TRACES DE LEURS GRIFFES SUR LES PAROIS
Bien avant que l'homme quaternaire ne se risqué dans les sombres couloirs de Font-de-Gaume, l'ours des cavernes y avait installé son domicile.
Il fréquentait également la petite grotte de gauche, dont le remplissage d'argile plus ou moins spathique et limoniteux contient beaucoup de ses restes osseux. La seconde galerie d'entrée, à son orifice, contenait aussi un dépôt d'argile très rouge à ossements d'ours et d'autres animaux. Ces restes ont été communiqués à M. Harlé, qui nous a adressé la lettre ci-dessous à leur sujet :
« M. l'abbé Breuil m'a envoyé les ossements qu'il a recueillis dans la grotte de Font-de-Gaume. Près de 200 échantillons sont déterminables, dont 120 environ sont d'ours. J'ai reconnu les animaux suivan
Ursus spelœus Blum.. Des restes très nombreux appartiennent probablement à cette espèce.
Ursus arclos Lin.. Quelques métacarpiens ne diffèrent pas de ceux de l'ours brun ordinaire. Ils ne sont pas plus grands et sont aussi grêles.
Canis lupus ? Lin.. Une canine et un second métarcapien proviennent de sujets un peu moins grands que le Loup de nos cavernes et, d’après le métacarpien, de forme plus élancée.
Canis vulpes Lin.
Hyœna. Une phalange, petite.
Felis Lynx Lin. Un second métacarpien.
Equus Caballus Lin.
Bos ou Bison. Une prémolaire supérieure, pas grande.
Cervus megaceros Owen.
Cervus elaphus Lin.
Cérvus capreolus Lin. Une molaire et une phalange sont de Chevreuil.
Cervus larandus Lin.. Le Renne n’est représenté que par un métacarpien latéral.
Capra ibex Lin.
Lepus cuniculus Lin.
Arclomys marmolla Schreb.. Une incisive et une portion d'humérus.
E. HARLÉ.
Bordeaux, 2 Juillet 1908.
Un os de grand oiseau et une griffe, trouvés également dans l'argile à ours, ont été soumis à Sir E. T. Newton ; il nous a écrit à leur sujet : « C’est le tibia d'un grand exemplaire de Bubo Maximus (B. ignavus. Forst.) ; quant à la grifle, elle appartient à un grand rapace plus fort que le B. Maximus, et à peu près de la taille d'un petit aigle. »
La galerie d'accès, jusqu'au Rubicon, ne contient plus rien, le remplissage ayant été anciennement extrait de cette partie du souterrain. (1).
Dans la galerie latérale, à droite avant le Rubicon, le remplissage argileux dépasse 1 m. 50 ; dans toute son épaisseur, il est presque complètement pétri d'ossements du grand ours. Dans une tranchée d'exploration que nous y avons pratiquée, on peut voir une tête presque entière que nous n'avons pas dégagée. Les ossements appartiennent à des individus de tout âge : certaines dents indiquent par leur usure des animaux très vieux; d’autres machoires proviennent d'oursons où la seconde dentition est en voie d'éruption, et parfois même, présentent quelques vestiges de la première, sous forme de minuscules prémolaires, grosses à peine comme une tête d'épingle.
Aux restes de l'ours sont quelquefois associés des ossements entiers de ruminants, particulièrement ceux d’un bouquetin de très grande taille. Des fouines ont, à une date récente, creusé des terriers dans ce sol peu compact ; il est arrivé qu'elles ont éraflé de leurs griffes aigues des os qui se trouvaient sur la trajectoire de leurs excavations ; nous donnons ci-contre la photographie du plus curieux d’entre eux (fig. 4), dont les rayures sont si nombreuses et si nettes, qu'elles feraient d'abord penser à des traces humaines. Des ossements d'ours, en nombre toujours très considérable, ne cessent pas de se rencontrer de l’autre côté du Rubicon, partout où il y a un remplissage argileux, c'est-à-dire du Rubicon à la galerie latérale et dans les premiers mètres de celle-ci.
En divers points, le long des murs, soit dans la première galerie latérale voisine du Rubicon, et à gauche, dans le second segment de la galerie des fresques, la surface ancienne du remplissage argileux a conservé de petites surfaces
de la croûte foulée par les ours, sans qu'aucun dépôt plus récent ne s'y soit formé
epuis. En plusieurs endroits, cette surface argileuse a gardé des éraflures parallè-
les, assez profondes, qui, postérieures au dépôt, sont dues à l'empreinte des ongles
des derniers ours.
Mais il existe d’autres vestiges des ongles de l'ours, moins fugitifs, moins fragiles, car ils sont visibles sur les murailles mêmes de la galerie principale.
(voir PI. XLVI).
(1) On y enfermait encore des moutons il y a une trentaine d'années. Quelques personnes du pays ont même gardé le souvenir d'un sourd qui s'était logé à l'entrée de la grotte ; celle-ci, pendant un certain temps, s’appela, pour ce motif, la « Grotte du Sourd ».
Dès 1901, notre attention s'était fixée un instant sur d'étranges raclages
verticaux placé
à un niveau presque toujours le même, au-dessus de la zone des figures polychrômes de la galerie principale, mais nous n'en avions pas saisi a nature. (1).
En septembre 1902, nous visitàmes, près de Montignac, une petite grotte à demi obstruée par un cône d'éboulis intérieur ; l'entrée, fort exigue, donnait accès, par la pente de ce talus, à un étroit corridor long d'une trentaine de mètres et haut de trois environ, simple élargissement d'une diaclase. On nous y avait signalé des traits problématiques. Sur les parois, en effet, se voyaient de très nomoreuses séries d'incisions enchevêtrées, rangées en séries de 3, 4, 5 parallèles, et ne se prolongeant jamais en ligne continue. Au voisinage de l'entrée, ces marques 2m. 50.Du
roblématiques montaient sur les parois à une hauteur supérieure
premier coup d'œil, il était facile de juger qu'il n'y avait rien de commun entre
F1G. 4. — Canon de jeune bouquetin éraflé par les griffes des fouines, creusant leur terrier dans l’argile à ossements d’ours.
ces incisions et les gravures paléolithiques ; une étude soigneuse amena la découverte de semblables traces, non plus sur la roche décomposée, mais bien sur l'argile même du sol ou adhérente au bas des parois, puis celle de la carcasse d'un blaireau ; enfin les déjections accumulées de toute une famille de ces plan-
tigrades, achevèrent de nous édifier. Toutes ces traces incisées étaient dues à des
(1) Voir au sujet des traces de Font-de-Gaume et autres grottes : l'Abbé H. Breuir, Traces laissées
par l'ours des cavernes dans certaines grottes à peintures et à gravures .Revue Préhistorique ,Mars 1908 ,p. 65. -
E. CarrarrHAc, Les coups de grifles d'ours sur les parois des cavernes, L’Anthropologie. 1908. p. 113. Un
nouveau vo e à Altamira a permis, en Avril 1909, à M. Breuil d'y découvrir une nouvelle surface argileuse
couverte de nombreuses empreintes de pieds d'ours d’une conservation et d’une beauté véritablement imouie.
Elles sont situées à 50 mètres à peine de l’entrée, dans la grande galerie, à gauche en pénétrant, et localisé sur le revêtement argileux assez compact de deux ou trois grandes dalles rocheuses. Des ours s’y sont déplacés en laissant plus d’une cinquantaine d'empreintes de pieds et aussi'de masses poilues. Depuis, l'argile s'est graduellement asséchée et durcie, tout en se fendillant un peu, de sorte qu’elle présente aujourd’hui assez de consistance pour ne plus recevoir de nouvelles traces. Certainement, nous l’avions foulée, en cet endroit même, sans voir les empreintes, que M. Breuil n’a découvertes qu'après avoir, fortuitement, posé une lampe à terre. La planche XLVII bis reproduit deux photographies de quelques-unes des plus complètes de ces
rgeur dépasse o m. 18. ce qui porte la longueur totale du pied à o m. 40 au bas mot.
empreintes, dont la Le
générations de blaireaux qui s'étaient succédés en excavant le sol. toujours davantage, si bien que les traces les plus anciennes se trouvaient aujourd’hui bien au-dessus de la portée des habitants actuels du repaire en miniature.
C'est grâce à cette observation, peu importante en apparence, que MM. Cartailhac et Breuil purent, à Altamira, identifier les traces d'ours qu'ils ont décrites dans la monographie de cette caverne, et que, depuis, celles de Font-de- Gaume furent à leur tour interprétées comme il convenait, et enfin celles de Castillo. de Hornos de la Peña, de la Cova Negra (Santander), de Gargas et de Bétharram (1). Nul doute qu'on n'en découvre à l'avenir dans presque tous les anciens repaires, quand des agents de destruction ne les auront pas effacées.
En 1903, M. Breuil entreprit le relevé systématique des fresques de Font-de- Gaume, il retrouva les traces aperçues dès la première heure, mais, éclairé par les faits nouveaux, il les attribua à l'ours des cavernes.
Presque toutes ces traces sont localisées entre le Rubicon et la grande galerie
latérale droite. Voici les notes qui concernent leur distribution dans cette partie de la galerie principale : Du côté droit en pénétrant, une petite corniche court, presque sans interruption, depuis 6 mètres jusqu'à 17 mètres environ : au-dessous de cette corniche, la paroi se creuse un peu, et c'est sous cette concavité plus ou
moins en surplomb que se trouvent les fresques polychrômes : au-dessus de la corniche, se trouve une autre concavité qui tend à se raccorder bientôt à la paroi verticale. Sur celle-ci, du reste, de très antiques déssins noirs se remarquent à.des hauteurs avoisinant 3 mètres. La surface supérieure de la corniche est presque partout labourée de coups de grifles ; à 6 m. 50 du Rubicon, à 1 m. 70 de hauteur. et sur une longueur de 3 mètres, la bande des coups de griffes est continue ; après un vide de 1 mètre, où S'interrompt la corniche, un second paquet s'observe à 2 mètres de hauteur ; une série de 5 griffes parallèles appartenant à la même patte et d'une largeur totale de o m. 18 peut y être discernée. (PI. XLVI, en bas).
F À gauche de la photographie, les 5 lignes courbes appartiennent à une même
patte ; On remarquera qu'elles approfondissent leurs sillons de haut en bas et abou-
issent chacune à une dépression contuse. Une seconde patte, à droite, est un peu
lus haut que la précédente ; les dépressions y sont exagérées ; elles sont précédées d'un sillon qui va en s'approfondissant, et suivies d’un plan oblique d'échappement
(1) Grâce à l’aimable autorisation de M. E. Cartailhac, nous reproduisons dans la planche XLVII deux photographies des remarquables empreintes conservées sur les parois de la caverne de Bétharram ; M. E. Cartailhac les avait découvertes en Septembre 1907, dans une excursion avec notre ami le Dr H. Obermaier. L'hiver suivant, M. Breuil s'y rendit pour les faire photos M. Ross, un parfait accueil qui facilita grandement sa tâche. Les gri
aphier, et reçut du propriétaire,
es d'ours de Bétharram couvrent toutes les surfaces des parois d'une salle bien sèche et des diverticules attenants. Cette salle domine un ravin souterrain aux pentes raides et glis
intes de convexités stal
zmitiques tapissées d'argile. Sur cette surface, on voit fort bien les traces de glissades énormes faites par le grand carnassier. Récemment, dans des travaux d'aménagement de la grotte, et en un point tout voisin des griffades, M. Ross a découvert de nombreux débris osseux appartenant à l'Ursus Spelœus.
des griffes. Ces traces remarquables sont situées sur la surface déclive au-dessus du train antérieur du Bison n° 38 de la bande générale, presque en face d'autres traces fort belles dont nous reparlerons dans un instant.
La corniche reprend à 12 m. 50 du Rubicon; il y a des coups de griffes visibles à 1 m.80 du sol et quelques autres à 2 m. 50, en un point où il semble que l'ours ait pu se hisser sur un avancement rocheux inférieur. À 13 m. 20, au-dessus du grand bison n° 43 de la bande, des sillons dûs à la même cause se voient à 2 mètres de haut. L’avancement rocheux de la corniche reprend d’une façon constante à 14 mètres 50, et aussitôt les traces de griffes reparaissent sur 2 m. 60 de long, à une hauteur qui varie entre 1 m. 70 et 2 mètres ; là se trouve une patte mesurant, entre les sillons extrêmes, o m. 20 de largeur.
Sur la paroi du côté gauche qui fait face à la précédente, les traces son moins abondantes, la corniche n’y étant pas aussi continue. À o m. 70 du Rubicon, un coup de patte d'ours isolé s’observe à 2 m. 60 du sol ; à 1 mètre plus loin, i y en a un autre semblable à 3 m. 30 au-dessus du sol ; mais on peut se rendre compte que l'ours, en ce point, pouvait se hisser. À 5 m. 40 du Rubicon, quelques traces se voient à 2 mètres de haut ; à 8 m. 50, sur une plate-forme dominan l'ensemble n° 5 de la bande, se voit une série de sillons très remarquables par leur profondeur et leur longueur. (PI. XLVI, en haut). Ils sont en tout au nombre
de 10, et paraissent dûs aux deux pattes antérieures d'un même ours, agissan simultanément ; d’autres sillons moins nets en divers sens sont également visibles sur le champ de la photographie.
À 12 m. 70 du Rubicon, les mêmes traces se retrouvent à 1 m. 70 de hauteur ;
on peut y mesurer une patte, large de o m.14. A 1 m. 30 plus loin, une patte es visible à 2 m. 8o du sol, en un point où l'ours a pu grimper ; enfin, à 19 m. 70, à 1 m. 60 de haut, se voient encore quelues traces.
Dans la seconde partie de la galerie aux fresques, peu au-delà du carrefour, une série de traces d'ours sont visibles à 1 m. 80 de hauteur. D'autres se voient à 1 mètre du sol, près du bison n° 18 de la bande générale ; cette situation est due à la hauteur des convexités où l'ours trouvait un point d'appui.
Les traces ne cessent pas dans le diverticule final ; la peinture noire n° 29 en a recouvert, mais elles sont de petit module, sans doute parce que les oursons seuls pouvaient se glisser dans cette fente resserrée. Au-delà de l'animal n° 31, à 1 m. 00 de hauteur, les traces d'oursons se retrouvent. Au voisinage du félin et des chevaux gravés, il y en a encore, à 2 m. 50 de haut, toujours de petit module ; mais la fente est si étroite qu'en s’archoutant d'une paroi sur l’autre et en profitant de leurs saillies et de leurs creux, les jeunes oursons pouvaient facilement grimper.
Tels sont les faits que nous avons consignés. Ils nous semblaient si simples et si facilement intelligibles que nous ne pensions pas qu'une contestation puisse s'élever à leur sujet. Pourtant un spéléologue de métier, qui, d’ailleurs, ne s'est.
adonné qu'au côté hydrologique des études souterraines, M. Martel, s'est montré
incrédule et, à plusieurs reprises, a exprimé son septicisme d'une manière assez étrange. M. Martel, en eflet, parle comme s'il les avait vues, dans son passage trop rapide à Altamira, des empreintes que MM. Cartailhac et Breuil y ont décou-
vertes, et transporte inconsciemment à Altamira celles que MM. Alcade del Rio et 3reuil ont étudiées à Castillo ; il accuse les autres d'imagination, mais il est inépuisable d'explications absolument inacceptables. Il en change d’ailleurs avec facilité ; après avoir objecté que les griffes de l'ours ne peuvent rayer le calcaire, étant donné que seul le gypse se laisse rayer à l’ongle (!) (objection écrite à l'abbé 3reuil), il aime mieux admettre (explication orale à Font-de-Gaume en 1907) que les sillons attribués aux traces d'ours sont dûs aux eaux tourbillonnantes des torrents pliocènes, jetant en l'air, comme une boule de bilboquet, les galets qu'elles charriaient ; ces galets, en retombant, auraient ereusé ces sillons (!). A la réflexion, M. Martel aura trouvé ces objections et explications insuffisantes, et il a préféré rester dans une certaine imprécision, tout en éinettant une nouvelle difficulté. Voici quelle est cette dernière : « Bien loin de labourer les parois de leurs griffes, les fauves les lustrent à force de les frotter au passage : c'est tout l'opposé du labourage… ». Si M. Martel avait étudié les traces que laissent à la gueule de certains terriers, les renards et les lapins d'aujourd'hui, et les autres habitants de tanières en miniature que sont les mustéliens, les rats et les souris, il aurait pu constater que les traces de leur passage répété se traduisent, non seulement par le lustrage un peu gras des aspérités rocheuses, mais aussi par des éraflures nombreuses laissées par leurs ongles acérés ; l'opposition entre lustrage et labourage ne saurait en imposer à des gens qui pratiquent la réflexion et l'observation.
M. Martel, comme explication des érosions attribuées par nous aux ours, donne celle-ci : « Ce sont de simples corrosions dues à l'eau carbonatée qui a dissout le calcaire en certains points. » Explication bien malheureuse, car l’eau chargée de carbonate de chaux abandonne son excès sous forme de concrétion, et
ne corrode pas ; si c'est de l’eau chargée d'acide carbonique que M. Martel parle,
et non encore chargée de chaux, il doit observer qu'elle ne saurait, à l'intérieur des grottes calcaires, provenir que de la condensation de la vapeur d'eau provenant du courant d'air chaud pénétrant en été. Mais à Font-de-Gaume, cette condensation ne s'est pas faite au-delà du Rubicon ; d’ailleurs, où elle se fait, aucun vestige
ancien ne subsiste longtemp
Il y a, dans toutes les grottes, de l’eau carbonatée calcaire et, du moins dans les régions moins profondes et pendant la belle saison, de la rosée corrosive de condensation. Or, jamais, dans des cavernes que des motifs divers ont rendues inaccessibles aux ours, les agents naturels ne simulent leurs traces : toujours, là où leurs traces sont constatées sur le sol et les parois, les ossements sont là pour en montrer les auteurs responsables. D'autre part, la-même où il y a eu des ours,
si la corrosion des parois s'est réalisée, comme à Lherm, au Mas d'Azil. à
Bouichéta, aucun accident rocheux ne simule les éraflures caractéristiques.
Si l’eau était l’agent de ces traces, on devrait les rencontrer dans des grottes comme à Lacave et Padirac, où l'ours ne pouvait pénétrer, dans des grottes, aujourd'hui accessibles, comme Niaux, mais que les glaces d’abord, les placages morainiques ensuite, ont obturé alors qu'il vivait dans la région ; il n’en est rien.
La solution s'impose : La corrosion sans l’ours ne donne rien de semblable aux traces en litige; là où il y a eu des ours et où la corrosion s'est faite, les traces ont été effacées ; elles sont constantes, là où il y a eu des ours et où la corrosion ne s’est pas faite. Ce sont donc des traces d'ours, la démonstration en est péremptoire.
Il est facile de comprendre que les traces que nous avons décrites précédemment ont été laissées par l'ours des cavernes, le seul qui ait fréquenté la grotte, avant la venue des peintres ; les œuvres de ces derniers les ont parfois recouvertes ; nous avons vu que leurs traces s’accumulaient principalement sur l'entablement de corniches disposées à hauteur convenable pour recevoir leurs pattes quand ils se dressaient ; quelques-unes, situées parfois très haut, proviennent de ce que cet animal cherchait à se hisser partout, et le boyau terminal, par ses traces plus menues, nous a permis de constater que c'est dès le jeune âge, que les oursons, seuls assez minces pour s'y glisser, se livraient à ces exercices d'acrobatie dans
l'obscurité.