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celle du public, ferait promptement justice et cette justice ne se ferait pas attendre. »
Est-il bien certain maintenant que le public se montrera un censeur bien sévère devant un spectacle grossier et immoral ; il est permis d’en douter. Il ne faudrait pourtant pas, si l’on en croit le nouvel académicien M. Richepin, compter trop sur la censure pour empêcher jamais le goût dépravé que peut avoir une certaine partie de ce public pour les obscénités : « Je suis partisan de l’abolition complète et absolue de la censure, déclaret-il. Je crois qu’elle permet à l’obscénité et à la gravelure de se faire jour d’une façon hypocrite. Je m'explique : Je suppose que la liberté la plus complète règne ; évidemment, quelques théâtres et cafés-concerts se feront une spécialité de l’obscénité et de l’ordure ; mais, soyez-en convaincus, le départ se fera très vite dans l'esprit du public entre ces établissements et les autres théâtres. Le public ira dans tels et tels cafés quand il voudra entendre des gravelures, et dans tels autres quand il préférera écouter un spectacle convenable: D'ailleurs, je ne vois pas pourquoi on interdirait aux citoyens d'entendre des gravelures quand on ne les empêche pas d’aller dans les maisons publiques. » (1)
C’est aussi l'opinion de M. François Coppée : « Quand, par hasard, j’entre dans un café-concert, ou dans un petit théâtre, j y entends toujours dire et chanter des
(1) Enquête de 1891.