Cl. Bebnard, Phénom, de la Vie, tome I, pages
]îi formation des principes immédiats, la question a été résolin! et la solution acceptée de tous. Il a été dt'inoîitjA que les animaux forment réellement de la grtii&ï^n, indépendamment de celle qu'ils ingèrent et qn'ils (pourraient emprunter à Talimentation. L'herbivore crée Ea graisse, au lieu de la trouver toute fornif^e ; W Carnivore agit de môme. Non seulement les îînimau?t font de la graisse, mais ils n'emploient pas (lii t^(:t«*nu'nt celle que renferme leurs aliments. Cette sorte rJ'^ronomie qu'il y aurait à utiliser la substance ûiYyk Foi irip'^e et qui nous vient à l'esprit, la nature ne la coijn;uL pas. Elle ne profite point de la besogne hmie fiiilej comme si c'était autant de gagné. Le chien, p?ir l'xoifiple, ne s'engraisse pas du suif de mouton ; il fahrique de la graisse de chien. Il n'y a donc pas une simple mise en place de l'aliment introduit *.
L C( , IkitNA-RD, Phénom. de la vie, tome II, page 31. Expér-ioiM'i' rlr Chmde Bernard sur révolution des aliments gras dans rnrii^niiKHir, «Je commençais par inanitier un chien de man\vvv fi t\\\vv disparaître toute surchagc graisseuse et à réduire |j« 4iijHilîlu tfi' matière adipeuse au strict minimum. Je noui'» liA^iii^ \AiiV^ l animal abondamment, en mêlant à son régime iiiLf> iinik-ii' rhimiqucmcnt reconnaissable que M. Berthelot îiirju(['inl- r'rrait une gimisse chlorée dans laquelle il y avait -tih.sHtulidn partielle du clilore à l'hydrogène Lorsque après qurl'pir li'PMps de ce régime je sacrifiais l'animal, je recueillais II' lisM) ivlipi.'us; M. Berthelot n*y a point retrouvé, par l'analyse, ]ii ïjulniimi'f.^ grasse chlorée avec laquelle l'animal avait été lu H* ni, M n'y a donc point simple mise en place de Taliment /ijM'OS, i'\ rimiinal ne s'engraisse point directement par ralimeninlion. O'i'Mit à celle qu'on lui fournit, il commence par la dtJ(iMiii'r: ;t l;:i digère, rémulsionne et la dédouble par saponi-
On pourrait démontrer de même que les substances /albuminoïdes qui constituent les tissus animaux no sont pas empruntées directement aux substances alibiles des végétaux.
Mais c'est surtout pour la formation de la matière sucrée que les doutes ont été entièrement levés. Il y a une quarantaine d'années, on croyait que le sucre était incontestablement une substance végétale et que celui qui existait dans les organismes animaux avait été nécessairement emprunté aux plantes. Claude Bernard a réussi à démontrer qu'il en est tout autrement : l'animal fabrique lui-mc^me cette substance, indispensable au fonctionnement vital, aux dépens des matériaux alimentaires très différents qu'on lui fournit.
Claude Bernard a prouvé de plus que le sucre se produit dans l'animal par un mécanisme identique à celui du végétal. La matière qui est le générateur du sucre est un véritable amidon animal, le glycogène; c'est aux dépens de l'amidon que le sucre se forme chez ranimai et le végétal. Très abondant dans le fœtus, le glycogène est partout; dans l'adulte, sa fabrication est localisée dans le foie '.
Ainsi, à l'égard delà formation des principes immédiats, Texpérience démontre que les animaux et les végétaux ne se distinguent pas, et que les uns et les autres peuvent former les mômes principes organiques.
,1 Cl. Bernard, Phénom, de la ree, tome 1, page 238.
Conclusion. — En définitive, le végétal et l'animal sont deux machines vivantes distinctes, munies* d'instruments et d'appareils variés, avec des modes de fonctionnement qui donnent aux phénomènes de leur existence des apparences fort différentes. Mais l'unité de la vie ne doit pas nous être dissimulée par la variété delà fonction ; le muscle, la glande, le cerveau, les nerfs, les organes électriques, etc., vivent semblablement, mais fonctionnent très différemment. Les végétaux, les animaux vivent identiquement mais fonctionnent autrement. Même en admettant que la fonction chlorophyllienne soit spéciale aux végétaux, il ne faut pas en tirer la conclusion que les végétaux vivent autrement que les animaux, ce serait une erreur ; le protoplasma chlorophyllien, qui a pour fonction de réduire l'acide carbonique et de dégager l'oxygène, ne vit pas moins comme tous les protoplasmas animaux et végétaux, en absorbant de l'oxygène et en exhalant de l'acide carbonique. La vie est toujours entière et complète dans la plante comme dans ranimai. Ils ne représentent donc pas chacun une demi-vie qui, se complétant réciproquement, rendrait les deux êtres étroitement complémentaires l'un de l'autre *.
IIL MOTRICITÉ . — Les plantes n'ont pas la locomotion, MAIS ELLES SE MEUVENT ; IL EN EST DE MÊME d'uN GRAND NOMBRE d'animaux INFÉRIEURS, APPELÉS A CAUSE DE CELA
ANIMAUX-PLANTES OU zooPHYTEs. — Lcs plautcsn'ont pas,