‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 131 sur 220 · Archives nationales, ibid · texte numérisé non relu

Archives nationales, ibid

Liège, au mois d'avril 1811, une pièce ayant pour titre : la Comtesse de Walberg ou U Peine du talion. Le ministre témoigna au préfet sa surprise et son mécontentement de cette infraction aux décrets qui régissaient la police et la censure théâtrales. 11 Tinvita à lui adresser immédiatement le manuscrit de ce drame et à suspendre les représentations jusqu'à nouvel ordre.

La Censure faisait aussi quelquefois de la critique dramatique. Le frère de M. Depuntis, auditeur au Conseil d'État, avait présenté au Théâtre-Français une tragédie en cinq actes intitulée Clovis. L'examinateur du Théâtre- Français déclara qu'il croyait la pièce susceptible d'être admise & la lecture et il en fit l'éloge. Sur ce, le ministre de la police, vivement sollicité par l'auteur, demanda l'avis de Lacretelle et de Lemontey, qui répondirent :

« Nous devons déclarer que cette production ne décèle point le génie dramatique. L'action en est embarrassée et languissante. Aucune grande catastrophe ne s'y annonce : aucune situation ne fait naître ni l'intérêt, ni l'étonnemçnt. Quoique plusieurs circonstances historiques y soient rapportées avec une fidélité minutieuse, le Clovis de cette tragédie n'est en rien le Clovis de l'histoire. C'est un héros sans physionomie et d'une magnanimité idéale qu'on voit partout. Le style en est extrêmement faible et froidement raisonnable.

« Paris, 17 mai 1811. Lacretelle, Lemontey «. »

Le pauvre auteur, ainsi maltraité, reprit philosophiquement son manuscrit et retourna à la Comédie solliciter une lecture du comité. Nous croyons que ses efforts furent inutiles, car nous voyons bien sur la liste des tragédies jouées dea Charlemagnej des Saint Louis^ mais pas de Clovis '.

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