IsiD. Geoffroy, Hist. des règnes, tome llï, page
3. Il serait à désirer que ces expérienc?s fussent reprises sur un plan nouveau; on opérerait, par exemple, sur plusieurs couples différents ; en croisant les hybrides obtenus d'un couple avec des hybrides d'un autre couple et par conséquent n'ayant aucun lien de parenté, on écarterait les inconvénients qui résultent des unions consanguines.
appartenaient, soit Tun a une espèce domestique et l'autre à une espèce sauvage, soit tous deux aux espèces domestiques . Mais jamais on n'a constaté de croisement fécond entre mammifères sauvages appartenant a deux espèces du même genre, vivant à l'état de liberté.
III. Croisements entre individus appartenant a deux ESPÈCES DE genres DIFFÉRENTS (hybridation higénève) . — li est bon d'avoir toujours présentes à la mémoire les paroles d'Agassiz sur le caractère artificiel de la plupart des genres institués par les naturalistes; cette incertitude sur la valeur naturelle des genres admis en classification commande la plus grande prudence dans le jugement qu'on doit porter sur les résultats des hybridations. Tels hybrides obtenus qu'on croit le fruit de l'union entre deux genres différents ne sont probablement que le résultat du croisement entre deux espèces appartenant au même genre. Sous le bénéfice de ces observations, on est fondé à regarder comme appartenant à deux genres distincts les animaux suivants : le bouc et la brebis, le faisan et la poule, la poule et la pintade, la pintade et le paon. Voyons le résultat des accouplements :
Au Chili, on croise le bouc et la brebis, on obtient un hybride dont la toison, très recherchée dans l'Amérique du Sud, est l'objet d'un véritable commerce. Les croisements se poursuivent dans un ordre déterminé de façon à avoir des hybrides qui aient 3/8 du sang du bouc et 5/8 du sang de la brebis. Ces hybrides se maintiennent pendant quelques générations. Mais un moment vient où il faut recommencer tous les croise-
ments qui leur donnent naissance, parce qu'ils retournent aux types des parents. 11 en est de même des hybrides du lièvre et du lapin ou léporides *.
Le croisement du faisan et de la poule, celui de la poule et de la pintade, celui de la pintade et du paon ont donné naissance a des hybrides mixtes. Tous les hybrides précédents, croisés entre eux, sont inféconds^
Le croisement du canari, soit avec le chardonneret, soit avec la linotte, donne naissance à des hybrides inféconds entre eux ou promptement inféconds ; mais ces oiseaux peuvent être regardés comme appartenant à des espèces plutôt d'un même genre que de deux genres différents, ce sont des hybrides congénères. C'était l'avis de Guéneau de Montbéliard,
Le croisement du taureau et de la jument est infécond. Buffon raconte un fait qui s'est pour ainsi dire passé sous ses yeux en 1767 et années suivantes, dans sa terre de Buffon, près de Montbard, en Bourgogne (Gôte-d'Or). Une jument et un taureau qui habitaient la même étable s'étaient pris de passion l'un pour l'autre. Dans la saison des amours, ils s'accouplaient
4. QuATUEFAGEs, V Espècs humaîne, page 55. Dans une communication faite à l'Académie dos sciences, le 3 août 4896, M. Gornevin, après de nombreuses dissections comparées et après une enquête faite au Chili, conclut que les Ghabins ne sont pas des hybrides; c'est simplement une race de moutons. Il dit également que les léporides ne sont pas des hybrides, mais simplement une race de lapins. M. Alphonse Milne- Edwards, même séance, page 283, confirme les conclusions de M. Gornevin.
2. IsiD. Geoffroy, Ilist. des règnes, tome IH, page 66 et suivantes.
spontanément avec une grande ardeur ; mais l'union resta toujours improductive*.
Dans les hybrides, l'appareil de reproduction est toujours plus altéré chez le mâle que chez la femelle ; cela explique pourquoi Thybride femelle a donné parfois des preuves de fécondité tandis que l'hybride mâle est infécond du premier coup.
Jamais on n'a constaté d'hybridation spontanée entre animaux sauvages appartenant à deux genres différents.
Voici le tableau comparé du métissage et de l'hybridation qui met en saillie les caractères distinctifs des métis et des hybrides :