Arloing, les Virus, pages
portion de 90 0/0. Habituellement on les y rencontre i rétat de spores.
Les taches de sang qu'on voit sur le pain, le lait, sur la colle et en général sur toutes les substances alimentaires ou farineuses exposées à la chaleur humide, sont causées par le micrococcm prodigiosm.
Les pluies de sang sont dues au spirillum saiiguineum, qui passe facilement du vert au rouge.
La neige rouge est produite par le protococcus nivalis; le lait bleu, par le bacterium cyanogeneum,
La mer Rouge doit son nom k une algue microscopique, le trichodesmium Ehrenbergii qui, parfois sur une surface de plus de 320 kilomètres carrés, la couvre de ses petits filaments d'une couleur rouge brique * .
Les dimensions des algues sont prodigieusement variées; le protococcus mesure à peine un300« de millimètre, tandis que les macrocystis ont jusqu'à 560 mètres d'étendue. Les macrocystis sont des algues laminariéesj pourvues de vessies natatoires.
IV. Polymorphisme des bactériens. — Le polymorphisme règne chez les bactériens comme chez les champignons. En modifiant la composition du milieu nutritif oucelledeTatmosphère ambiante, et en faisant varier la température, on change la forme extérieure et les dimensions d'un microbe au point qu'on peut légitimement le classer tantôt dans un genre, tantôt dans un autre. En voici un exemple frappant :
i. Lemaout et Decaisne, Traité de Botanique, page 740.
MM. Guignard et Charrin ont, au moyen de cultures additionnées de réactifs variés, réussi à obtenir le bacillus pyocyaneus sous la forme de bacille court ou long, droit ou courbé, de filament spirale et môme soùs la forme de microcoque. Dans tous les cas, il s'agissait de la même espèce, car si Ton semait Tune quelconque de ces formes dans du bouillon pur, on récollait immédiatement le bacille normal avec tous ses caractères physiologiques *.
Wasserzug a fait des observations analogues sur le micrococcus prodigiosus. Cet organisme prend la forme bacillaire dans le bouillon additionné d'acide tartrique. Par une longue série de cultures, il finit par la revêtir définitivement.
V. Difficultés pour caractériser les espèces bactériennes. — Par suite de cette mobilité des formes, on ne peut chercher le critérium de l'espèce dans les caractères morphologiques. Il en est de même lorsqu'on les prend isolément.
On a cru qu'un bactérien serait surtout caractérisé par la maladie qu'il peut déterminer chez l'homme ou chez les animaux. Malheureusement les propriétés pathogènes manquent aussi de stabilité. Les agents virulents s'atténuent par Taction de la chaleur, de l'air, du milieu nutritif, de la lumière, à un degré tel qu'ils perdent la faculté de produire les troubles pathologiques dont ils sont ordinairement la cause. D'autre part, l'inverse se produit également. Exem-