‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 126 sur 220 · Archives nationales, ibid · texte numérisé non relu

Archives nationales, ibid

regrets de ne point Tapprouver. Vous ne désirez pas sans doute que j'entre dans une discussion politique et littéraire pour motiver à cet égard mon opinion et mes regrets. Je ne doute point des intentions patriotiques de Tauteur, que vous honorez de votre amitié ; mais je pense qu'une tragédie dont le sujet n'est au fond et ne peut être que le triomphe de nos éternels ennemis et raffermissement de la puissance coloniale des Anglais dans le continent de l'Inde, serait aujourd'hui déplacée sur la scène française *. » Le ministre croyait aussi que les circonstances ne permettaient pas la représentation de cette tragédie ; « Racine fut blâmé, écrivait-il, d'avoir mis Bajazet sur la scène plus d'un demi-siècle après la mort de ce prince, quoique la politique du gouvernement français fût très étrangère à cet événement. On sait au contraire qu'elle fut liée quelque temps à la destinée de Tippo-Saëb dont le sang fume encore/... » Le duc de Rovigo exprimait donc tous ses regrets de ne pouvoir satisfaire l'intérêt que le comte de Rémusat portait à l'auteur. Enfin, le 27 janvier 1813, l'interdiction fut levée et la pièce représentée après les suppressions suivantes :

« Que sert de s'aveugler et quel Dieu désormais « Entre ce peuple et moi peut rétablir la paix ? « Il n'en est point pour lui tandis que je respire. »

« Les prêtres de ta loi, les dervishs, les devins « Et des Dieux que je sers les oracles divins, « Pour annoncer la fin d'un pouvoir tyrannique, « Elèvent à la fois une voix prophétique *. >»

1. Archives nationales, F' 3301. — Tippo-Saëb, dernier sultan de Mysore, après d'éclatants succès contre les Anglais qui aboutirent à la paix de 1784, fut assiégé et vaincu dans Serin gapatam, sa capitale, en 17^; puis tué en défendant une seconde fois cette ville en 1799. II avait envoyé des ambassadeurs au général Bonaparte, lors deTexpé» dition d'Egypte, et réclamé secrètement l'alliance de la France.

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