IV. — Les croisements dans le rèsne vég^étal
Dans la section consacrée aux croisements dans le règne animal, on a vu combien sont artificielles les divisions à chaque instant introduites dans la classification. (( Les expressions communément usitées, dit Agassiz, quand il s'agit des genres, des espèces ou des grandes divisions de nos systèmes : M. A. a fait de telle espèce un genre; M. B. emploie telle ou telle
espèce pour former son genre; et celles que beaucoup <]e naturalistes se permettent quand ils parlent de leur espèce, de leur genre, leur famille, leur système, mettent pleinement en lumière cette conviction que les groupes ainsi désignés sont la création de celui qui parle. » Ces arrangements ne sont pas assurément sans ulitité au point de vue de la commodité ninémoteclinique, mais ils ne répondent en rien à la réalité des choses; ils représentent les besoins de la mémoire o\k même quelquefois Tinfatuation humaine; ile ne sont pas l'expression de la nature. Il suit de là qu'on ne peut avec certitude rien déduira du croisement opéré entre des individus que teiac ou telle classification dit appartenir à deux espèces distinctes du même genre, ou même à des espèces de deux genres différents, attendu que ces espèces et ces genres, créations de l'ingéniosité humaine, n*ont aucun fondement dans la nature. On voit avec quelle prudence on doit accueillir lé résultat des expériences faites sur le croisement de prétendus genres et de prétendues espèces.
I. FÉCONDATION. — Les plantes peuvent être fécondéeS;, sott clïîicune par son propre pollen, soitparun pollen étranger apporté par le vent ou par les insectes.
Bans les piantes destinées à être fécondées par le vant, les fleurs ne sécrètent pas de nectar ; le pollen, puudreux et abondant, est trop sec pour pouvoir s'attacher au corps des insectes; la corolle n'existe pas ou ne possède ni le coloris, ni le parfum, ni le
nectar qui pourraient attirer les insectes ; aussi ces plantes ne sont-elles jamais visitées par ces animaux. Si on place sur le stigmate d'une fleur le pollen, d'une espèce différente; si ensuite, môme longtemps après, on y place du propre poFlen de la fleur, l'action de ee dernier est tellement prépondérante qu'elle annule l'effet du pollen étranger. Ce fait, mis hors de doute par les expériences de Gœrtner, est d'une haute importance pour expliquer le maintien de la ligne de démarcation qui sépare les espèces dans le règne végétal contemporain i.
Les expériences faites pour croiser les espèces distinctes sont d'une grande difficulté, surtout lorsqu'on opère sur des plantes hermaphrodites. Il faut couper les étamines, c*est-à-dire blesser grièvement la fleur, puis mettre celle-ci à l'abri du pollen que peuvent apporter les insectes et le vent. Aussi ne doit-on pas se hâter de tirer des conclusions négatives parce que les croisements expérimentaux sont restés inféconds. Le croisement occasionnel d'un individu avec un autre individu de la même variété ou d'une autre variété augmente la vigueur et la fécondité de la descendance. Cette loi s'applique aux végétaux comme aux animaux ^.
Gomme Tengraissement diminue le fécondité chez les animaux, ainsi la culture longtemps continuée dans un sol riche tend à diminuer la fécondité d'une