‹ La cause première d'après les données expérimentalesChapitre 13 sur 197 · II. — Éternité de TÉnerg^ie · texte numérisé non relu

II. — Éternité de TÉnerg^ie

î. Le mouvement est partout, le repos absolu n'est NDLLE PART. — Par mouvcmcnt il faut entendre non senlement le mouvement visible des masses totales, mais encore le mouvement des molécules composantes de ces masses; ce mouvement, qui jusqu'à présent échappe à nos yeux ainsi qu'à nos instruments, est

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mis hors de doute par les vérifications expérimentales.

L'équilibre n'est pas le repos. Lorsqu'un corps est sollicité par deux forces égales et contraires, ce corps est en équilibre; le repos d'un corps en équilibre est une illusion d'optique.

Un objet *qui ne serait sollicité par aucune force serait en repos absolu. Or il n'est pas dans l'univers un seul corps qui soit dans un tel cas; non seulement le repos absolu n'existe pas, mais il est impossible qu'il existe. Ce que la multitude prend pour le repos est simplement un rapport d'équidistance entre les masses totales de deux ou plusieurs objets. Prenons pour exemple ce qui, aux yeux de la foule, est le type du repos absolu, à savoir, un caillou; par l'énumération des forces qui sollicitent ce caillou, on va voir quelle est l'énormité de l'erreur populaire.

1® Le caillou est entraîné par la terre dans son mouvement de translation autour du soleil, c'est-adire que ce caillou qu'on prétend être en repos absolu accomplit, en une année, un voyage d'environ 230 millions de lieues;

2» Il est entraîné par ta terre dans son mouvement de rotation diurne, c'est-à-dire que notre caillou, tout en voyageant dans l'espace céleste, exécute, chaque jour, une pirouette de 9 000 lieues de circonférence;

3® Le caillou est attiré vers le centre de la terre par la gravitation; l'intensité de l'attraction est exprimée par le poids même du caillou; notre caillou, par hypothèse, est situé à Paris; il pèse un kilo-

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gFrUiimo; il s'ensuit qu*il est tiré de haut en bas par une force équivalant à un kilogramnae;

4<* La caillou est le résultat de la combinaison dalomus d'oxygène avec les atomes du silicium; cliaqiie combinaison atomique forme une molécule. Or toute combinaison est un mouvement attractif (affiifitr) ; celte attraction se mesure par la quantité de chaleur dégagée ou absorbée; il s'ensuit que non seulemeot la masse totale du caillou, mais encore les éléments de chacune des molécules sont sollicités par ce genre d'attraction chimique qu'on appelle affinité;

o^ En outre, les molécules s'attirent réciproquement entre elles et se font équilibre; cette attraction I>hy3ic]ue moléculaire s'appelle cohésion ; on la mesure tii on Pexprime en poids (poids d'arrachement);

i\^ Appliqué à un thermomètre, notre caillou fait descendre ou monter la colonne liquide d'un certain nombre de degrés ; en général, la température du caillou est voisine de celle de l'air ambiant; notre cailïOu possède donc une certaine chaleur. Or qu'estce qae la chaleur? C'est un mouvement oscillatoire des molécules composantes; les molécules du caillou éprouvent donc un mouvement d'oscillation;

7«J Enlin, le caillou subit le choc des ondulations aériennes et des ondulations éthcrées. Si faibles que imagination puisse se représenter ces dernières, elles eiistent cependant ; comme le dit M. Faye, n'y eût-il que les ondulations éthérées, cela empêcherait à jamuiB que tout mouvement s'éteignît.

Par cet exemple du caillou, lequel apparaissait

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comme le type môme du repos absolu, on voit à com- ^ bien de mouvements divers sont en proie tous les corps sans exception, soit dans les masses totales, soit dans leurs molécules composantes. Il est donc démontré expérimentalement que dans l'univers le mouvement est partout, et le repos absolu nulle part.

II. Le mouvement ne peut être anéanti ni créé ; il ne SUBIT QUE DES TRANSFORMATIONS. — Daus tous Ics phénomènes physiques qui se passent sous nos yeux, les mouvements semblent s'annihiler, mais ce n'est qu'ea apparence; en réalité, ils ne sont que transformés. La démonstration de ce fait capital est l'objet de la physique de l'énergie connue sous le nom de thermodynamique. On peut résumer brièvement les faits acquis, de la manière suivante :

1® Le mouvement visible des masses totales (changement de position dans l'espace) peut se transformer en un mouvement invisible des molécules; cette transformation est décelée et mesurée par la chaleur qui se dégage ;

2® A son tour, la chaleur, manifestation du mouvement invisible des molécules, peut se transformer en une quantité équivalente du mouvement visible des masses; on a mesuré cette transformation ; la mesure déterminée est connue sous le nom d'équivalent mécanique de la chaleur;

3» A travers ces transformations équivalentes, la quantité totale de l'énergie reste constante, ainsi que le démontrent tous les faits de la mécanique et toutes les réactions de la chimie.

4" Le Tnouvement visible et le mouvement invisible peuvent se transformer en électricité, en magnétisme, en lumière, et réciproquement. Il est même certain que toutes ces formes de l'énergie sont inséparables; Tune ne peut apparaître sans que les autres n'apparaissent également, à un degré aussi faible qu'on voudra, mais elles apparaissent. Si nous ne les voyons pas toutes, b\ Vuiiv irclles seulement frappe nos regards à cause de son intensité majeure, c'est à la faiblesse de la vue humaine et des sens humains qu'il faut nous en prendre, et non à l'absence des phénomènes.

il pst donc prouvé expérimentalement que le mouvement ne petit être anéanti; il ne fait que se transformer.

5^* û Le mouvement ne naît de rien, dit le Père Seccliî, il résulte toujours d'un autre mouvement. Il t'Èt absurde d'admettre que le mouvement dans la nature liruie puisse avoir d'autre origine que le mouvemertt hiî-même. » Si, en effet, le mouvement, ïnanifeslation de l'énergie, pouvait être créé, la quantité de Ténergie totale ne serait pas constante; elle pnurr^iit subir un accroissement; or il est démontré expérimentalement que la quantité de l'énergie est conMnnte.

Enfin, en vertu du célèbre théorème mécanique du eystèmr iVrmé, il est impossible que la quantité de Teiiergie totale puisse varier en plus ou en moins. Or l'univers considéré dans son tout est un système néressairement fermé; il ne peut rien recevoir du deiiors pu is<]u'en dehors de lui il n'y a rien ; il s'ensuit

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que l'énergie totale de l'univers est une quantité constante. Toutes les variations partielles qui se font dans son sein se compensent mutuellement ; la quantité totale de l'énergie ne peut subir ni gain ni perte ; elle a été toujours la même, elle est et sera toujours la même : l'univers est un système fermé.

L'énergie est une quantité constante, elle n'a pu être créée, elle ne peut être anéantie ; elle passe seulement par des transformations. A ce fait on a donné le nom assez impropre, mais consacré par l'usage, de Loi delà camervation de V énergie.

Cette loi capitaleest due, pour la conception, à Jules Robert Mayer, médecin d'Heilbronn (Wurtemberg), et, pour la démonstration expérimentale, au physicien anglais Joule.

L'instrument de mesure de l'énergie est le calorimètre.

Gomme en métaphys ique on appelle éternel ce qui ne peut être ni créé ni anéanti, l'expression exacte est Loi de Véternité de Pénergie*

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