‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 109 sur 220 · Archives nationales, ibid · texte numérisé non relu

Archives nationales, ibid

années plus tard, Lesueur, ayant reçu des félicitations de l'Empereur au sujet de son opéra les Bardes, en suffoqua littéralement d'orgueil et lui écrivit, en lui proposant quelques réformes pour le Conservatoire : « Fais-toi lire les réclamations que, par ma faible voix, l'art des Grâces et d'Orphée te présente. Terpandre et Timothée en discouraient avec Alexandre; le héros les écoutait avec intérêt...»: Cette lettre emphatique lui valut la place de maître de chapelle des Tuileries.

Alexandre Du val ne jouit pas de la même faveur auprès de Bonaparte. Cet écrivain avait présenté au Théâtre-Français un drame en trois actes, intitulé Edouard en Ecosse; mais le ministre ne paraissait pas disposé à laisser jouer ce drame. L'auteur lut sa pièce chez le secrétaire d'État Marel, qui en parla à Chaptal, auquel d'un autre côté on avait dépêché M"° Contât. Chaptal consentit à entendre la lecture d'Edouard en Ecosse dans son salon, en présence de nombreux invités. Les exclamations fréquentes de la Contât, qui avait un rôle à jouer dans la pièce : « C'est charmant ! c'est divin ! » attirèrent à Alexandre Duval tous les suffrages. La Censure ne retrancha qu'une phrase (et pourquoi ?) dans le rôle de la Contât : « Nous de notre côté, comme femmes, sans nous mêler des querelles politiques, nous remplissons les devoirs que le Ciel et l'humanité doivent inspirer à tous les cœurs sensibles. » La première représentation eut lieu le 17 février 1802. Les royalistes, qui étaient accourus en foule au Théâtre-Français, firent de ilombreuses. allusions aux Bourbons et applaudirent avec ostentation la réplique d'Edouard au colonel anglais qui lui proposait (acte III, scène vi) le toast suivant :

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