‹ La CélestineChapitre 175 sur 179 · L'AUTEUR · texte numérisé non relu

L'AUTEUR

CONCLUT ET APPLIQUE CE LIVRE AU BUT QU'lL S'EST PROPOSÉ EN LE CONTINUANT.

Maintenant que nous avons vu de ces deux amants La fin désastreuse, gardons-nous de les imiter ; Portons tout notre amour vers celui qui, couronné d'épines, Percé de clous, versa pour nous son sang j Vers celui dont les Juifs impies ont conspué la face Et qu'ils ont abreuvé de vinaigre et de fiel ; Afin qu'il nous appelle au céleste séjour Avec le bon larron qu'on plaça près de lui.

Lecteur, soyez sans honte et sans crainte En lisant ces récits et joyeux et lascifs ; Prudent et sage, vous verrez qu'ils sont le voile Sous lequel est caché un travail utile et précieux.

Permet que près d'elle on tente de sages conseils j

On excite ses désirs et sa curiosité

Avec des jeux de mots et des contes renouvelés du vieux temp

Ne me jugez donc pas sur quelques passages peu décents 5 Mais croyez-moi jaloux de mener une vie honnête, Avant à cœur surtout d'aimer, craindre et servir Notre-Seigneur Dieu tout-puissant.

Or donc, si vous voyez ma main mal assurée Confondre et réunir et le bien et le mal, Écartez les plaisanteries, ainsi que la mauvaise herbe, Et parmi elles choisissez le bon grain .

ALONZO DE PROAZA,

CORRECTEUR DE L'iMPRESSION l, AU LECTEUR :

La lyre d'Orphée et sa douce harmonie Attirait et déplaçait les rochers j Elle ouvrit les portes du triste palais de Pluton, Arrêta immobiles les eaux des torrents.

Les oiseaux cessaient de voler, les animaux cessaient de paître . Animées par la voix de ce chantre divin, Les pierres à l'envi, sur les remparts de Thèbes, S'amoncelaient sans le secours des mains.

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