‹ La cause première d'après les données expérimentalesChapitre 159 sur 197 · III. — Ornpanes et ag^ents de la fécondation · texte numérisé non relu

III. — Ornpanes et ag^ents de la fécondation

1. L'ovule nu des gymnospermes. — L'ovule des gymnospermes est nu, c'est-à-dire dépourvu d'ovaire, de style et de stigmate; cette absence d'une enveloppe et de ses appendices met-elle l'ovule des gymnospermes en état d'infériorité relativement à l'ovule des angiospermes? Pour que l'ovule nu fût inférieur, il faudrait que, pap cette privation d'enveloppe et d'appendices, cet ovuki devînt moins apte à la fécondation et par conséquent moins propre à propager Tespèce. Il n'en est rien, la sûreté de la fécondation chez les conifères et la fertilité de celles-ci, non seulement ne le cèdent pas à celles des angiospermes, mais elles les surpassent peut-être. Les conifères, en effet, ont joué le rôle le plus considérable aux époques géologiques les plus reculées; aujourd'hui eHes sont l'une des familles les plus nombreuses et les plus répandues sur la terre.

On ne peut pas dire que Tenveloppe-ovaire est destinée à protéger l'ovule contre les rigueurs de la température puisque, au contraire, ce sont les ovules nus* qui résistent le mieux aux froids des hautes alti-

tudes. Les ovules protégés des angiospermes ont besoin d'un climat plus tempéré; ils succombent là où vit et s'épanouit l'ovule gymnospermique. Gela prouve qu'il y a, non pas deux types d'une perfection graduelle, mais simplement deux types différents.

Il y a plusl c'est qu'une cause de stérilité fréquente pour les ovules angiospermiques est inconnue aux ovules nus des conifères. Il existe, en effet, des cas assez nombreux où le pistil d'une plante est trop long pour que les tubes polliniques 'puissent atteindre l'ovaire, la fécondation ne peut avoir lieu*. L'ovule nu des gymnospermes est à l'abri d'une telle cause de stérilité; le grain de pollen tombe directement sur le micropyle; le tube pollinique n'a pas de chemin à faire pour atteindre le sac embryonnaire, il y pénètre immédiatement. En outre, l'abondance du pollen des conifères est telle que le vulgaire donne le nom de pluie de soufre aux émissions prodigieuses de poussière fécondante que projettent les anthères, au moment de la déhiscence.

En résumé, puisque la nudité de Tovule des gymnospermes, loin de nuire à sa fécondation, est souvent un avantage en regard des cas fréquents de stérilité qui atteignent les ovules munis d'un ovaire, d'un style et d'un stigmate, il s'ensuit que cet ovule nu ne constitue point pour les gymnospermes un caractère d'infériorité ; c'est un type différent, mais ce n*est pas un type inférieur.

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