‹ La CensureChapitre 38 sur 47 · LATE · texte numérisé non relu

LATE

livres obscènes, sales et pornographiques, dont le prix est en général assez élevé.

A lire l’exeursion faite par M. Comte « dans ces abîmes de boue », pour employer sa propre expression, on serait tenté de croire le mal profondément enraciné. Certes il n’est que trop réel, mais il ne faut pas non plus l’exagérer. Toute la presse n’est pas aussi pourrie, toute la littérature n’est pas aussi malsaine, tous les écrivains et dessinateurs enfin ne sont pas animés d'idées aussi perverses.

Les rédacteurs de feuilles pornographiques et les auteurs d'ouvrages obscènes sont relativement peu nombreux. La plupart même ne sont pas des écrivains professionnels, mais «de véritables barbouilleurs de papier ». Quant aux dessinateurs, ce sont ou bien des spécialistes du genre, ou bien de jeunes étudiants, élèves des Beaux- Arts, misérables pour la plupart, attirés par la perspective de gagner 5 francs ou 10 francs en griffonnant un dessin, le plus audacieux possible. « Auteurs et dessinateurs sont donc plus ou moins des êtres faméliques qui s'adressent à une clientèle de même acabit. »

Le théâtre ne devait pas non plus échapper à la représentation licencieuse. Les spectacles les plus osés sont peu à peu mis en scène; mais c’est surtout dans les cafés-concerts que l’immoralité règne sans partage. Les théâtres de province et les théâtres de quartier passent

presque inaperçus des autorités, mais moins du public qui se montre heureux de pouvoir, le soir, sans se déranger beaucoup, aller y chercher quelque distraction. Là surtout, la scène est souvent audacieuse. Récemment encore, une représentation des plus risquées soulevait les protestations de la presse, tandis que le nu, jeté à profusion sur les scènes des music-halls, motivait de M. Bérenger une lettre au Parquet. Nous l’examinerons plus loin.

Page 1