CHAPITRE CINQUIÈME
I. Régime des théâtres sous le Consulat et l'Empire. — Décret du 8 juin 1806. — Arrêtés des 25 avril et 29 juillet 1807. — II. Fonctionnement de la censure dramatique. — Circulairo.de Fouché. Lettre de Ghaptal. — Lesueur et l'Opéra. —Edouard en Ecosse, — L'Antichambre, — Iléraclius. — Richard Cœur de lion, — Guillaume le Conquérant, ~ Le Pacha de Suresnes,^ Pierre le Grand. — Rienzi, — Les Templiers, — - Le Nouveau Réveil d'Épiménidc, — Corrections faites à la tragédie à'Athalie, — La Mort d'Htnri / V. — Le Retour d'Ulysse, —Les Etats de B/oi«.— Le Triomphe de Trajan,— Pièces patriotiques et à-propos. — Cadet Roussel, —La Mort d'Abel, — Britannicus, — Les Deux Gendres,— Pinto,— Tippo-Saëb. r-Le Masque de Fer,— Les Pruneaux de Tour«, etc.— Interdiction du théàtrede Kotzebue, Schiller, Werner et Goethe. — Pièces relatives à la naissance du Roi de Rome.— La Comtesse deWalberg,—Clmi0.— Flodoardo. ^L Intrigante, — Ninus IL — La Jeunesse de Richelieu, — Pièces patriotiques jouées en 1814.— Gaston et Bayard.— La Rançon de Duguesclin, etc. — Tolérance de la censure dramatique pendant les Cent Jours.
Le 5 avril 1800, le ministre de rintérleur, Lucien Bonaparte, recevait la communication suivante : « Les Consuls de la République désirent que vous fassiez connaître aux entrepreneurs des différents théâtres de Paris qu'aucun ouvrage dramatique ne doit être mis ou remis au théâtre qu'en vertu d'une permission donnée par vous. Le chef de
la division de Tinstruction publique de votre département doit être personnellement responsable de tout ce qui, dans les pièces représentées, serait contraire aux bonnes mœurs et aux principes du pacte social *. » Il ressort de ces instructions que la direction des théâtres, au début du Consulat, appartenait au ministère de l'intérieur. La police n'avait encore dans ses attributions que le soin de maintenir l'ordre dans les salles de spectacles. La censure théâtrale était alors dirigée, sous la surveillance du chef ds la division de l'instruction publique, par Félix .Nogaret, auteur du Pater républicain et littérateur de troisième ordre. Ce censeur resta célèbre par son zèle à saisir les allusions, et l'on cita souvent de lui la défense faite à un auteur de donner le nom de Dubois à un valet fripon, parce qu'il ne fallait pas manquer de respect au préfet de police Dubois. Quatre autres censeurs furent bientôt adjoints à Nogaret : Brousse-Desfaucherets, Lemontey, Lacretelle Jeune et Esménard. Quand ce dernier mourut, on lui choisit pour successeur le poète d'Avrigny. En 1811, on nomma un nouveau censeur dramatique, dont le nom fait frémir : M. Coupart!...
On sait de quelle façon le Directoire avait exercé la censure théâtrale 2. Les successeurs des juges littéraires dont nous avons reproduit ailleurs les singuliers rapports, ne devaient pas, comme on le verra bientôt, leur être inférieurs en tracasseries ni en originalité. Rœderer, chargé en 1803 de la direction de l'instruction publique, adressa une circulaire aux entrepreneurs de spectacles ^, où il les informait qu'ils