LA VIE ET L AME DANS LEURS RAPPORTS AVEC LA MATIÈRE ET L*£NERGIE
1. — Rapports généraux, da règne inorganique et dn règne organif|ue avec la matière et l'énergie.
On peut résumer de la manière suivante les rapports généraux de la nature entière, inorganique et organique, avec la matière et Ténergie.
I. Matière. — La matière a deux modes généraux, à savoir, le mode inorganique et le mode organique.
A. Le mode général inorganique comprend tous les minéraux, solides, liquides, gazeux.
B. Le mode général organique comprend tous les individus, soit végétaux, soit animaux.
IL Énergie — L'énergie a deux modes généraux, h savoir : Ténergie inorganique ou physico-chimique et l'énergie organique ou vitalo-physieo-chimique.
A. Le mode général inorganique comprend toutes les réactions et toutes les propriétés des corps minéraux, simples ou composés.
B. Le mode général organique comprend tous les
<)0 LA CAUSE PKEMIÈRE
phénomènes qui caractérisent les êtres vivants, en un seul mot, la vie. Il se subdivise en deux séries de modes :
1» Modes vitaux des appareils organiques : fonctions des muscles, des nerfs, des glandes, etc. ;
20 Modes vitaux de la reproduction et de Vévolution : prolification, croissance et décroissance, etc.
Parmi les modes vitaux des appareils organiques se range celui de l'appareil cérébral; ce mode s'appelle Vdme.
]J. — Rapports géuérausL de l'org^aulsme vivant, pris dans son lout, avec la matière et l'énergie.
On peut résumer ainsi les rapports généraux de l'organisme vivant, pris dans son tout, avec la matière et l'énergie :
lo La condition fondamentale de la vie, considérée dans ses rapports avec la matière et l'énergie, est la transformation continue de l'énergie potentielle des tissus vivants en énergie actuelle, spécialement dans le mode calorifique;
2^ Cette nécessité de transformation continue de l'énergie des tissus vivants en mode calorifique exige un équilibre instable dans les tissus créés par la fonction assimilatrice ;
3<^ La transformation d'un des modes quelconques de l'énergie actuelle en mouvement purement mécanique n'a lieu que dans le cas où, soit le corps entier,
L\ MATIÈRE, l'énergie, LA VIE, LAME 1)1
soit un appareil organique, accomplit un travail extérieur ;
40 De la naissance h la mort, les manifestations continues de Ténergie dépensée sont la traduction variée, mais rigoureusement exacte, de l'énergie potentielle emmagasinée dans les tissus vivants.
Conclusion. — Tout individu vivant, dans son tout, est donc, en tant que mode matériel, un mode particulier de la matière vivante; en tant qu'activité continue,^un mode particulier de Vénergie vitale.
m. — Rapports particuliers de cliaqiie classe d'organes avec la matière et l'éuergie.
Dans les organes de toute classe, l'énergie potentielle se convertit en chaleur et en électricité en vertu de deux causes, l'une chimique, l'autre physique.
A. Cause chimique. — Par le fait même qu'un nerf, qu'un muscle, bref qu'un tissu est vivant, ce tissu est le siège de phénomènes inséparables et continus d'assimilation et de désassimilation ; or ces phénomènes chimiques dégagent en même temps que de la chaleur une certaine quantité d'électricité, laquelle se manifeste sous la forme de courants.
h. Cause physique, — Dans les corps vivants, partout où il y a deux liquides différents séparés par une membrane cellulaire, il se forme des courants que Becquerel a appelés courants électro-capillaires.
Voici maintenant le résultat des observations et des
[fxpùri^nnes faites par les savants sur les diverses riasBPs li'organes du corps humain.
I. L!'> MUSCLES. — Comme tout organe vivant, les luusfvl^^ï^ ont, à rétat de repos, une température propre, cdk ijin provient dés réactions vitales. Leur fonction «'st d acccmplir un travail extérieur (soulever un |joi(i^, eii\). (Is se contractent; en se contractant, leur k'm|v'i.diîre s'abaisse parce qu'une portion de la rhiiii iM' existante se convertit en travail mécanique ; \iu\h i\^ l'écupèrent une nouvelle portion de chaleur en df'tnriinnant, par leur contraction même, dans riu t M M i l^' des tissus, une traînée de réactions chimiques ([L)i h»ul<!S dégagent de la chaleur.
A [Al rit de repos, les muscles possèdent une électridlé lii'^rÎA^ant des actions chimiques qui se passent dans ri li limité des tissus. Lorsque les muscles se cont tact (MU, rélectricité préexistante se convertit tout j'ndÈi'tî ou mouvement mécanique. A son tour, le mouv<iiîu^hÊ. mécanique détermine dans Tintimité des l\^i>[\s mB traînée d'actions chimiques qui régénèrent réli'^îtr'ïi^ibUransformée et rendent ainsi le muscle apte i\ ihs !H nivelles contractions.
II. \A':s glandes. — Les glandes sont des organes û*nd lu fonction est de fabriquer, aux dépens des ^iijil^rifHixque leur apporte le sang, certains produits :*p<'M'iMiix dont la destination est d'une merveilleuse vaj'ÎLdt' (Comment se fabriquent ces produits spéciaux? Un Hi^ihire absolument. On a vérifié seulement ceci : toute i^liuide qui travaille s'échauffe; la chaleur qui se dégage provient de la fonction chimique des tissus;
LA MATIÈRE, L'kNERGIE, LA VIE, l'aME i'hi
■elle est proportionnelle à Tactivité mêrae du tissu, c'est-à-dire à Tintensité des réactions chimiques qui ont lieu dans le tissu glandulaire. Comme les glandes n'ont pas de travail extérieur à exécuter, il ne peut y avoir abaissement momentané de température.
III. Les nerfs. — Tous les nerfs en activité dégagent à la fois chaleur et électricité; l'intensilé de la <îhaleur dégagée est en rapport avec Tintensité de l'excitation produite et aussi avec Texcitabilité pr opre du nerf en expérience. Les nerfs les plus excitables sont les nerfs moteurs ; puis viennent les nerf- sen- «itifs, et en dernier lieu les filets du grand sympathique.
L'électricité dans les nerfs se manifeste sous deux formes distinctes, d'après les expériences de Dubois- Reymond. Outre le courant normal que Dubois- Reymond appelle force électromotrice, il y a un autre courant qu'il appelle Force électrotonique. Le premier €st permanent, le second est transitoire; il dure autant que dure la cause qui l'a fait naître, par exemple, une contraction musculaire.
Les tendons, les artères, les veines, les os, aussi bien que les nerfs et les muscles, donnent des courants électriques dans le même sens et avec les mêmes propriétés. Ces faits démontrent que les courants ne proviennent nullement d'une organisation électrique spéciale des muscles et des nerfs.
Conclusion. — La conversion de l'énergie potentielle en chaleur et en électricité concomitante est la môme dans tous les tissus vivants.
(j'i LA CAUSE PREMIKUE
IV. — Rapports particuliers du cerveau avec la matière et Ténergie.
Rappelons d'abord ce que sont les perceptions conscientes et les perceptions inconscientes, et quelles sont les conditions de leur production.