‹ La cellule belgeChapitre 14 sur 16 · CNPEVET ET RE NT PE ANS ET D PT AS U · texte numérisé non relu

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sation du travail. Cependant, tout en se proposant l'amendement du prisonnier, on ne néglige pas de conserver à la prison un caractère de sévérité et d’intimidation. L'organisation est, à peu de chose près, la même qu’en Belgique et une réduction de peine d’un quart s'applique aux condamnés en cellule qui doivent subir plus de trois mois. Le travail est obligatoire. Il est organisé à l’entreprise dans les prisons départementales, ce qui permet aux détenus de continuer leur métier s’il se concilie avec les règlements: on a recours à l’entreprise générale dans les circonscriptions pénitentiaires comprenant des prisons peu importantes, et à l’entreprise partielle dans les autres, par exemple dans les prisons du département de la Seine. Toutefois, l'administration ne permet aucune immixtion à l'entrepreneur.

Les maisons centrales de force sont réservées aux réclusionnaires et aux femmes condamnées aux travaux forcés; celles de correction aux prisonniers correctionnels de un an et un jour à dix ans. Nous avons dix maisons centrales d'hommes et trois de femmes. La règle est dans toutes l'obligation au silence et au travail. Le régime des maisons centrales est la vie en commun, mais quelques établissements possèdent des cellules de nuit. Le travail dans les maisons centrales est organisé en régie.

5o Grande-Bretagne. — En Angleterre, on distingue les prisons locales réservées aux condamnés subissant

une peine maxima de deux ans et les pénitenciers où sont enfermés les condamnés à plus de trois ans. Depuis 1877, toutes les prisons sont sous l'autorité de l'Etat. Auparavant, les prisons locales avaient leur administration propre émanant des autorités du comté; maintenant il y a unité de direction. La loi de 1891 sur les travaux forcés a aussi remplacé par trois ans le minimum de la servitude pénale qui était de cinq .ans. Autrefois, on employait les détenus à des travaux publics à l’intérieur tels que la construetion des bassins de Chatam, du brise-lames de Portland, de sorte que le prix du travail des forçats à Chatam, à Portland, Portsmouth équivalait presque à leur entretien. Or il y a eu diminution notable des condamnés aux travaux forcés et par conséquent impossibilité de faire de grands travaux publics: mais on emploie encore les détenus à des travaux manuels sains et fortifiants au grand air.

La loi de 1898 sur les prisons a apporté de grandes modifications dans l'organisation intérieure des prisons et a institué des comités de visiteurs pour chaque pénitencier. Les prisons anglaises sont soumises à l'emprisonnement cellulaire et à l’'emprisonnement en commun. Dans les pénitenciers le travail se fait en commun excepté pendant un terme initial d'épreuve de six mois de cellule. Dans les prisons locales, le système cellulaire a prévalu, mais les règlements élaborés pour la loi de 1898 prescrivent

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LA QUESTION PÉNITENTIAIRE DANS LES AUTRES pays 143

le travail en commun quand il est praticable, sauf pour les détenus condamnés à la détention avec travaux forcés, qui doivent passer en cellule et strictement isolés le premier mois de leur peine avec travail manuel fatiguant auquel succède une occupation aux industries ordinaires de la prison et, s’il est nécessaire, le travail commun. L’individu condamné à la détention sans travail forcé est employé à une industrie utile exercée dans la prison. Le travail est rémunérateur, même celui exercé dans le premier cas pendant le premier mois, toutes les anciennes formes de travail improduectif ayant été abolies, par exemple la manivelle, le moulin de discipline etc... On occupe toujours le détenu à un travail utile, comme moudre du blé, pomper de l’eau, scier du bois. |

Le condamné à la Servitude Pénale, enfermé dans les pénitenciers, travaille en commun à des ouvrages d'utilité publique, après un stage d'épreuve de six mois en cellule.

Le travail, dans les prisons anglaises, est entièrement sous le contrôle de l'Etat, et consiste presque exclusivement en ouvrages incombant aux différents départements de l'Etat : on ignore le système d’affermer le travail des prisonniers à des entrepreneurs et le sentiment public d’ailleurs réprouverait ce mode comme contraire à la discipline et à la moralisation. Les détenus ne touchent pas de salaire, mais des

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gratifications. Le système anglais accorde en outre des récompenses à la bonne conduite et au zèle au travail en donnant des « Marques » ou bons points, qui procurent le plus souvent une diminution de peine.

En Ecosse, le système des prisons est cellulaire. Dans les prisons locales ordinaires qui renferment les détenus condamnés à une peine de deux ans et audessus, tous les prisonniers ont la permission de sortir de leurs cellules pour prendre de l'exercice, et. selon l'ouvrage fait dans chaque prison, un certain nombre d’entr’eux sont employés au dehors, sous la surveillance des gardiens, à un travail commun. Les forçats sont soumis au régime auburnien. Le système des Marques est également en vigueur. Îl existe en Ecosse 13 prisons cellulaires locales et un pénitencier.

En Irlande, le système cellulaire est appliqué à tous les détenus des prisons locales, c'est-à-dire à tous les individus condamnés à une peine inférieure à deux ans. Les forçats sont soumis à l'isolement pendant neuf mois, puis placés sous le régime auburnien. L'Irlande a adopté un système progressif, lequel consiste à récompenser le prisonnier en le faisant passer d’une classe inférieure dans une classe supérieure impliquant une meilleure nourriture, des visites plus fréquentes, uue gratification plus forte à la

libération, un travail plus facile, une remise de peine.

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