‹ La cause perdueChapitre 77 sur 85 · CHAPITRE XLIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIL

KETIIAITE ET REDDITION Dlî L'ARMEE DE LElî.

^WRIL l*=i«J.-.

Les nouveaux possesseurs de Richmond virent le peuple se soumettre complètement à leur autorité. Aucun signe de violence, aucun sentiment do révolte ne se manifesta dans la population virginienne, qui subit machinalement le joug de ses nouveaux maîtres. Mais pendant quelques jours des rumeurs émouvantes, inaperçues des Fédéraux, remuèrent les masses ; des citoyens annonçaient d'un ton mystérieux telle ou telle nouvelle, propre à relever les esprits du profond découragement qui s'était emparé d'eux depuis les derniers événements. C'est ainsi que l'on prétendit, à voix basse, que Lee avait remporté une grande victoire dans sa retraite ; que Johnston avait frap])é Sherman d'un couj^ mortel, ou quelque autre nouvelle extravagante dont le résultat infaillible devait être de lelever soudainement la fortune croulante de la Confédération. Tant il est difficile l)Our l'homme d'envisager, de prime-abord, la chute complète de ses espérances.

Cependant, à part ces rumeurs absurdes, il était à Richmond des esprits intelligents qui entretenaient encore l'espoir, bien affaibli, il est vrai, que la cause de la Confédération pourrait se relever. Ces espérances reposaient sur une base étroite, quoique non entièrement illusoire. Lee pouvait eifectuer une retraite heureuse, s'unir avec Johnston, et quoique repoussées hors du territoire virginien, les armées de la Confédération pouvaient rentrer en Gréorgie et dans les Carolines, placer le centre du gouvernement dans un point plus rap[)roché des sources d'approvisionnements, et contrôlant un territoire beaucoup plus vaste que celui qui se trouvait sous sa juridiction à Richmond.

Ce n'étaient là que des possibilités, n'ayant que de très

faibles chances de réussite. Les journaux du Nord circulant à Richmond apprirent aux citoyens de cette ville que le président Davis avait atteint Dan ville et avait lancé la proclamation suivanle :

Dakvii.t.k, (Virginie), ô avril J8Gô.

Lp général en chef a jugé nécessairo de fairo tels mouvemonts qui ont décidé de l'évaeualion (\o. la cnpitalo. 11 serait impitulpiit do dissimuler l'éclipc innral et matériel fait à notre cause par l'occupa de n(>tre capitale par l'ennemi. Il serait également ia)prudent et indigne de nous de nous laisser abattre, et de relâcher nos efforts sous la pre.-sion de ces revers, quelques désastreux qu'ils puissent être. Pendant plusieurs mois, la plus gi'ande et la plus belle armée de la Confédération, conduite par un clief dont la présence inspirait une égale confiance aux troujies et au peu[d(^, a été forcée de limiter son champs d'opérations par la nécessité de surveiller constamment h^s approches de la capiUih; ; elle a été ainsi oi)iigée de perdre plus d'une belle occiisioii qui eut entraîné des résultats avantageux. Il nous appartient, mes compatriotes, de montrer par notre attitude en face de tels revers, combien était misérable cette pensée de ceux qui nous croyaient moins capable d'endurer la mauvaise fortune avec force d'âme que d'envisager le danger avec courage.

Nous entrons maintenant dans une nouvelle phase du conflit. Affranchie de la nécessité de garder des point particuliers, notre armée sera libre de se porter où les circonstances l'exigeront, et de harasser l'ennemi en détail loin de ses bases .Nous n'avons qu'à le vouloir pour assurer notre liberté.

Animé par cette confiance que j'ai toujours eu dans votre en rgie et voireforce morale, je vous annonce, mes concitoyens, que mon intention est do soutenir notre cause de toute mon âme et de toutes mes fdcultés, et que je no consentirai jamais à abandonner à l'ennemi un pied du territoire d'aucur des Etats Confédérés. Que la Virginie, ce noble Etat dont l'ancien renom est éclipsé par la réputation plus glorieuse encore qu'elle s'est acquise dans l'histoire de nos jours ; dont la poitrine nuo a affronté les principales attaques de l'ennemi; dont les

LA CAU8E PERDUE

fils et les filles ont montré un héroïsoie sublime qui les illustrera dans les temps futurs, — que la Virfrinie, par les bras de son peuple et par les bénédictions de la Providenee, soit g.irclêc et défendue, et jamais aucune paix no sera conclue avec les infâmes envahisseurs de son territoire.

Si sous la pression du nombre, nous sommes jamais forcé dû nous retirer temporairement au delà de ses limites, ou de celles d'aucun

Ail moment où les troupes A-enant de PefcersLurg traversaient l'Appomatox, les caissons abondamment chargés de la~ batterie d'artillerie do siège de Cummiu sautèrent, illuminant d'un éclair immense les profondes ténèbres de la nuit ; le choc de l'explosion secoua les environs comme l'aurait pu faii'C nu tremblement de terre. Peu après, les magasins du

autre Etat frontière, nous y reviendrons quand l'ennemi, battu et i f^j-t Clifton sautèrent à leur tour, ct de fort en fort, de dé-

barafsé, abr.ndonmra désespérément la tâche impossible et impra- | ^^,^^^, ^.^^ ^|^^^.,.^|.^ l'explosion détruisit toute la ligne fortifiée

tieablc de réduire à l'eclavacre un peuple qui veut être liluT. j • ,-t i -v i tj j.^ i - "d* i ^ r^ t-t - -j. -l

'^ ' ^ ' . . Iqui S étendait de 1 ctersl)nrg a itichmond. Cette scène était

Ne nous livrcms donc pas au désespoir mes compatriotes, mais , , ' p . . , t . .

^ TN- r • s- - ^. • ,„„ „„„ iïrande et imposante. Jj ariuée lugitive s acheminait à tra-

plaçnnt notre confiance en Du'u, faisons face a 1 ennemi avec une j o i ^ &

vers les ombres de la nuit ; à eharjue pas une nouvelle explosion jetait une grande lueur sur sa ligne de marche et

nouvelle éncrf^ie et avec la force de coeurs invaincus et invincibles.

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