‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 132 sur 220 · Archives nationales, F · texte numérisé non relu

Archives nationales, F

2. Nous ne connaissons que les Successeurs de Clovis, tragédie d'AJgnan.

On poursuivait toujours avec acharaement la Par/te de chasse de Henri IV; on l'interdisait sur le théâtre de Caen comme sur les autres théâtres, et nous avouons que nous ne comprenons pas pourquoi cette pièce si inofTensive avait le don d^efîaroucher les censeurs. Mais ils avaient leurs raisons pour interdire, sur les théâtres de la Haye et d'Amsterdam, le 4 juin 1811, Flodoardo, parodie d'une tragédie allemande. « L'auteur hollandais, disaientils, met en scène le doge de Venise et le présente comme un vieillard imbécile. Peut-être a-t-il voulu tourner en ridicule la conduite du maire actuel de Rotterdam. • Ce peut'étre méritait d'être mentionné. La Censure ajoute que» parmi les passages répréhensibles, on note celui-ci :

« FLODOARDO.

« Nous vivons dans un temps où l'on parle très souvent de ce que l'on n'a pas. Nous avons bu du café, et ce café est fait de chicorée * !... »

Ici, ce sont des allusions à la politique intérieure qui inquiètent la Censure; là des allusions à la politique extérieure. Le 24 juillet 1812, on écrit aux préfets que le ministre de la police a ajourné la représentation de Pierre te Grand, de la Chaumière moscovite^ d'Une Visite à Saint- Cyr et de tout autre ouvrage qui contiendrait des passages favorables à la Russie ou à ses souverains. On leur prescrit en même temps d'envoyer en double au ministère la copie, des répertoires à chaque renouvellement d'année théâtrale, et de numéroter les pièces qui y sont indiquées, afin de prévenir toute supercherie de la part des directeurs >.

Avec toutes ces entraves,toules ces mutilations,toutesce3 ^terdictions, l'art dramatique devait naturellement péricli- Nous ne voyons en fait de pièces à succès sous ( l'Empire que les Templiers de Raynouard, la Mort

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