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LA DÉCOUVERTE. - LES PREMIÈRES PUBLICATIONS

C'est dans le même mois de Septembre 1901, que furent découvertes, à quelques jours d'intervalle, les deux principales cavernes à parois ornées de gravures ou de fresques du Périgord, dans cette même commune des Eyzies où M. Emile Rivière avait, six ans auparavant, fait connaître les remarquables figures, gravées et partiellement peintes, de la grotte de La Mouthe.

M. Peyrony, avait, avec ses deux compagnons, pénétré dans la galerie proonde et étroite des Combarelles, ce 8 Septembre où tous trois nous eûmes la joie d'y découvrir les gravures pariétales ; eux partis, il profita du premier moment de iberté pour explorer une autre cavité, dont la gueule béante s'ouvrait à flanc de rocher non loin du chemin même qui menait à la première grotte. C'était le 12 Sepembre ; à peine entré dans la partie profonde du corridor, il remarqua les traces, malheureusement bien détériorées, de nombreuses peintures, et de multiples et ines incisions qu'il ne prit pas le temps d'étudier davantage ; son premier soin fut d'aviser aussitôt M. Capitan et l'Abbé Breuil qui se trouvaient au loin ; il leur apprenait l'existence de ces graffitis légers et difficiles à lire et surtout de grandes resques déteintes, où il lui avait semblé reconnaître des Bisons, et, peut-être, des - 3ouquetins.

Trois jours après, tous trois nous gravissions la pente rocheuse, et reprenions ] Ë

a visite moins précipitamment ; M. Peyrony avait bien vu, et ce n'était pas sans une profonde émotion que chaque pas que nous faisions à sa ‘suite nous révélait, sur de nouveaux pans rocheux, de nouvelles et plus merveilleuses figures ; les bisons se multipliaient en séries innombrables, les bouquetins de la première heure, mieux éclairés et revus à loisir, devinrent deux beaux rennes affrontés auxquels nous avions la satisfaction de joindre quelques chevaux et mammouths. Le 23 Septembre, le Professeur Moissan, qui, huit jours auparavant, avait annoncé à l'Académie des

PTE EN EEE en

Sciences la découverte des Combarelles, lisait devant la même assemblée, la note N que nous venions de lui adresser sur € Une nouvelle grotte avec figures peintes sur Ÿ les parois à l'époque paléolithique. »

à Nous nous exprimions ainsi :

« Nous avons eu l'honneur de communiquer à l'Académie, dans la séance |

| précédente, une Note sur une série de figures gravées à l'époque paléolithique sur |

les parois de la grotte des Combarelles (Dordogne). Nous désirons aujourd'hui atti-

rer l'attention sur de véri rony qui venait de les dé Gaume, sise également d (Dordogne), et à 2 km. en

ables peintures à fresque que, sous la conduite de M. Peycouvrir, nous avons pu étudier dans la grotte de Font-deans la vallée de la Beune, mais à 1 km. 500 des Eyzies

viron de la grotte des Combarelles.

« La grotte de Fon

-de Gaume s'ouvre à l’ouest, à mi-hauteur d'une falaise

crétacée, le long de la route des Eyzies à Saint-Cyprien, à 20 mètres environ audessus du sol de la vallée.

| « Elle a la forme d’un long boyau, d'une longueur totale de 123 m. 80, avec ) | trois ramifications de 15 m., 21 m. et 48 m. de longueur et fort irrégulières. La largeur de la grotte varie de 2 m. à 3 m. en moyenne, avec une hauteur qui dépasse parfois 7 m. à 8 m. Par places, il y a des étranglements ne laissant que de très étroits passages.

« Les premières figurations d'animaux commencent à 65 m.70 de l'entrée, après un passage extrêmement étroit ouvert à 1 m.70 du sol au milieu d’un mur

de stalagmite. Le caractère général de ces images est tout à fait différent de celles des Combarelles. Il n'existe que quelques rares figures uniquement gravées, les traits sont d’ailleurs extrêmement fins et peu profonds. Ils n'ont pas l'énergie et la

« Presque toutes ces images sont formées d'un trait finement gravé, accentué par une bande de couleur noire ayant une largeur de 1 em. à 2 em. et circonscri-

) vigueur de ceux des animaux figurés sur les parois de la grotte des Combarelles.

vant tout l'animal. Souvent certaines parties, telles que les pattes, sont uniquement peintes avec cette couleur noire ; quelques animaux, tels un grand Renne (de

1 m. 50 de longueur) et un petit Equidé (de o m. 50 de longueur), sont entièrement

er

peints en noir, formant de vraies silhouettes comme les figures des vases à peinture | grecs primitifs. Parfois le trait, au lieu d'être noir, est tracé avec de l’ocre rouge. l est fréquemment fort large.

| € Mais le plus souvent les animaux, dont les contours sont indiqués par un

trait noir, ont toute la surface ainsi circonscrite entièrement enduite d'ocre rouge.

Ë ) >arfois certaines parties, comme la tête des Aurochs, semble avoir été enduite de } noir et de rouge, donnant une coloration brunâtre. Sur certains animaux, la tête

est au contraire noire et le train postérieur brunâtre. Cette coloration générale, £ vraie peinture à fresque, a été appliquée souvent par-dessus les traits gravés sur £ l'animal ; d’autres fois les traits, ou même un véritable raclage, ont été faits sur la £

couleur déjà appliquée. Enfin, les contours sont parfois accusés par un véritable

grattage extérieur, rappelant le procédé de la gravure à champ levé. Quelquefois l'artiste a profité dés saillies de la pierre pour accentuer certaines parties de l'animal, Nombre de figures (traits et couleurs) sont recouvertes d'un enduit stalagmitique, parfois épais de près de 2 cm.

« Les figures se retrouvent jusqu'au fond de la grotte, qui n'est qu'un très étroit boyau. On peut en voir presque au ras du sol et d'autres jusqu'à 4 m. de hauteur. Certains animaux, tel un gros Auroch entièrement peint en rouge, mesurent 2 m. 50 de longueur ; beaucoup d'animaux ont plus de 1 m., quelques-uns

n'ont que o m. 50 de longueur. Ils sont donc ordinairement as grands.

« Voici le relevé des figures que nous avons pu nettement distinguer. Un bon nombre sont tellement frappantes, qu'elles se voient à distance, surtout quand la coloration est bien conservée ; d’autres doivent être recherchées avec un peu de soin. Le nombre total des figures est de 77, presque toutes peintes et qui se décomposent ainsi

« Aurochs, 49 (animaux ordinairement entiers et dont les deux tiers au moins sont parfaitement nets avec leur bosse et leur tête typiques, les autres pouvant également se reconnaitre ; ils sont souvent en file ou affrontés). Animaux indéterminés, 11. Rennes, 4. Cerf, 1. Équidés, 2. Antilopes, 3. Mammouths, 2. Ornements géométriques, 3. Signes scalariformes, 2. Ces dernières figurations sont identiques à celles observées par Piette sur des galets peints et des os gravés.

« Cet ensemble de véritables et nombreuses fresques constitue donc une très curieuse manifestation artistique. Jusqu'ici elles étaient fort rares et n'avaient guère été signalées qu'à la Mouthe (colorations partielles) et probablement à Altamira (Espagne). Quant à leur âge, elles semblent pouvoir être considérées comme magdaléniennes, peut-être toutefois un peu moins anciennes que les figures gravées sur les parois de la grotte des Combarelles. »

Cette note fut reproduite dans le numéro d'Octobre de la Revue de l'Ecole d'Anthropologie.

Dans le courant de Juin 1902, le 16, nous présentions à l'Académie des Scien-

ces une nouvelle note et les premiers relevés exécutés dans la caverne l'automne

précédent, sous le titre : ‘Reproduction des Jigures paléolithiques peintes sur les parois de la grotte de Font-de-Gaume. Nous nous exprimions ainsi

« Les manifestations artistiques sur les parois des grottes à l'époque paléolithique constituent un des chapitres les plus curieux de l'anthropologie préhistorique. Nous avons eu la rare bonne fortune, l'été dernier, de découvrir et d'étudier de nombreuse figures gravées à cette époque sur les parois de la grotte obscure et profonde des Combarelles près des Eyzies (Dordogne). Nous avons publié et décrit quelques-unes de ces gravures ici même. (1).

(1) Voir Revue de l'Ecole d'Anthropologie. Octobre 1901 et Janvier 1902.

age”

« Grâce au concours de notre ami Peyrony, nous avons pu découvrir également, sur les parois de la grotte de Font-de-Gaume, peu éloignée de celle des Combarelles, toute une série de figures peintes à l’ocre rouge et au noir, également à l'époque paléolithique. Dans une note préalable communiquée aussi à l’Académie des Sciences en Septembre 1901 (1), nous avons donné quelques indications sur cette grotte et les fresques qu'elle contient. Aujourd'hui, à l'occasion de notre communication à l'Académie des Sciences (séance du 16 Juin 1902) de six reproductions de ces figures peintes, nous voudrions présenter à nos lecteurs les photogravures de quatre de ces figures (en attendant leur publication en couleur dans un travail d'ensemble ultérieur sur la grotte de Font-de-Gaume).

« On se souvient que la grotte de Font-de-Gaume //oc. cit) se trouve dans une petite vallée qui débouche dans la vallée de la Beune à r kil. et demi des Eyzies et à 300 mètres environ de la Beune. Elle s'ouvre sur le flanc de la colline coupée à pic, à 20 mètres environ au-dessus du sol de la vallée. On y accède en suivant les éboulis. L'orifice, assez large d'abord, se rétrécit rapidement et il n'existe plus qu'un couloir irrégulier avec galeries latérales. C'est en somme toujours le même processus qu'on observe dans toutes les grottes de la région. Ce

sont des diaclases de la craie (fort compacte en ce point), par où les eaux profon-

des se sont fray

yées un passage. Elles ont d'abord corrodé et élargi les fentes primitives et ultérieurement les ont en partie remplies de stalagmites.

« Après un passage fort étroit, à 65 m. 70 de l'entrée, on débouche dans une ongue salle de 40 mètres de longueur sur une largeur de 2 à 3 mètres et une hauteur de 5 à 6 mètres. C’est surtout, comme on le verra plus loin, sur les parois de cette longue galerie et dans un petit diverticule qu'ont été gravées et peintes la

plupart des figures que nous avons relevées. On en retrouve aussi presque à l'ex-

rémité de la grotte, à 120 mètres de l'entrée. Elles sont peintes à l’ocre rouge et

au manganèse, soit isolés, soit mélangés. (2). Ces matières premières se trouvent

sur les plateaux voisins de la grotte.

« Les figures sont placées en des points variables des parois, soit à r mètre à peine de hauteur, parfois à 4 mètres. Elles sont tantôt tracées sur une surface assez régulière, tantôt sur une paroi présentant de larges ondulations qui parfois ont été peintes de façon à constituer une partie du corps d’un animal dont elles présentent naturellement la forme : exemple le gros bison dont nous parlons plus loin. Ces peintures occupent les parois de salles assez larges et hautes ou au contraire des parties de la grotte ne mesurant guère plus de 50 em. d'écartement. Elles sont quelquefois accumulées dans un espace très restreint ; tel est le cas pour le petit diverticule mesurant 3 mètres de hauteur sur 2 m. 50 de large et autant de profondeur et dont les parois sont absolument couvertes de 13 figurations peintes de bisons.

(1) Voir Revue de l'Ecole d'Anthropologie. Octobre 1901. (2) Zbid., Juin 1902. Voir p. 8, la note de M. Moissan à

l’Académie des Sciences.

« Les dimensions des figures sont variables, de 2 m. 70 de longueur, comme

le grand bison, jusqu'à 20 em., ainsi que certains signes.

« Il s'agit là de véritables fresques. Ces images sont en effet le plus souvent entièrement peintes ; généralement la gravure est associée à la peinture, qui parfois recouvre les traits, ou au contrairé ceux-ci sont tracés par-dessus ; parfois la figure est en partie peinte, en partie gravée, tel est le cas pour les deux rennes affrontés (pl. IT, fig. 4), (1) d’autres fois seulement gravée.

« Dans certains cas, il n'y a qu'un trait, souvent large, de peinture noire ou rouge formant les contours de l'animal. Telles sont les figures enchevêtrées de la grande salle. Ces contours, ordinairement noirs, sont souvent remplis d'une large teinte plate couvrant toute la surface du dessin, en général habilement nuancée par le mélange de l’ocre rouge et du manganèse. Certains animaux ont la tête et l'extrémité des pattes brunes et le corps rouge ; d’autres sont brun foncé avec la tête rouge, d'autres enfin présentent des parties nettement noires. Enfin, parfois, de vrais grattages de la roche crétacée, qui a une couleur jaune, donnent un ton plus clair, accentuant certains contours en y déterminant parfois un vrai travail de champ levé. Les teintes sont nettement appliquées, sans bavures sur les bords.

« Nombre de figures. sont recouvertes d'une couche de stalagmite formant parfois un simple enduit de quelques millimètres d'épaisseur, d’autres fois constituant une nappe épaisse et fort dure de plusieurs centimètres d'épaisseur, parfois de vraies colonnes, sous lesquelles disparaissent en grande partie les figures. Cellesci représentent des animaux ou des signes particuliers.

« Ainsi que nous l'avons dit dans notre première note à l'Académie (2), celles

que nous avons vues, au nombre de 80, se répartissent ainsi : aurochs, 49, ordinairement entiers, soit en file, soit affrontés ; animaux indéterminés, 11 ; rennes, 4 ;

cerf, 1 ; équidés, 4; antilopes, 3; mammouths, signes divers, 6. Et certainement nous n'avons pas tout vu.

« Les reproductions que nous avons présentées à l'Académie, ont été exécutées par nous en grandeur naturelle, d'après nos calques et aquarelles faits sur place. Elles donnent donc aussi fidèlement que possible l'aspect des figures en couleur, telles qu'elles sont sur les parois de la grotte. Les photogravures que nous donnons ici ont été faites d’après les clichés de nos reproductions exécutés avec un soin extrême par notre.ami Monpillard, l'habile photomicrographe bien connu.

« La première se rapporte à un équidé (?) de o m. 70 de longueur, à museau très volumineux, dont la tête, le poitrail et une partie du dos sont seuls visibles. Il est figuré par des traits à l’ocre rouge, présentant par places une assez grande largeur.

« La seconde figure est celle d’un animal, équidé ou antilope de o m. 65 de longueur, peint en silhouette noir brun (comme les images des vases étrusques

(1) Les indications d'illustrations de ces notes sont celles des articles où elles ont paru, et non des

renvois aux planches de ce volume.

(2) Séance du 23 Septembre rgo1. Revue de l'Ecole d’Anthropologie, Octobre 1gor.

ô LA CAVERNE DE FONT-DE-GAUME.

primitifs). Le dessin en est fort incorrect, le devant du corps étant beaucoup trop développé par rapport à la croupe. Mais cette morphologie doit être indépendante de l'artiste, elle est peut-être même voulue. Cette figure est en effet peinte dans le fond de la grotte, qui affecte en ce point la forme d'une fente très haute, mais large à peine de 50 cm. La figure ne peut donc être vue que très obliquement du côté du train postérieur. Si on l'examine ainsi, l’exagération de la partie antérieure est en eflet beaucoup moins choquante. Certains membres de l'Institut ont fait remarquer la ressemblance de cette image avec celle de l'Okapi, la fameuse antilope qui vient d'être trouvée au Congo et dont un spécimen est en ce moment au musée du Congo à Tervueren près Bruxelles. Il semble bien qu'il ne s'agisse là que d’une similitude d'aspect fortuite. On ne peut d’ailleurs rien dire sur une seule image.

« La troisième figure est celle d'un des 13 bisons qui tapissent les parois de la petité salle dont nous parlions plus haut. L'animal, qui mesure 1 mètre de longueur sur Oo m. 60 de hauteur, est entièrement peint d'une couleur brûnatre assez uniforme avec une teinte rouge bien accusée sur le front. Il est représenté courant (pl. 1, fig. 1). Cette image est d'un dessin et d'un mouvement remarquables. Elle est partiellement recouverte par une couche de stalagmite.

« Le second bison que nous avons reproduit (pl. II, fig. 3) est tracé sur une surface irrégulière. Il mesure 1 m. 50 de longueur sur 1 m. 25 de hauteur. Il a été également peint au moyen d'une couleur ocre rouge nuancée sur le tronc, plus oncée à l'extrémite des pattes et sur le train postérieur, et brune sur le museau. I n'a pas du tout les mêmes caractères que ceux du petit bison. On peut observer sur cette figure les divers procédés de gravure et de peinture et le raclage qui a produit le long de la ligne du dos un travail de champ levé et a servi à accentuer a forme des cornes. L'exactitude dans le rendu des détails est remarquable.

« Le groupe des, deux rennes affrontés (pl. IL, fig. 4) qui mesure 2 m. 10 de ong sur 1 m. 30 de hauteur est traité de la même façon. Il se trouve d’ailleurs presque en face du précédent. L'attribution au renne de ces deux figures est indiscutable. En effet, la ramure inférieure des cornes de celui de droite présente la orme en palette digitée caractéristique de cet animal. L'animal de gauche, entièrement reproduit, est gravé en partie. Deux lignes figurent le contour dorsal : la igne extérieure est rouge, la ligne interne noire, S'élargissant sous forme d'une arge plaque au niveau de la croupe. L'animal de droite dont une partie du corps seulement est figurée par une vaste surface de la roche, saillante et peinte en rouge,

a la tête seulement gravée. Les cornes du renne de gauche sont peintes en noir, celles de l'animal de droite en rouge, sauf les palmes, qui sont noires. A noter aussi la ligne de points de couleur noire bleuâtre figurés au-dessus de la tête du renne de gauche.

« Une grande figure de 2 m. 50 de longueur sur 1 m. 30 de hauteur représente un grand bovidé, probablement un bison (pl. L fig. 2). Elle est entièrement peinte à l'ocre rouge sur de larges saillies du rocher ayant à peu près |

a forme du corps

d'un bovidé. Sur le ventre de l'animal, il existe deux figures triangulaires qui reproduisent des formes que nous avons constatées, peintes en d'autres poiñts de la grotte et toujours deux par deux. Nous avons également observé ces mêmes signes gravés à l'entrée de la grotte de Font-de-Gaume et au fond de celle des Combarelles. Recouverte par le signe de gauche, il existe une gravure au trait représentant un petit mammouth.

« Nous avons présenté à l'Académie, avec le calque de cette dernière gravure, ceux de plusieurs signes triangulaires par 2 et par 3, celui d’une tête d’antilope et enfin une singulière figuration tracée dans une petite cavité et qui montre deux cercles placés côte à côte, comme des yeux, surmontés de traits rayonnants circonscrits par des arcs de cercle concentriques. Toutes ces figures sont gravées. Nous les publierons ultérieurement.

« Il existe dans la grotte bien d’autres gravures et peintures que nous reproduirons dans une campagne prochaine, tels deux grands rennes dont on aperçoit seulement les têtes, le reste du corps disparaissant sous une épaisse couche de stalagmite.

« Les figures que nous publions ici sont les plus frappantes de la grotte de Font-de-Gaume. Ce sont les premières peintures de ce genre aussi complètes qui aient été signalées en France. Celles d'Altamira (près Santander, Espagne) ont été indiquées et figurées au moyen de petits croquis par M. de Sautuola, dans une brochure publiée en 1880 et étudiées aussi dans un mémoire de M. Harlé qui les avait vues {/Matériaux, 1881). Il s'agissait également surtout de peintures de bisons à l'ocre rouge. Elles furent d'ailleurs alors méconnues et considérées probablement comme récentes (V. Cartailhac : l'Anthropologie, n° 3, 1902, p. 348). Les figures gravées de la Mouthe, non loin de Font-de-Gaume, signalées par M. E. Rivière en 1895, ne portent que des colorations partielles.

« Nous croyons pouvoir vraisemblablement attribuer nos peintures à la fin de l'époque magdalénienne, donc à une période moins ancienne que celle des gravures des Combarelles. En effet, les figures de mammouth, si communes dans cette dernière grotte, manquent presque à Font-de-Gaume. Les animaux représentés sont surtout le bison et plus rarement le renne. Ils indiquent une faune moins

ancienne que celle du plein de l’âge du renne et semblant correspondre aux dér-

niers termes de l’époque paléolithique.

« M. Moissan, que nous ne saurions assez remercier d'avoir bien voulu présenter nos notes successives à l’Académie, a fait l'examen des échantillons de couleurs ayant servi à peindre nos figures, que nous lui avons remis. Après avoir présenté nos reproductions de nos fresques à l’Académie des Sciences, il a donné le résultat de ses observations qu'il a consignées dans une note parue aux Comptes Rendus à la suite de la nôtre. En remerciant encore l'éminent et sympathique maître, nous sommes heureux de publier cette note

avec son autorisation. »

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