JEFFERSON DAVIS
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Cette proclamation fat la dernière manifestation éucr- ;^'clairait sa le traite. Le ciel semblait enflammé aux points du président confédéré. Elle donna une certaine | qu'elle venait de quitter, et cette immense clarté semblait couleur au fait de l'évacuation ; mais les esprits ingénieux | encore, par contraste, augmenter l'ol^scurité qui se dérouqui conservaient encore de l'espoir et qui imaginaient ainsi i ''"^'' '^'-''^''^n*' ^~^'*"'-
une nouvelle théorie de la défense confédérée, négligeaient | En quittant Petersburg, le corps de Go;don prit le chede prendre en considération un élément d'une importance ; ^i^ ^^ ^- rivière; la division Mahone, accompagnée de capitale: rehét moral de la chute de Eichmond. Ils ne : toutes les troupes de la rive méridionale du James, suivit réfléchirent pas que pendant qua.tre ans cette ville avait été il'"^ l'o^ite du milieu, et Ewoll et Elzey, à la tête de la garl'objectif principal de tous les plans et de toutes les opéra- 1 l'^^ison de Pvichmond et d'autres troupes, prirent le chemin tiens de la guerre ; ils ne comprirent pas que dans l'esprit j^e plus rapproché du James. Le lendemain de l'évacuation populaire, le nom de la capitale était devenu le symbole de i<-l« Pe.tersburg, les Confédérés suivirent assez rapidement la Confédération ; ils n'admireut pas qu'avec Eichmond, la leur ligne de retraite, leur marche n'étant pas encombrée
cause du Sud toute entière tombait dans l'esprit de l'armée et du peuple, et que ce })aladium de la défense entraînait dans sa chute l'essence et l'emblème de la nationalité et toutes ces apparences extérieures qui entraînaient la foi
par les wagons et l'artillerie. Mais après la jonction du corps de Gordon avec ceux de Mahone et d'Ewell, accompagnés d'une ligne de wagons d'une longueur de trente milles, contenant tout ce qu'on avait pu enlever des différents dépar-
et l'enthousiasme populaires. Mais la suite des événements tements administratifs de la capitale, l'armée fut obligée de
se chargea de développer et de démontrer toutes ces conséquences, et les deiiiicres lueurs d'espérance de la Confédération s'éteignirent raindement.
KETIiAlTE ET REDDITON ElNxVLE DE l'AEMÉE DE LEE.
Dans sa tlernière dé[)éehe de Petcrsburg, le général Lee avait averti que })endant la nuit du 2 avril, il se rejjlierait derrière la rivière A])pomattox. Le commandant confédéré
ralentir considérablement le pas, et bientût les progrès de la marelie furent si faibles qu'il devint évident qu'un ennemi habile n'aurait en quelque sorte aucune peine pour atteindre les colonnes de retraite.
Cependant la journée se passa sans que l'ennemi flt aucune attaque, et sans qu'aucun corps considérable de l'armée fédérale p.irut à l'horizon. Jiisque-là, la retraite avait été effectuée avec sécurité, et son succès pouvait rassurer nos soldats. IjCS irou[)es venues de Eichmond s'étant
occupait alors une ligne semi circulaire, la gaucho repo- Ijointes à celles <|ui avaient évacué Petersburg, ainsi que saut sur rAp[)oraattox et serrant Petersburg de })rcs, son i l'extrême droite de l'armée, qui av.dt traversé l'Appomatox extrême droite, pressée vivement par Sheridan, se dé[»loyant I au-dessus de Petersburg, Lee se trouvait encore à la tête de dans le voisinage du chemin de fer Southside, à euviroi quinze milles à l'ouest de la ville. L'ennemi était persiuixh
idus de viii<>-l
mille hommes, bien contrôlés par lui. L'inénieux commandant avait judicieusement eeJcnlé que sa
que Lee était cou[)é à la droite et (pi'il lui était iiujxjssiblei j retraite mettrait l'ennemi dans la nécessité de dissoudre de traverser la rivière ailleurs qu'à Petersbui'g même; mais ten)[)o]'airenîei)fc un ou deux de ses corps d'aruiée, pour en
yer les divisions })0ursuivre vigoureusement l'armée
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confédérée. Dans la matinée du 3, le général Graut commença en effet la poursuite. Son plan, calculé d'après .l'o-
ceite. iqiinion était erronée. Quand la nuit vint, l'hor ti'cnflarama tout à coup et indiqua aux réginrents fédéraux (|ue les magasins de Petersburg étaient livrés aux flammes. Pendant plusieurs heures, une canonnade s'engagea, mais j })inion infaillible que Lee suivrait le chemin de Danville, vers minuit les Confédérés commencèrent abattre en re- jetait ainsi coiiçu : Sheridan devait pousser par le chemin traite. A trois heures du matin, le corps entier de Gordon, à de Danville, en côtoyant l'Appomatox; Meade le suivrait rcxceplion de quelques déserteurs et de piquets laissés à j avec le Deuxième et Sixième corps ; Ord se porterait de l'arrière, avait travf^rsé lieureusement la rivière et bri'ilé le jBaikesville le long du chemin de fer Southside, le ISTeup)ont. !vième corps devant suivre ce chemin deriière lui. Ce })lan
HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS
de poursuite était certainement bien conçu, mais il entraînait une éventualité possible : Lee pouvait tomber sur les corps détachés de l'ennemi. La question se réduisait donc à la rapidité des mouvements et des combinaisons, et bien que Grant occupât la ligne intérieure, son adversaire n'était pas dans une situation désespérée ; car le général Lee, même en le supposant serré de près sur le chemin de Danville, avait encore la ressource de faire un circuit, d'arriver au plus tôt à Farmville, de traverser l'Appomattox une fois de plus sur ce point, et, après avoir détruit les ponts sur son passage, de s'échapper dans les montagnes au-delà de Lynchburg.
Visiblement rassurée, l'armée atteignit Amelia Court- Ilouse dans la matinée du 4. Mais un désappointement terrible l'attendait à son arrivée dans ce village. Quelques jours auparavant, le général Lee avait envoyé des ordres très 23récis et très urgents pour l'envoi d'une grande quantité d'approvisionnements et de différents articles da commissariat, de Danville à Amelia Court-House. Mais les autorités de Richmond ne prirent aucun souci de cet ordre ; et le train de wagons chargé de ces approvisionnements s'était diiigô sur Richmond pour accélérer l'évacuation de la capitale, et avait })assé à travers Amelia Court-House sans y laisser son chargement. Le général Lee n'y trouva pas une seule ration })Our son armée. La situation était terrible ; pour nouri'ir ses hommes il lui fallait envoyer en f)urrage la moitié de son effectif; le pays était pauvre, CDUvei't de pinières et de foiêts ; en un mot, la famine, la famine absolue se dressait diivant l'armée et anéantissait sa dernière espérance. Pour comble de malheur, ce délai forcé de l'armée à Amelia Court-House donnait à Sheridan, qui poursuivait avec sa cavalerie, et au Cinquième corps, le temps de tomljcr sur la ligne de retraite des Confédérés. Dans l'après-midi du 4, on sut que ces forces fédérales étaient arrivées à Jetersville, sur le chemin de 1er de Danville, à sept milles au sud-ouest d'Amelia Court-House. Mais aujourd'liui il n'était plus question de batailles }iour le général Lee : son seul but, sa seule espérance était de s'échap[)er au plus tôt. Ses hommes souffraient liorriblement ; la moitié d'entre eux avaient rompu leurs rangs pour cliercher quelque nourriture dans le voisinage ; il'autres cherchaient à assouvir leur faim en cueillant les bourgeons des arbres ; d'autres encore, que ces circonstances teriibles exonéraient do tout blâme, voyaient dans le pillage leur dernière ressource. Ce fut avec celte armée désorganisée, aii'amée, se dissolvant à chaqiuî pas de sa retraite, que le général Lee se détermina à tenter sa dernière chance de salut, en pénéti'ani dans la région montagneuse de Farmvilli^, espérant proiitcr des avantages défensifs qu'elle of- IVai t.
Le 5, il se remit en route ; mais la rapidité de sa marclie n'était plus ce qu'elle avait été auparavant ; à peine les troupes exténuées faisaient-elles un mille et demi par heure. Ce ne fut pas sans un sentiment de satisfaction bien
prononcé que les troupes virent enfin ces wagons qui avaient tant contribué à ralentir leur marche, se vider et s'alléger de leurs dépouilles. Les chevaux et les mulets refusaient de tirer ; les conducteurs, démoralisés et brisés de fatigue, cherchaient en vain à faire avancer leurs attelages fourbus ; et, souvent forcés d'abandonner des wagons, ils les livraient aux flammes, tant pour empêcher l'ennemi de prendre possession de leur contenu que pour contrarier sa poiu'suite. Des caissons abandonnés sautaient cà et là, à mesure que la flamme les atteignaient, et, tout le long de cette ligne de retraite à l'arrière et sur chaque liane, un feu roulant harassait les fugitifs à chaque heure de la journée. A chaque colline, une division s'arrêtait, se déployait en bataille et tenait en échec les colonnes envoyées à la poursuite. Aussitôt que l'autre division avait, grâce à cette résistance, atteint une autre ligne de collines à l'arrière de celle occupée occupée par la première division, celle-ci se repliait à son tour à une troisième position défensive. On peut imaginer quelles étaient les immenses fatigues d'une telle marche. Des centaines de soldats tombaient épuisés ; des milliers d'autres jetaient leurs armes ; la démoralisation gagnait les officiers eux-mêmes ; ils ne faisaient rien pour empêcher les désertions. La plupart d'entre eux fermaient les yeux sur cette effroyable diminution des troupes effectives et marchaient, à la tête de leurs brigades, découragés et indifférents.
Mais dans cette foule atîaméc et désorganisée, restait encore quelque chose de ce vigoureux élément qui avait conquis une illustration immortelle à l'armén de la Virginie septentrionale, et inscrit sur ses bannièies des noms si glorieux. Dans sa retraite iinale, quelques éirlsodes allaient encore montrei' que son courage et son (b'vout'mont l'avaient accompagnée jusqu'au bout.
Le G, l'ennemi ayant changé son ordre de poursuivre pour se conformer au nouveau mouvement de Lee, Bheridan, avec sa cavalerie, attaqua la ligne de retraite confédérée au sud du Sailor's Ciech, petit tri!)utaire do l'Appomattox. Le corps de Ewell, f >rt d'environ quatre mille deux cents hommes, fut appelé au secoius de Fickett qui, avec sa division, réduit(^ à environ huit cents liommes^ était pressé de près [)ar Slicridan. En arrivant sur le terrain contesté, et pendant que Ewidl déployait ses troupes en ligne de bataille, on découvrit (jui^ la division Gordon, formant l'arrière-garde de l'armée, avait pris un autre chemin et avait suivi le train de wagons, et que les forces fédérales avaient déjà occupé le terrain élevé qn'a^•ait quitté le corps de Ewell, et ouvrait sur ce dernier une rapide et mortelle canonnade. Puis, quelques instants après, une très forte colonne d'infanterie parut à l'arriére et f)rça la ligne de bataille confédérée à faire volte-face, et à se préparer à un nouveau combat sur le terrrrin qu'elle venait elle-même d'oecupei-. L'ennemi s'avançait avec détermination et avec la résolution évidente de frapper un coup décisif en obligeant le corps affaibli du général Ewell à faire face aux forces écrasantes de l'armée fédérale lancées sur l'arrière de Pickett, sans qu'il lui fur
possible d'assister ce dernier, attaqué de Iront par l'autre colonne ennemie. Dans ce moment critique, une cliai'ge impétueuse faite par des troupes fraîches de rarmée fédérale, brisa aisément et complètement la ligne de Pickctt, qu'il fut désormais impossible de réorganiser ou de disposer efficacement. Les forces ennemies, encouragées par ce succès et confiantes dans le résultat final, se ruèrent alors sur les braves soldats d'Ewell. Déployant une valeur sans égala, cette poignée d'hommes réussit à tenir en échec, pendant quelque temps, cette force écrasante ; mais il vint enfin un moment où cette héroïque résistance se termirja ; le général Ewell, un de ses généraux de division, G. W. C. Lee, et la plus grande partie de ce corps d'armée furent pris, non sans avoir donné des preuves de courage telles que l'ennemi n'en pouvait attendre d'une si faible portion d'une armée eu fuite.
La retraite de ce qui restait de l'armée confédérée continua ainsi jusqu'au moment où elle traversa rAp})omatox et atteignit Farmville. Longstreet occupa les collines commandant la rivière aux approches de ce village ; les autres tioupes travei'sèrent pendant la nuit ; celles de Gordon passèrent par le pontHigh (High Bridge) et bivouaqiièrent sur la rive opposée. Pour la première fois depuis leur départ de Peteraburg, nos soldats purent enfin remplir leurs havresacs à Farmville, dans la matinée du 7, après avoir éprouvé des souffrances telles que les annales militaires des cinquante dernières années n'en ont racontées de semblables.
Au point du jour l'ennemi attaqua Gordon au High Bridge et Longstreet su)- les collines :\ l'arrière de Farmville. Après avoir mis le feu au pont et laissé une brigade pour tenir l'ennemi en échec, le corps de Gordon suivit la ligne du chemin de fer de Farmville, en laissant la brigade d'arrière-garde soutenii- un feu de tirailleurs très vif avec les Fédéraux. Arrivés sur les hautes collines de la rive supérieure de l'Appomattox, au delà de Farmville, les Confédérés parurent vouloir livrer bataille ; l'artillerie se mit en position, et les tirailleurs engagèrent sérieusement l'avant-garde fédérale, qui avait traversé la rivière sur les talons des dernières troupes de la ligne confédérée ; l'infanterie se déploya en bataille. Mais ces mouvements n'avaient pour but que de couvrir la marche des Avagons, et la portion de l'armée fédérale qui avait traversé la rivièi'C s'avança témérairement contre les divisions confédérées, croyant n'avoir à combattre qu'un amas confus et désorganisé ; ils purent repousser la garde des wagons et couper le train sur le chemin qu'il traversait, mais la division Grimes, accourant au pas de charge, attaqua à son tour les assaillants, les mit en déroute et leur prit deux cents prisonniers.
Pendant toute la journée du 7, l'armée confédérée marcha sans être inquiétée à l'arrière-garde. A différents intervalles la cavalerie ennemie tombait sur les trains de wagons, tuait quelques chevaux et effrayait les conducteurs
et les quartier-maîtres et disparaissait aussitôt, mais ces attaques partielles ne pouvaient inquiéter sérieusement la retraite. L'armée avait quitté le grand chemin et traversait des fourrés épais, où, à do rares intervalles uu sentier court et peu battu offrait U!)e voie plus facile. Le S, elle continua à marcher rapidement; ves le milieu de la journée, elle atteignit enfin un chemin praticable et s'avança à grands ))as vers l'ouest ; la nuit surprit l'arrière-garde à quatre milles d'Appomattox Court House, la tête de la colonne était arrivée au centre du village, Lynchburg ne se tr(Uiva!t plus qu'à vingt-quatre milles plus loin. Pas un cou[) de fusil n'avait été tiré dans la joui'née, et les troupes purent bivouaquer avec plus de sécurité qxw les jours précédents. L'ennemi paraissait être à une assez gi'ando distance de là. Les corps de musique des difféi'entes divisions saluèrent par leurs fanfares le coucher du soleil et les pauvres soldats se piépareut au repos avec cette ];rofonde quiétude et ce contentement qui succède aux grandes souffranc(^s.
]\Tais les officiers généraux étaient loin de ijartagcr cette sécurité tiompeuse ; leurs physionomies traliissaient clairement l'anxiété la plus vivo. Us tinrent c~iii:-:eil. Soudain les décharges lointaines du canon éveillèreni- If^s échos du bivouac ; puis arriva la nouvelle accablante que l'artillerie de l'arrière-garde était abandonnée et les troupe-; rompues. La situation se développa dans toute sa pénible vérité devant le général Lee. En poussant sur Lyncliburg, il s'était placé dans une dangereuse j)osition ; il se trouvait sur la bande de terre, large de sept ou huit milles au plus, qui sépare la rivière Jame.s de rApjKuiiattox, et les détonations de l'avant-gai'de lui disaient que la route d« Lynchbiug était fermée par Slieridan, tandis que Meade, à l'arrière, et Ord, au sud du Court House, complétaient le ceirh; et mettaient Lee dans l'impossibilité d'en sortir sans livrer b:itaille, et quand son armée n'était plus en état de soutenii- im eoml)at séiieux.
Le 9, de grand matin, le corps de Gordon reçut l'ordre de se ])orter à l'avant-garde, à travers Appomattox Court House, en dépassant tout le train de wagons et l'artillerie de l'armée. En ce moment, Lee n'avait plus que huit mille hommes pourvus de fusils. Gordon en prit deux mille et s'avança sur le front de bataille, tandis que les dél)iis du corps de Longstreet couvraient l'arrière-garde ; entre ces deux faibles lignes marchaient les quelques wagons qui restaient et quelques milliers de soldats désarmés, la plupart d'entie eux mourant de fiim et n'ayant plus la force de porter leurs fusils. Telles étaient la condition et les disposition de l'armée de Lee quand Gordon tenta cette tâche désespérée de faire une trouée à travers la ligne de Slieridan. La cavalerie confédérée se massa dans le village ; et le leste des troupes bivouaqua dans les champs, les jardins et les rues. Aux premières lueurs du matin, le corps de Gordon traversa le village et s'avança dans la direction de; l'ouest.
Une reconnaissance convainquit Gordon que la force en-
HISTOIKE DE LA GUERRE DES CONFEDERES
Demie en l'ace de sa ligne de bataille se composait d'un corp.s cunsitléra.Lle de cavalerie démontée. On fit toutes les disi)()sitions pour l'attaque ; vers dix lieures, la ligne de Gordiui .s'ébranla et marcJia aux Fédéraux. La cavaleiie ennenne fut aisément repoussée ; bientôt il sembla que notre arinée allait enfin trouver ime voie libre par laquelle elle put elïectuer sa retraite finale^ quand on découvrit que la cavalerie fédérale se repliait sur de fortes masses d'infanterie, qui ai'i-ivaient en toute luite, prenaient l'avance et attaquaient à leur toiu- notre colonne Les Confédérés reculèrent Gordon dépêcha à Lee que Fennemi le repoussait. Mais au moment où ses divisions f )rmaient une nouvelle ligne [)Our résister à uu mouvement de ilanc de SlieridaUj — quand les tirailleurs étaient déjà engagés, et quand la batterie des ■^^ Richuvjnd liowitzers " (qui avait tiré le premier coup de canon à Eethel) avait déjà tiré une volée et se préparait à en lancer une seconde, — un drapeau parlementaire apparut tout-à-cou[» et le conjbat finit, soudainement et d'une manière étranj'^e.
L'explication de cette cessation subite des hostilités fut bientôt connue. Pendant que cette poursuite de l'armée de Lee par les forces écrasantes de Grant avait lieu, la correspondance suivante, commtnicée à Farmville, s'échangeait entre les deux commandants, et se terminait par une demande d'entrevue finale, faite par Lee au moment où il recevait du général Gordon le message dont il est question plus haut.
7 avril 1865.
Général Robert E. Ler, commandard des Armées Confédérées.
General, — .T,es événements de la semaine dernière doivent vous convaincre de riimtilitf- d'une résittanee plus prolongée de l'armée de la Virginie septentrionale. Je crois qu'il en est ainsi, et je regarde comme mon devoir de me soustraire a la responsabilité de toute eflusion de sang ulterieuie, en voua demandant la reddition de cette partie de l'u'mec confédérée, connue sous le nom d'Armée de la Virginie septentrionale.
Très respectueusement,
Votre obéissant serviteur, U. S, GRANT, IJeutenant-general, commandant les Armées des Etats-Unis.
7 avril i8lJ5.
Gène! a!, — J'ai reçu votre note datée de ce jour. Quoique ne partageant pas entièrement l'opinion cpie vous exprimez au sujet de l'inutilité de toute résistance de la part de l'armée de la Virginie du Nord, j'éprouve égaleme:it le désir d'éviter toute effusion de sang inutile, et conséciuemment. avant de prendre votre proposition en considération, je vous demande les termes cpie vous oiïrez comme condition de sa reddition.
R. E. LEE, général.
■Au licutcriant-a-énénd U. S. Grant, commandant la armées des Etals-Upis.
8 avril 1865.
Al'. p;énéral R. ]'J. Lee, command.ard des eirmées des Elats-Confédéré^.
(jenerul, — Votre note d'hier soir, répondant à la mienne de la même date, ft me dt mamlant à quelles conditions j'accepterais la reddition de rai-méf^ delà Virginie septentrionale, vient d'être reçue.
En réponse, je dirai que la paix étant mon premier désir, il n'est qu'une condition sur laquelle j'insiste, savoir :
Que les hommes compris dans la redditio'i n'auront plus le droit de prendre les armes contre le gouvcrnemorit des Etats-Unis, jusqu'à leur échange
régulier.
Je vous rencontrerai ou j'enverrai des officiers jjour conférer avec ceux (jue vous pouvez designer dans le même but, à tel endroit qu'il vous sera agrealjlede choisir, pour arranger définitivement les termes d'après lesquels la reddition de l'armée de la Virginie septentiionale sera reçue.
Très respectueusement,
Votre obéissant serviteur, U. S, GRANT, Lieutenant-général, commandant les Armées des Etats-Uni?.
8 avril 18C5.
Général, - J'ai reçu, à une heure avancée, votre note d'aujourd'eui re" pondant à la mienne d'hier.
11 n'était pas de mon intention de vous proposer de vous rendre l'armée de la Virginie septentrionale, mais de vous denumder quelles sont les corr ditions de votre proposition. Pour parler franchement, je ne crois pas que les derniers événements soient de natui'c à autoriser une demande de reddition.
Mais couuiic le rétablissement de la paix doit être le grand objet de tous, je désire savoir jusqu'où vos propositions tendent à cette lin.
Je ne puis, en conséquence, avoir une entrevue avec vous en vue de rendre l'armée de la Virginie septentrionale, mais tant que vos propositions peuvent affi.'ettv les forces des Etats-Oonfederés placées sous mes ordres et tendre au rétablissement de la pai.x, je serai heureu.x de vous rencontrer demain, à di.'i heures du matin, sur la vieille route de Richmond, entre les piquets des deux armées.
Très respectueusement, , , . ■ , Votre obéissant serviteur,