RONDE
a Air des Bateliers de Saint'^loud,
« Longtemps encor puissions-nous vivre « Sous le plus sage des héros!
« Puisse-t-il un siècle poursuivre
' 1. Ce qu'on ne trouvait pas dans la pièce nouvelle, c'était la satire spirituelle de la Censure. (Voir scène x de la pièce de Flins.)
hSS THE^TRBS 231
« Là oQuf S4 bf ilidat de; ses txatvaiui !
<c Notr« sanxnur saura lui: duirvivré
« El» sur las cœurs, ii régu^tra,
« Tantque la rivière Qoule, coulai- .. ^
,„ .^ , . .• . } Bis. en chœur.
«* Tant qMô la rwiera cQiaiejra. » | '
Le oensaxir SauMO* donnait un satiàf^cU, h Tautouir: «o II était impossible, dii.-rij, dja mieux interpréter les. seiUimûnto publics: car si aueua de nous n'a dormi comme Spi^éf nide, il n'est persoanQ qui, comme lui, ne s'étonnie,.iv!a<i' mire et ne soit tejQAô de. croire avoir fait un songe heureux. »
Le censeur Lemoaley disait à Tun de ses amis venu pour le visiter : «: Irez-voua ce soin au Théâtre-Français entendre Racine corrigé par Lemontey? » Ce n'était pas une spirituelle boutade, c'était l'exacte vérité. Le grand poète de Louis XIV avait subi,, comme les petits poètes de l'Empire, les atteintes de la Censure. Un exemplaire (ÏAthaliej qui %ure encore* a^ourd'huî dans. la. bibliothèque du souffleur de. la Comédie franjçaise, en.portejes traces les plus évidentes, et nous laisse à penses queJiles coupures ont dû être faites- dans le$^ autres tragédies de; Racine. L'exemplaire dont nous parlons^ porte à la premjièi^e page la mention suivante :
« Ministère de la police généralei.
« Autorisé la représentation :
« Paris, ce 12 mai 1806.
On se souvient qu'au premier acte, à la première scène,^ le grand prêtre Joad dit à Abner au nom du Dieu des Juifs:
1. S. signifie Saulnier, qui était le secrétaire général du ministère delà police. ~ Il avait réclamé aux semainiers de la Comédie françai8e> le 30 avril 1806, Texemplaire qui avait servi à une libre représen- &tion et le confia à Lemontey, qui mit douze jours à corriger A ^/lafie.
t32 LA CENSURE SOUS LE PREMIER EMPIRE
« Quel fruit me revient-il de tous vos sacrifices?
« Ai-je besoin du sang des boucs et des génisses?
« Le sang de vos rois crie et n'est point écouté.
« Rompez, rompez tout pacte avec l'impiété. » Le censeur biffe ces quatre vers, parce qu'il craint naturellement une allusion h la mort de Louis XVL H supprime aussi, à la même scène, les vers suivants qui, dans sa pensée, doivent s'appliquer trop clairement aux membres survivants de la race des Bourbons :
« Athalie étouffa l'enfunt môme au berceau.
« Les morts, après huit ans, sortent-ils du tombeau?
« Ah ! si dans sa fureur elle s'étoit trompée ;
a Si du sang de nos rois quelque goutte échappée...