‹ La CensureChapitre 44 sur 47 · AT · texte numérisé non relu

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nion publique se montrerait hostile. On s’habitue vite à Ja liberté,°on s’accommode plus mal de toute servitude. 2 Faut-il en conclure que la censure ait à jamais disparu. Nous ne le pensons pas. Son retour est sans doute très peu probable à l'heure actuelle ; maïs qu’un mouvement politique se dessine, qu’une crise éclate, et le gouvernement, quelque libéral qu'il soit, songera certainement à recourir à cette vieille institution, comme cela s’est produit en France, à diverses époques, dans des circonstances semblables. Mais son maintien ne sera alors que passager ; elle cessera en même temps que disparaîtra la cause qui l’aura fait renaître. ire

En résumé, nous croyons plutôt à l'efficacité d’un contrôle répressif moins arbitraire et plus sûr que la censure préventive. C’est’ aux tribunaux que nous le confierons, mais encore faudra-t-il qu’ils agissent. Déjà, le 27 juin 1882, peu de temps avant le vote de la loi du 5 août sur les outrages aux bonnes mœurs, un député, M. Gaillard déclarait à la Chambre que la justice ne poursuivait pas les coupables. Etait-ce insuffisance de moyens de répression ; on le crut, et la loi de 1882 fut votée. Depuis, des dispositions nouvelles ont été prises en 41898, puis le 8 avril dernier. Le Parquet pourra-t-il maintenant mettre son inaction sur le compte de l'insuffisance des textes ; ce serait une affirmation bien audacieuse. Et nous ne devons pas pour cela désespérer de faire disparaître les abus qu’il a pour mission de réprimer. Un tel découra-

gement est inadmissible. Il ne suffit pas de constater le mal, il faut le combattre. Les moyens de le faire, la société les possède ; qu’elle s’en serve ; modifions les textes existants si cela est nécessaire, mais ne compliquons pas la législation de lois nouvelles. Il semble bien que ce soit icile cas de répéter avec Jules Simon : « Faire des lois et ne pas les appliquer, c’est une des traditions et l’un des malheurs de la France. »

L'éups Le Président, H. BERTHELEMY.

Vu :

Le Doyen, CH. LYON-CAEN.

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, | - L. LIARD.

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