‹ La cause première d'après les données expérimentalesChapitre 179 sur 197 · Arloing, les Virus, page · texte numérisé non relu

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propriété de produire une maladie particulière, ensuite la propriété d'imnauniser contre la maladie particulière Tanimal qui en a été infecté. Pour transformer une espèce pathogène en une autre espèce, il faudrait détruire ces deux propriétés constituantes. Et cela môme ne suffirait pas; il faudrait en outre que les nouveaux caractères imprimés au microbe pathogène fussent capables de se reproduire indéfiniment dans les générations ultérieures, sans qu'on eût besoin d'entretenir d'une manière permanente les conditions spéciales de culture qui ont permis de créer les caractères nouveaux.

M. Chauveau a fait des expériences sur le bacillus anthracis. A Taide de l'emploi persistant de l'oxygène comprimé, il a réussi à faire disparaître la virulence du bacillus anthracis, mais il n'a pu lui enlever la propriété de l'immunisation. Ce bacille ne pouvait plus donner le charbon, mais il conférait très bien l'immunité contre le charbon.

Pour lui enlever cette dernière propriété, M. Chauveau a continué l'emploi de l'oxygène comprimé jusqu'à ce que le microbe ait péri; mais le microbe a conservé jusqu'à la fin l'aptitude à créer l'immunité. Vie et aptitude immunisante sont inséparables; elles s'éteignent simultanément *.

Les expériences pour transformer une espèce pathogène en une autre espèce ont donc échoué. Il a toujours manqué aux bactéries modifiées par les

' 1. Arloinjî, les Virup, page 358.

expérimentateurs Tun ou l'autre des caractères qui définissent une espèce nouvelle. Dans le cas où Ton espérait créer une espèce en s'attaquant à la virulence, on a vu subsister le pouvoir vaccinal, tout entier ou en partie. Dans le cas où l'on s'est attaqué à la morphologie, la végétation n'arrivait plus à son terme naturel. On pourrait peut-être objecter un résultat remarquable obtenu par le docteur Roux. Ce savant a réussi à enlever aux bacilles charbonneux la virulence et la faculté de produire des spores en les cultivant au contact de l'acide phénique. Ces bacilles restent indéfiniment asporogènes (qui ne produisent pas de spores) quand bien même ils ont reconquis leur virulence en passant de lapin à lapin par l'inoculation du sang de l'animal qui vient de mourir. Ces bacilles asporogènes et virulents du docteur Roux sont analogues à ces variétés de végétaux (hybrides) qu'on propage par boutures. Or cela ne suffit pas pour constituer une espèce véritable, indépendante. De même qu'un végétal supérieur, en possession de tous ses caractères spécifiques, doit assurer sa propagation par la formation de la graine, de même une espèce bacillaire doit assurer la sienne par la formation des spores * .

Ainsi, même dans le monde inférieur des infiniment petits, où l'organisme est réduit à sa plus simple expression, la théorie transformiste, malgré les ressources les plus variées de Texpérimentation

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