Pjctet, Traité de paléontologie, tome I, page
IV. Classe des reptiles batraciens. — La classe des batraciens comprend trois ordres :
1® Batraciens anoures, c'est-à-dire sans queue (grenouilles,- crapauds, etc.); 2» batraciens urodèles, c'est-à-dire à queue visible (salamandres, tritons, etc.) ; 30 batraciens serpentiformes (cécilies).
V. Classe des poissons. — La classe des poissons se partage en trois sous-classes, à savoir, celle des poissons osseux, celle des poissons cartilagineux et celle des poissons suceurs ou cyclostomes. Les deux premières se divisent en ordres nombreux ; nous n'en donnerons que quelques-uns.
i^ Poissons osseux, — A. Acanthoptérygiens, axxvOa épine, TrTspuytov nageoire, c'est-à-dire à nageoires épineuses : perches, bars, maquereaux, etc. B. Malacoptérygiens, c'est-à-dire à nageoires molles: carpes, brochets, saumons, harengs, soles, morues, etc.
20 Poissons cartilagineux. — A. Sélaciens : squales, chimères, raies. B. Ganoïdes cuirassés : esturgeons, sterlets.
3» Poissons suceurs ou cyclostomes : lamproie, ammocètes.
§ II. Embranchement des articulés. — L'embranchement des articulés se partage en deux sous-embranchements selon que les articulés ont des pieds ou n'en ont pas; le premier est le sous-embranchement des arthropodes, c'est-à-dire des articulés ayant des pieds ou articulés proprement dits; le second est le sous-embranchement des vers ou annelés.
Le sous-embranchement des articulés comprend
quatre classes, celle des insectes, celle des myriapodes , celle des arachnides et celle des crustacés.
Le sous-embranchement des vers comprend trois classes, celle des annélides, celle des rotateurs et celle des helminthes on vers intestinaux.
Les classes du premier sous-embranchement sont les seules qui aient joué un rôle important dans les ères géologiques.
L Classe des insectes. — La classe des insectes se partage en deux sous-classes, à savoir, celle des insectes ailés et eelle des insectes non-ailés on aptères.
Les insectes aptères comprennent les thysanoures (lépismes, podures), les parasites (poux), les suceurs (puces) ; leur rôle en paléontologie est à peu près nul.
Les insectes ailés se partagent en deux sections, celle des insectes broyeurs et celle des insectes suceurs à trompe.
A. Insectes broyeurs, à bouche composée de mâchoires et de mandibules. — Quatre ordres :
i^ Coléoptères (hannetons, cétoines, etc.); 2» orthoptères (sauterelles, grillons, etc.) ; 3<^ névroptères (libellules, éphémères, etc.); A^ hyménoptères (abeilles, guêpes, etc.)
B. Insectes suceurs^ à trompe. — Trois ordres :
1» Hémiptères (cigales, pucerons, etc.); 2» lépidoptères (papillons); S» diptères (mouches, cousins, taons, etc.).
La sous-classe des insectes aptères ne subit pas de métamorphose. Dans la sous-classe des insectes ailés,
les uns ont une demi-métamorphose; les autres^ une métamorphose complète.
Voici les phases de la métamorphose complète : 1» De l'œuf naît un ver ou une chenille, c'est la larve, laquelle est entièrement dissemblable de l'insecte parfait; 2» au bout d'un certain temps, la larve passe à un second état qu'on appelle nymphe ou chrysalide: dans cet état, elle ne se nourrit pas, elle est immobile; 30 de la nymphe, l'insecte sort à Vétat parfait.
La demi-métamorphose diffère de la métamorphose <:omplète en ceci : l*' La larve a des formes exactement analogues à celles de Tinsecte parfait, sauf qu'elle est dépourvue d'ailes ; â** plus tard apparaissent les ailes rudimentaires, c'est le passage à l'état de nymphe; la nymphe n'est jamais immobile et jamais ne cesse de se nourrir ; 3<^ enfin les ailes se développent complètement, c'est l'état parfait.
Les insectes à. demi-métamorphose sont les orthoptères, les hémiptères et quelques névroptères, li savoir : les libellules et les éphémères.
Les insectes à métamorphose complète sont les coléoptères, les hyménoptères, les diptères et la plupart des névroptères.
Étymologies. — i^ Coléoptères, xoXsoçétui, TcTepovaile, e'est-à-dire insectes dont les ailes sont recouvertes par un étui ; cet étui se compose de deux fausses ailes di^^eXéesélytres, mot grec qui signifie également étui;
2» Orthoptères, ôpôoç droit, TTTspov aile, c'est-à-dire insectes à ailes droites, ce qui est faux; mot mal choisi ;
20 i LA CAUSE PREMIÈRE
3^ Hémiptères, r\\x\ à demi, ailes à demi recouvertes par un étui;
40 Nérroptères^ veupov nervure, ailes à nervures formant un réseau ;
50 Hyménoptères, ujjl^v membrane, ailes membraneuses;
6*^ Lépidoptères, XsttCç écaille, ailes écailleuses;
1^ Diptères, Biç deux, insectes à deux ailes.
II. Classe des myrlvpodes. — Iules, scolopendres, polydesmes.
III. Classe des arachnides. — La classe des arachnides comprend deux ordres :
i^ Arachnides pulmonaires : araignées, scorpions; 2^ Arachnides trachéennes : faucheurs, acarus, galéodes.
IV. Classe des crustacés. — Les crustacés se partagent en deux sous-classes, celle des crustacés proprement dits et celle des xiphosures.
La sousclasse des xiphosures ne comprend qu'un genre, celuideslimules. Dans les terrains paléozoïques, cette sous-classe était celle des mérostomes, dont les xyphosures formaient le deuxième ordre.
La sous-classe des crustacés proprement dits se partage en cinq groupes principaux ou légions, qui se subdivisent en ordres :
1er Groupe. Les Podophtalmes, c'est-à-dire à yeux pédoncules, se divisent en deux ordres : i « décapodes : crabes, écrevisses; 2^ stomapodes : squilles.
2« Groupe. Les Edriophtalmes, c'est-à-dire à yeux sessiles, se divisent en trois ordres : i^ amphipodes :
crevettes; 2» lœmodipodes : cyames; 3» isopodes : cloportes.
3« Groupe. Les BrancKiopodes, c'est-à-dire à pattes servant de branchies : limnadies, daphnés. L'ordre fossile des trilobites se rattache aux branchiopodes.
4^ Groupe. Les Entomostracés, c'est-à-dire insectes à coquille : cyclopes, Jernées, cirrhipèdes. L'ordre des cirrhipèdes se divise en anatifes et en balanes.
5« Groupe. Les Ostracodes, c'est-à-dire coquilles : cypris, zoés.
§ III. Embranchement des mollusques. — L'embranchement des mollusques se partage en deux sousembranchements, celui des mollusques proprement dits, et celui des molluscoïdes.
Le sous-embranchement des molluscoïdes se divise en tuniciers et en bryozoaires.
Le sous-embranchement des mollusques comprend cinq classes :
L Classe des céphalopodes. — Les céphalopodes, c'est-à-dire qui ont des pieds ou des tentacules à la tête, se partagent en deux familles d'après le nombre des branchies. Les familles se divisent en ordres et en genres.
A. Les DibranchiauXj c'est-à-dire à deux branchies : poulpes, argonautesj calmars, et parmi les fossiles, bélemnites.
B. Les Tétrabranchiaux, c'est-à-dire à quatre branchies : nautiles, et parmi les fossiles, groupes importpints appelés nautilidés et amoionitidés.
II. Classe des ptéropodes, c'est-à-dire pied en forme d*aile : clio, hyale.
III. Classe des gastéropodes, c'est-à-dire pied au ventre : limace, escargot, etc.
IV. Classe des acéphales, c'est-à-dire sans tête; ou lamellibranches, c'est-à-dire à branchies lamelleuses : huître, moule, pholade, etc.
V. Classe des brachiopodes, c'est-à-dire bras au lieu de pied : lingules, térébratules, orbicules.
§IV. Embranchement des zoophytes. — L'embranchement des zoophytes comprend quatre grandes classes : celle des échinodermes, celle des polypes, celle des spongiaires et celle des protozoaires ou sarcodaires. Les deux premières ont la symétrie rayonnée; les deux autres ne l'ont pas.
I. Classe des échinodermes. — Les échinodermes, c'est-a-dire peau hérissée d'épines, se divisent en quatre ordres : 1^ oursins; 2» étoiles; 3^ crinoïdës: 4° holothuries.
II. Classe des polypes. — Les polypes, c'est-à-dire pieds ou tentacules nombreux, se divisent en deux sections : 1» polypes coralliaires ou polypiers : corail, gorgone, madrépore, astrée; 2^ polypes hydraires : hydres, sertulaires, méduses. Avant d'être rattachées aux polypes hydraires, les méduses ont . longtemps formé une classe séparée, celle des acalèphes ou orties de mer. C'est la découverte de la génération alternante des méduses qui a déterminé la suppression de la classe des acalèphes.
Les graptolites fossiles sont des polypes hydraires.
Les coralliaires des temps paléozoïques comprennent les tabulés et les rugueux.
IIL Classe des spongiairss. — Les spongiaires comprennent deux sections : celle des éponges calcaires et celle des éponges siliceuses, laquelle est de beaucoup la plus importante.
IV. Classe dss protozoaires ou sargodairss. — Les protozoaires» c'est-à-diire premiers animaux, dans le sens chronologique, ou sarcodaires, c'est-à-dire charnus, se divisent en deux sections : l» sarcodaires à coquille calcaire: foramînifères ; 2® sarcodaires à coquille siliceuse : radiolaires.
m. — La classification el l'éclielle des êtres.
La classification est regardée comme formant une échelle des êtres. Cette vue théorique s'appuie sur ce fait évident qu'il y a des degrés de perfection dans les animaux \ Le type le plus parfait est celui des vertébrés, lequel doit être placé bien au-dessus de tous les groupes d^animatix invertébrés. Il se divise lui-même en quatre types d'une organisation et d'une perfection inégales : les mammifères sont plus parfaits que les oiseaux, ceux-ci que les reptiles; les poissons sont inférieurs à tous les autres.
Mats dans les invertébrés, la distribution n'est pas
1, Voir F.-J. PicTET, Tmité de Paléontologie, tome. P% pages 63 et suivantes.
la même; les groupes principaux, mollusques, articulés, rayonnes, sont supérieurs ou inférieurs les uns aux autrçs suivant le point de vue sous lequel on les envisage et suivant les espèces que Ton compare. On ne peut plus, comme pour les vertébrés, les placer a la suite les uns des autres, en déclarant que Tanimal le plus imparfait de l'un d'entre eux est supérieur au plus parfait des deux autres. Par exemple, les mollusques sont, par les céphalopodes, supérieurs aux articulés; ils leur sont inférieurs par les acéphales; on ne peut donc pas distribuer les mollusques et les articulés en une seule série. Chez les céphalopodes, en effet, les organes des sens et en particulier les yeux sont presque aussi parfaits que ceux des vertébrés. C'est pourquoi Guvier avait tout d'abord rangé l'embranchement des mollusques à la suite des vertébrés; ce fut Etienne Geoffroy-Saint-IIilaire qui, arguant de ce que l'on avait choisi le plan du système nerveux pour critérium des embranchements, fit logiquement ranger les mollusques à la suite des articulés *.
D'autre part, les différents types d'invertébrés ont leur perfection dans la réalisation des conditions d'un certain organisme, ce qui les rend très difficiles à comparer entre eux. Le mollusque, l'articulé et le rayonné le plus élevé ont chacun des caractères de perfection d'un genre différent qui ne permet pas toujours de décider que l'un est supérieur à l'autre.
i. IsiD. Geoffroy, Vie, travaux et doctrine d'Etienne Geoffroy, page 330.
Chez les mollusques, les types les plus élevés sont ceux des céphalopodes, des ptéropodes et des gastéropodes.
Chez les zoophytes, en premier lieu viennent les échinodermes ; ensuite les polypes, c'est-h-direles deux types rayonnes, t La structure des échinodermes, dit Agassiz, est beaucoup plus compliquée que celle d'un bryozoaire ou d'un ascidien, qui sont du type des mollusques ; ou que celle d'un helminthe, du type des articulés; elle est peut-être supérieure à celle de Tamphioxus, qui est un vertébré *. »
Les insectes sont à la tête des articulés. Plusieurs naturalistes ont regardé les insectes à métamorphose complète comme supérieurs aux insectes à demimétamorphose. Cette fausse appréciation repose sur rillusion que donnent les mots « complet et demi » ; ce qui est incomplet semble, en effet, être inférieur a ce qui est complet. Mais le fait naturel est loin de ratifier l'imperfection du langage et l'illusion qu'elle donne. En effet, en quoi diffère l'insecte à demi-
1. Agassiz, De rEspèce, page 39. — L'amphioxus, du grec amphi, doublement, oxus, pointu, est une espèce de poisson, long de cinq centimètres, qui vit dans le sable, à une faible profondeur de la mer, dans beaucoup de parties du monde. C'est un petit être demi-transparent, pointu aux deux extrémités, comme son nom l'indique, n'ayant aucune enveloppe épidermique ou dermique durcie. Il est dépourvu d'un crâne et d'un cerveau distincts, d'organes auditifs, de reins et de coeur cloisonné. (Foirl'anatomie complète de l'amphioxus dans Huxley, Eléments d'anatomie comparée des vertébrés, pages 121 et suivantes.)
métamorphose de l'insecte à métamorphose complète?
A. L'insecte à demi-métamorphose est agile au sortir de l'œuf; il a ses formes d'insecte normal, sauf les ailes ; il n'a point par conséquent hesiiia de grandes modifications pour arriver à l'état parfait ; il ne passe pas par l'état de nymphe immobile.
B. L'insecte à métamorphose complète a, au sortir de l'œuf, une forme de ver ; ses organes locomoteïtrs sont très faij)les ; les organes des sens, peu développés ; son système nerveux, très uniforme ; il n'a rien des caractères de l'adulte. Il a donc beaucoup à faire pour arriver à ses formes définitives; il doit passer par un second état de formation et être pendant quelque temps une nymphe immobile.
La comparaison de ces deux séries montre donc un point de départ différent et un point d'arrivée semblable. Les insectes à métamorphose complète et le» insectes à de'mi-métamorphosesont également parfaits à l'état adulte; mais les insectes à métamorphose complète sont plus imparfaits au sortir de l'œuf. Cette imperfection ne peut pas constituer pour eux une supériorité sur les insectes qui n'ont pas cette imperfection.
Par exemple, la mouche est à métamorphose complète tandis que la sauterelle est à demi-métamorphose; or la larve vermiforme de la mouche est incomparablement plus incomplète que la jeune sauterelle au sortir de l'œuf. Est-il raisonnable de con-
dure de cette phase d'infériorité que la mouche est supérieure à la sauterelle * ?
En résumé, à part Tembranchement des vertébrés, la classification zoologique n'est pas une échelle des êtres ; il est impossible de placer les embranchements invertébrés les uns au-dessus des autres sur une ligne continue.
D'autre part, chacun de ces embranchements se divise en classes d'une perfection inégale ; ces classes peuvent être facilement disposées en séries. Il s'ensuit que le règne animal serait mieux représenté sous la forme d'un arbre dont les branches correspondraient à des séries partielles, formées chacune par le perfectionnement ou par la modification d'un type spécial '.