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II. — La perfection relative

Chez les hommes, il est des causes générales et particulières qui expliquent les défaillances et les rétrogradations. C'est d'abord l'infériorité de la nature humaine, avec son cortège de maladies, d'infirmités, avec l'inévitable usure de la vieillesse. A cette cause générale se joint Tinfluence de l'époque et du milieu où l'on vit; le cerveau, les mœurs et les idées de Thomme ne peuvent s'affranchir de la loi du temps ni de celle du milieu; le miheu et le temps marquent inéluctablement leur empreinte sur les œuvres de l'homme. Aucune de ces sources de trouble et d'imperfection n'existe pour la Cause première; il est donc nécessaire qu'elle soit plus artiste qu'un Sophocle ou un Racine ; qu'un Léonard de Vinci ou un Praxitèle; qu'elle soit plus bienveillante et plus généreuse qu'un Vincent-de-Paul ou un Bouddha, etc. ;

en un mot, il faut que dans la création successive des êtres on trouve toujours un degré plus élevé de perfectionnement, jamais de défaillances ni de rétrogra- ^^. Cela revient à dire qu'au point de vue .:âliste, il faut que la théorie de Téchelle des êtres iH^ celle du perfectionnement graduel soient continû- 'ment confirmées par les faits. Or, comme nous l'avons vu, les faits présents et passés en ont démontré la fausseté. Nous allons remettre succinctement sous les yeux, en regard des attributs moraux, les conclusions que nous a données l'enquête faite daos le règne animal et dans le règne végétal.

1 1. Puissance intelligente. — I. Plan GÉîg£RAL de LA CRÉATION. — 4® La créatlon des animaux ne s'est pas faite selon la loi d'un perfectionnement graduel, c'està-dire en partant du plus bas en organisation pour s'élever graduellement jusqu'au plus parfait; souvent le supérieur en organisation est apparu en même temps que l'inférieur, maintes fois même avant lui.

2» Chez les végétaux, l'apparition subite, simultanée, de types d'embranchements différents et irréductibles est contraire à la théorie de l'évolution par descendance modifiée, et aussi à la loi du perfectionnement graduel. Mais, pour cette dernière, l'argument n'a pas la môme force que pour l'évolution, attendu que nous manquons d'un bon critérium pour hiérarchiser les végétaux.

30 Le pêle-mêle dans l'apparition simultanée de la diœcie, de la monœcie et de l'hermaphrodisme dans l'ère secondaire est contraire à k théorie de l'évo-

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lûtion ainsi qu'à celle du perfectionnement gr$iduel.

Ces conclusions générales résument, comme on Ta vu, une multitude de faits. Il en est de même des conclusions qui vont suivre.

II. Plan particulier des types. — 1® Dans Tordre de la création des types comme dans l'ordre de leur apparition, il y a eu des tâtonnements et des rétrogradations (fausseté de la théorie de l'archétype, page 284).

2^ L'organisation de^ parasites animaux {entozoaires) et leur habitat fatal dans des orga^ies i^péci^ux chez les vertébrés ainsi que Timpossibilité où ils sont de vivre et d'accomplir leurs évolutions l^jologicjues hors de ces vertébrés, prouyept que la conception du type de ces parasites et la création de ces parj^sites sont postérieures à la création des vertébrés, hôte^ nécessaires de ces parasites. Cela prouve que la $uccession chronologique des types ne s'est pas faite selon la loi d'un perfectionnemenj; graduel ;

3^ Les parasites végétaux, par cela ménae qu'ils sopt parasites, sont inférieurs aux végétaux qui ont une vie indépendante; leur création, pos|érieurç a celle de leurs victimes, est contraire à la loi du perfectionnement graduel dans l'ordre chronologique ;

40 Le développement récurrent de tous les individus mâles ou femelles dans certains groupes appartenant à la classe des crustacés prouve que l'évolution biologique des individus ne s'est pas faite selon la loi d'un perfectionnement graduel;

50 Les formes iatermédiaires telles que J'ornitl^orhynque et l'échid^é chez }es animaux, telles q^e

Téphédra et les casuarinées chez le§ végétaux, attestent dans la conception de ces type§ i|ne bizarrerie qui touche à l'aberration mentale.

Conclusion. — Dans le plan général de la création et dans le plan particulier des types individuels, la création ne s'est pas faite selon la loi d'un perfectionnement graduel; il y a eu des défaillances, des tâtonnen^ents, des rétrogradations ^t ipême dps aberrations inexplicables, ^u poiqt de vue de la puissance intelligente, ja Caus^ première n'a donc pas même la perfection felativp.

i îl. Sag^^se. — - I. Sagesse-providence. — (Veiller sans relâche au maintien de Tordre et à la conservation des individus créés.)

10 Les types des êtres animés dépèleat un plan organique et une idée directrice, mais seulement à l'origine primordiale; il n'y a pas de cause directrice actuellement agissante (causes finales, page 12Q).

Une Cause première fainéante qui, après avoir dessiné le plan de l'univers, s'endort ensuite dans un éternel repos sans s'inquiéter de la manière incorrecte et déplorable dont s'exécute son plan, cette Cause première-là ne peut être acceptée du métaphysicien pas plus que le serait d'un propriétaire l'architecte qui, satisfait d'avoir tracé sur le papier les linéaments d'une maison, laisserait les ouvriers mettre les cheminées dans la cave, et la cave sur le toit.

2^ Les types qui furent supérieurs, après une durée plus ou moins longue, ont tous succombé, cédant la place aux types inférieurs.

II. Sagesse-justice. — i» Les lois delà nutrition des parasites {entozoaires)^ de leur évolution au sein des vertébrés ; leur fécondité prodigieuse et la résistance incroyable de leurs œufs aux agents de destruction ; la mort rapide qui frappe les adultes dès qu'ils sont hors des vertébrés; tous ces faits prouvent que les parasites ont été créés avec un organisme tel qu'ils ne peuvent vivre qu'au sein des vertébrés, c'est-à-dire au sein d'animaux qui leur sont infiniment supérieurs, et que des privilèges inouïs leur ont été répartis pour que leurs œufs et souvent leurs embryons, échappant à la destruction, arrivent à s'implanter dans le corps des vertébrés;

2® Les graves désordres et le plus ordinairement la mort que déterminent les parasites par leur présence et par leur nutrition dans les organes spéciaux qui leur ont été primordialement assignés chez les vertébrés, prouvent que l'inférieur a été conçu et créé avec un organisme tel qu'il ne peut vivre qu'en détériorant et môme en détruisant le supérieur.

3^ Le nombre immense des parasites végétaux et leur résistance aux agents de destruction attestent un plan préétabli en faveur de l'action que les parasites sont appelés à exercer sur les végétaux et sur les animauxr L'action qu'exercent les parasites végétaux sur les substances mortes, végétales ou animales, est très utile; celle qu'ils exercent sur les végétaux vivants est, ici très utile, là très nuisible ; celle qu'ils exercent sur les animaux vivants est, à une légère exception près, extrêmement nuisible.

Conclusion. — Accorder à la Cause première Tattribut sagesse est en contradiction avec les faits positifs, soit Al point de vue de la Providence, soit au point de vue de la Justice. Sur ces deux points, la perfection non seulement n'est ni absolue, ni relative, mais la création des êtres inférieurs appelés parasites postérieure k celle des vertébrés qui leur sont supérieurs décèlerait, si on accordait les attributs moraux à la Cause première, une intelligence injuste et méchante.

I III. Amour. — I. Amour pour les créatures. — Les déductions qui s'opposent à ce qu'on accorde l'attribut sagesse à la Cause première s'opposent également à ce qu'on lui accorde l'attribut amour. Un père qui, après avoir donné le jour à des enfants, se croise les bras et abandonne ses enfants à tous les risques, à tous les fléaux que lui-même a déchaînés, ce père-là n*a pas d'amour pour ses enfants.

Ces enfants se mangent entre eux; les herbivores mangent les végétaux, les carnassiers se nourrissent de la chair des herbivores, et l'homme fait sa pâture des carnassiers, des herbivores et des végétaux. En se plaçant au point de vue abstrait du bien qui résulte de la transformation de l'inférieur en supérieur, on peut admettre la légitimité de cette loi fatale de la nourriture, pourvu que se bornant aux grandes coupes du règne vivant on ne descende pas dans les détails. Ainsi on admettra facilement que tout animal est supérieur aux végétaux et que les carnassiers sont supérieurs à l'ensemble des herbivores, car le cheval et surtout l'éléphant doivent être mis a part. Tous les

voyageurs, en effet, qui ont vu l'éléphant, soit en liberté, soit à Tétat domestique, s'accordent pour mettre Téléphant au plus haut rang. Livingslone, le grand missionnaire africain, a écrit cette phrase qui résume des observations et une pratique de plus de trente années : « Après l'homme, la première des créatures est le noble éléphant. » Cette réserve faite, il est permis d'accepter la supériorité des carnassiers sur les herbivores. Par conséquent, à ce point de vue abstrait et général, le loup mangera l'agneau sans qu'on ait le droit d'en tirer une déduction contraire aux théories qui accordent à la Cause première lis attributs moraux sagesse et amour. Mais il en est tout autrement lorsqu'on passe à la considération des parasites, surtout des parasites animaux (entozoaires). Créés postérieurement aux vertébrés, ils ne peuvent vivre et se développer qu'en s'assimilant la substance des vertébrés, de sorte que le supérieur est transformé en inférieur. Et quel abîme entre la supériorité d'un hoitime, par exemple, et l'infériorité d'un téniadé ou d'un bacille pathogène I II est donc absolument impossible d'accorder l'attribut moral Amour paternel à la Cause première.

II. Amour du beau. — 1« Les conceptions de types tels que ceux des cestodes, de l'ascaris nigro-venosa, du distome hématobie et du trichosome crassicauda, ces conceptions étranges, loin d'attester une aspiration exclusive et constante vers le beau, accusent au contraire un goût pour le hideux qui touche parfois à la démence hystérique;

2^ Le développement récurrent de tous les individus mâles ou femelles dans certains groupes appartenant; à la classe des crustacés atteste également une rétrogradation vers le hideux.

Conclusion. — Ni au point de vue de l'amour pour les créatures, ni au point de vue de Tamour du beau, on ne peut accorder l'attribut moral Amour à là Cause première. Cet attribut non seulement n'aurait pas la perfection absolue, il n'aurait même pas la perfection relative.

Conclusion générale. — Puisque la création, dans son ensemble et dans ses détails, ne manifeste l'empreinte ni de la perfection absolue ni même de la perfection relative des attributs moraux puissance intelligente, sagesse et àihour, lesquels contiennent tous les autres attributs, il s'ensuit qu'il est impossible d'accorder à la Cause première les attributs moraux.

in. — Problème insoluble.

I. Intelligence et cerveau. — Les types des êtres animés décèlent un plan organique et une idée directrice, à l'origine primordiale ; l'univers tout entier est régi par des lois permanentes et constantes. Il y a donc de l'intelligence dans la création. Or toute manifestation intellectuelle est exclusivement le produit de la fonction d'un appareil organique spécial, soit un gaiiglion cérébral chez les animaux inférieurs, soit un cerveau chez lés animaux supérieurs et, ail-dessus

de tous, chez Thomme. Là où n'existe pas de ganglion cérébral, à plus forte raison, de cerveau, jamais on n'a pu constater l'ombre même d'une trace d'intelligence. La condition fondamentale de la production de la pensée, de tout acte intellectuel, est une oxydation de la substance cérébrale; ce fait a été mis hors de doute par les expériences des physiologistes contemporains. Pour qu'il y ait intelligence, il faut donc qu'il y ait cerveau. Or le cerveau est un organe d'une si prodigieuse délicatesse que s'il n'était pas protégé par une boîte solide, il serait sur-le-champ détruit; il faut donc que le cerveau soit enfermé dans un crâne. Intelligence, cerveau et crâne sont trois termes indissolublement liés. Est-ce qu'on peut concevoir une Cause première munie d'un cerveau et d'un crâne? Non seulement ce serait le comble de l'absurdité, mais encore les attributs métaphysiques rendent cette conception absolument impossible. On est donc acculé à cette alternative, à savoir, de donner à la Cause première un cerveau enfermé dans un crâne si Ton fait entrer Tintelligence dans sa définition, ou bien d'omettre l'intelligence dans la définition et réduire celle-ci aux attributs métaphysiques, lesquels sont fondés sur une base certaine et inébranlable.

IL Intelligence et esprit pur. — Vient une dernière allégation, de toutes la plus répandue et la plus populaire, la voici : La Cause première est un esprit pur. Que peut être un esprit pur ? Avant le xix^ siècle, on considérait comme esprits purs l'électricité, le magnétisme, la chaleur, la lumière : c'étaient des agents

impondérables, exerçant leur activité sur la matière, maiis radicalement distincts de celle-ci. JPans Pantiquité, l'air lui-môme était un esprit, ainsi que le prouve le mot même d'esprit, puisque spiritus en latin, ^v6u[jLa en grec, signifient le souffle, le vent, l'air en mouvement. C'était toujours par un souffle passant sur leur front que les fidèles reconnaissaient la présence de l'Esprit saint, sanctus spiritus^ aywv ^rveufiia. Ainsi que le disait plaisamment l'abbé Haûy : « Les Anciens qui niaient la pesanteur ne l'air en portaient sans le savoir douze mille kilogrammes sur le corps *. » Les travaux scientifiques du xix^ ont démontré que l'électricité, le magnétisme, la chaleur et la lumière sont des modes ondulatoires d'un fluide matériel appelé éther. Jusqu'à présent Téther est resté une hypothèse, faute d'une preuve expérimentale qui ait démontré sa réalité effective, hypothèse scientifique qui rend compte de tous les faits connus et per-

i. La colonne d'air qui pèse sur chaque centimètre carré du corps est égale à. 1 kilogramme. La surface totale du corps d'un homme est environ de 1 mètre carré et demi. Un mètre carré renferme 10 000 centimètres carrés; un demi-mètre en renferme 5 000, total 15 000 centimètres carrés. En réduisant le demi-mètre à un quart, on aura environ 12 000 centimètres carrés ; d'où le poids de 12 000 kilogrammes que porte le corps d'un adulte de stature ordinaire. Si notre corps n'éprouve aucune gène dans ses mouvements, c'est que les pressions s'équilibrent exactement autour de lui. L'air le presse de bas en haut avec la môme intensité ; il pénètre dans toutes nos cavités, dans tous nos tissus {oxygène charrié par le sang) et réagit encore de Tintérieup à l'extérieur avec la môme énergie.

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met de prévoir les faits à venir. Quant à la preuve expérimentale qui manque encore à la sanction définitive de Tcther, on est à la veille de la faire *.

Reste la Pensée. Qu'est-elle? Il faut avouer que sur ce point rùgne une grande obscurité. Mais cette obscurité n'est paa plus grande que celle qui enveloppait naguère Je magnétisme, l'électricité et la lumière ; que «elle qui enveloppe encore aujourd'hui la manière dont falirîquent leurs produits les glandes corporelles". Le voile est en partie soulevé, et cela sur un point capital. On nàt sûr aujourd'hui, expérimentalement sftr, que là o\\ il n'y a ni ganglion cérébral ni cerveau, la production de la pensée est impossible, pas plus que la sécrétion du lait n'est possible là où il n'y a pas de glande mammaire, etc. On est sûr que là o^ il y a un cerveau, la pensée est en puissance; que pour qu'elle se produise et passe en acte, il faut une oxydation de fa substance cérébrale; que cette oxydation cérébrale produit non seulement de la pensée, mais aussi de la chaleur et de l'électricité; c'est-à-dire que le phénomène d'énergie cérébrale est en tout semblable nnx phénomènes d'énergie qui ont lieu dans chacun dos appareils glandulaires du corps''. Or les conquêtes de la science moderne, surtout dans

1. A, GonNa^ îefi Forces à distance et les Ondulations, Annuaire des Longitudes de 1896.

% Voir les diilîiils dans mon livre La Vie et l'Ame, page ^27 et suivonh^s, eL aussi dans l'Ame est la fonction du cerveau. 3. Vûii' <ïarî3 Fe volume: Rapports particuliers du cerveau avec la matière et l'énergie, page 64.

la seconda moitié du siècle, aboutissent à la conclusion suivante : Énergie et matière sont inséparables ; ce sont les deux aspects d'une seule et môme substance ; Taspect passif s'appelle matière ; l'aspect actif s'appelle énergie. QueJ que soit celui des deux aspects sur lequel se concentre l'attention, la substance reste une et identique à elle-même. Il est donc démontré qu'il ne peut exister un esprit pur, c'est-àdire une énergie sans matière, Par conséquent, la conception d'esprit pur qui, vu l'état d'imperfection où était la science dans les siècles passés, avait une certaine apparence de plausibilité, cette conception n'a plus maiatenant la moindre raison d'être. Elle ne peut plus être que l'expression symbolique d'une ignorance absolue ; affirmer que la Cause première est un esprit pur sera une manière imagée de dire : Je ne sais pas ce qu'est la Cause première. Ainsi entendue, cette définition pourrait être tolérée si elle n'exposait pas à un grave danger : « Les mots, en effet, ont une telle puissance sur l'esprit de l'homme, qu'ils finissent par donner une existence réelle aux fictions qu'ils représentent*. » Or rien n'est plus tenace, rien n'est plus difficile à déraciner qu'une erreur métaphysique, surtout si cette erreur est l'interprète inconsciente d'aspirations intimes à la justice et au bonheur*. Dans un tel état d'âme, il est

1. A. GonNu, les Forces à distance^ Annuaire des longitudes. 1896, A. 5.

2. Cl. Bernard, Introduction à la médecine expérimentale , page 48 : «L*homme est naturellement métaphysicien etorgueil-

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bien difficile de rechercher laborieusement la Vérité pour elle-même et de l'accepter, si dure ou désespérante qu'elle soit. Et cependant, la conquête de la Vérité est à ce prix, r L'expérimentateur, dit Claude Bernard, pose des questions à la nature; mais dès qu'elle parle, il doit se taire; il doit constater ce qu'elle répond, l'écouter jusqu'au bout et, dans tous les cas, se soumettre à ses décisions*. »

En résumé : i^' Il est impossible d'accorder les attributs moraux à la Cause première parce que nombre de faits sont en contradiction avec ces attributs, non seulement sous le rapport de la perfection absolue, mais aussi de la perfection relative.

2» On ne peut pas faire entrer Tintelligence dans la définition de la Cause première parce qu'on se heurte à un problème insoluble, à savoir, une intelligence sans un cerveau abrité par un crâne. '

Il suit de là que la prudence et la sagesse exigent que la définition de la Cause première soit limitée aux attributs métaphysiques; ceux-ci, en effet, sont d'une certitude absolue ; pour le reste, il faut savoir ignorer. Les éléments empruntés aux fictions Imaginatives, dénuées de toute sanction physique, ou aux aspirations sentimentales, dénuées de toute valeur

leux ; il a pu croire que les créations de son esprit qui correspondent à ses sentiments représenteraient aussi la réalité. Ce n'est qu'après avoir erré longtemps dans les discussions théologiques et scolastiques qu'il a fini par reconnaître la stérilité de ses efforts dans cette voie. »

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