Archives nationales, F
2. Vaulabelle et Thiers voient dans cette tolérance une preuve de la sincérité de Napoléon. M. do Viel-Castel, dans son Histoire de la Restauration, écrit à ce sujet : « La Ucence do la presse dépassait toutes les limites »; et Guizot dans ses Mémoires : « La liberté devint bientôt étrangement générale et hardie. »
la haine des ennemis de la France et abdiqua une se*conde fois. Les libéraux eux-mêmes l'abandonnèrent le jour de sa glorieuse défaite, dans la crainte qu'une victoire ultérieure ne lui inspirât un retour à ses anciennes idées autoritaires. Profilant du découragement et de Pimpuissance universels, Louis XVIII rentra aux Tuileries quinze jovrs «près rifaiicsHim da VBmfenar. Ls seconde Restauration allait, sous l'inspiration de Fouché, devenu ministre de la police royale, soumettre les écrits périodiques à la surveillance d'une commission composée « d'hommes éclairés et dévoués », La Censure n'était donc pas encore vaincue..
A son retour de l'Ile d'Elbe, Napoléon avait compris que pour reprendre et conserver le pouvoir, il fallait cette fois donner la liberté d la France. Le salut de l'Empire ne pouvait être assuré que par l'audacieux essai de combattre ses ennemis, en montrant que l'Empereur seul était capable d'accorder la liberté tant de fois promise. Si ce gouvernement succomba après Waterloo, ce fut surtout par le manque subit de confiance des Français dans la valour de l'armée aiiisi que dans le prestige de Napoléon. La presse n'y fut pour rien, et l'Empereur, d'ailleurs, l'a bien reconnu, en disant à Sainte-Hélène « qu'il était des institutions aujourd'hui — et la liberté de la presse était de ce , nombre — sur lesquelles on n'était plus appelée décider si elles étaient bonnes, mais seulement s'il était possible de les refuser au torrent de l'opinion. Or, il prononçait que l'interdiction de c^tte liberté dans un gouvernement représentatif était un anachronisme choquant, une véritable folie. Aussi, à son retour de l'tle d'Elbe, avait-il abandonné la presse à tous ses excès, et il pensait bien que ces excès n'avaient été pour rien dans sa chute nouvelle ^ » Cette déclaration nous suffit.
t. Mémorial, 13 juin 1810.