‹ La cause première d'après les données expérimentalesChapitre 180 sur 197 · VI. Le PARASITISME EST-IL ABSOLU CHEZ LES BACTÉRIENS · texte numérisé non relu

VI. Le PARASITISME EST-IL ABSOLU CHEZ LES BACTÉRIENS

— Le parasitisme n'est pas absolu chez les bactériens qui déterminent dans le corps vivant la fièvre typhoïde, le choléra, le charbon, etc. Les bacilles de ces maladies, lorsqu'ils sont mis en liberté, soit par l'expulsion hors du corps malade pendant la vie, soit par la destruction du cadavre après la mort, se conservent et vivent plus ou moins longtemps dans l'eau ou dans les matières organiques qui seront ingérées plus tard par les animaux sains. Avant de redevenir parasites, les bacilles ont donc vécu en saprophytes. Le parasitisme alterne donc avec le saprophytisme pour les microbes producteurs de maladies infectieuses.

Le parasitisme est-il absolu pour les microbes producteurs des maladies qui ne se gagnent pas autrement que par le contact, telles que la rage, la syphilis, la vaccine, maladies proprement dites virulentes? On l'ignore. Il faudrait qu'on eût isolé les microbes causes de ces affections et qu'on eût pu observer leur développement biologique. Or ces microbes sont inconnus.

VIL Action des bactériens sur les animaux. — On sait quelles redoutables maladies développent chez les animaux les bactériens pathogènes : tuberculose, fièvre typhoïde, variole, diphtérie, scarlatine, morve, choléra, peste, etc. L'homme est peut-être de tous celui qui a la réceptivité la plus grande, c'est-à-dire

qui est le mieux prédisposé à contracter la plupart de ces affections. La bouche, par exemple, est un appareil de culture dans lequel les germes des microbes trouvent naturellement la température constante et l'humidité nécessaires à leift* développement, conditions qu'on ne réalise qu'artificiellement dans les laboratoires de physiologie. Aussi l'on sait avec quelle facilité s'implante dans la gorge le bacille diphtérique.

En revanche, certains bactériens, logés dans le tube intestinal, concourent efficacement au travail digestif, ainsi que Ta démontré M. Duclaux. Mais, qu'est-ce que ce léger service en comparaison des effroyables ravages opérés par les bacilles pathogènes î

VIll. Action des bactériens sur les végétaux. — L'action nuisible des bactériens sur les végétaux vivants est peu de chose, si même elle est quelque chose, en comparaison de celle qu'exercent les champignons.

Il n'en est pas de même de leur action utile. Les travaux d'Hellriegel, continués par une pléiade de savants tels queSchlœsing, Muntz, Aimé Girard, Berthelot, etc., ont fait connaître que les plantes, surtout les légumineuses, s'assimilaient directement l'azote atmosphérique, grâce à l'activité biologique de bactéries logées dans les racines des plantes*.

Ce sont également des bactéries qui produisent la

1. Des expériences récentes de M. Naudin tendent à infirmer cette prétendue action bienfaisante des bactériens. Comptes rendus f 2 novembre 4896.

nitriflcation dans le fumier, dans les terrains convenables, et par conséquent sont les agents de la fertilité des terres.

Ce sont des bactériens, connus sous le nom de ferments ou de levures, qui produisent nos boissons fermentées, qui font lever le pain ; bref, qui sont les précieux agents de l'industrie.

Leur rôle à l'égard des matières en décomposition n*est pas moins utile. En se nourrissant aux dépens des corps putréfiés, les bactériens saprophytes réduisent les éléments complexes en éléments plus simples, en . substances minérales solubles. Celles-ci retournent au sol d'où elles étaient sorties sous forme de plantes ; elles peuvent alors servir de nouveau à la nourriture des graines et de nouveau s'élever à la dignité de végétal. Les bactériens débarrassent ainsi la surface de la terre des cadavres, des matières excrémentitielles, de toutes les substances mortes et inutiles qui sont les déchets de la vie ; ils les rendent ainsi aptes à rentrer dans le circulus de la vie terrestre. Ce n'est donc pas sans raison qu'en tenant "" compte des services que rendent les bactériens saprophytes en regard des ravages causés par les bactériens pathogènes, on a pu appeler les microbes dans leur ensemble : Les ouvriers invisibles de la vie et de la mort *•

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