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Ainsi les journaux payent réellement au gouvernement un impôt de 246.000 francs, dont le produit est CQnsNacré, d'après les décrets de Votre Majesté, à des pensions en faveur des gens de lettres et de leurs familles.
' Il faut ajouter à ce premier impôt le timbre, dont le gouvernement retire par année 572.011 francs. Les frais de poste lui rapportent 203.034 francs.
Ainsi les journaux de Paris subissent déjà trois impôts, qui se montent en totalité à 976.045 francs. Cependant le Directeur général de la librairie propose de les grever d*im quatrième impôt, qui augmenterait encore cette somme de 200.000 francs par an. Cette nouvelle charge réduirait considérablement les actions que Votre Majesté a données sur les journaux à titre de récompense.
Elle retomberait en grande partie sur le gouvernement môme, qui prélève un tiers du revenu que produisent ces feuilles, et forcerait par conséquent à diminuer dans la même proportion les pensions que Votre Majesté a accordées aux gens de lettres sans fortune et à de malheureuses veuves, pour salarier les employés du Directeur général de la librairie...
Qull me soit d'ailleurs permis de faire observer à Votre Majesté que les tracasseries exercées par Tadministration de la librairie deviendront bientôt insupportables, si elles sont tolérées plus longtemps. Par exemple, le Directeur voulait en dernier lieu défendre à tous les particuliers, sous peine de prison, d'avoir chez eux non pas seulement les moindres caractères» mais de simples vignettes pour cartes de visite, et cela sous le prétexte d*empêcher la publication de gravures obscènes. C'est dans le môme moment que ce Directeur autorisait la réimpression de la Guerre des Dieux et des Galanteries de la Bible^ qu'il permettait de vendre publiquement le Citeteur, les œuvres les plus ordurières de Piron, et qu'il souffrait qu'on colportât dans les cafés et qu'on étalât sur les boulevards des ouvrages infâmes, qui, d'après la modicité de leur prix, sont à la portée de toutes les classes du peuple. Je me suis cru obligé de faire saisir tous ces ouvrages, et j'ai recommandé aux agents de la Police une surveillance d'autant plus sévère que j'ai acquis, par plusieurs preuves irrécusables, là conviction que, les jeudis et les dimanches, les écoliers qui obtenaient la permission de venir chez leurs parens, rentraient dans les lycées les poches
remplies de livres obscènes ou impies, qu'ils avaient achetés à vil prix.
J'ai déjà eu l'honneur d'adresser à Votre Majesté, pendant son voyage en Lorraine, un rapport dans lequel je lui rendais compte de ces abus, qui me semblent d'autant plusintolérables que rinstruction publique est essentiellement appuyée sur la morale et sur la religion, et que souffrir plus longtemps un pareil scandale, ce serait en quelque sorte détruire d'une main l'édifice qu'on élève de l'autre.
J'ai pensé qu'il était de mon devoir de mettre ces observations sous les yeux de Votre Majesté, afin d'éclairer sa religion sur un projet qui lui sera certainement présenté.
(Suit ce tableau.)
SOMMES PAT TJMBRE