaient ironiquement : " Ceci n'est rien, attendez la nuit, et vous verrez autre chose. "

La ville de Columbia possédait un couvent catholique dont la Dame Supérieure avait élevé la fille du général Sherman ; elle demanda protection pour les jeunes }iersonnes confiées à sa charge. Une garde de huit ou dix hommes fut envoyée à cette institution. Mais un olKcier catholique de l'armée de Sherman visita le couvent, avertit la Dame Supérieure du danger et lui murmura à l'oi-eille : "Je dois vous le dire, ma sœur, Columbia est une ville condamnée. "

Quelques moments après, pendant que le maire Coodwyn parlait à un soldat fédéral, trois fusées éclatèrent dans la direction de la place du Capitole. " Malheur, " s'écria le soldat, •' malheur sur votre pauvre ville, elle est condaniiiée ! Ces fusées sont le signal, on va mettre le feu partout. " — Moins de vingt minutes après, les flammes jaillissaient de vingt quartiers différents.

Immédiatement, on amena les échelles et les pompes sur le lieu du sinistre, mais les efforts des pompiers, rciidus inutiles d'ailleurs par la violence de l'incendie, furent annulés par l'hostilité des soldats fédéraux qui brisèrent éehelles, cordes et machines, et dispersèrent les pompiers. Les ilammes gagnaient de maison en maison, de rue en laie ; à grand peine les femmes et les enfants purent-ils s'arracher, demi nus, à la furie de l'élément destructeur. Des mères aflblées par la terreur, s'élançaient çà et là au milieu des flammes et des murs croulants, et cherchaient leurs enfants, en proie à

(LXXVIII) Dans cette occasion, le brave et habile général Hampton ne fît que se conlormer aux instructions à lui données par le général Bcaurcgartl, qui venait de prendre le commandement des troupes dans la Caroline du Sud et qui avait donné l'ordre au général Hardec d'abandonner iniinediatement (Jharleston pour se concentrer à Columbia. Mais, comme il l'a dit plus haut [Note LXXIV] cette concentration neût lieu qu'à Bentoubvillf, au centre oriental de la Caroline du Nord. Aucun des régiments du général Ilardee ne vint jamais à Charlotte, Caroline du Nord, comme le dit. l'auteur. [N. (h( Irad.]

(••■) Un récit public dans le Duily FJwenix rapporte un grand nombre d'incidents relatifs au sac et à la destruction de Colundjia. Nous en cilciis quelques-uns qui donnent une idée partielle des outrages innombrables et presque indescriptibles commis par les soldats de Sherman.

" Dans la matinée, presque toutes les maisons de la ville reçurent la visite de pelotons composes en moyenne de deux à six soldats Quelques-uns esitraieut assez poliment, mais avec persistance et, dans certains cas, demandaient du lait, des œul's, du pain et de la viande ; mais le plus souvent es de' mandes étaient faites dans une forme quelque peu impérieuse. Une fois l'entrée de la maison obtenue, les plus exaltés de la bande armaient leurs pist(ilet? et les dirigeaient sur la poitrine du propriétaire du logis, honinie ou fcninie, enfiuit ou veillard.

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

jines, et toute tentative de jastifier cet acte s'évanouit devant la répétition de ces scènes de pillage et d'incendie, à chaque étape de son passage dans la Caroline du Sud. Sur une moyenne de sept fermes qu'il rencontrait dans sa marclie, six étaient brûlées et dévastées. Avant de détruire Colurabia il avait également livré aux flammes ÎUackville, Oraham, Ramberg, Buford's Bridge, Lexington ; le plus humble hameau n'avait pas été épargné. Après Columbia, il incendia les villages de Allston, Pomaria, Winnsboro, Blackstock et Society Hiil et les villes de Camden et Cheraw. Assurément, en pi-ésence d'une telle liste d'infamie, il devient puéril de chercher à prouver qu'une exception a été faite en faveur de Columbia, la capitale de l'Etat; la ville désignée spécialement à la haine et à la vengeance des envahisseurs; le butin promis, quelques jom-s auparavant, aux soldats de Sherman.

CHUTE DE CIÎARLESTON.

La marche de Sherman à travers la Caroline du Sud décida du sort de Charleston. On avait demandé au commandant fédéral, lorsqu'il était encore à Savannah, s'il pensait prendre Charleston. "Oui, répondit-il, mais je ne risquerai la vie de personne pour m'en emparer. Si je puis atteindre certains points vitaux, Charleston tombera d'ellemême et si le peuple veut continuer à y rester, il mourra de faim."

La chute de Charleston affecta douloureusement le président Davis, qui affectionnait particulièrement cette ville. Après que le général Beauregard eut ordonné de l'évacuer, de manière à concentrer la garnison de cette place avec les autres troupes qu'il voulait opposer à la marche de Sherman, le Président écrivit au général Hardee, commandant à Charleston, et suggéra à celui-ci d'ajourner l'évacuation, ce qui obligea Beauregard à donner des ordres impérieux pour l'exécution de son ordre d'évacuation.

Le général Hardee compléta l'évacuation de la ville le 17 février. Il détruisit les magasins de coton, les arsenaux, deux navires blindés, et quelques navires du chantier ; mais il fut contraint de laisser dans les mains de l'ennemi tout le lourd matériel de place forte qu'il ne put enlever, comprenant deux cents pièces d'artillerie, qu'il encloua et mis temporairement hors de service. Un terrible incident sjo-nala l'évacuation ; les dépôts de poudre placés à la gare du chemin de fer du Nord-Ouest, firent explosion ; plusieurs centaines de personnes furent victimes de cet accident. Le bâtiment tout entier sauta en l'air et retomba en débris. Du dépôt, le feu se communiqua rapidement aux bâtisses du voisinage et menaça toute cette partie de la ville d'une destruction totale. Quatre carrés de maisons, compris entre les rues Chapel, Alexander, Charlotte et Washington, furent consumés avant qu'on put maîtriser l'incendie.

Charleston tomba ainsi entre les mains de l'enreiui, réd^aite l'état d'une ville mutilée et presque détruite. Pendant

près de quatre ans, elle s'était défendue avec un héroïsme extraordinaire ; la vigueur de sa l'ésistance était attestée' par l'état où elle se trouvait. Dans certains quartiers, il eut été impossible de trouver une seule maison qui ne montrât quelque trou de boulet ou de bombes ; de splendides maisons devenues des ruines informes, noicies par la fumée,, percées dans toutes les directions parles projectiles ennemis; partout on rencontrait des témoignages de destruction. Après un dé})loiement d'héroïsme et des exemples d'abnégation tels que l'histoire en a rarement consignés, la ville Il plus célèbre du Sud tomba, non par un assaut ou par quelque catastrophe dramatique, mais par suite d'un stratagème opéré à une grande distance de là.

L'évacuation de Charleston ayant été heureusement accomplie, Beauregard et Hardee se replièrent sur Charlotte, pendant que Cheatham partait d'Augusta pour les rejoindre.

capture: du fcrt fisher.

CHUTE DE W[LMIN>;TOa.

Un des points importants de l'expédition de Sherman dans les Carolines était de s'emparer de Wilmington. Il avait été proposé par le général Grant d'ouvrir encore une autre base d'opérations contre Richmond, et, en capturant Wilmington, d'effectuer une jonction prochaine entre la colonne qui aurait été envoyée à cet effet et l'armée de Sherman, — et aider ainsi la marche de celui-ci. En outre, il était tiès important de prendre possession de Wilmington; cette ville était le port maritime le plus important laissé au pouvoir des Confédérés ; le point où arrivaient les approvisionnements de l'extérieur, et d'où partaient les "coureurs de blocus '' avec leurs cargaisons de coton et de produits du Sud. La marine fédérale avait été incapable de fermer complètement le port et le secrétaire Welles avait été forcé d'avouer que cinquante navires fédéraux, tous bons marcheurs, n'avaient pu effectuer le blocus de ce port important. L'ennemi s'était convaincu que la configuration du détroit formée par l'embouchure de la rivière Cape Fear dans l'Océan était telle, que la grande distance à surveiller empêchait tout blocus efHcace et qu'il était de toute nécessité d'occuper l'extrémité nord du "New Inlet " où était construit le fort Fisher, pour pouvoir contrôler la rivière et empêcher l'entrée et la sortie des "coureurs de blocus."

Une expédition combinée par le général Grant dans le mois de déc(^ml;r,- 1864, pour la prise du fort Fisher, avait échoué. On avait rassemblé à cet effet dans les eaux de Hampton Roads, et placé sous le commandement de l'amiral Porter, une flotte que le général Grant regardait lui-même^ "comme la plus formidable armada qui ait été organisée [)Our af^ir sur un point de concentration quelconque." La force de terre qui devait coopérer avec cette escadre se composait de six mille cinq cents hommes, détachés du coi-ps d'armée du général Butler, alors opérant devant Richmond. L'expédition partit le 13 décembre. Elle était accompagnée d'un brûlot chargé de poudre, destiné à ètn^ lancé contre le

fort. Le irôaéral Butler, auteur do ce nouvel en,2;in de guen-e avait conçu cette singulière idée ; — qu'un tel navire, faisant explosion à une uetitc distance du foi't, l'abatterait ou démoraliserait la garnison au point que la capture en deviendrait chose iacile. Dans la nuit du 24. il lanea contre le fort Fisher son navire fantastique ; l'explosion fit si peu d'eftet sur les travaux et sur leurs garnisons que celles-ci suposèrent que c'était simplement un canon ennemi qui éclatait et elles ne connurent les détails de cette attaque originale que que quand les joui'naux du Nord les leur apprirent.

La llotte de Porter avait déjà commencé à bombarder le fort. Le 25 décembre, l'ennemi, }trotégé par le feu de ses vaisseaux, avait débarqué sans rencontrer d'opposition. Les assiégés poussèrent une reconnaissance dans le voisinage du fort et découvrirent que Butler avait fait soudainement rembarquer ses troupes, et s'était retiré à bord des trans- 23orts. Cette singulière conduite de Butler causa sa révocation, et devint l'occasion d'une correspondance très aigre entre lui et le général Cirant. Cette controverse eut lieu par la voie des journaux et des documents officiels : elle déo-énéra bientôt en invectives amères et injurieuses. Dans une lettre publiée dans un journal du Nord, le généi'al Butler se félicita d'avoir quitté le commandement de son armée " sans avoir surses vêtements le sang de soldats inutilement sacrifiés," — faisan-t ainsi allusion aux boucheries de Grant en Virginie et à son dédain ou à son inditïérence pour la vie de ses soldats. " Si mon navire à poudre," disait Butler, ''ne fut qu'un jouet ridicule, au moins fut-il moins coûteux que l'expérience delà "mine" de Grant devant Petersburg."

La flotte de Porter refusa de suivre les transports de Butler : la ténacité de cet officier engagea Giant à taire une autre tentative pour prendre le fort Fisher et décider de la chute de AVilmington. Il choisit le général Terrypour commander cette seconde expédition, composée des mêmes éléments que la première, mais augmentée d'une petite brigade d'environ Cjuinze cents hommes et d'un léger train de siège. L'expédition partit de la forteresse Monroe le 6 janvier 1865, mais la traversée fut difficile, et elle n'arriva que le 12 à sa destination.

Le général Braxton Bragg fit alors une nouvelle apparition sur la scène militaire ; le président Davis lui confia la défense de Wilmington contre la seconde attaque des Fédéraux, Un journal virginien annonça cette nouvelle en termes ironiques. "Le général Bragg," publia-t-il, "est nommé au commandement de Wilmington : Adieu, Wilmington ! " On n'avait plus aucune confiance en cet officier, et bien que le fort Fisher eut heureusement résister à un bombardement maritime et que sa garnison eut été considérablement augmentée quand Bragg en prit le commandement, on craignait sérieusement que l'ennemi n'obtint quelque avantage, ne fit une suri)rise, et ne réussit à prendre possession de la place par un stratagème quelconque.

Ces craintes devaient être réalisées à la lettre. Le fort Fisher offrait deux fronts de défense ; le premier, faisant face à la terre, était construit en travers de la péninsule, large en cet endroit d'environ une demi mille ; sa longueur était d'environ 1,400 pieds. Le second, en face de la mer, courait de la droite du premier, parallèle au chenal, et s'étendait jusqu'à la batterie Mound, — distance d'environ deux tiers de mille. La ligne de teire pouvait résister à toutes les attaques faites par le Nord, et la ligne de mer empêcher les navires ennemis de s'avancer dans le New Inlet ou de débarquer des troupes à Fédéral Point.

Evidemment, il était d'une importance capitale d'empêcher le débarquement des troupes de l'ennemi, ou au moins

de les déloger aussitôt qu'elles auraient mis pied à terre, aussi les forces de Bragg furent-elles disposées dans ce but Le général Hoke occupa une ligne au nord du fort Fisher. Le 13 janvier, Terry réussit, protégé par le feu très vif de la flotte, à jeter quelques milliers d'hommes à cinq ou six milles au-dessus du fort. La place de débarquement avait été judicieusement choisie ; les troupes arrivèrent au-dessus du col du détroit, mettant ainsi un petit canal entre elles et toute force confédérée qui aurait tenté de les attaquer, ou la forçant de tourner autour de l'extrémité inférieure du détroit, l'un ou l'autre de ces mouvements éventuels devant être exécuté sous le feu concentré de toute la flotte fédérale.

Il était de l'intention de Hoke d'attaquer l'ennemi aussitôt qu'il s'avancerait. Il fit avancer sa cavalerie sur son flanc droit pour observer les mouvements des Fédéraux, et-' il s'assura ainsi qu'ils avaient établi une ligne à travers l'isthme, jusqu'à la rivière. Mais le lendemain matin, il fut rapporté C[ue grâce au manque de vigilance des Confédérés, l'ennemi avait réussi à élever une seconde ligne. Ses troupes, pendant la nuit, s'étaient glissées entre la cavalerie d^ Hoke, avaient , défilé à travers le terrain marécageux et presque impraticable qui s'étendait jusqu'à la rivière, et occupaient au matin une ligne retranchée sur le flanc droit de Hoke, s'é tendant au travers de presque toute la péninsule. Le général Bragg donna d'abord l'ordre de charger l'ennemi dans ses retranchements, mais après une reconnaissance minutieuse, qui dévoila la véritable force et la position de l'ennemi, il se détermina à se retirer, après avoir renforcé le fort, laissé sous le commandement du général Whiling ; la garnison, par cette addition, s'élevait au chiffre de deux mille cinq cents hommes. Dans l'après-midi, l'ennemi poussa une reconnaissance jusqu'à un tiers de mille du fort Fisher. Il paraissait probable que des troupes pussent s'avancer jusqu'à cjuatre cents pas du fort sans subir de pertessérieuses, mais il restait à savoir, chez les Fédéraux, si les munitions nécessaires pouvaient arriver par le chenal ouvert dans le cas où on se résoudrait à faire le siège du fort par des parallèles régulières. On décida de tenter l'assaut le lendemain.

Pendant que ces mouvements s'effectuaient par terre, la flotte ennemie avait continué, pendant trois jours, à bora-

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Jcs angoisses inexprimables. Des invalides, arrachés de leurs lits et déposés dans la rue, passèrent la nuit entière exposés aux tlarames et à la fumée, — ou au froid de l'hiver, si on les

eurent bientôt entouré le bâtiment, et les sœurs, au nombred'environ soixante, s'élancèrent en tumulte dans les rues. Quelques citoyens formèrent une garde autour de ce groupe

avait transportés à ime certaine distance du foyer de l'in- | terrifié et; conduisirent ces dames au parc Sidney. Là, elles

cendie. ! espéraient être en sûreté, car il n'y avait dans le voisinage

Au couvent, une scène lamentable se passait. Les flammes ' que des maisons occupées par les Fédéraux. Mais des gre-

" Votre iiioutic ! votre argent ! disaient-ils. Souvent il? ne taisaient ancnne question, et quand la montre où la chaîne, le bracelet où l'anneau de la ]porsonne menacée se trouvait sous la main, ils ne jugeaient pas nécessaire de dire aucune parole et ils dépouillaient consciencieusement leur victime ; lo bijou changeait instantanément de propriétaire. Des centaines de femmes, uii plus grand nombre encore de vieillards, furent ainsi dépouillés. Le moindre signe de résistance provoquait immédiatement remploi de la force.

'• I.e vénérable M. Alfred lluger fat ainsi vole dans sa propre chambre eu prtseuce de sa famille et sa femme gisant sur un lit de mort. 11 voulut ï'csister, mais ou lui mit la main au collet et on lui arracha les objets de valeur qu'il portait sur lui.

'• PZn pleine rue. les bandits étaient activement occupes. Le moyen d'opération le plus fréquemment employé était celui-ci : ils demandaient l'heure à quelque passant bien mis. Si ce dernier avait assez peu d'- présence d'esprit pour répondre, soit en montrant sa montre, soit en faisant savoir qu'il en avait une, on la lui prenait tranquillement dans son gousset et elle passait dans la poche de l'interlocuteur qui, non content de s'approprier le bijou, lançait encore cjuelqucs remarques ironiques au malheurcu.^ dévalisé. Si celui-ci paraissait vouloir opposer quelque résistance, on lui plaçait le canon d'un revolver sur le front et cet argument produisait son effet.

•' Le veneralde M. ri. se tenait p; et, la poitrine découverte et son couteau de chasse à la main, à protéger ses innocentes enfants. M. O. en voulant s'approcher trop familièrement d'une de ces demoiselles faillit perdre la vie en provoquant la colère du vieillard qui déclara qu'il se soumettrait à la destruction et au vol de toutes ses propriétés, mais qu'il s'acrifierait sans pitié sa vie et celle de ses propres enfants pour les sauver du déshonneur.

•• M,. James G. Gibbcs eut beaucoup de difllcultes, bien qu'il fut arme et aide par un officier yankee, à arracher deux jeunes dames des mains d un groupe de scélérats.

, ' Mme (T., était malade et alitée, dans un état presque désespéré. Les bandits en entrant dans sa maison, ne s'arrêtèrent pas à ces détails qui !eur« lurent communiqués. Ils forcèrent l'entrée de la chambre de la malade, ôtèrent les bagues de ses doigts et la montre cachée sous son oreiller et terrifié" ront tellement l'infortunée par leurs menaces, qu'elle ne survécu qu'un jour ou deux à cette visite.

'• En grand nombre de cas, les boudoirs, la vaisselle et même les lits étaient souilles de la manière la plus inmioude par ces infûmes bandits. Une fois, quelques-uns d'entre eux remplirent d'ordures la vaisselle et les vases de la cuisine, les placèrent dans un lit et se firent un jeu de tirer sur ces vases. En quelques instants, ils furent brises en mille éclats et le lit rtinp'i d'ordures. " " .

" Un grand nombre de tombes fraichemer.t creusées furent touilles ; les cercueils furent retirés et brisés : on cherchait évidemment s'il ce se trouvait pas quelque valeur enfouie et les corps restaient exposes ça et lit. Chaque pied carré d'un jardin ou d'un cimetière qui paraissait avoir été récemment fouillé, était sondé avec un sabre ou une baïonnette, dans cett'.^ chasse désespérée aux dépouilles.

•' Une dame indignée dit, en parlant du gênerai Atkins, de l'armée de Sherman, présent à cette conversation : '• Il fait la guerre aux femmes ! " ■' Oui, répondit Atkins, '• et à juste titre. <Je sont les femmes du Sud qui ont fomente cette rébellion maudite. Nous avons éprouvé une grande satisfaction à la vue de c°s fières dames de la Géorgie demandant à genoux un morceau de pain au.x Yankees, et tel sera 1)ientùt votre sort à toutes, vous femmes de la Caroline du Sud. "

Escortant une longue procession de fugitifs, s'enfuyant de leurs maisons enfiammees, un soldat s'exclama :

" Quel glorieux spectacle. " ■ '

■' Quel spectacle pitoyable, répliqua une des dames escortées. Comment des homaies peuvent-ils se réjouir des horreurs d'une telle scène et voiries souft'rances d'innoceuts, sans se sentir le coeur déchiré par le remords'? c'est ce qu'il est difficile à concevoir. " ■ ■ • ■ •

•• Nous nous en glorifions ! répondit le Yankee. Je vous Taffirme, madame, quand le peuple du Xord apprendra la vengeance que nous avons tirée de votre ville, ce ne sera qu'un cri universel de réjouissance et de felicitation, du Maine au Maryland. "

'' Alors, nronsieur, vous êtes le digne représentant de votre peuple. "

Un autre, escortant volontairement quelques personnes, un samedi matin remarqua en désignant les cheminées restées debout sur les ruines fLimantcs de l'incendie : " Quel singulier peuple vous êtes ! vous construisez les cheminées avant de bâtir les maisons. "

Un autre, tout aussi impudent, dit à une dame qui portait son enfant dans ses bras :

'• Laissez-moi porter cet enfant, madame. "

'• Sur votre vie, ne le touche;^ pas, répliqua-t-elle. Je le jetterais plutôt dans les flammes et m'y plongerais après lui avant de le voir souillé par votre attouchement. Jamais aucun de mes enfants ne devra l'ombre d'un service à un Yankee, ''

" Eh bien ! par le diable, c'est fort ! répondit le soldat, mais j'aime votre courage. Nous vous aimons tous et nous reviendrons après la guerre prendre femme dans la Caroline du Sud. Nous haïssons ks hommes de ce pays tomme l'enfer, mais les femmes nous plaisent.

■■ Nous préférons votre haine, dût-elle se manifester par le meurtre et l'incendie. Laissez-nou^. ''

Mais souvent, la fuMieté et le sang-froid de ces nobles femmes ne les sauvaient pas des outragea des bandits. Parfais, C3S sévices donnèrerit lieu à des scènes assez risibles ; une d'elles, accostée par un soldat aux manières violentes, ne montra point le même sang-froid.

■' Votre montre 1 votre argent I chienne de rebelle ! lui dit le voleur, en proférant un juron horrible et en lui plaçant le canon de son revolver sur le l'ront "

C.tte menace horrible, cette demande soudain^ t cet mpognes d'arguments si puissants, teirlfièrent la i auvre dame h un te! po'at qu'elle s'écria : •' Oh, mon Dieu ! je n'ai ni montre, n; argent, excepté cli i qui est ro ilé autour de mi ceinture ! "

Nous n'avons pa? licsoin de dire avec quelle ]iron pt'tude le couteau du soldat eût b'entùt tranché la ceinture de la robe de sa victÏTie.

nades furent bientôt jetées de tons côtés jusque dans les profondeur? les plus retirées du parc ; les infortunées cherchèrent en vain un refuge où elles eussent été à l'ahii des projectiles incendiaires. Les personnes réfugiées dans cette partie de la ville durent traverser un rideau de flammes, trop heureuses de se trouver hors de la portée de l'élément destructeur, mais dépourvues d'abri et réduites à coucher en plain air : cependant plusieurs de ces personnes avaient réussi à sauver de Tincendie soit un matelas, soit une couverture, mais c'était là le plus petit nombre. Les grandes places de la ville, ses larges rues courant entre deux rangées de ruines, ]nésentèrent bientôt l'aspect d'un vaste cam})enient ; femmes, enfants, vieillards, en proie à la |)lus vive terreur, abattus par les émotions de la journée, gisaient çà et là sans abri, sans couvertures. Chaque heure de la nuit ajoutait ime horreur de })lus aux liorreurs de cette scène néfaste. Vers minuit, tous les groupes de maisons de la portion commerciale de la ville n'étaient plus qu'un vaste monceau de ruines. Vers quatre heures du matin, une dame demanda à un officier : '•' Au nom de Dieu, monsieur, quand cette œuvre de destruction finira-t-elle ?"' — '• Au lever du soleil, '"' répondit-il, '• vous entendrez une sonnerie de clairons ; un garde entrera dans la ville et les troupes qui l'occupent cette nuit se retireront. Alors, mais alors seulement, l'incendie cessera. "

Le lendemain le soleil se leva, et sa lueur blafarde, perçant avec peine les nuages de fumée qui obscurcissaient le firmament, éclaira un spectacle d'iiorreur ot de désolation. La partie la plus belle et la plus i-iclie de la ville de Columbia n'était plus qu'un vaste amas de ruines. Quatre vingt-quatre dets étaient brûlés ; à peine restait-il une iriaison debout dans ce cpiartiei de la cité. Le Capitole, six églises, onze banques, un grand nombre d'écoles, d'institutions particulières, de maisons d'apprentissage, tous les monuments élevés par la piété, la bienfaisance, la charité, l'industrie et le commerce avaient disparu ; il ne restait que les cheminées de tous ces établissements ; spectres gigantesques qui semblaient garder ces ruines. Les beaux arbres qui ombrageaient les larges rues de la ville, les jardins publics qui en égayaient l'aspect, étaient détruits ou desséchés par les flammes. De tous cotés, des ruines fumantes, des murs noircis sous lesquels s'abritaient quelque pauvre famille, riche hier, et aujourd'hui ne possédant qu'un matelas, mais le plus souvent dénuée de tout et couchée sur la terre nue. Ça et là un vieillard, une femme ou un enfant, assis près de la ruine qui avait été sa maison, semblait ne pas comprendre ce qui s'était passé dans cette nuit fatale. Au milieu de ces groupes, passait de temps à autre un détachement de soldats, ou plutôt de bandits, en quête de butin, et jetant en passant quelque sarcasme ou quelque grossière insulte aux victimes. Quelquefois, un Boldat, moins inhumain, détournait les j^eux à la vue de cet horrible spectacle ; d'autres, il faut le dire à leur

louange, ne se contentaient pas de ce désaveu tacite, déploraient hautement ce crime abominable et s'efîbrçaient. par des paroles de sympathie, de relever l'espoir de ces malheureux.

On a essayé de disculper le général Sherman de cette terrible accusation d'avoir délibérément brCdé et détruit Columbia, et l'on a voulu attribuer cette calamité à un accident ou à la négligence apportée dans l'exécution de l'ordreprétendu du général Hampton, prescrivant de brfder lu coton qui se trouvait dans la ville. Cette explication a été bien tardive ; elle n'a été mise en avant que quand le général Sherman se fut convaincu de l'horreur qu'avait excitée son crime dans tout l'univers civilisé et qu'il eut conunencé à en apprécier les conséquences. Cette accusation retoui'uée conti'c le général Hampton, — cet officier chevaleresque dont la parole n'a jamais été mise en d.)ute par ses amis ni par ses ennemis, — a déterminé la réponse suivante : ''Je nie énergiquemcnt avoir donné l'ordre de brfder une seule balle de coton à Columbia. Je nie que les citoyens aient mis le feu à des milliers de balles roulées dans les rues. Je nie (pi'il y ait eu la moindre iiarcelle de coton en

flammes quand les Fédéraux entrèrent dans la ville

Je m'engage à prouver que j'ai donné l'ordre positif, d'après les instructions du général Beauregard, de ne pas mettre le feu à une seule balle de coton; qu'il n'y avait pas une balle en feu quand les troupes du général Sherman i)rirent possession de la ville ; et que, malgré sa promesse solennelle, il a brûlé la ville jusque dans ses fondements délibérémsnt. systématiquement, et d'une manière atroce. "

Comme nous l'avons vu, les faits sont ainsi irrévocablement établis : que la ville de Columbia fut livrée aux flammes de propos délibérés, qu'on mit le feu en vingt différents quartiers à un moment donné; que quelques heures auparavant, un officier fédéral en avait averti les dames du couvent des Ursulines; et qu'au moment où l'incendie se déclara, un soldat fédéral voyant éclater trois fusées, déclara au maire que tel était le signal. Il est des témoins qui peuvent attester ces faits. D'un autre côté, on peut demander à ceux c[ui prétendraient que ces atrocités n'étaient pas préméditées ; Pourquoi les soldats de Sherman ont-ils empêché les pompiers d'agir lorsque l'incendie s'est déclaré"? Pourquoi ne les ont-ils pas aidés à éteindre les flammes? Comment, quand vingt mille hommes occupaient les rues et les places de la ville, eut-il été si facile à quelques iuce?ulia'nvs, — car on a essayé de rejeter cette terrible responsabilité sur un nondjre partiel de bandits, — de réussir dans un projet d'une telle extension? Chaque circonstance montre à l'évidence que l'incendie était prémédité; que les soldats ne firent que le propager et de l'alimenter, pour augmenter le desordre et leur permettre de piller partout.

Mais l'incendie de Columbia ne fut par le S3ul titre de honte de Sherman pendant sa marche à travers les Caro-

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFEDERES

Larder furieusement le fort Fisher. Plus de quatre cents canons vomissaient sur la forteropso confc^dérée une avalanche de projectiles de tous calibres. La flotte comptait trois divisions navales ; la première, conduite par le Brooîchjn, portait cent seize canons ; la seconde, guidée par le Ilinncsota, cent soixante-seize, et la troisième, formée de canonnières, cent vingt-trois. Dans l'après-midi du 15 janvier, jour désigné pour l'assaut, cette immense escadre concenti'a tout son feu sur les murs du fort Fisher ; pendant que ratla([UO par mer s'effectuait avec une telle vivacité, Terry organisait ses troupes pour l'jissaut. Trois lignes parallèles, fortes d'une

l'ordre de se porter vers les districts devenus désormais le priiicipal théâtre des hostilités dans les Oarolines.

La nouvelle base ouvei'te par l'ennemi, devait, d'après les instructions da général Grant, prêter appui à Sheruian. L'Etat de la Caroline du Nord fut constitué en département militaire et le commandement en fut confié au 2;énéral Schofield, dont le corps d'armée avait été retiré des lignes du Tennessee. Les instrr.ctions suivantes lui furent données par Grant :

City Point, A^irgtnik, .3! janviev ISG'). Génénil : "\'os mouvoioPnl'S ont pour but unn coopération avec

brigade chacune, se placèrent- à un intervalle d'environ neuf ,ceu.^ d;^ Sher»,an, dans les Etats du Sud pt do la Carolino du Nm-d. cents pieds, et elles S élancèrent sur i extrémité occuientale ; ' ' ^ >, v^

de la ligne de teri'e du fort.

Le feu rapide de la flotte empêcha les Confédérés de se servir de leur artillerie et de leur infanterie contre les lignes d'attaque de l'ennemi, avant qu'elles arrivassent à environ cent vingt pas du fort, quand le feu des navires se tut JJOUr ;q"'- vous pourrez, et rocous! ruinant h- cliemin à mesure que vous

1 • 1 1 T1 ^ -^ 1^ „'i^>,,,« ,T.ir,r,.T,-,4- n; ,^r, -,-,,, r,i,^ ,, .• „ | .M V ail c (' TP z . L V n t r 0 p r ! .S 0 O u 1 vo u S p S t confiée a deux fins ; d'abord, do

laisser le champ libre a la colonne d assaut, Umquante-six ' i ' '

lioro deviendra ensuite votre point olyectif et vrus vour porterez sur cette place de AVilrnino-ton ou de Newbcrn, ou do ces deux villes à la fois, si vous le jugez plus ronvenab'e. Dans le cas où vous ne pourriez pas arriver à Giddsboro, v(nis vous avancerez ?ur la li^^ne ou les lie;nes de cluniins de fer qui reli(uit celte place à la côte, aus?i piùs

heures passées dans les casemates du fort avaient exténué

donner au général Slierman do l'aide, s'il en alicsoin, pour poursuivre sa marche vers îe Nord : ensuite, de lui ouvrir un(î ba*e d'approviet affaibli les Confédérés, qui opposèrent pourtant une .jonnements sur sa ligne de marche. Par conséquent, aussitôt que héroïque résistance à la colonne d'assaut de l'ennemi. La vous aurez choisi lequel de ces deux points, AVilmington ou Newbern,

compagnie Braddy, chargée de la garde de la poterne, céda, vous pouvez user avec la plus d'avantage pour envoyer des approvimais de sept à enviion dix heures du soir, le combat COnti- sionnements dans l'intérieur, vous commencerez à y aocumuler des

rations pour soixante mille hommes et du fourrage pour vingt mille

nua, et chaque pouce de terrain fut bravement contesté. Mais le nombre l'emporta encore une fois contre l'héroïsme et le

chevaux. Vous transporterez autant de ces approvisionnements quo vous pourrez en mettre ti couvert et en protéger à tel point de l'inîé-

dévouement. L'ennemi n'avait pas perdu un seul homme ^..^^^. ^^.^^ ^,^,^,g p^,.,^ ^^ ^^^^ d'occuper

avant d'entrer dans 1" fort, et la perte qu'il accusa, dans l'affaire entière, se montait à sept ou liuit cents tués ou blessés, tous tombés dans l'intérieur de la foi'teresse. La garnison, enfin chassée de sa position, se retira au bas de la péninsule pour couvrir quelques travaux construits près du détroit. Mais une plus longue résistance était inutile ; vers

CA?,[rAfiNE DE LA C'AUOLTNE DU NORD.

Quand Sherman laissa derrière lui les ruines fumantes de Columbia, les Confédérés crurent qu'il s'avancerait sur Charlotte, où tous les wagons et les locomotives avaient été

minuit, le général Whiting se rendit, lui et ses sokhits, | i^-^jg ^^-^ j^pèt, et d'où on ne pouvait les retirer, les voies fercomme prisonniers de guerre. Leur nombre était d'environ 1 ,.^,e^ laissées libres au nord de cette place n'ayant pas la dix-huit cents liommes, le reste de ses ti'oupes ayant suc- i„^.„^e largeur. Le 21 février, Sherman passa effectivement

à trave]\s Winnsboro, sur le chemin de Charlotte, mais Je 23, il se détermina Ijrusquement à faire un grand circuit et il se porta rapidement sur Fayetteville. Pendant ce temps, l'autre armée ennemie se préparait à marcher sur Goldsboro en deux colonnes, l'une venant de Wilmington, l'autre de

combé i endant l'attaque.

La chute du fort Fisher décida du sort de Wilmington. Elle fut bientôt suivie de la perte des autres défenses de cette ville. On fit sauter le fort Cas^Yell, et on abandonna les travaux de l'île Smith, livrant ainsi à l'ennemi le contrôle entier de l'embouchure de la rivière Cape Fear. Le {Newbern; à réparer les deux chemins débouchant sur cette fort Andersen, principale défense de la rive occidentale du j place, et à a])provisionner Sherman à Fayettville, par la Cape Fear, fut évacué le 19, aussitôt que la flotte de Porter 1 rivière du Cape Fear, si cela devenait nécessaire. La colonne eut fait son apparition, et au moment où une force de terre, partie de Newbern fut attaquée le S mars, près de Kinston, commandée par le général Schofield, s'a})prêtait à cooj)érer par le général Bragg, à la tête de ses propres troupes et de avec les navires pour opérer la réduction de ce fort. Wil- la division Ilill, de l'armée du Tennessee. L'ennenji fut

mington fut occupée sans résistance et les troupes du général Bragg, qui étaient restées oisives pendant plus d'un mois (en dépit des protestations énergiques du général Beau-

complètement battu et Bragg prit quinze cents prisonniers. Le 9 mars, le «-énéral Bragg trouva les Fédéraux fortement retranchés à l'arrière de leur position de la veille. Il feignit

regard, qui avait représenté au président Davis qu'après la lune attaque et se retira ensuite.

chute du fort Fisher, Wilmington devenait un point inutile Le 14, le corps ennemi commandé par Schofield traversa

à garder, tandis que les troupes qui continuaient à l'occuper pouvaient être employées contre Sherman) reçurent enfin

la rivi'ère Neuse, occupa Kinston, et et entra à Goldsboro le 21. Le 22, la colonne do Wilmington atteignit le i-)ont

Cox, pur la mômo vivièro, n dix milles an-flossiis do Goldsl)oro.

nn message annonçant que l'armée fédérale se portait sur Goldsboro en denx colonnes : le Quinzième et le Dlx-sep- U ne restait donc à Sliermnn qu'à faire sa jonction avec j tième Corps par le chemin direct de Fayetteville à cette

Scliofield et compléter la combinaison. Mais pour accom-

place ; le Quatorzième et le Vino-tième par la route d'Ave-

])lir cette coopération, dernière étape de sa mai'clie, il était i rysboro. Suivant des rappoi'ts authentiques, la première de évident qu'il aurait à livrer nn combat plus acharné et plus ces colonnes avait un jour d'avance sur rautre^ qui atteinimportant que tous ceux qu'il avait soutenus depuis son dé- drait, suivant toute probabilité, un point eu face de Benton-

jmrt d'Atlanta. Tj'aneieu adversaire de Sherman, le général Johnston, avait été d(^ nouveau placé au commandement des forces confédérées dans les Carolines, et on put croire enfin

ville le 19, au matin. Ce dernier village est situé à environ deux milles aux nind du chemin, et à seize milles de Smithfield. D'ai)rès la carte de la Caroline du Nord, les deux

qu'une concentration sérieuse allait s'opérer et opposer une j chemins suivis par les colonnes convergentes de Sherman barrière ù la marche jusque là heiu'euse de Sherman. Beau- ! courent à une distance de douze milles l'un de l'autre et regaid avait été renforcé à Charlotte des troupes de Cheat- ! Elévation se trouve aussi à douze milles de Bentonville.

ham et de la iiarniseu d'Auinista et il avait assez de temiis ])our revenir dans la direction de Raleigh. Hardee venait d'évacuer Charleston et se portait aussi sur le même point. Il était éiralement faeih^ à Brago- et à Iloke, tous deux dans la Caroline du Nord, d'effectuer leur jcnction avec ces troupes et de former ainsi une ai'mée formidable en a2)parence, mais en léalité peu ledoutable })Our Sherman et beaucoup n)oins nombreuse qu'on pourrait le supposer en voyant l'énumêration des corps de formation. En effet, quand la campagne de l'ennemi dans la Caroline du Sud avait commencé, Hardee avait dix-huit m.ille houmies. A Chei'aw, il n'en avait conservé que onze mille et à Averysboro environ six mille. Il est vrai que onze cents hommes de troupes d'Etat de la Caroline du Sud l'avaient aband.onné entre ces deux dernières places, par ordre du gouverneur Magrath, de cet Etat; mais le reste de cette grande diminution provenait presque entièrement des dCsertions. Ces chiffres sont d'une source officielle, et ils montrent suffisamment, et sans l'aide d'aucun commentaire, où en était arrivé l'organisation militaire et l'esprit de résistance de la Confédération.

Le 15 mars, Shei'man quitta Fayetteville. Dans une langue de terre étroite qui s'allonge entre la rivière Cape Fear et le ruisseau Black, qui devient ici la rivière Blaclc, et se jette dans le Cape Fear au-dessous de Fayetteville, le général Hardee s'était posté avec les deux faibles divisions des major-généraux Mac Laws et Taliaferro. Le 16, il p/ut maintenii- son terrain avec quelque difficulté. Mais à la nuit, trouvant que la droite fédérale avait traversé la rivière Black et s'avançait sur Goldsboro, tandis que sa gauclie traversait de son côté le ruisseau, comme pour tourner sa position, Hardee abandonna sa position avant qu'il fut lout à fait nuit et il s'avança vers Elévation, sur la route de Smithficld, où il arriva le 17 à midi.

Le même joui-, le général Bragg campait près de Smithficld avec la division Hoke, formée des troupes de la Caioline du Nord et forte de quatre mille sept cent soixante-dix hommes. Le lieutenant-général Stewart se trouvait également dans le même voisinage avec près de quatre mille hommes de l'armée du Tennessee sous les major-généi'aux Loiing, D. H. Tlill et Stevenson,

Le 18j au lever du jour, on reçut du. général Hampton

Des ordres furent donnés immédiatement pour effectuer une concentration sur ce ijoint. Les coriis d'armée de Brao'o- et de Stewart arrivèrent sans encombre, mais il n'en fut pas de même de celui de Hardee. La position de Bentonsville sur la carte de l'Etat n'est pas exacte, et sa distance d'Elévation est en réalité beaucoup plus grande qu'elle n'est indiquée par l'échelle ; aucun chemin direct ne relie ces deux places. Ces circonstances fticheuses retardèrent l'arrivée de E[ardee jusque dans la matinée du 10. Pendant cet intervalle, l'ennemi était arrivé et avait attaqué la division Hoke, placée en ligne de bataille en travers du chemin et le corps de Stewart, déployé à sa droite ; l'aile droite de l'ennemi s'était jetée en avant à une distance considérable. L'attaque fut si vigoureuse que le général Bragg demanda de l'aide ; la division Mac Laws arrivait en ce moment, elle lui fut envoyée, tandis que la division Taliaferro allait se placer à la droite de Stewart. Mais avant que ces deux divisions eussent })ris leurs ])ositions respectives, l'attaque sur notre gauche avait été repoussée, aussi bien qu'une seconde tentative de l'ennemi pour débus(]uer la division Lorring. Hardee reçut alors l'ordre de charger auec le eoi'ps de Stewart et la division Taliaferro ; cette dernière devant attaquer le flanc gauche de l'ennemi. Notre aile gauche, sous Bragg, devait suivre successivement l'attaque et entrer en ligne de la droite à la gauche.

Sur la droite, où le terrain était libre, l'attaque eut un succès complet ; le Quatorzième corps fédéral fut repoussé dans un épais fourré, à au moins un mille et demi de sa bgne ; mais la marche' parallèle de notre gauche fut bientôt arrêtée par des retranchements construits dans des buissons touffus. Le feu commença à trois heures et continua jusqu'à la nuit. La cavalerie de Wheeler avait dû tomber sur les derrières de la gauche fédérale ; mais elle ne put réussir à traverser une rivière grossie par la crue. Après avoir passé une partie de l.i nuit à enterrer ses morts et à transporter ses blessés et ceux de l'ennemi à l'arrière, le général Johnston reprit ses premières positions.

Cette bataille, — connue sous le nom de bataille de Bentonsville,— se termina à l'avantage des Confédérés, et tout l'honneur en revient au général Johnston, quoique le but que se proposait sans doute celui-ci ; écraser Shermnn avant

HISTOIRE DE LA GUEREE DES CONFÉDÉRÉS

qu'il pût effectuer sa jonctiou avec Scliofield, n'eût pas été rempli. Avec quatorze mille hommes, le général confédéré avait tenu tête avec succès aux Quatorzième et Vingtième corps de l'ennemi et à la cavalerie de Kilpatrick, formant un chiffre total d'environ quarante mille hommes.

Le 20, toute l'armée fédérale était sur le front de Johnston ; ce dernier avait changé sa ligne de bataille et s'était déployé parallèlement à la route. Les Confédérés furent forcés de tenir leur terrain ce jour et le lendemain, pour emporter leurs blessés. Toute l'armée de Sherman, postée devant elle, tenta quelques attaques partielles, qui échouèrent successivement. Dans l'après-midi du 21, le Dix-septième corps perça l'étroite ligne de cavalerie qui formait notre gauche et arriva presque jusqu'au pont construit à l'arrière de notre centre et traversé par le seul chemin qui fût à la gauche de Johnston. Il fut aisément repoussé par la réserve.

Le 22, avant le lever du jour, Johnston s'avança sur Smithfield, laissant sur le champ de bataille quelques blessés que leur état désespéré empêclia d'emporter. Sa perte, pendant ces trois jours de bataille, s'était élevée à

deux cent vingt-quatre tués, 1499 blesses et plus de trois cents prisonniers. Celle de l'ennemi devait être bien plus considérable, les Confédérés ayant eu l'avantage dans les combats et s'étant battus sous couvert. Plus de huit cents prisonniers restaient entre nos mains.

La jonction des forces de Sherman et de Scliofield s'effectua le lendemain. Les deux armées réunies comptaient plus de cent mille hommes, et ne se trouvaient désormais qu'à cent cinquante milles des lignes de la Virginie. A peine Sherman eut-il disposé son armée dans les camps aux environs de Goldsboro, qu'il se rendit en toute hâte à City Point, où il eut une conférence avec le général Grant, et à laquelle assistait le président Lincoln. On convint d'un plan linal d'opérations contre Richmond : Sherman devait arriver par la ligne du Roanoke, puis pur le chemin do Diinville à Richmond, ou directement devant Petersburg. Mais ce plan ne fut pas mis à exécution. Grant vit des raisons d'anticiper sur cette coopération, et le sort de Richmond fut décidé sans que Sherman participât a cette catastrophe. . . •

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