PARTIE ANATOMO-PATHOLOGIQUE HO
mais, en revanche, les cellules hépatiques sont dissociées par groupes de trois, quatre, cinq, six éléments, par un tissu d'apparence réticulée.
À un grossissement plus fort on remarque encore mieux cette dislocation du lobule dont les cellules, bien conservées en certains points, présentent à d'autres des lésions de dégénérescence granulo-graisseuse très manifestes. Les cellules du réticulum sont des éléments allongés, tantôt isolés, tantôl juxtaposés, tantôt anastomosés. Leur forme essentiellement plastique semble se mouler sur les ilots adjacents, souvent elles sont réunies les unes aux autres par des filaments minces qui font corps avec elles : ce réticulum, cellules et réseau, ne prend pas franchement le van Gieson, mais par ce réaclif il se colore en une teinte neutre Lirant sur l'orangé.
Plusieurs caractères permettent de rattacher à l’endothélium ce réseau intralobulaire.
1° Le noyau souvent ovalaire, fortement basique, d'aspect souvent homogène, contraste avec les karyosomes nettement visibles des cellules hépatiques, le noyau régulièrement arrondi du lymphocyte, le noyau clair de la cellule embryonnaire.
2 Beaucoup de ces cellules renferment des enclaves variées, hématies, leucocytes, débris cellulaires, tous caractères qui différencient nettement ces cellules dé fibroblastes définitifs.
3 Il est facile de suivre l'évolution de la cellule endothéliale vers la cellule du réticulum.
La cellule endothéliale, d'aspect typique, se rencontre encore en cerlains-points, adhérente à la travée épithéliale. Elle s’en détache le plus souvent par son corps, tandis que ses deux extrémités restent encore en contact avec la travée hépatique : cet aspect rappelle celui des fibres de second ordre du myocarde.
Le décollement se poursuit, se complète, et la cellule se trouve encore dans la lumière du vaisseau en continuité avec l’endothélium indivis ou avec des cellules endothéliales encore accolées à la travée parenchymateuse. Ce décollement se propage d'une cellule à l'autre, assez souvent, des anastomoses s’élablissent d'un bord à l'autre du capillaire et ainsi se trouve formé le réticulum cellulaire
dont les éléments sont encore reconnaissables à leurs enclaves et à leurs caractères cytologiques particuliers.
Ces foies, ainsi dissociés par lendothélium, offrent quelque analogie avec la glande fœtale, et cette réaction représenterait peut-être un retour à l’état embryonnaire. Gette endothélialite, nette aux points où les cellules hépatiques sont bien conservées, perd son aspect typique dans les régions où le parenchyme présente des lésions dégénératives graves.
Les observations qui suivent montrent des lésions très voisines des précédentes :
Marie L., onze mois, eczéma de la face, broncho-pneumonie, ayant succombé le lendemain de son entrée à l'hôpital Trousseau.
Peu de modifications macroscopiques. À l’examen histologique. pas de sclérose des espaces de Kiernan, le lobule est encore disloqué en petits blocs par une prolifération interstitielle de même caractère et de même ordre que dans le foie précédent : toutes les transitions entre la cellule de Kupffer typique et la cellule du réticulum se rétrouvent encore sur cette coupe. Un fait caractérise ce foie, c'est l'état particulièrement ramifié de l'endothélium tantôt cellulaire, tantôt anhiste qui constitue dans son ensemble un stroma réticulaire parfait.
A. C., six mois, broncho-pmeumonie.
Pas de sclérose, aspect lobulaire du foie assez bien conservé, dilatation des capillaires, Dislocation des travées en groupes de quelques cellules entourées par lendothélium : ce dernier présente de loin en loin des cellules de Kupffer typiques, et parmi elles un grand nombre d'éléments macrophagiques. Ges cellules continuent souvent le ruban endothélial, tantôt elles lui sontappendues comme un champignon à son mycélium. Beaucoup de cellules hépatiques présentent de la dégénérescence vacuolaire.
Andrée P., pneumonie casteuse, suppurations multiples.
L'enfant entre dans le service du docteur Netter le 4 juillet 1907, avec une température de 39 degrés; elle tousse depuis 10 jours, elle est très oppressée, pas de point de côté, pas de vomissements, légère diarrhée. A la base droite on perçoit de la matité, du souffle et des ràles crépitants, le diagnostic posé est celui de pneumonie franche : l'évolution