‹ La CensureChapitre 13 sur 47 · ARTE · texte numérisé non relu

ARTE

le nom de « libelles ». Mais il faut remarquer que, dans le cas où des peines étaient prononcées, l’auteur ne venait qu'en seconde ligne. Ce principe de l'autorisation préalable, observé plus où moins rigoureusement au cours du xvin° siècle, ne cessa pas de subsister ; il entraînait comme conséquence une autorisation sous forme de lettres patentes scellées du grand sceau de l'Etat. Il nous permet de mettre bien en évidencè le trait distinctif de la censure de l’époque : c’est un régime préventif absolu.

Un second caractère, non moins important, c’est la multiplicité des autorités chargées du contrôle préalable des livres.

On pouvait logiquement supposer que le pouvoir royal avait pris le souci de doter d'une autorité nécessaire à cet effet, une administration spéciale. Il n’en a rien été.

Il existait des autorités, parallèles et concurrentes, qui, bien souvent, se prêtaient la main, mais qui, agissant aussi indépendamment et chacune à un point de vue particulier, arrivaient parfois à se contrarier et à élever des conflits. Pourquoi un tel système composite et contraire à l’idée rationnelle que l’on se fait d’un organe administratif? C’est qu'il s'était formé, comme du reste la plupart des institutions de l’ancienne France, au hasard des développements historiques successifs, de pièces et de morceaux, s’il est permis de s'exprimer ainsi, se compliquant peu à peu, tandis que l'administration prenait de son côté une complexité plus gaande.

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