Renault, Plantes fossiles, pages 387, 393 figure
un grain de pollen. Or tous les procédés de divergence de caractères, à savoir, action du milieu ambiant, croisement et sélection, sont impuissants à produire d'f^ussi énormes passages.
IL Casuarinées. — Les casuarinées sont des arbres ou des arbrisseaux appartenant au sous-embranchement des dicotylées angiospermes ; les fleurs sont monoïques ou dioïques. Une plante est dite monoïque lorsque sur le même individu existent les deux sexes, mais séparés et placés à une certaine distance l'un de l'autre. Par exemple, le maïs a ses organes mâles placés au sommet de la tige, tandis que les organes femelles sont au premier tiers de la même tige.
1^ La tige des casuarinées est celle des dicotylées angiospermes, avec ses couches concentriques, sa zone cambienne d'accroissement, etc. ;
2<* Les organes reproducteurs sont ceux des dicotylées angiospermes;
Ho Les rameaux sont articulés, sans feuilles, avec gaines multidentées aux articulations ; les entrenœuds sont striés ; c'est la structure des rameaux et de la tige des prêles (équisetum), cryptogames vasculaires.
Aucun procédé de divergence, de caractères ne peut expliquer cette étrange association de rameaux cryptogames à une tige dicotylëe angiosperme.
IIL Ephédra. — Les Ephédra appartiennent au sous-embrancbement des gymnospermes, classe des conifères, tribu des gnétacées; les fleurs sont monoïques ou dioïques*
1» La tige a les fibres ponctuées, aréolées, des gymnospermes;
2® Auprès des fibres gymnospermiquessont de gros vaisseaux ponctués, aréoles, ce qui rapproche la tige de l'ephédra de celle des dicotylées angiospermes, puisque les gymnospermes sont dépourvus de vrais vaisseaux;
S^ L'ovule, solitaire, a la structure propre des ovules gymnospermiques * ; mais il existe un tégument externe offrant au sommet une ouverture par où sort un tégument interne, lequel s'allonge en tube styliforme ; celui-ci s'épanouit en disque stigmatoïde, plus ou moins persistant. Il s'ensuit que ces appendices rapprochent l'ovule gymnospermique de l'ovaire des angiospermes;
4» Les rameaux de l'ephédra sont articulés, noueux, offrant aux articulations des gaines munies de feuilles très petites, sétacées ; ce sont des rameaux cryptogamiques de prêle.
En résumé : 1» La tige de l'ephédra est en partie celle des dicotylées gymnospermes, en partie celle des dicotylées angiospermes;
2» Les rameaux articulés, avec gaines aux articulations, se rattachent aux prêles, cryptogames vasculaires ;
3<^ L'appareil reproducteur est gymnospermique, mais il réunit les apparences de la structure complexe d'un appareil angiospermique.
i. Saporta et M.AMOSy Phanérogames, tome l^'^pSigQsill'ilS,
« C'est tout au plus vers le milieu de l'époque tertiaire, dans l'oligocène, que de véritables éphédras auraient été observés, dans Tétat actuel de nos connaissances *. »
Cette étrange complexité dans la structure de réphédra est analogue à celle de Tornithorhynque parmi les animaux ; elle est tout ainsi inexplicable que celle du monotrème australien.