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L'ABSENCE DE FIGURES DANS LES GALERIES D'ACCÈS, SA CAUSE

Les premières traces de fresques ou de dessins n'apparaissent à Font-de- Gaume qu'à une soixantaine de mètres de l'entrée ; ce fait, rapproché des constatations analogues notées à La Mouthe, aux Combarelles, à Bernifal, à Niaux, à Castillo, et, dans une moindre mesure, à Altamira, serait susceptible, en dépit d'autres faits contraires, de faire croire à une localisation intentionnelle des décorations pariétales au fond de galeries obscures. La présence de ces œuvres d'art en

des lieux si retirés est un fait capable en lui-même de faire réfléchir aux véritables

motifs de ces étranges usages, il ne doit pas nous faire perdre de vue que, dans les grottes de Marsoulas, de la Grèze, de Tayac (Grotte à Gontran), de Teyjat, de Pair- Non-Pair, dé Gargas, d'Ayguèze, de Hornos de la Peña, de la Venta de la Perra, de la Haza, une partie des peintures ou des gravures sont. à proximité de l'entrée, en des points où la lumière du jour accède encore, ou tout au moins accédait, alors que des éboulements importants n'obstruaient pas le passage. (1).

La cause de la distribution apparente des gravures et peintures de préférence dans des corridors obscurs pourrait bien provenir d'une cause toute différente : les

conditions de conservation défavorables, soit à l'ouverture de la caverne, soit même à une distance plus ou moins considérable de l'entrée ont généralement détruit les autres.

Les causes de cette destruction à l'air libre sont multiples : les végétaux, le soleil, la gelée, la pluie ; elles agissent encore plus ou moins à la gueule des grottes, dans la partie éclairée, puis elles cessent vite d’avoir la moindre influence.

A Font-de-Gaume, l'aspect écaillé des parois, dû à la gelée qui délite le rocher

par plaquettes ne dépasse pas une quinzaine de mètres ; les lichens ne vont pas

(1) Tout récemment, en Aragon et en Catalogne, on vient de découvrir des fresques sur rochers gré-

seux ; ces peintures rupestres, placées dans des positions bien protégées, ont été respectées par le climat sec, presque africain, de la partie inférieure du bassin de l'Ebre. Cf. H. Breuil et Juan Cabré: Les Peintures

rupestres du bassin inférieur de l'£bre, in l'Anthropologie, 1900, p. 1.

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lus profondément, les algues vertes ou rougeâtres arrivent à 21 m., puis disparaissent dès que la lumière fait défaut.

Au-delà de la zone des parois écaillées, la roche prend un aspect corrodé, spongieux, moins visible en bas qu’à hauteur d'homme, où le maximum est atteint. agent corrosif a mordu même les stalactites et les concrétions : les vieux pendenifs sont blanchâtres, à toucher farineux ; sur les murs, les glacis stalagmitiques

anciens subsistent à l'état de plages séparées, dont les zones concentriques sont

lus où moins dissociées : la corrosion ne les a pas épargnées, elle a privé les parois d'anciens glacis continus dont il ne reste que des traces. Vers 40 m. de l'entrée, il y

a de très beaux exemples de cette action qui a mis la roche à vif. A 50 m., on

rencontre le couloir qui mène à l'autre issue, et l’on peut noter qu'un courant d'air violent en provient et va sortir par l'entrée principale ; ce courant d'air est st fort qu'il fait très souvent battre avec bruit le battant de la porte, lorsque celle-ci est ouvérte ; il est plus énergique à certaines heures du jour, quand l'entrée secondaire recoit plus vivement les rayons solaires, l’autre, plus enfoncée étant encore dans l'ombre.

Les parois de cette galerie divergente sont également corrodées ; dans toutes

deux, les murailles sont très sèches ; grâce à la vivacité du courant d'air, il ne peut s'y faire aujourd'hui aucune condensation de la vapeur athmosphérique ; il n’a pas dù en être toujours ainsi; avant que les troglodytes du moyen-âge n'aient excavé

et nivelé le sol, il devait exister des remblais interrompant assez la communication

pour que l'appel d'air soit très affaibli et plus tranquille qu'aujourd'hui ; c'est alors que les murailles de cette partie de la caverne ont acquis leur aspect actuel.

Mais si l’on veut observer le mécanisme de cette corrosion, on le peut presque aussitôt après. À 58 m. de l'entrée, il y a des pendentifs de stalactite dont la face qui regarde l'entrée est corrodée et farineuse, mais leur toucher révèle que cette farine est humide, du moins pendant la saison chaude. À 60 m., la paroi, depuis r m. de auteur, èst, dans cette saison, toute semée de grosses goutelettes de rosée ; on en remarque encore une grande quantité à 62 m. Il y en a encore quelques unes au kubicon, et un nombre considérable tout au fond de la galerie latérale qui s'ouvre à droite avant d'y arriver. (1). Dans cette galerie, les parois sont très corrodées par a condensation ; on voit qu'elle a commencé d'agir avant le dépôt de glacis stalagmitiques assez récents qui ont combattu par place son action, et sous lesquels seulement des peintures ont pu résister.

Au delà du Æubicon, dans la grande galerie des fresques et dans la galerie atérale, il n'y a plus de condensation, le ‘‘Rubicon” rendant peu important

‘échange d'air de l'intérieur avec la partie antérieure de la caverne.

Le principe de cette condensation est des plus simples : à l'orifice des &

il y a constamment un échange d’athmosphère à cause de la différence de tempér

(1) Il semble bien, en ce point particulièrement, que la condensation soit activée par certains

microorganismes.

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