‹ La cause première d'après les données expérimentalesChapitre 125 sur 197 · Parasites à transmigrations et tk métamorphoses · texte numérisé non relu

Parasites à transmigrations et tk métamorphoses

§ I. Cestodes (en grec xecttoç ceinture, vers en forme de ceinture, sous-embranchement des articulés, classe des helminthes, 5^ ordre). Les cestodes comprennent deux tribus, celle des téniadés et celle des bothriocéphales.

I. Ténia solium ou tékia armé, du grec Tatvia bandelette ou ruban. Le ténia comprend une tête et un long corps en forme de ruban. Ce corps se compose d'articles qui sont chacun mâle et femelle; ils sont remplis d'oeufs; la tête a reçu des naturalistes le nom de scolex; le corps entier, celui de strobile; chaque article, celui de cucurhitiii ou de proglottis.

Des œufs mûrs sort un embryon de forme ovale, transparent, au milieu duquel on aperçoit six stylets placés par couple; ceux-ci finissent par entrer dans une grande activité. A Taide des stylets, Tembryon perce les tissus, les parois des vaisseaux; à l'aide du sang qui le charrie, il peut se répandre dans les organes les plus éloignés. Quand les embryons ont

i, VaxN BenedEx\, Commensaux et Parasites, pages 59, 133. Van Beneden, aux pages 132, 133, 135, cite, en outre, plusieurs genres d'isopodes (crustacés, groupe des édriophthalmes, 3" ordre) dont le développement récurrent est aussi prononcé que celui des lernéens et des cirrhipèdes.

traversé les parois des vaisseaux, ils creusent les tissus dans tous les sens jusqu'à ce qu'ils se trouvent dans les muscles ou dans l'organe qui est indiqué sur lébr itinéraire. Arrivés à leur destination, ils s'arrô tent, s'entourent d'une gaine; leurs stylets devenus inutiles se flétrissent; à l'un des pôles apparaît une couronne de nouveaux crochets, tout, différents des premiers, qui devront servir à amarrer la progéniture dans le nouvel hôte où ils seront introduits. Voilà le ver vésiculaire formé; sans subir aucun changeraient, il attend que son hôte ou l'organe qui le loge soit mangé pour se réveiller dans l'estomac du mangeur. Les deux premières phases de l'évolution sont donc celles-d : i^ état embryonnaire : embryon hexacanthe, mot grec qui signifie armé de six crochets; 2® état vésiculaire : kyste adventif où se forme le ver vésiculaire, appelé cysticerque, chez le ténia.

Une fois le kyste adventif dans Testomac du mangeur, les sucs de l'estomac dissolvent l'enveloppe et mettent le cysticerque en liberté. Celui-ci est muni d'une vésicule caudale plus ou moins volumineuse, d'où lui vient le nom grec de cysticerque (xudTiç vessie^ xspxoç queue); la tête est pourvue d'une double couronne de crochets et de ventouses, d'un cou et d'un corps peu développé, ridé transversalement. La tête et le corps peuvent se retirer dans la vésicule et s'y invaginer. Cette troisième phase évolutive est Véiat larvaire.

Le cysticerque mis en liberté abandonne l'estomac, pénètre dans l'intestin, s'attache aux parois avec ses

nouveaux crochets et ses ventouses et croît avec une telle rapidité qu*en moins de six semaines on voit souvent un ruban de plusieurs mètres de longueur. La vésicule caudale qui l'a protégé jusqu'alors €st abafîdonnée ; la partie qui reste, avec crochets et ventouses, est la nièi'e qui a engendré par gemmation ou bourgeon neraantj sans le concours des sexes, toute la colonie. C'est cette mère qu'on appelle ordinairement la tête du ténia; les naturalistes la nomment scolex. Une fois les cucurbitins ou proglottis formés, le ténia est à l'état adulte ou parfait; c'est la dernière phase de i'évolution*.

En résumé, les phases évolutives du ténia sont au nombre de quatre :

1^ Vétal embryonnaire : embryon hexacanthe;

2^ L\Hat véiiiculaire : kyste adventif où se forme le cysticerque;

3'* L'état larvaire : cysticerque débarrassé de ses enveloppes;

4* Vétal parfait : cucurbitins ou proglottis.

Ces quatre phases se retrouvent chez les téniadés qu*on a pu étudier dans la série de leurs évolutions, avec les variations qui caractérisent chaque espèce.

A l'état parfait, les téniadés n'existent que dans la cavité de l'inlestin des animaux; à l'état larvaire, ils se trouvent dans les autres organes. Communs chez les mammifères et les oiseaux, ils sont très rares chez les reptiles et les poissons.

Page 1